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samedi 6 avril 2013

Conférence: Instruire en famille : Pourquoi? Comment? Dans quel cadre?



Vendredi 12 et samedi 13 avril, 16-18h, Paris, Cité des sciences :

Instruire en famille : Pourquoi ? Comment ? Dans quel cadre ?

Pour les parents, éducateurs et enseignants qui s’intéressent aux formes d’apprentissage, d’instruction et éducation.
  
Contrairement à une idée reçue, l’école n’est pas obligatoire. En revanche, chaque parent a un devoir d’instruction sur son enfant depuis sa sixième année jusqu’à seize ans.

En France, ils sont 30 000 à avoir fait le choix de ne pas inscrire leurs enfants à l’école, ou de les retirer en cours de scolarité. Pour ces parents, l’instruction des enfants à domicile n’est que la face visible d’un choix de vie entièrement repensé en dehors des schémas traditionnels.

L’intérêt de l’enfant, l’écoute de son rythme, la quête de son confort maximum, la valorisation de son autonomie sont replacés au cœur de la philosophie de vie familiale. Mais la vraie différence tient dans l’idée qu’il n’y a pas de frontière entre les temps de l’éducation des parents et ceux de l’instruction habituellement dispensée par l’Education Nationale.

Cette unité de temps éducatif est aussi parfois une unité de lieu dans laquelle, la vie de famille devient le terreau de tous les apprentissages. Dans ce cas, ce sont le plus souvent les femmes qui prennent en charge non seulement le rôle de mamans mais aussi d’instructrice de leurs enfants. Certains parents - tels ceux qui seront présents à la Cité des sciences et de l’industrie à cette occasion - s’appuient davantage sur des structures culturelles..
 
Rendez-vous les 12 et 13 avril 2013 de 16h à 18h à la Bibliothèque jeunesse (BSI, niv. 0)
pour comprendre, débattre, confronter des pratiques et rencontrer Charlotte Dien auteure de Instruire en famille.

lundi 19 novembre 2012

L’école à la maison (presse)


En France, 40 000 enfants ne vont pas à l’école et sont instruits à la maison. Ces parents précepteurs défendent l’apprentissage en famille, alternative à une institution scolaire qu’ils considèrent comme défaillante. par Emilie Etienne, Le Républicain Lorrain, 18/11/12


Ce n’est pas l’école qui est obligatoire, mais l’instruction, depuis la loi du 28 mars 1882 », rappelle une maman qui a choisi de ne pas inscrire ses enfants à l’école. Sur les 12 millions d’élèves que compte la France, environ 40 000 enfants de 3 à 16 ans sont hors du système scolaire traditionnel. La plupart sont inscrits dans un établissement à distance, reconnu par le ministère de l’Éducation nationale (CNED), dans des cours privés agréés, ou sont instruits par leurs parents. Contrairement à la Grande-Bretagne et aux États-Unis, en France, l’instruction en famille (IEF) reste très marginale. Sans adopter un discours ultra-négatif sur l’école, les parents qui font l’école à la maison se veulent des passeurs de savoirs et de savoir être.

Dans certains cas, l’instruction en famille ou via un établissement à distance apparaît comme la seule solution : handicap physique, maladie, hyperactivité, troubles de l’attention ou du comportement. Certains enfants en souffrance, trop lents, en situation d’échec ou qui ont perdu confiance en eux, sont également déscolarisés en cours d’année.

Pour les parents non-scolarisants (les " non-sco"), le système traditionnel n’est pas adapté à leur vision de l’apprentissage. Le choix d’assurer eux-mêmes l’éducation de leurs enfants est mûrement réfléchi, parfois avant même la naissance. Il existe bien des écoles alternatives qui reposent sur le fonctionnement de l’apprentissage libre et autogéré, dans le respect du rythme et de l’individualité propre à chaque enfant. Mais elles sont rares, trop chères et souvent éloignées du domicile. Sans dénigrer l’investissement et le mérite de la plupart des enseignants, les reproches s’adressent à l’institution scolaire : passivité des enfants, effectif des classes qui ne permet pas un suivi individualisé des élèves, faible place faite aux parents, système de notations.

Ces tenants d’une autre philosophie éducative estiment que « l’école échoue dans la transmission des savoirs, offre beaucoup mais apporte peu de façon durable. Qu’a-t-on retenu de toute notre scolarité ? Peu de chose ». Citant Montaigne, selon lequel « enseigner ce n’est pas remplir un vase mais allumer un feu », ces parents favorisent l’apprentissage autonome de l’enfant. Il est son propre moteur et ne se contente pas d’apprendre par cœur des leçons qu’il comprend à peine, simplement parce qu’il faut obéir sous peine d’être puni. Ces parents se réclament de "l’école de la vie", où les savoirs se transmettent en vivant au quotidien. Du coup, toute situation devient prétexte à poser des questions, à réfléchir et à apprendre. Faire des maths en cuisinant, de la géographie à l’occasion d’une sortie, de l’anglais en regardant un film… Les parents se vivent comme les accompagnateurs de la curiosité de leurs enfants. « Je ne joue pas à l’institutrice, j’essaie de cultiver la curiosité innée chez les enfants. Et ils aiment apprendre avec nous, faire ensemble des découvertes, des recherches sur internet, dans les livres. », rapporte Catherine Chemin, mère de trois enfants et membre de l’association Choisir d’instruire son enfant (CISE).

Une journée type ? Le matin est consacré à l’apprentissage formel des mathématiques et de la lecture. L’après-midi est le temps de "l’informel" : une sortie à la bibliothèque, une exposition, une promenade dans la nature, du jardinage, des activités manuelles, du sport… Les "non-sco" entendent respecter le rythme de vie de leurs enfants, le temps des jeux qui nourrit l’imaginaire, la confiance en soi et préserve leur appétit de vivre et de découvrir.

Ces parents doivent affronter les préjugés et inquiétudes de leur entourage. « Les enfants qui sont à la maison ne font pas moins qu’à l’école, ils font autre chose et ne sont pas plus couvés et chouchoutés. », insiste Catherine Chemin. La loi indique que l’objectif est d’atteindre à 16 ans un niveau comparable à celui des élèves scolarisés. « On ne fait pas n’importe quoi avec nos enfants, on connaît les notions qu’ils doivent acquérir, on leur fait passer le brevet des collèges en candidat libre et les adolescents en âge d’être en seconde suivent des cours par correspondance pour se préparer au baccalauréat, qu’ils passent en candidat libre et qu’ils réussissent. »

L’instruction en famille est parfois accusée de cacher une appartenance sectaire, voire des maltraitances. En 2009, pour rassurer l’opinion publique, l’Éducation nationale a publié un rapport, attestant que « le choix de l’instruction à domicile n’est en rien synonyme de dérives sectaires et est garanti par la loi ». En dépit des réticences, l’IEF est légitime. La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne de 2002, rappelle « le droit des parents d’assurer l’éducation et l’enseignement de leurs enfants ». Les parents doivent se soumettre à des formalités, afin de faire connaître la situation de leurs enfants. La loi leur impose d’envoyer une lettre à la mairie et à l’inspection académique quinze jours avant la rentrée des classes. Un contrôle des connaissances est fait une fois par an par un inspecteur : il peut arriver que des familles où le niveau des enfants a été jugé insuffisant soient sommées d’inscrire leur progéniture à l’école. Dans le cas de cours par correspondance agréés, l’inspection académique reçoit directement les bulletins des enfants.

Au moment de réintégrer l’école, l’enfant n’est soumis à aucun test, c’est le chef d’établissement qui décide. En revanche, à l’entrée dans le secondaire, l’adolescent doit passer un examen d’admission.
Pour les détracteurs de l’instruction en famille, assimilant l’IEF au "dernier ghetto des riches", les parents non-sco privent leurs enfants des plaisirs de la cour de récré, les isolent et les marginalisent. À ces reproches, les parents répondent que leurs enfants sont insérés dans divers réseaux de relations, commerçants, voisins, amis, famille où ils font l’apprentissage des codes de la société.

Les études menées auprès des familles révèlent que la plupart vivent avec un seul salaire ou deux demi-salaires, et travaillent à leur compte ou dans une petite structure, ou sont des artistes, des artisans et d’anciens enseignants qui ont pris la tangente. Ces parents se voient comme des privilégiés, mais qui ont fait le choix de changer de niveau de vie. La richesse se mesure plutôt en temps, en disponibilité pour leurs enfants. Quand on leur demande si la cohabitation n’est pas trop étouffante pour les uns et les autres, leur réponse est : « On n’a pas voulu des enfants décoratifs, on aime passer du temps avec eux et ils aiment apprendre avec nous ».

dimanche 18 novembre 2012

Waldorf 101: un petit curriculum en ligne


Waldorf 101 est petit curriculum (programme) en ligne et gratuit pour qui souhaite découvrir les fondamentaux de la pédagogie Steiner-Waldorf. En anglais, sur The BEarth Institute.


Présentation traduite:  
« Voulez-vous adapter votre salle de classe ou votre école à la maison selon la pédagogie Waldorf ? Voulez-vous connaître le sens caché derrière quelques-unes des activités Waldorf? J'ai créé un « paquet » pour les parents de mon école Waldorf il ya dix ans afin de les aider à comprendre ce qu'est l'essence de la pédagogie Waldorf et quelle est la signification des activités que nous avons faites à l'école. J'ai appelé cette classe "Waldorf 101", parce que c'était une série que j'avais conçue spécialement pour les nouveaux parents Waldorf afin de les aider à démarrer sur ce chemin. Vous pouvez cliquer sur la rubrique que vous souhaitez lire ou vous pouvez cliquer sur le premier thème, puis cliquez sur "page suivante" après chaque article de prendre les mini-cours dans l'ordre. Il s'agit d'un cours gratuit en ligne. »

Philosophy
   
Waldorf Philosophy    
   
Parent Child Modeling    
   
Curriculum & Rhythm       
   
The Rhythm of the Day    
   
The Rhythm of the Month    
   
Lesson Blocks    
   
The Rhythm of the Year    
   
Materials
   
Stories
   
Art
   
Handiwork
   
Spirituality
   
Celebrations
   
Waldorf Celebrations   
   
Story
Verses
   
Temperaments
   
Music   
   
Teacher Tasks
   
Modern Media & Resources
   


jeudi 8 novembre 2012

« J’ai déscolarisé mon fils »


David, 60 ans, est écrivain et critique de cinéma à Toronto, au Canada. À l’adolescence, son fils Jesse décroche du collège. En désespoir de cause, David décide de le déscolariser et de poursuivre son instruction à partir de ce qu’il connaît le mieux : le cinéma.


« Le jour où j’ai proposé à mon fils de 15 ans de quitter le collège, ça m’a échappé. Depuis des mois, nous cherchions une solution à ses problèmes scolaires, sa mère et moi. Mais nous n’avions jamais, au grand jamais, envisagé de le déscolariser. Et puis c’est sorti de ma bouche, comme ça, sans préméditation. Il m’a regardé avec l’air méfiant, comme s’il se demandait où était le piège. Moi, j’avais l’impression que mon coeur allait exploser d’angoisse. Une partie de moi était soulagée d’avoir enfin trouvé une solution pour Jesse, et l’autre, terrifiée de lui avoir ouvert cette possibilité. Je ne savais pas si j’étais en train de lui sauver la vie ou de la lui gâcher à tout jamais.

Le déclic
Jesse a toujours été un garçon gentil, tendre, charmant, rêveur, vivant. Un fils merveilleux que j’aime infiniment. Mais quand il a eu 13 ans, il a complètement arrêté de travailler, et même d’aller à l’école. Pourtant, il n’est ni stupide ni paresseux. Et ses professeurs étaient de bons professeurs. Mais quelque chose ne fonctionnait pas entre le collège et lui, et je n’arrivais pas à comprendre quoi. Aucun des profs ni des spécialistes que nous avons consultés, sa mère et moi, n’a été capable de nous aider. Nous avons tout essayé : la négociation, la menace, la supplication, l’explication, rien n’y faisait. Un jour, j’ai découvert que mon fils me mentait, alors que ça ne lui était jamais arrivé. Il disait qu’il travaillait, il ne travaillait pas. Il disait qu’il allait à l’école, il n’y allait pas. Il n’avait plus de cahiers, ne prenait plus de notes, n’apprenait plus rien. Il a commencé à avoir peur de moi parce que je me mettais violemment en colère contre lui. Et j’ai commencé, moi aussi, à avoir peur, très peur. J’ai senti que non seulement je ne pourrais pas gagner cette bataille-là, mais qu’en plus j’allais le perdre, lui. Je savais, au plus profond de moi, que personne ne pourrait l’obliger à aller en classe ; on pourrait seulement l’obliger à faire semblant, et à devenir un menteur et un tricheur… Alors je lui ai proposé cette chose insensée à laquelle je n’avais même pas réfléchi : il n’irait plus au collège, à la seule condition que nous regardions ensemble au moins trois films de cinéma par semaine.

Le cinéma comme support de réflexion
Notre vie s’est organisée sur ce principe. Il ne faisait rien de ses journées, dormait jusqu’à des heures impossibles, mais en fin d’après-midi, nous regardions tous les deux un film que j’avais choisi en fonction de mon humeur, ou de la sienne. Nous avons passé énormément de temps ensemble, assis sur le canapé ou sur le perron devant la maison, à parler, parler, parler. Le cinéma, que je connais bien puisque c’est mon métier, était un support formidable pour nos échanges. Du haut de ses 15 ans, Jesse a remis en question de manière radicale ma culture musicale et cinématographique, en portant un éclairage très cru et parfois cruel sur les chefs-d’oeuvre que je lui présentais. J’en ai pris plein la figure ! J’ai essayé, comme j’ai pu, avec mes propres outils, de lui transmettre tout ce qu’il refusait d’apprendre à l’école et dont je pensais qu’il aurait besoin pour devenir un homme.

Mes angoisses
Il dormait énormément, mais pas moi. Toutes les nuits, une angoisse terrifiante me réveillait : qu’est-ce que j’étais en train de faire à mon fils ? Autour de moi, tout le monde a hurlé et, en d’autres circonstances, j’aurais hurlé avec eux : moi aussi, je suis convaincu que l’on doit l’instruction aux enfants, et que c’est une folie de les dispenser d’école. Des dizaines de fois, dans la nuit, j’ai décidé de renvoyer Jesse en cours. Mais quand je me retrouvais en face de lui, le lendemain, je renonçais : j’avais vu l’échec scolaire le blesser et détruire sa confiance petit à petit. Je connaissais mon fils, ses talents, sa créativité, sa vivacité, son intelligence. Je ne pouvais pas accepter que tout ça soit dévasté uniquement parce que l’école n’était pas adaptée à ce qu’il est. J’ai voulu le protéger de cette souffrance inutile. Il me semble que les enfants heureux deviennent des adultes heureux. Et il est probable que les adolescents misérables deviennent des adultes misérables. Je connais beaucoup de gens très diplômés et très malheureux. À commencer par mon frère, qui a fi ni ses études dans une école privée terrible, et dont tout le reste de la vie a été une tragédie… Je ne voulais pas être un père comme le nôtre : étranger, absent, que nous n’intéressions pas, et qui, d’ailleurs, n’avait d’intérêt pour rien.

Je crois que l’on peut épargner certaines souffrances à ses enfants. En tout cas, c’est le choix que j’ai fait pour Jesse, envers et contre tous. Je me suis dit qu’il avait besoin de temps, et de temps avec moi. Alors j’ai fait comme tous les parents qui aiment leurs enfants : je me suis efforcé de lui donner ce dont il avait besoin. Je ne peux pas vraiment dire ce que nous avons fait pendant ces trois années : nous étions là, tous les deux, nous regardions des films dont nous ne discutions pas toujours. Et nous parlions de la vie, du monde, des filles, pendant des heures et des heures.

Mes remises en question
Ça m’a plongé dans une grande solitude. Personne ne m’a rassuré sur la justesse de mon choix. La mère de Jesse, dont je suis séparé depuis qu’il a 7 ans, a accepté de me faire confiance, mais elle était encore plus terrifiée que moi. Et ma femme me demandait souvent : “Est-ce que tu es certain de ce que tu fais ?” Je n’étais certain de rien du tout… Presque toutes les nuits, je me disais que j’étais fou. Mais presque tous les jours, j’étais sûr que j’avais raison. Ce besoin de passer du temps avec son père, je le sentais physiquement. Alors je l’ai “paterné”, aussi instinctivement qu’une mère materne son nouveau-né. C’est comme si, en étant là, extrêmement près de lui du matin au soir, et en passant des jours et des jours avec lui à ne rien faire d’autre qu’être là pour lui, je lui transmettais ma masculinité, qu’il absorbait en même temps que tout ce dont il avait besoin pour devenir un homme.

Son envol
Je n’avais pas l’impression que Jesse évoluait vraiment. J’ai continué à le “paterner” en désespoir de cause, parce que je ne savais pas quoi faire d’autre pour lui. Mais un jour, au bout de trois ans et de plus de quatre cents films, il s’est levé du canapé. Il m’a dit qu’il en avait assez de moi et du cinéma, et qu’il voulait faire autre chose. Qu’il était sûr que les études ne l’intéresseraient pas, mais que, pour nous prouver que nous avions eu raison de lui faire confiance, il allait les reprendre. Il s’y est mis sérieusement et il a passé l’équivalent du bac en deux mois, brillamment. Puis il s’est inscrit à la fac. Il a tenu un semestre avant d’abandonner : il s’ennuyait… Il a décidé de devenir comédien, réalisateur et scénariste. Il a la vie devant lui pour y arriver. Il est devenu un adulte aussi “spécial” que l’ado qu’il était : sensible, vif, curieux ; totalement inculte dans les domaines qui ne l’intéressent pas et extrêmement brillant dans ceux qui le passionnent.

Peu à peu, Jesse s’est séparé de moi. Il est devenu un homme, il sait se tenir debout, mais il n’a plus besoin de moi. C’est à la fois triste et magnifique, très douloureux et très réjouissant… Je crois que la plus belle chose qui me soit arrivée quand mes enfants sont nés, c’est que j’ai cessé de ne penser qu’à moi. Avec eux, j’ai compris ce que c’est qu’aimer, vraiment. Et Jesse m’a emmené très, très loin dans cette aventure-là. »

Voir aussi l'ouvrage de David Gilmour, Le film club, 2012, Ed. Leduc. 17,20€



jeudi 1 novembre 2012

Revue de presse joyeuse


Chez Télérama, un article intitulé "En Suède, l'élève est roi", dans lequel le média analyse les points forts du système éducatif suédois, tels que l'intégration sociale (à noter que le voile et le halal sont présents à l'école), le projet personnel (le "goal"), pas de notes, moins de stress responsabilisation des élèves. Mais aussi le point faible faisant l'objet de réformes actuelles, l'inégalité sociale. 
"L'enseignement est personnalisé au possible. « Chaque enfant doit atteindre un but », dit Ehrstrand, reprenant un terme clé du système : le « goal ». Celui que chaque enfant se fixe et que tout le monde l'aide à atteindre. La maîtrise de l'anglais est un but prioritaire : les enfants commencent à l'apprendre souvent avant même la lecture."

Sur France Culture, l'émission Champ libre propose une émission ayant pour thème "J'aime pas l'école: l'école pirate". En 4 épisodes
"Le 1er septembre 2008, Pédagogie Nomade ouvre officiellement ses portes à Limerlé, un petit village en Ardenne belge. Une pièce et quelques ordinateurs symbolisent l’école, tout est à construire ! L’ancienne grange doit être aménagée. Il faut installer les classes, la cuisine, inventer le fonctionnement et l’organisation de l’école.
Un seul principe : l’égalité entre les profs et les élèves. Une lanterne : l’autonomie. C’est bien joli, mais il faut s’y coller !"

C'est parfois par conviction, mais le plus souvent c'est parce qu'un enfant ne s'adapte pas à l'école. De nombreux parents décident de dispenser eux-mêmes l'enseignement obligatoire, à la maison. Mais ces enfants seront-ils prêts à faire face au système plus tard ? Reportage en Suisse romande.

"Le musée mobile, MuMo de son petit nom, a débarqué en banlieue parisienne lundi. Après avoir sillonné le Cameroun, la Côte d'Ivoire et plus récemment la Bretagne, ce camion qui se déploie pour devenir réceptacle d'œuvres d'art a pris place dans un centre aéré de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) avant d'aller à la rencontre des enfants de Saint-Denis et Sarcelles (Val-d'Oise)."

"Leurs journées ne sont pas toujours une partie de plaisir. Sollicités sans relâche par des programmes chargés, les enfants sont souvent surmenés, comme les adultes. Et, comme eux, ils ont besoin de se relaxer. A l’école ou à la maison, le yoga peut les y aider."





lundi 1 octobre 2012

Instruction à la maison : "Une critique sous-jacente de l’Éducation nationale"



Classes surchargées, rythmes scolaires controversés, enfants inadaptés au système établi, menace de déscolarisation... Voilà quelques jours à peine qu'a débuté la nouvelle année scolaire et déjà, les polémiques s'enchainent ; le changement tant attendu tarderait à venir. Nombre de parents se prennent ainsi à rêver d'une autre voie pour l'éducation de leurs enfants. Pourtant, c'est bien connu, l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans. "L'école" ? Pas vraiment...

La fameuse loi L 131-2 du Code de l'éducation parle plutôt "d'instruction obligatoire". En réalité, les parents ont le choix dans le mode d'instruction de leurs enfants : à l'école publique, au sein d'un établissement privé sous contrat avec l’État, dans un établissement privé non reconnu ou simplement à la maison, "dans la famille". Sans pour autant pratiquer l'école buissonnière, l'enfant peut donc tout à fait quitter les bancs de l'école pour ceux - plus confortables - du salon familial.

Scolarité et instruction, deux faux synonymes donc. Or leur définition législative reste ambigüe ; en 1999, une circulaire ministérielle demandant de "renforcer le contrôle de l'obligation scolaire" afin d'éviter les dérives sectaires, ouvrait le débat sur la question des limites du droit à l'enseignement (Lire ici Prevensectes.com). Jusqu'en décembre 2011, où une nouvelle circulaire a enfin défini précisément l'encadrement de "l'instruction dans la famille" (Lire ici Éducation.gouv.fr).

Si dans les pays anglo-saxons, ce phénomène baptisé "homeschooling" a pris une grande importance - pratiqué par plus 1,5 millions d'enfants aux USA, soit 2,9% des étudiants américains (Lire ici Education statistics), son usage reste très confidentiel en France. Sur près de 12 millions d'étudiants - dont 7 millions d'écoliers -, 30.000 suivent une éducation à distance - dont 27.000 au Centre national d'éducation à distance (Cned) ou dans des cours privés. Au final, ils sont "seulement" 3.000 élèves à pratiquer l'instruction en famille, soit moins de 0,03 % des étudiants français.

Alors que samedi 15 septembre 2012 a lieu la Journée internationale pour la liberté de l'instruction (Jipli), une poignée d'associations sont engagées toute l'année dans la défense de cette pratique : Libres d'apprendre et d'instruire autrement (LAIA), Les enfants d'abord ou encore Choisir d'instruire son enfant (Cise). En Bourgogne, s'est mis en place un réseau informel d'une trentaine de familles pratiquant les cours à la maison : le "Nonsco21". Pour fêter cette Jipli 2012, les familles se réuniront ainsi au parc de la Colombière, à Dijon (Voir ci-dessous les infos pratiques).

L'occasion pour les 65 enfants de 2 à 17 ans non scolarisés d'y retrouver leurs "camarades", mais aussi d'accueillir et d'informer d'éventuelles familles désireuses d'en savoir plus sur ce mode d'instruction. Pour les accompagner, Ysabel Aubé, animatrice de Nonsco21, qui prend elle-même en charge l'enseignement de ses deux filles de 9 et 10 ans. Très impliquée en faveur de l'école à domicile, elle ne se considère pourtant "ni revendicatrice, ni militante". Samedi 15 septembre, elle ne "sortira pas les banderoles". Son simple souhait : accompagner les familles dans leur choix, même dans leur processus de rescolarisation...

Ysabel Aubé, bonjour. Quelles raisons peuvent pousser certaines familles à choisir un autre mode d'enseignement que celui de l'école publique pour leurs enfants ? 



"Les causes sont vraiment plurifactorielles, même si majoritairement, ce choix fait suite à un échec scolaire que les enfants ont mal vécu. Chaque famille a son cas qui lui est propre. L'idée globale, c'est le bien-être des enfants. Certains subissent à l'école des agressions, sont victimes de phobie scolaire, ou au contraire s'y ennuient car sont surdoués.

D'autres parents font ce choix par philosophie de vie ou envie de liberté. Ils peuvent considérer par exemple suranné ou obsolète de mettre vingt-cinq enfants dans une même classe pour apprendre le même programme scolaire, et dénoncer un système scolaire très figé qui ne répond pas à la demande individuelle de chaque enfant. Pour d'autres familles encore, l'école est synonyme de contraintes, pour des raisons professionnelles, parce qu'elles voyagent beaucoup ou simplement parce qu'elles vivent en milieu rural. Avec le regroupement des écoles, la scolarité impose parfois beaucoup de transports. 


Quoi qu'il en soit, il y a toujours une critique sous-jacente de l’Éducation nationale. Je pense encore à des familles sans aucun a priori qui ont des enfants avec des problèmes de dyslexie ou de handicap comme l'autisme, et qui se retrouvent face à un système qui ne peut pas accueillir leurs enfants. Au bout d'un moment, ils sont obligés de les déscolariser car ils ne trouvent pas de place dans les établissements spécialisés.



L'instruction en famille ne risque-t-elle pas de rendre l'enfant asocial ?



Il faut d'abord distinguer socialisation et sociabilité. En réalité, ce n'est pas la socialisation forcée de l'école qui fait qu'on a plus d'amis, qu'on est plus sociable. Des milliers de gens peuvent témoigner de leur expérience atroce de l'école. Certains ont quitté l'école sans avoir aucun ami ! Il est vrai qu'un enfant qui a toujours été à l'école dès le départ crée des liens sociaux autour de lui. Dans les milieux ruraux, c'est très difficile de créer des liens si on appartient pas à des structures. 


Avant tout, il faut que l'enfant soit bien. Il n'y a pas de hiérarchie entre l'école et la maison ; l'important, c'est ce qu'il désire lui, qu'il soit le plus armé pour sa vie sociale à lui. Bien que mes enfants soient à la maison, nous faisons beaucoup de rencontres et de sorties ! Ils sont rassurés, sereins et font preuve d'une adaptabilité formidable. Y compris dans le cadre d'une réinsertion dans le milieu scolaire, même si parfois, il leur faut travailler un peu plus que les autres. Ils ont une meilleure autonomie et une meilleure détermination reconnues.



Qu'est-ce qui pourrait pousser un enfant à reprendre le chemin de l'école ? 



Se faire des amis. Trois de mes grands enfants ont préféré faire une pause durant leur parcours scolaire, mais y sont retournés. L'école était pour eux un lieu de rencontre, d'échange... D'autres enfants intègrent le système éducatif car ils ont dans la tête d'apprendre un travail réglementé, comme architecte ou médecin. L'école a ses codes ; ils peuvent donc réintégrer l'école souvent en seconde – pour passer le bac et se préparer aux grandes écoles. 



Comment l’État peut vérifier peut vérifier la qualité de l'instruction que l'enfant reçoit à la maison ?


L'instruction en famille est soumise, non pas à autorisation, mais simplement à déclaration à la mairie et à l'inspecteur d'académie. Par la suite, la mairie vient tous les deux ans vérifier, par une impression globale, si l'enfant peut recevoir une instruction correcte. De son côté, l'inspection vient elle aussi contrôler une fois par an le suivi de l'instruction des enfants. 

L'instruction en famille n'est pas soumise aux programmes scolaires, mais les enfants doivent recevoir les enseignements cités dans le socle commun de connaissances et de compétences. Seulement, nous n'avons pas à respecter les paliers du socle commun (CM1, sixième ...). L'inspecteur vérifie simplement si l'enfant progresse d'année en année. 

Cependant, les façons d'instruire les enfants peuvent s'avérer très diverses : certains parents les font asseoir comme à l'école de 9h à 12h, puis de 14h à 17h, alors que d'autres familles sont beaucoup plus libres. Le travail de l'inspecteur est donc assez délicat, surtout que la plupart ne savent même pas que nous ne sommes pas soumis au programme scolaire ! Toute la difficulté est de leur expliquer que l'enfant n'a peut-être pas forcément encore, dans un domaine spécifique, le niveau scolaire en rapport avec son âge, mais qu'il peut tout à fait le rattraper et le dépasser plus tard !

Niveaux d'étude variables, manque de temps... Ce mode d'apprentissage est-il vraiment accessible à tous les parents ?



Il existe pourtant beaucoup de parents seuls ou isolés qui pratiquent l'éducation à la maison ! Et ce, principalement en raison de la démocratisation du télétravail. Je connais également des cas de parents qui travaillent tous deux à mi-temps et organisent leur semaine autour de l'éducation des enfants. Mais c'est évident que le cas le plus fréquent, c'est celui d'une maman qui ne travaille pas et s'occupe des enfants à la maison, pendant que le papa travaille.

Concernant le niveau des parents, légalement, il n'y a aucun niveau d'études requis. J'ai constaté que des parents n'ayant pas un niveau d'études élevé et qui ont pourtant fait le choix de l'instruction en famille, réapprennent quasiment tout avec leurs enfants, car ils relisent tous les cours ! J'ai en mémoire par exemple le cas d'une mère qui ne maîtrisait pas la langue française et qui, simplement en enseignant à ses enfants, a réappris toutes les bases de la grammaire. En quelques années, elle s'est mise à écrire parfaitement ! 

Par ailleurs, il est possible de demander de l'aide à n'importe qui susceptible d'éclairer l'enfant dans un domaine spécifique, que ce soit grâce à des proches ou en souscrivant à des cours particuliers payants.

Quels sont les cas d'échec parmi les expériences d'instruction à la maison ? 



Oui c'est vrai, il y a beaucoup d'échecs. Mais ils sont surtout dû à la déscolarisation : l'enfant, habitué au fait qu'on lui dicte tout à l'école, se retrouve du jour au lendemain autonome à la maison. Il faut que la famille se restructure autour de ce nouveau quotidien, que l'enfant s'adapte, et c'est parfois dur. D'autres jeunes, à l'inverse, n'ont pas forcément choisi de rester à la maison car il ont dû quitter l'école pour des raisons d'inadaptation médicale par exemple. Ils se sentent écartés de force. 

Le succès de l'expérience se joue toujours dans l'année scolaire, voire dans les six premiers mois. On voit beaucoup de parents qui rescolarisent leur enfant au plus tard au mois de janvier. Dans tous les cas, la période où l'enfant est resté à la maison a permis aux parents de réfléchir à l'enseignement, à l'apprentissage, de faire des recherches pour accompagner au mieux leur fils ou leur fille.
Quand l'enfant est rescolarisé, ce n'est jamais dans les conditions dans lesquelles il avait quitté l'école avant. Le fait de l'avoir gardé à la maison est très contrariant pour le directeur d'une école ; celui-ci va faire un effort et tout faire pour l'accueillir de nouveau dans de meilleures conditions. En règle générale, pour toutes ces raisons, la réintégration dans le système scolaire se passe bien."


Source: blog Mediapart dijonscope, 15 septembre 2012.

mercredi 26 septembre 2012

IEF joyeuse : projet de recherche


Cette année, j'étudie un Master 2 en sciences de l'éducation à Paris 8, "Education tout au long de la vie"; sujet passionnant! Ma recherche portera sur l'IEF; Mon souhait est de donner la parole aux familles et aux enfants, afin de mieux comprendre cette pratique, mais également les enjeux. Le but final est de diffuser largement le fruit de ce travail de collaboration et de partage, et de faire entendre le droit à la liberté d'éduquer. 


Aussi, je suis à la recherche de familles (surtout en région parisienne) qui aimeraient participer à cette enquête. Je vous remercie chaleureusement! N'hésitez pas à me contacter pour de plus amples informations ainsi que pour recevoir le dossier de recherche.

En vous remerciant chaleureusement, 
Aurore

Voir le blog consacré au sujet, IEF Joyeuse

mardi 25 septembre 2012

L’instruction à domicile : la famille meilleure que l’école ?



Par Delphine Gazzabin
Éloge sans partage de l’instruction assurée par les parents, en regard d’une école vue comme source d’angoisse et de démotivation. Des propos qui appellent, pour le moins, de sérieuses discussions sociologiques !

On estime à 40 000 en France le nombre d’enfants qui reçoivent leur instruction en famille (IEF), un chiffre en constante augmentation. Il s‘agit de familles n’ayant jamais scolarisé leurs enfants ou les ayant retirés de l’école. Ils suivent des cours par correspondance (par le CNED ou des cours privés), ou bien des pédagogies particulières (Montessori, Freinet, Steiner...). D’autres « homeschoolers » se servent de divers supports piochés ça et là, manuels scolaires, cahiers de devoirs, logiciels d’apprentissages... Enfin, pour les « unschoolers », l’apprentissage est « libre et autogéré » [1] : on laisse au vécu quotidien le soin de faire acquérir à l’enfant par lui-même diverses connaissances.

Nous sommes tous des IEF

Notons d’abord que chaque famille, y compris celle d’enfants scolarisés traditionnellement, pratique l’IEF sans même en avoir conscience. La « culture familiale » est le départ de l’instruction en famille. L’enfant apprend par imitation et les parents ne doutent pas de leurs capacités à transmettre le langage, la marche, le jeu et les normes rituelles de leurs familles.
À chaque geste, les conseils se prodiguent, chacun devant faire le bon choix pour ne pas devenir un « mauvais parent »... Chacun peut raconter comment il a acquis tel ou tel savoir-faire auprès d’un parent ou d’un autre membre de sa famille ou d’un voisin. Apprendre à cuisiner ou faire du vélo, apprendre à jardiner ou bricoler, apprendre à naviguer sur internet ou utiliser une clef USB... C’est de l’instruction en famille et chacun est certain de sa compétence, tant que l’école ne s’empare pas du sujet. La curiosité de l’enfant, la passion de l’adulte, la nécessité des circonstances sont le terreau le plus propice aux passations de savoir -faire et savoir-être.
Pas de sentence, de points, de compétition, juste le temps, l’envie et la présence.

L’apprentissage idéal

Si le schéma d’instruction en famille semble loin de pouvoir aborder le contenu des programmes scolaires dans l’ordre établi par le protocole de l’éducation nationale, il donne en revanche tout son sens à l’apprentissage. L’enfant sait pourquoi il se questionne, il attend la réponse pour combler un besoin : la contrainte extérieure est remplacée par la motivation intrinsèque, l’enfant est au coeur de l’apprentissage.
Fréquemment l’apprentissage est autonome et indépendant. Les parents découvrent au gré des circonstances et dialogues, les connaissances que l’enfant s’est approprié par lui-même.
Le raisonnement de l’enfant lui est propre et son apprentissage arborescent crée des connexions et des liens entre des faits, des apprentissages, que nous classifions d’ordinaire dans des matières biens distinctes. L’instruction en famille ne catégorise pas les connaissances, c’est l’enfant qui assemble et recoupe ses apprentissages lui-même en fonction de ses intérêts et de ses raisonnements. On entend parler d’apprentissages transversaux : l’IEF pratique cela quotidiennement. Cuisiner revient à faire de la chimie mais aussi des maths et de la biologie à la fois !
Dans l’IEF, il n’y a pas de jugement posé sur l’activité de l’enfant, jeu ou travail. Pour un enfant de deux ans, monter une pyramide de cubes est une activité sérieuse. De même à dix ans monter un systéme hydraulique dans le ruisseau avec un moulin et un barrage est une activité sérieuse. Selon le regard que l’on pose et l’attitude adoptée l’activité devient le support d’un échange de connaissance et la source d’une recherche non plus seulement « un jeu d’enfant ». L’enfant découvre par lui-même des lois physiques, il les expérimente, se questionne, rencontre des difficultés et l’adulte peut lui proposer de chercher avec lui des solutions, des réponses : visiter un vrai moulin, regarder un reportage sur les barrages en construction, parler avec une personne travaillant dans le domaine, faire une recherche internet, aller trouver un livre en bibliothéque....de là on peut aborder les grands ouvrages hydrauliques dans le monde (un peu de géographie), l’évolution des techniques (l’histoire des progrès techniques), les problèmes liés au manque d’eau ou aux crues (histoire des peuples, actualités récentes).

Parents pédagogues

L’adulte est attentif à l’enfant, il est à son écoute, prend le temps d’être avec lui et lui propose des apprentissages qui l’intéressent particulièrement. Il perçoit jusqu’où l’enfant est capable d’aller dans l’approfondissement du sujet sans perdre son attention.
Par exemple, une grossesse dans la famille ou un deuil permet d’aborder les sujets éthiques, et la biologie a un rythme et un degré bien différents de ceux imposés par les programmes. Les circonstances de vie quotidienne sont sources de questionnement pour l’enfant et donc relié directement à son affect pas seulement sa curiosité intellectuelle.
Les relations parents/enfants et les relations de fratries permettent l’apprentissage de la gestion des conflits avec une approche constructive. En IEF on ne peut pas « couper les ponts » en changeant d’école, ou de banc, on ne peut pas se permettre de s’enfoncer dans une dispute, la résolution des conflits s’impose par le dialogue, la négociation, l’écoute, le respect. Les relations affectives et les liens familiaux exigent la résolution de conflit pour que chacun et tous soient heureux de vivre ensemble. La solidarité et la complémentarité se développent, la concurrence, la compétition s’estompent.

Être curieux pour rendre curieux

Ce type d’Instruction parie sur la capacité de l’adulte à revoir son schéma d’apprentissage et son rapport à l’enfant : apprendre à faire confiance à l’enfant et à soi-même pour avancer à un rythme qui est variable dans le temps et sans matière vraiment très distincte. Chercher les supports, les sorties qui apporteront des éléments de réponses à l’enfant. S’investir personnel en temps, énergie, et finances.
L’adulte se voit poussé à reprendre une attitude curieuse et à ouvrir ses horizons, chercher des réponses aux questions que l’enfant lui pose, avouer son ignorance et repartir sur les sentiers de l’instruction !

Contrôle social

Pour les parents, il faut gérer la pression due au contrôle social et pédagogique, où l’adulte (et l’enfant) aura affaire à des personnes ayant une opinion sur l’IEF parfois négative.
Affronter ces inspections et faire comprendre le fonctionnement de l’enfant, et de la famille, apporter des preuves de l’instruction donnée alors que l’écrit n’a pas une place prépondérante dans l’IEF et qu’il n’y a pas de contrôle sur table à présenter, relève d’un défi parfois très complexe.
Pour être précis et complet il faudrait noter minute par minute les questions de l’enfant, les échanges verbaux.
L’adulte s’astreint donc à garder des traces, des livres empruntés, des outils pédagogiques utilisés, des photos des activités, les billets des sorties, des dessins, de quelques écrits ou collages. Des traces peu représentatives du contenu réel de ce que l’enfant a abordé. Et évidemment, cette complexité se renforce avec le nombre d’enfants instruits en famille.

Quel bilan ?

Des études menées par Shyers [2] et Thomas Smedley [3] sur des groupes d’enfants scolarisé et d’autres enseignés à la maison, concluent que « les enfants enseignés à la maison sont bien équilibrés socialement et les enfants de l ’école traditionnelle peuvent ne pas l’être. » (Shyers)
Une famille dans laquelle les deux parents travaillent voit leur enfant passer 70 % de son temps d’éveil en présence d’autres personnes et ce dès l’âge de 3 mois (nourrice, crèche, école, colonie, centre aéré, garderie, cantine).
Il paraît difficile, alors de parler de vécu de la parentalité et de lui associer un rôle prépondérant dans l’évolution de l’enfant au vu du peu de temps qu’elle a pour se vivre. Continuer de considérer la famille comme l’instance de socialisation primaire, dans une configuration pareille, devient à mon sens, discutable.
Le choix de confier son enfant à d’autres influe sur le fonctionnement familial, comme le souligne Philippe Perrenoud [4] : la scolarité pèse lourd sur la vie des familles : « dans notre société, le destin d’une famille est pour une part lié à la scolarité de ses enfants ; dès la naissance, parfois avant, l’école pointe son nez à l’horizon familial et devient pour, dix, quinze, vingt ans, quarante semaines par an, cinq à six jours par semaine, une composante de la vie quotidienne ; pendant que les enfants progressent dans le cursus, la famille s’organise en partie, bon gré, mal gré, en fonction des horaires, des échéances et des exigences fixées par l’école, des dépenses et du travail qu’elle exige, des jugements qu’elle porte, des décisions qu’elle prend, des tensions et des espoirs qu’elle fait naître chez l’enfant et ses proches. »

A moins que...

Une alternative est possible : certains systèmes éducatifs se sont approprié le fonctionnement de l’apprentissage libre et auto-géré, du respect des rythmes et de l’individualité propre à chaque enfant.
« Une récente étude place l’Australie en troisième position pour les résultats scolaires, [...]
Les méthodes d’enseignement diffèrent de celles de France en ce sens que l’enfant est incité à découvrir les règles plutôt que de les apprendre par coeur et les appliquer.
Il n’y a pas non plus de niveau type pour une classe. Chacun apprend à son rythme et celui qui est en avance se verra encouragé alors que celui qui ne suit pas ne sera pas brimé. Les classes peuvent avoir donc des bons comme des mauvais et chacun avancera à son rythme. Ce qui semble donner aux Australiens le goût de la recherche et des capacités accrues à se débrouiller seul en étant pratiques et pragmatiques. » [5]
On ne peut pas instruire sans éduquer ni éduquer sans instruire.
La réussite de l’IEF peut inciter l’école à changer de fonctionnement, et peut inciter les parents à se questionner sur leur parentalité.

Controverses

On nous demande parfois si nous n’ignorons pas que la séparation parents-enfants (avec la maternelle, l’école primaire, les voyages scolaires...) est nécessaire selon les psychologues.
Je crois qu’il est bon de recontextualiser le discours des psychologues. Vivre ensemble ne signifie pas vie en co-dépendance totale, ni ne pas savoir vivre sans l’autre. La question de la séparation n’est pas absente de l’IEF, elle se pose en d’autres termes : celle de la volonté et de l’acceptation de l’enfant et surtout de la gestion affective de celle-ci.
Les diverses cultures qui nous environnent nous proposent des schémas familiaux de proximité ou séparation bien différents de ce que nous vivons. Chez les Japonais les adolescents dorment encore avec leurs parents... c’est culturel....et ce n’est pas perçu comme malsain ou fusionnel.
Que dire des crises de larmes de maternelle, des angoisses des enfants, leurs résignations, les pleurs cachés des parents devant cette souffrance ?
Tout comme un jour l’enfant lâche la main pour marcher seul, un jour il se sent prêt pour aller dormir ailleurs, puis ensuite partir quelques jours... c’est son histoire, ses besoins, son ressenti, son rythme d’évolution qui le laisse libre de rester ou de partir, ce ne sont pas des contraintes d’âge.... Ni de discours psychologiques.... Les adolescents vivent cette période de manière différente, bien moins en rébellion et plus en proximité avec leurs familles.... Le cocon familial est un lieu protecteur et lieu ressource, que l’on quitte quand on se sent prêt et qui ne nous pousse pas dehors trop tôt !
Les familles sont rarement opposées au système envers et contre tout. Si l’enfant retourne à l’école ceci n’est pas un échec pour l’IEF. Des circonstances de vie peuvent y contraindre, ou des choix de l’enfant pour vivre cette expérience...

Delphine Gazzabin, mère instruisant en famille.

[1] Alan Thomas et Roland Meighan « learning illimited apprentissage auto-géré et instruction à la maison, perspective européenne » sous la direction de Leslsie Barson, educational heretic press, 2006. Voir sur le site LEDA : http://www.lesenfantsdabord.org/ind....
[2] Extraits de Homescholling today vol 3 N°3, mai/juin 1994 S.Squared publications.
[3] Descritpion de cette étude à l’adresse internet : http://wwwhslda.ca/frsocial.asp ; socialization of homeschooled children.
[4] Voir le texte sur le site : http://www.unige.ch/fapse/SSE/teach....
[5] Voir le site canadien http://www.immigrer-contact.com/bes....

samedi 15 septembre 2012

15 septembre: Journée Internationale pour la liberté de l'instruction



Depuis 2007, des personnes qui ont choisi l'instruction en famille pour leur(s) enfant(s) se regroupent en province et à Paris pour revendiquer la liberté pour tous de choisir le mode d'instruction qui leur convient : à l'école, qu'elle soit publique, privée sous contrat ou hors contrat, à distance ou en dehors de l'école dans le cadre de l'instruction en famille.

La JIPLI a lieu partout en France et dans le monde le 15 septembre ou dans le courant du mois. Chacun est libre d'organiser localement un pique-nique, des ateliers, des jeux, ...

Pour passer une annonce, il suffit d'envoyer un message au webmaster du site : jipli@jipli.org ou d'aller dans la rubrique sur le côté gauche de la page d'accueil et cliquer sur "Passer une annonce".

JIPLI 2012 : 6ème édition,
une journée pour ouvrir les portes
 des choix éducatifs…

La JIPLI est l'occasion de réaffirmer le droit des parents à choisir le mode d'instruction à donner à leurs enfants... que ce soit dans un établissement public, privé sous contrat ou hors contrat, ou bien dans la famille.

Rejoignez-nous pour défendre cette liberté !

Les associations qui défendent la liberté de l’instruction :
LAIA : http://laia.asso.free.fr/
CISE : http://cise.fr/