En France, chaque enseignant est
libre d'appliquer la méthode pédagogique de son choix. "L'école
autrement" trace les contours actuels de l'innovation pédagogique en
s'intéressant à huit expériences différentes, portées par huit enseignants pour
qui l'apprentissage est l'objet d'une recherche constante. Les méthodes
expérimentées ont des bases communes : mettre les enfants sur la voie du savoir
en les laissant le découvrir par eux-mêmes, inscrire la classe dans la continuité
de la vie en l'ouvrant sur l'extérieur, permettre aux enfants d'accéder à leur
sensibilité, à leur subjectivité, à leur individualité.
Blog et réseau visant à partager les réflexions et expérimentations autour d'une éducation joyeuse, bienveillante et libre.
Affichage des articles dont le libellé est Ecole alternative. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ecole alternative. Afficher tous les articles
lundi 25 mars 2013
mercredi 13 février 2013
Isabelle Peloux : engagée pour une autre éducation
FemininBio a rencontré Isabelle
Peloux qui dirige l'école du Colibris au sein des Amanins, lieu pionnier et
autonme dans la drôme.
Voir aussi: séjour aux Amanins
vendredi 8 février 2013
L’école maternelle ou l’apprentissage de la vie
![]() |
| Source |
Comment ça se passe en maternelle
dans une école Steiner-Waldorf ? L’école des Capucines (35770 Vern/Seiche) propose cet article sur son blog.
Les enfants sont répartis dans
deux groupes d’âges mélangés : un de 2 ans à 3 ans et un autre de 3 ans à 6
ans. Trois objectifs sont visés au travers de l’éducation proposée. Ils se
construisent par étapes, répondant à la nature même du développement de l’enfant
:
Permettre au futur adulte
d’accéder à la liberté dans son corps, dans ses sentiments et dans sa
pensée ;
Éduquer à partir de l’égalité, en
offrant à chaque enfant la possibilité d’un développement global, suivant son
rythme, son individualité, en tenant compte des différences de chacun ;
Éveiller à la fraternité par une
vie sociale riche.
1. Les cinq grands axes qui forment nos moyens pédagogiques
a. L’enseignante
Elle est une référence, un
soutien solide donnant à l’enfant la possibilité d’une entrée sereine dans la
vie sociale et dans le partage. Elle suit les enfants durant ces trois années.
À l’écoute du groupe et de l’individu, c’est elle qui guide l’enfant dans ses
expériences à travers diverses activités ; ce qui permet l’émergence de deux
principes éducatifs : l’imitation et l’émulation des petits par les grands.
b. Le regroupement d’enfants d’âges différents
Cela offre les moyens de
travailler sur l’égalité (selon les capacités et l’âge de chacun) et faire
vivre la fraternité entre eux.
c. La manière de se lier aux activités proposées
Dessin, modelage, peinture,
chants, comptines, motricité, rondes, contes (racontés, joués, mimés, mis en
musique), donne à l’enfant des bases sûres dans ses repères spatiaux, et un
enrichissement conceptuel par l’élargissement du langage oral.
d. Le lieu
L’environnement simple et naturel
favorise les expériences sensorielles variées et permet à l’enfant de prendre
possession de son corps et d’en exercer les facultés.
Au centre de la vie de
l’école, le jeu libre, à l’intérieur duquel l’enfant expérimente, imagine,
recrée ce qu’il accueille en lui par ses sens, est un facteur essentiel et
privilégié du développement de l’individualité.
e. Les quatre rythmes fondamentaux
L’enseignante soigne les quatre
rythmes fondamentaux (annuel, mensuel, hebdomadaire et journalier), ainsi
l’enfant acquiert une sécurité de base qui l’amène à se situer progressivement
dans le temps. Le rythme donne la possibilité à chacun de se saisir de ses
propres forces et capacités.
Au cours de ces trois années, l’enfant construit,
par l’expérience, des bases et des structures solides sur lesquelles viendront
prendre appui les acquisitions conceptuelles ultérieures.
2. Moyens mis en œuvre dans chacun de ces axes
a. Une transition entre le milieu familial et l’école
Les enfants restent avec la même
enseignante durant une à trois années, suivant leur âge d’entrée à l’école.
Elle
est une référence et grâce à ce temps qui lui est donné, un réel climat de
confiance peut s’établir entre elle et l’enfant.
Elle est aussi une référence
pour les parents. Le dialogue avec les familles est lui aussi facilité grâce au
facteur de durée. Un premier entretien a lieu avant l’inscription de l’enfant,
avec les parents, l’enfant et l’enseignante pour faire « connaissance ».
L’histoire de l’enfant, ses goûts, son tempérament, ses difficultés sont alors
évoqués. Une relation de confiance s’établit entre parents et enseignant et de
réels échanges peuvent avoir lieu. Des conseils éducatifs peuvent être échangés
lors de ces entretiens pour aider les familles.
Les enseignants jouent un rôle
important dans la détection des déficiences éventuelles et dans la prévention
des handicaps et peuvent évaluer les progrès ou les difficultés dans la durée.
Ils peuvent stimuler l’enfant à travers les différentes activités proposées.
b. Les groupes d’âges différents
Les groupes d’âge différents
donnent la possibilité d’aider l’enfant sans qu’il subisse de pression trop
forte. Les petits sont stimulés par les plus grands, cela permet à ceux qui ont
des difficultés d’aller à leur rythme, sans qu’ils soient enfermés par le
jugement des autres enfants.
1. La socialisation
L’enseignante est là pour
harmoniser la socialisation de l’enfant. Elle stimule les plus petits ou les
plus timides, freine les ardeurs de ceux qui envahissent trop facilement les
autres.
2. La tolérance
Le groupe d’âges différents
développe chez l’enfant la tolérance. Le grand doit accepter que le plus petit
soit plus lent et son dessin moins élaboré. Les petits apprennent à attendre le
moment juste pour faire certaines activités telle que le tricot.
3. L’égalité
Les enfants vivent l’égalité à
travers les capacités de chacun.
Chaque matin l’accueil des enfants est très
important, un moment est laissé à chacun pour s’exprimer. Ce temps de parole
développe la confiance en soi, l’écoute de l’autre. Chaque enfant attend son
tour pour parler. L’enfant élabore des phrases, structure son récit, soigne son
langage.
Être écouté et écouter soi-même permet à l’enfant de construire sa
personnalité.
L’enseignante doit veiller à ce que tous puissent s’exprimer et
une pensée est adressée à ceux qui sont absents. Le groupe reste uni.
c. Les activités proposées
1. Le dessin
Il permet à l’enfant de
représenter sa perception du monde et des formes, mais aussi sa perception de
lui-même et de son vécu.
Les blocs de cire utilisés lui laissent la possibilité
d’aborder la forme par le trait, les aplats et la couleur. L’enseignante laisse
généralement la liberté du thème à chacun. Le dessin est en outre pour elle un
moyen de connaissance de l’enfant et de son évolution.
2. Le modelage
À travers l’activité (cire,
fabrication hebdomadaire de pain), l’enfant exerce sa motricité fine. Par le
sens de la chaleur et du toucher qui sont ici cultivés, l’enfant apprend à se
percevoir comme un tout, rempli de vie, de chaleur. Il fait l’expérience de sa
limite corporelle.
3. La peinture
La technique de l’aquarelle,
utilisée sur papier mouillé, permet à l’enfant de manier aisément les couleurs
à l’aide de pinceau large. A travers la rencontre des trois couleurs primaires
l’enfant est heureux de voir apparaître de nouvelles couleurs, s’étonne de les
voir s’éclairer ou s’assombrir. Il vit intérieurement leurs différentes
qualités, leurs harmonies.
4. Le chant
Il est pratiqué au quotidien, il
cultive le sens musical. Il crée une enveloppe chaleureuse autour de l’enfant,
dans un moment de joie partagée.
5. Les comptines et jeux de
doigts
Le développement du centre
cérébral du langage se fait parallèlement à celui de la motricité fine. Les
comptines sont un élément de choix pour y contribuer et en accroître le
potentiel, tout en exerçant les différentes sonorités de la langue.
6. La motricité
Les mouvements utilisés sont un
langage visible et permettent à l’enfant de se structurer dans son corps tout
en acquérant souplesse et mobilité. Sa sensibilité et sa présence au monde
s’éveillent. Il apprend à mouvoir ses mains et ses pieds en imitant
l’enseignante. Les mouvements sont accompagnés d’une histoire changeant au
rythme mensuel.
7. Les rondes
Elles sont pratiquées
quotidiennement afin d’amener l’enfant à développer ses perceptions
sensorielles et ses capacités psycho-motrices.
À travers cette expérience, il
prend conscience de son corps, s’en fait une image géographique intégrant ainsi
peu à peu son schéma corporel. L’enfant acquiert une bonne coordination, il
apprend à se repérer dans l’espace. La latéralisation se met en place.
En
intégrant ainsi les trois dimensions de l’espace, l’enfant construit des bases
pour une bonne orientation dans sa propre vie.
8. Les contes racontés
Les contes mettent en scène
l’être humain dans sa capacité à se dépasser, à métamorphoser ses impulsions.
L’enfant crée ses propres images. Il s’identifie au héros qui développe, au
cours des différentes épreuves qu’il traverse, ce qu’il y a de plus humain en
lui. Les contes montrent à l’enfant le sens de l’effort, éveillent ses qualités
morales potentielles comme la compassion, tout en l’aidant à développer une
confiance en l’avenir.
Ces contes peuvent aussi être joués, mimés, mis en
musique. Son activité propre s’enrichit alors de perceptions sensorielles et
l’enfant devient observateur attentif.
9. Les histoires
Elles sont pleines de vie et
font appel aux différents sens de l’enfant qu’elles nourrissent. Elles se
déroulent par exemple dans l’ambiance chaleureuse de la ferme. Joie et légèreté
en sont les deux maîtres mots. Y sont évoquées des scènes de la vie
quotidienne, proches du vécu de l’enfant.
Le temps du conte raconté ou de
l’histoire est un moment privilégié pour cultiver l’écoute active, mais aussi
pour enrichir et développer le langage chez l’enfant.
d. Les jeux libres et l’environnement de l’école
1. L’importance de
l’environnement
Simple et naturel, vivant et
chaleureux, à l’extérieur comme à l’intérieur, il favorise des expériences
sensorielles variées.
En dehors des tables servant aux activités telles que le
dessin, la peinture, le modelage…, les enfants peuvent accéder à une maison de
poupée, un coin jeux d’eau, un grand tapis de jeux, un coin cuisine, un coin
repos.
Certains éléments du mobilier peuvent être déplacés à l’occasion des
jeux pour recréer de nouveaux espaces.
Des tissus de couleurs chaudes telles
que l’orangé et le rouge ont été choisis pour rendre l’atmosphère plus
chaleureuse.
Le coin cuisine intégré à la classe permet, outre la préparation,
de percevoir les bonnes odeurs provoquées par la cuisson d’un pain ou d’une
pâtisserie.
Un décor artistique sur table est créé par l’enseignant en fonction
des éléments, des couleurs et de la nature de la saison.
2. Le jeu
Nous nous efforçons d’offrir aux
enfants des jouets simples mais de qualité et dans des matériaux naturels tels
que le bois, la laine, la soie, le coton… Certains éléments de la nature comme
les pommes de pins, les marrons, les coquillages disposés dans des paniers
permettent aux enfants de mettre en scène des paysages, de les transporter dans
des camions, de faire la cuisine... Des jeux traditionnels tels que les jeux de
construction (cubes, kapla) sont aussi à la disposition des enfants.
Un
matériel de construction « grandeur nature » (échelles, planches, chaises)
permet de « construire » un environnement ludique (cabanes, paysages, garages)
et d’en être acteur. Ce matériel à destination multiple est propice à la
création qui devient de plus en plus élaborée en fonction de l’âge des enfants.
Par exemple une planche peut devenir un toboggan, un pont, une maison ; des
tissus de couleurs peuvent délimités l’espace d’une cabane ou représenter les voiles
d’un bateau.
L’enseignante favorise et valorise les initiatives qu’elle
reconnaît en évoluant au milieu des enfants.
3. L’importance de stimuler son
imagination dans le jeu libre
Après avoir vu, perçu et
accueilli de l’extérieur toutes sortes de situations, l’enfant recrée
spontanément à partir de sa capacité personnelle d’imitation. Il laisse libre
cours à sa créativité. Il fait vivre des personnages et exprime ainsi toutes
sortes d’émotions. Par exemple, il est tour à tour princesse, jardinière, papa,
chien, conducteur de train… En s’identifiant à ces personnages, il développe sa
personnalité et éveille sa créativité. Son imagination peut aussi rencontrer un
simple morceau de bois qui devient téléphone, fer à repasser ou voiture. À
travers ses expériences sensorielles, il devient actif dans tout son corps, il
expérimente et développe sa pensée dans la mobilité.
L’enseignante n’intervient
pas, avec des intentions pédagogiques :
Moins le jeu est déterminé, guidé ou
organisé par des idées d’adultes, meilleur il est, car l’enfant est libre
d’activer ses propres forces d’imagination avec les choses, et la rencontre
avec les autres. Il exerce sa volonté et développe ainsi son individualité
profonde.
e. Les quatre rythmes fondamentaux
L’enseignante soigne
particulièrement quatre rythmes fondamentaux.
1. Le rythme
annuel
Il sécurise l’enfant en
profondeur et donne du sens à son vécu. Il trouve naturellement sa place au
travers des saisons, du lieu et de la découverte de la nature (jardinage,
observation en milieu naturel, du grain au pain, du mouton à la laine), mais
aussi lors de la préparation des fêtes qui s’y rattachent :
Automne, fête des
lanternes, fête de l’Avent et Noël, fête des rois, chandeleur et carnaval,
Printemps et Pâques, Été. Nous travaillons ici sur la mémoire profonde.
2. Le rythme mensuel
Il s’appuie sur la répétition et
l’assimilation. C’est un « fortifiant » pour les forces de mémorisation et de
croissance du jeune enfant. Chants, comptines, rondes sont répétés, métamorphosés,
pendant trois à quatre semaines.
3. Le rythme hebdomadaire
Il est marqué par l’activité,
chaque jour différente, que propose la jardinière (par exemple lundi :
peinture, mardi : modelage, jeudi : pain, vendredi : motricité)
L’enfant se
lie, grâce à ses repères vivants, au jour qui trouve un caractère propre et
régulier. Cette répétition permet un rapport objectif de l’enfant à l’activité
et au vécu. Il ne se perd pas dans ses changements d’humeur : je n’ai pas
envie, j’ai envie, j’aime, je n’aime pas…
4. Le rythme journalier
Il permet au jeune enfant
d’acquérir une sécurité de base. La vie du groupe s’organise dans un rythme de
concentration, détente.
Les activités individuelles
créent une respiration avec les activités du groupe. Les activités dirigées par
l’enseignante alternent avec les activités libres : peinture, ronde, etc. Elles
saisissent le groupe dans sa globalité, après la détente des jeux libres et
imaginatifs.
Les activités extérieures (jeux d’eau et de sable, promenades,
jardinages) succèdent aux activités intérieures :
Les rondes, les histoires mimées
demandant l’activité de la parole, du mouvement dans l’espace, alternent avec
des séquences d’écoute (histoires, contes, marionnettes) ;
Les comptines, les jeux de
doigts, le modelage, développant la motricité fine et la concentration,
répondent aux grands jeux de sable, de pétrissage de pâte à pain ou à tarte,
etc.
Le repas pris de façon
conviviale autour de l’enseignante est suivi de la sieste où le sommeil de
chacun est respecté. C’est un moment de repos qui aide à l’intégration du vécu
de la matinée.
Ces différents espaces sont ainsi crées pour le bien-être de
l’enfant et le respect de son rythme individuel. L’enseignante est à l’écoute
des exigences liées au développement de l’enfant. Le rythme de
concentration-détente donne la possibilité à l’enfant de trouver un équilibre,
de gérer ses forces de volonté et d’activité.
Le rythme journalier lui permet
de se saisir de son individualité naissante. Étant acquis, il devient autorité
en soi.
Cette sécurité objective qui se développe au travers des différents
rythmes permet à l’enfant de se saisir de ses propres forces et capacités. Il
acquiert l’autonomie dans le temps, la première étape vers la liberté.
3. Harmonisation de l’éducation des enfants entre parents et
professeurs
Sur la base de l’observation
phénoménologique de l’enfant, des rencontres individuelles ont lieu entre
parents et professeurs au moins 1 fois / an (ou sur simple demande d’une partie
concernée)
Une réunion collective
(parents/professeurs) se déroule toutes les six semaines environ (une entre
chaque vacances) où un thème pédagogique (à préciser avant) et un « bilan
général » des activités pédagogiques en cours sont exposés ; toutes les
questions préoccupant les parents peuvent être abordées.
Un bulletin sera remis à la fin
de l’année scolaire aux parents dans lequel un « tableau » dépeint le mouvement
de l’évolution de l’enfant pendant la vie scolaire écoulée (pas encore mis en
place).
Un poème individuel, destiné à
l’enfant, fruit de l’observation de l’enfant. Les parents lui lisent l’été. Ce
poème reflète des éléments importants pour son développement (1 fois par
semaine, l’enfant le récite en classe).
Il est demandé aux parents de
prendre connaissance de « la Capucine du Je Dis » qui concerne la vie de
l’école (parution le jeudi tous les 15 jours). Elle est envoyée par courriel.
Un livret d’accueil est remis, au
tout début de l’année scolaire, aux parents avec le projet d’établissement, le
projet pédagogique, le règlement intérieur.
4. Conclusion
Au cours de ces trois années, la
richesse des expériences vécues dans le groupe permet à l’enfant de trouver ou
de construire la confiance en lui et en ses propres capacités, sous le regard
de l’enseignante qui l’accompagne et tisse avec lui une relation pédagogique
adaptée à sa situation particulière.
L’enfant apprend à développer une
stabilité intérieure, une sûreté. Fort de cette confiance, moteur de la vie
sociale, il peut rencontrer les autres et exercer sa créativité.
Il a
maintenant une maturité physique et émotionnelle suffisante pour aborder les
acquisitions conceptuelles.
lundi 28 janvier 2013
mardi 22 janvier 2013
Charles Caouette: des êtres humains autonomes, libres, conscients et engagés, responsables de leur vie
Écrit par: Michel Mougenot -
Saint Jérôme (Québec), décembre 2003 -
Source : Harmonie Terre
« Charles Caouette, avant tout
grand humaniste, est professeur en psychologie de l'éducation à l'Université de
Montréal. Conférencier très recherché, il est reconnu internationalement pour
ses travaux et ses positions sur l'enfance inadaptée, le décrochage,
l'éducation en milieu défavorisé et, enfin, le mouvement alternatif en
éducation. En 1974, il fondait l'école alternative Jonathan, pionnière des
écoles publiques alternatives au Québec. »
De plus en plus de parents et d'enseignants
se questionnent sur les enjeux et le devenir de l'éducation. En quoi le système
éducatif alternatif saura répondre plus adéquatement aux besoins et aux
aspirations des familles qui ont choisi cette voie plutôt que le circuit
traditionnel ?
C'est sur ce thème qu'est
intervenu Charles Caouette à la Fourmilière samedi 26 novembre 2003 en matinée,
au cours d'une conférence unanimement appréciée par l'assistance. Avec beaucoup
d'humour, il a su captiver son auditoire et a confirmé sa réputation de grand
conférencier en s'aidant d'une estrade pour compenser sa modeste taille.
Soulignant d'entrée les besoins
de réalisation psychologique de chaque individu : trouver et donner un sens à
sa vie, rechercher un sentiment profond et stable d'unité intérieure, se sentir
en relation et en harmonie avec les autres hommes, il précise que l'école, loin
de répondre à ces besoins de transcendance (ce qui devrait pourtant être sa
vocation) les occultent et pousse plutôt les jeunes soit au décrochage, soit à
la résignation. Rapports artificiels d'individualisme, de compétition, voire
d'intolérance relative, exclusion, marginalisation... Ce manque de vision
globale dont l'école fait preuve, traduit une philosophie incohérente et une
absence de regard critique sur les bouleversements actuels de la société, ce
qui entraîne des réponses inadéquates aux défis auxquels elle est confrontée.
Le Québec détient le triste
record des pays développés de suicide chez les jeunes, le taux alarmant de
décrochage scolaire (50% d'abandon avant le sec.V, 30% du personnel enseignant
frappé de découragement) remettent particulièrement le système pédagogique
actuel en cause, car il s'appuie sur l'uniformisation de l'éducation,
l'indifférenciation des individus et créé un fort sentiment d'anonymat et de
dépersonnalisation chez les jeunes.
Le type d'évaluation actuel des
élèves, tel qu'il est appliqué dans les établissements publics traditionnels,
entretient l'illusion que le contenu est acquit durablement, alors qu'il est
largement reconnu que ces connaissances sont fixées très peu de temps dans la
mémoire à court terme des élèves, avant d'être oubliées rapidement en grande
partie.
Il faudrait, pour qu'une
pédagogie appliquée soit efficace, que les enseignants s'adaptent aux cycles
naturels d'apprentissage des enfants et non l'inverse qui consiste actuellement
à essayer de programmer, de formater les enfants en leurs imposant une
discipline d'apprentissage contraignante, un environnement inadapté à leurs
besoins qui étouffe leur créativité et leur spontanéité. Mais, pour les
enseignants, c'est peut être déconcertant, voire déstabilisant de remettre
leurs pratiques et leurs certitudes en cause, d'accepter d'introduire une part d'improvisation,
de lâcher prise pour leur permettre d'observer les enfants plutôt que les
diriger, car ce processus ne suit pas forcément la logique linéaire et rigide
du programme scolaire établi, ni du mode d'évaluation du système pédagogique
classique, c'est une des raisons principales qui font que le statu quo est si
durable face aux causes du problème qui sont pourtant clairement identifiées.
Pour le conférencier, la
multiplication des réformes ne fait que tranquilliser le législateur sans pour
autant s'attaquer à l'essentiel du problème : c'est à l'application de
nouvelles valeurs, de nouvelles attitudes que l'école et plus particulièrement
le système éducatif doit s'attacher à instaurer et promouvoir.
Se servant de la parabole des
dominos, selon laquelle il suffit de mettre la première pièce en mouvement pour
que les autres enchaînent l'action, le conférencier estime que les Êtres
humains doivent se relever, se tenir debout, chaque effort sera important et
nécessaire afin de faire évoluer la situation
La mission de l'éducation devrait
être consacrée à la formation d'être humains autonomes, libres, conscients et
engagés, responsables de leur vie et non pas seulement orientée vers les seuls
besoins immédiats de l'industrie et du marché de l'emploi, comme c'est trop
souvent le cas, malheureusement. Et ce désir de vouloir changer la société pour
un monde meilleur n'est pas plus du domaine de l'utopie, que la volonté de
vouloir conserver celle-ci dans l'état actuel de crainte, d'injustice qui
gouverne les relations entre les humains !
Dans le monde, beaucoup de jeunes
se cherchent une mission, ce qui peut amener ceux-ci à s'investir dans des
causes parfois extrêmes. Les adolescents ressentent avec une intensité
particulière ce sentiment et souvent, leurs révoltes constituent l'expression
d'un puissant désir de participer à la construction de leur société. Cette
manière de s'affirmer témoigne de leur besoin de communiquer coûte que coûte,
de prendre la place qui doit leur être réservée. C'est dans un tel contexte de
carences d'idéaux, de manque de projets de société, que s'insère le quotidien
des jeunes générations actuelles, aggravé par un certain fatalisme cynique
ambiant, de plus en plus astreint à la logique implacable de la rentabilité
immédiate.
Dans ce domaine, l'école
alternative représente la réponse idéale. Elle s'adapte avec beaucoup plus de
souplesse au contexte éducatif elle personnalise l'intervention en étant
davantage centrée sur l'enfant, elle favorise l'initiative et la créativité,
suscite la motivation intrinsèque et l'intégration des savoirs.
Les écoles alternatives
favorisent l'autonomie tout en soulignant les responsabilités individuelles et
collectives de l'élève au sein de la communauté et le prépare à la nécessité de
cohérence et de planification qui doit caractériser ses actions. Le but ultime
de leur mandat n'est pas seulement de faire de nos enfants des consommateurs
satisfaits et quelques peu silencieux du système dans un proche avenir, mais au
contraire de devenir les bâtisseurs d'une nouvelle société, celle-là même qui
saura s'approprier le pouvoir collectif qu'il est urgent d'exercer ici et
maintenant, sans plus attendre.
Les écoles alternatives qui sont
intégrées au système public d'éducation ne doivent pas se fondre dans l'ensemble,
mais au contraire cultiver leurs différences : en entretenant leur caractère
spécifique elles se doivent, au contraire, d'être dérangeantes afin de susciter
le questionnement et la prise de conscience à tous les niveaux du système
pédagogique.
Il est sans doute pertinent de se
questionner sur la nature de nos relations avec nos enfants et sur les
priorités des besoins communs favorables à une croissance harmonieuse :
l'absence de relations significatives entre jeunes et adultes et entre adultes
eux-mêmes, la poursuite effrénée du bien être matériel responsable de
l'éclatement d'une certaine stabilité de la cellule familiale n'a t'elle pas
lentement provoqué une carence de communication et une dangereuse perte de
contact affectif ?
Il est de l'intérêt des adultes
de prendre en charge leur destinée et de ne plus laisser les autres individus
prendre les décisions à leur place (M. Caouette a cité les taux préoccupants de
participation aux dernières élections scolaires) il est d'autant plus urgent
pour les parents responsables de montrer l'exemple d'adultes cohérents,
critiques, attentifs et toujours prêts à s'investir pour une bonne cause dans
la société, dans le domaine communautaire ou humanitaire.
En résumé, pour responsabiliser
un enfant, il faut lui laisser une réelle autonomie, en lui permettant
d'expérimenter et de maîtriser les responsabilités, les droits et les devoirs
qu'implique cette autonomie. L'ouverture aux autres cultures et société,
l'implication pour la solidarité la justice et la paix dans le monde sont des
idéaux que devrait soutenir l'école, et à plus forte raison les établissements
alternatifs qui se doivent d'être les pionniers de toutes initiatives dans ce
domaine... Nous avons, nous adultes, la responsabilité d'engagement et d'exemple
à suivre !
Comme le dit Charles Caouette, ne
nous privons pas d'un geste en pensant qu'il sera trop dérisoire pour être
significatif ; pensons au domino et rêvons d'être ceux par qui viendra le
changement.
Charles Caouette est l'auteur de
« Si on parlait d'éducation. Pour un nouveau projet de société» (Montréal, VLB
Éditeur, 1992.), et « Éduquer pour la vie !» Montréal, Éditions Écosociété,
1997, 171p.
mardi 15 janvier 2013
La ferme école du village des Plateaux
Le Village des Plateaux est une
structure d’accueil d’enfants en difficulté scolaire. Sa fondatrice, Christine
Paturel, était auparavant enseignante et directrice d’école dans l’Enseignement
catholique. Elle a décidé, à l’âge de la retraite, d’accueillir avec son mari
des enfants en difficulté scolaire. Depuis 2001, elle a fait de leur domicile
une maison d’accueil. C’est une école hors contrat, sous forme associative, qui
fonctionne grâce à une quarantaine de personnes bénévoles. L’objectif est de
permettre à des enfants, perturbés psychologiquement et affectivement, de
trouver un équilibre qui leur permette de réintégrer un cursus scolaire normal.
Cette école accueille actuellement 24 enfants : 10 en primaire, 12 en
collège et 2 en terminale. Depuis sa création, cette école a ainsi assuré la
réinsertion de plus de 90 enfants.
Une interview de Christine
Paturel, fondatrice de cette ferme école pour le blog de la Liberté Scolaire.
Le blog de la liberté scolaire : Voilà 10 ans que vous avez fondé le
village des plateaux. Quel était votre souhait alors que vous quittiez une vie
professionnelle de directrice d’école de l’Enseignement catholique sous contrat
?
Christine Paturel : J’ai tellement vu dans ma carrière de jeunes
ayant des capacités intellectuelles, mis à l’écart ou orientés dans des
institutions spécialisées, telles que les IME ou IMP, tout simplement parce que
le système scolaire qui leur était proposé ne leur convenait pas ! L’on a
vite fait de poser des jugements ou de mettre des étiquettes sur des enfants en
échec scolaire qui ne correspondent pas à la norme ou ne sont pas sur des
rails. J’ai tellement souffert de cet état que j’avais dit que
lorsque je serais à la retraite, je monterai une structure qui permettrait à
des jeunes de reprendre confiance en eux et en m’adaptant à eux et non eux à
moi. Et c’est ce que nous avons fait avec mon mari en ouvrant notre
maison et en accueillant des jeunes en échec scolaire. Depuis 10 ans, 94 jeunes
sont repartis vers un avenir serein. Nous avons surtout accueilli des
jeunes de familles peu aisées et qui ne savaient pas ce que voulait dire
« aimer ».
Vous avez su mobiliser de nombreux bénévoles autour de vous. Beaucoup
d’entre eux apportent non seulement leur bonne volonté mais aussi des
compétences éducatives. Comment avez-vous constitué cette équipe éducative ?
Je crois que pour motiver des
personnes à venir partager un projet comme le nôtre, il faut rester soi-même,
être simple, et surtout être authentique. Il faut croire à ce que l’on fait et
aimer partager. Avoir beaucoup d’enthousiasme, être avec les personnes, montrer
l’exemple, dynamiser son équipe, leur faire confiance, leur dire et leur
montrer qu’on a besoin d’eux. Les gens ne se trompent pas sur les
intentions de celui qui demande. On est heureux quand on vient vous demander
quelque chose, on est heureux que l’on ait besoin de nous, c’est
valorisant. Ainsi, petit à petit, nous avons eu beaucoup de bénévoles et pu constituer
une équipe.
Vous « remettez sur les rails » les enfants qui vous sont confiés. Sur
quelle pédagogie originale vous appuyez-vous ?
Nous n’avons pas une pédagogie
très originale mais nous essayons surtout de connaître chacun et de nous
adapter à lui. Nous pratiquons beaucoup la « pédagogie de la réussite,
encourageant le jeune dans tout ce qu’il fait, en lui donnant la
possibilité de se tromper, en croyant en lui, en valorisant ses réussites, en
créant un climat de confiance, de chaleur, de joie, de patience, en
reconnaissant l’enfant tel qu’il est, en favorisant sa créativité, en
s’adaptant à son rythme, en pratiquant des activités transversales :
musique, théâtre, jardinage, élevage, peinture, cuisine, couture, sport.
En réalité, pour aider les
jeunes à sortir de leur échec, nous n’avons pas de recette mais nous avons une
clé, la seule capable d’ouvrir toutes les portes, c’est la clé de l’Amour, non
l’amour qui vient de nous mais l’Amour qui coule en nous, l’Amour par lequel
nous existons. C’est la seule clé qui permet de dépasser leurs peurs et leurs
échecs. Les programmes pédagogiques sont les mêmes que ceux de l’Education
Nationale mais ils sont transversaux et investissent les jeunes dans la
découverte des cycles du vivant. Ils leur enseignent que tout est relié.
Nous nous inspirons de Freinet, Montessori, Lagaranderie mais tout est
personnalisé en fonction de chacun.
Vous venez d’inaugurer la « ferme école du Village des plateaux ».
Pourquoi cette dénomination ?
Avant tout, le village des
Plateaux voudrait être un village solidaire où jeunes et ainés se côtoient et
s’apportent mutuellement. Et pour poursuivre le projet, ça serait un quartier
pour les ainés, un quartier pour les adultes eux aussi blessés par la vie.
Pourquoi la « ferme
école » ? Nous pensons que la ferme est un lieu d’ancrage privilégié
avec la réalité. Replacer au cœur d’un lieu vivant les apprentissages
théoriques et pratiques offre aux jeunes de s’épanouir pleinement. La ferme
propose le développement en parallèle « de la tête, des mains et du
cœur ». Des ateliers quotidiens permettent l’acquisition de compétences
manuelles et artisanales qui contribuent efficacement au développement du
cerveau. Puis, c’est dans la participation à un projet que le jeune
apprend à être responsable. Et, investir le jeune de responsabilités est le
seul moyen de lui redonner le sens de l’effort. Outre la confiance en soi, la
présence d’animaux apprend aux jeunes à gérer ses émotions.
L’animal est le point d’appui idéal pour établir un nouveau mode de
relation avec l’adulte.
A travers une pédagogie active
fondée sur la confiance en lien avec la nature, les jeunes se reconstruisent.
Et c’est bien l’école de la vie, une vie d’école au sein d’une ferme.
Le site de la ferme école : http://villagedesplateaux.voila.net
![]() |
| Le jardin potager du Village des Plateaux |
lundi 7 janvier 2013
Séminaire créateurs d'école Steiner: 01-02 février, Chatou
|
Les intentions de créations
d’écoles Steiner-Waldorf sont de plus en plus nombreuses et vous êtes
près de 10 initiatives à avoir démarré ou à vouloir réellement concrétiser un
projet.
De ce fait, le séminaire
Créateurs d’écoles prend une nouvelle forme : il s’adresse avant tout
directement aux porteurs de ces 10 initiatives pour les aider à concrétiser à
court terme leur impulsion.
Nous placerons au cœur de nos
échanges et dans le cadre d’ateliers pratiques, les préoccupations
particulières de ces initiatives. Nous avons par ailleurs invité un
responsable de la Fondation pour l’école pour évoquer les conditions
juridiques, administratives et financières associées à toute création
d’école.
Le séminaire Créateurs d’écoles
2013 reste naturellement ouvert à toute personne envisageant une création
d’école sans en avoir défini encore les contours ; l’étude de
situations concrètes est toujours profitable et peut contribuer à
nourrir un projet encore au stade de la réflexion.
Lieu :
École Perceval
5, avenue d’Éprémesnil
78400 Chatou
Horaires :
Du vendredi 01 février à 18h30
au samedi 02 février à 18h
federation@steiner-waldorf.org
www.steiner-waldorf.org
|
samedi 5 janvier 2013
Célestin Freinet: Pédagogie et émancipation (livre)
"Lorsqu'on nous demande : Quelle est la ligne de notre
Mouvement ?, nous devrions sans doute répondre : nous sommes le mouvement qui
déplace les lignes." Formule de Freinet longtemps en exergue de la revue
L'Éducateur.
Henri Peyronie, Célestin
Freinet: Pédagogie et émancipation. 1999. Ed. Hachette
Lorsqu'on parle de pédagogie coopérative, c'est Célestin
Freinet qu'on présente comme figure de proue. Freinet, gravement blessé aux
poumons lors de guerre de 1914-1918, a donné les raisons qui l'ont à l'origine
poussé à une pratique dans laquelle, l'enseignant ne tient pas la première
place dans la relation pédagogique, mais remplit le rôle du facilitateur, du
médiateur, de celui qui organise les conditions favorables à l'apprentissage.
Dans cette démarche, c'est l'apprenant qui devient le centre du processus
d'apprentissage.
Freinet raconte :
"Quand je suis revenu de la guerre 14-18, j'avais été
assez sérieusement blessé et, notamment, je ne pouvais pas parler longtemps,
surtout pas dans une salle de classe. Lorsque vous êtes en train d'expliquer
quelque chose : "Tu vois, mon petit, ça c'est…", un gosse laisse
tomber un crayon, donc il vous interrompt. Vous reprenez le fil et puis il y en
a un autre qui fait taper sa table. "Ah ! tu n'as pas fini de nous
embêter ?" Alors on reprend et c'est un autre encore (...) Bien
souvent, ils le font même exprès de trouver une occasion pour un peu se
dégourdir les jambes et les bras. Lorsque j'avais parlé pendant dix minutes, un
quart d'heure, comme cela je n'en pouvais plus. Et alors, j'ai cherché des
solutions : ou bien je quittais l'enseignement à ce moment-là, ou bien je
trouvais d'autres techniques de travail qui m'auraient permis de faire ma
classe de façon intelligente, efficiente aussi, de m'intéresser à ma classe
mais que je puisse tenir le coup. Alors j'ai cherché."
À ces raisons pratiques s'ajoute un engagement militant. En
1944, Freinet fonde l'École Moderne française. Ses innovations pédagogiques ne
sont acceptées qu'à la marge, le système éducatif français les rejette et
empêche leur diffusion. Freinet va donc, d'une part, ouvrir une école privée,
d'autre part, constituer un mouvement pédagogique, connu sous le nom d'Institut
Coopératif d'École Moderne (I.C.E.M) qui est intégré dans la Fédération
Internationale des Mouvements de l'École Moderne (F.I.M.E.M). Une
vaste littérature couvre les avancées, les techniques et la vie de ce mouvement
pédagogique. Il faut ajouter que les pratiques Freinet ne font pas seulement
partie de l'histoire des idées et des pratiques pédagogiques. Actuellement, de
nombreux enseignants et un certains nombre d'établissements se réclament de
Freinet ou de l'École Moderne. Les sites Internet de ces écoles donnent une
nouvelle diffusion à leurs idées.
Freinet a développé toute une série de techniques que les
adhérents du mouvement pratiquent de façon cohérente et intégrée, mais que l'on
peut observer, parfois détachées de leurs fondements philosophiques et
politiques, dans les classes ou des écoles, qui ne prétendent pas pratiques une
pédagogie Freinet et parfois ne savent même pas d'où viennent ces techniques.
On peut évoquer le conseil de classe (au début nommé " conseil de
coopérative", le " Quoi de neuf ? " ou la causette (moment
de parole), un fonctionnement par ateliers, un " plan de travail " ou
" contrat de semaine", la fabrication du journal, l'imprimerie, la
radio à l'école, la correspondance scolaire.
Chez Freinet, toutes ces techniques sont reliées les unes
aux autres dans une organisation globale cohérente de la classe. Le
développement de cette pédagogie est fortement marqué par le contexte
historique et supporté par une idéologie empreinte d'une vision du travail non
aliénant ou robotisant mais vivant et émancipateur, fortement inspirée par le
courant marxiste. "C'est la pédagogie d'en bas" dit Freinet. C'est
une pédagogie centrée sur l'enfant comme membre d'une communauté éducative.
(source)
dimanche 30 décembre 2012
L'école Jonathan
En 1974, Charles Caouette fonde
l’école alternative Jonathan, pionnière des écoles publiques alternatives au
Québec.
« L’école alternative
Jonathan est une école primaire publique qui a été fondée en 1974. Dans les
trois ou quatre groupes-classes d’une vingtaine d’enfants, les enfants ont de 5
à 12 ans. Parmi eux se retrouvent aussi des enfants qui, dans d’autres écoles,
seraient placés dans des classes spéciales ou nécessiteraient des mesures
d’orthopédagogie. Les enfants ne sont pas assujettis aux programmes standard
d’enseignement. Ils apprennent à leur rythme, à leur manière, ils apprennent
surtout par projets et ateliers ; le problème de l’intégration du savoir
se pose beaucoup moins qu’ailleurs, puisque les connaissances ne sont pas
présentées par disciplines cloisonnées. De plus, l’enfant apprend très tôt à
développer sa propre manière d’apprendre, à améliorer ses stratégies cognitives
et à en corriger les déficiences (…)
Par ailleurs, il importe
peut-être de rappeler une autre dimension essentielle du projet Jonathan. Dès
sa conception, en effet, l’école Jonathan a voulu être une école communautaire,
c’est à dire définie, gérée et évaluée par l’ensemble de la collectivité. Les
parents ont donc toujours été sollicités et aidés à réfléchir ensemble sur
leurs propres valeurs et attitudes éducatives et sur leur responsabilité de
contribuer activement au changement de l’éducation et de la société (…)
Elle doit demeure une utopie bien vivante et en évolution. »
Charles Caouette, Eduquer. Pour la vie ! 1997. Ed.
Ecosociété.
vendredi 21 décembre 2012
RECREES, Réseau d’Enfants CREatifs et Ecologiquement Solidaires
L'établissement scolaire RECREES (Réseau d’Enfants CREatifs et Ecologiquement Solidaires) existe depuis septembre
2005, à Grambois (Vaucluse). L’Ecole a un effectif actuel de 25 enfants, réparti en 2 classes
multi-niveaux : une Maternelle et une Primaire. Depuis Septembre
2010, l'établissement compte une classe de niveau Collège de 10 adolescents.
Il s’agit d’un lieu où les enfants puissent développer leur
confiance en eux et en l’adulte, un lieu qui donne du sens aux
apprentissages et qui soit accessible au plus grand nombre, une école en lien
avec les familles, à l'écoute des besoins et des envies de tous,
petits et grands.
Dans ce cadre, ont été définis les objectifs du projet. Il
s’agit de proposer :
- un environnement pédagogique à taille humaine en zone rurale
- un cadre naturel, source d’autonomie et de responsabilisation
- une pédagogie inspirée des courants Montessori et Freinet permettant de respecter le rythme de chaque enfant et de développer la coopération ;
- un accueil et une intégration de tous les enfants, qu’ils soient particulièrement éveillés, en grande difficulté ou n’ayant pas pu trouver leur place par ailleurs
- une éducation citoyenne et coopérative
- une éducation à la communication non-violente
- une éducation à l’environnement avec sorties pédestres et découverte des milieux naturels
- une intégration à part entière des activités corporelles et de celles développant la créativité
- une ouverture culturelle et artistique sur la région
- un fonctionnement solidaire, pour être accessible financièrement au plus grand nombre
- une école associative regroupant enfants, parents et partenaires, et dans laquelle chacun s’implique
- un lieu d’échanges innovant sur les pratiques respectueuses du développement de l’enfant
- un cadre favorisant le respect, l’autonomie, la coopération, la solidarité, le partage et l’ouverture.
Ce projet est porté par l'Association RECREES, gérée par un
collectif composé des parents et des pédagogues. Ce choix assure la cohérence entre le
fonctionnement coopératif de la structure et le projet
pédagogique.
Contact :
ECOLE RECRÉÉS
Domaine de St Léger
84240 Grambois
Tél : 04 90 77 48 19
Site : http://recrees.fr/
samedi 15 décembre 2012
Lycée autogéré, école de demain ?
Le Lycée autogéré de Paris n'est
pas un établissement scolaire comme les autres. Là-bas, suivre des cours n'est
pas l'unique objectif : les élèves peuvent voter et participer activement aux
décisions qui concernent le fonctionnement du lieu. Elèves et professeurs, qui
se tutoient, assurent ensemble la gestion du lycée au quotidien. Une manière
d'instaurer un dialogue constant et de responsabiliser les adolescents.
Un lycée sans proviseur ni
surveillant, géré par les élèves et les professeurs : une utopie en
France ? Non, ce concept est bien réel. Le Lycée autogéré de Paris (LAP)
fait partie des quatre lycées expérimentaux1
lancés dans les années 80 par le ministère de l'Education Nationale. Le
LAP ouvre ses portes, rue Vaugirard (XVe arrondissement), en
septembre 1982.
Oubliez le fonctionnement
traditionnel des lycées français et plus généralement du système scolaire
hexagonal ; au LAP, le rapport élève/professeur est cassé, on place
l'élève au centre de l'apprentissage. Le lycéen décide seul d'assister aux
cours – ils ne sont pas obligatoires - les enseignants ne se contentent
plus de transmettre leur matière. Ils accompagnent et soutiennent des jeunes
(âgés de 15 à 22 ans) qui ont choisi eux-mêmes de suivre cette
scolarité... différente. Et contrairement à une idée répandue, l’établissement
n’accueille pas uniquement des adolescents en situation d’échec scolaire.
Pédagogie différente, gestion
originale. Au Lycée autogéré de Paris, tout repose sur la participation et le
volontariat des élèves. Les actions et décisions qui concernent la vie de
l'établissement sont prises après consultation et vote des lycéens. De même,
dans ce lycée atypique, pas de personnel pour faire le ménage : une fois
les cours, réunions et ateliers terminés, ce sont les lycéens et les professeurs
qui passent le balai dans les salles, les couloirs, la cafétéria.
Eduquer autrement,
responsabiliser, réfléchir et discuter ensemble plutôt qu'imposer et punir.
C'est la philosophie du LAP qui compte 220 élèves et 25 professeurs.
vendredi 14 décembre 2012
La pédagogie de l'autonomie
Extrait d'un texte de René Barbier, La philosophie, école de vie et d'amour, publié sur son site, le 11/07/2011. Texte intégral disponible sur le site.
Réfléchir et se démarquer de ses
conditionnements familiaux, sociaux, culturels, imposent une certaine
souffrance et une lucidité sur les limites d'une telle entreprise. L'être de la
conscience tragique en connaît le prix et la pédagogie qui le mène, s'en
ressent. Porté par la dynamique de l'existence, il en connaît toutes les
ambivalences, les équivocités, la complexité. Mais il soutient également la
nécessité de choisir et de décider, dans une discussion permanente avec autrui.
L'autonomie - la création de ses propres normes - ne va pas sans la
confrontation avec le monde et sans une conscience supérieure qui régularise
les instincts trop personnels. Le tragique survient lorsque nous pressentons
que nous ne pouvons faire autrement que de suivre une certaine conduite.
La pédagogie de l'autonomie
s'appuie sur quelques principes simples:
- Le respect et la confiance a priori de l'élève dans sa singularité.
- La possibilité de croissance intellectuelle et morale de l'élève (Rogers).
- Une organisation souple des études. Les programmes doivent tenir compte de la personnalité et du rythme de chaque élève et de chaque équipe de travail.
- L'enseignant est, avant tout, un facilitateur d'apprentissage. Ses qualités d'animateur de groupe n'excluent pas pour autant ses capacités à donner de l'information, des éclairages, des conseils, des expertises.
- Le travail des élèves privilégie l'équipe, la coopération, l'entraide.
- L'évaluation (sur le sens et le processus de l'apprentissage) est préférée au contrôle (sur ce qui est retenu en fonction d'une référence immuable).
- L'intérêt du savoir se déplace de la classe, au monde social (par des échanges scolaires dans la pédagogie Freinet, des visites sur le terrain, des intervenants issus du milieu économique, intellectuel, culturel).
dimanche 9 décembre 2012
L'enfant en mouvement (livre)
L'eurythmie est un art du
mouvement qui transforme en geste les sonorités du langage et de la musique.
Elle rend visible l'invisible, c'est-à-dire qu'à chaque voyelle, à chaque
consonne, ainsi qu'à chaque mouvement d'âme et même couleur, correspond un geste
qui est le reflet de ce qui se produit à l'intérieur de nous.
L'eurythmie est une activité qui
exige l'engagement de l'être tout entier, c'est "une éducation corporelle
imprégnée d'âme" disait R. Steiner. Il ajoutait encore: "travailler
l'eurythmie produit une volonté qui dure tout au long de l'existence. Elle
donne à ceux qui l'exercent des forces de vie inépuisables".
(Source)
L’eurythmie est une matière
spécifique aux écoles Steiner. Elle réunit en un ensemble
rythmé la musique, les sonorités du langage, les couleurs et les mouvements
dans l’espace.
Grâce à la présentation qu’en
fait Sylvia Bardt il devient clair que la pratique de cet art du mouvement peut
aider l’enfant à se trouver lui-même et à rencontrer le monde. Cette approche
de l’eurythmie permet aussi de comprendre en profondeur le développement de
l’enfant.
Sommaire
Introduction à l’eurythmie
Le mouvement
Impulsions
artistiques novatrices au début du XXe siècle
Naissance
d’un nouvel art du mouvement
Les trois formes d’eurythmie.
Création
eurythmique et connaissance de l’eurythmie
Incarnation de l’esprit et
spiritualisation du corps
La préparation du professeur
Des
exercices conçus pour répondre aux besoins des enfants en fonction de leur âge
La
sonorité et le mot 42
L’eurythmie pour les
enfants d’âge préscolaire
Le plan scolaire – un
chef-d’œuvre
Correspondances entre les classes telles qu’on peut les
vivre à travers l’eurythmie
De la première à la douzième classe
La sphère et le cercle,
archétypes du mouvement
Effets de l’eurythmie sur l’organisation du
mouvement entre douze et quatorze ans
Réflexions sur le cours
d’eurythmie dans les grandes classes
Qu’est-ce qu’un professeur
d’eurythmie ?
Profil professionnel
Préface
Cet ouvrage résulte de la
recherche effectuée par son auteur au cours des années d’eurythmie pédagogique
qu’elle a pratiquée avec des enfants de tous âges. D’une facture claire et
ordonnée, il permet également de satisfaire au souhait d’une introduction à ce
nouvel art du mouvement aussi connu aujourd’hui dans le monde que la pédagogie
Steiner (Waldorf).
L’une des caractéristiques du vingtième siècle, c’est que
dans les parties dites civilisées du monde, l’homme soit de plus en plus obligé
de céder à des mécanismes et à des machines une part croissante du plaisir lié
au mouvement. Tout en appréciant certains aspects du progrès technique,
beaucoup de gens se demandent quels seront les effets de cet appauvrissement
sur les générations à venir. Comme une sorte de réponse à ce qui allait être la
situation de l’humanité à la fin de notre siècle, Rudolf et Marie Steiner, dès
son début, ont transmis l’eurythmie à l’humanité. Une condition indispensable,
il est vrai, à l’exercice de ce nouvel art, c’est « de reconnaître et même
de vivre avec la conviction que l’homme est constitué d’un corps, d’une âme et
d’un esprit ». Il est de toute urgence aujourd’hui que l’homme non
seulement comprenne, mais aussi qu’il vive et exerce cette tripartition innée
afin de sauvegarder son étincelle humaine primordiale. Si le plan scolaire des
écoles Steiner est déjà entièrement construit sur la base de cette tripartition
de l’homme en corps, âme et esprit, l’eurythmie offre des possibilités plus
spécifiques encore de vivre cette ordonnance jusque dans ses aspects les plus
subtils. C’est inspirée par cette idée fondamentale que Sylvia Bardt façonne
l’enseignement qu’elle présente dans cet ouvrage. Elle montre très concrètement
comment les enfants et les adolescents peuvent se trouver eux-mêmes et
rencontrer le monde à travers l’eurythmie. Sa description des correspondances
entre les classes telles qu’on peut les vivre à travers l’eurythmie est
particulièrement réussie. Le lecteur est ainsi convié à se rendre compte
lui-même de ce que représente, dans une biographie humaine, le fait d’arriver à
« conclure douze années de travail eurythmique sous le signe du cercle, du
soleil qui rend possible notre vie sur terre ».
C’est tout
particulièrement à travers l’eurythmie en tant que « langage
visible » ou « musique visible » que le
jeune être humain prend conscience de sa nature universelle qui le lie en tant
qu’homme avec ses semblables et avec l’esprit de l’humanité entière. Beaucoup
d’enfants puissent-ils encore être accompagnés sur le chemin de la vie par les
cours et les représentations d’eurythmie ! Me faisant le
porte-parole de bien d’autres admirateurs de l’eurythmie, je tiens ici à
remercier l’auteur pour l’accès à cet art qu’elle offre par son livre au
lecteur intéressé.
Sylvia Bardt, L’enfant en mouvement.Pratique de
l’eurythmie dans les écoles Steiner. 2011. Ed. Triades.
(Source)
Inscription à :
Articles (Atom)










