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vendredi 18 septembre 2015

Accueillir les émotions pour un épanouissement durable


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Force est de constater que notre société n'a pas exploité son potentiel émotionnel. Et même plus: il semble qu'elle ne cesse de le renier. Ainsi le petit garçon qui pleure est "une fillette" et la dame aux prises de ses émotions passe pour une "hystérique". Bien souvent, une certaine violence éducative voudrait que non seulement nous ne montrions pas trop nos émotions - si ce n'est les émotions jugées "négatives", tout en les interdisant à nos enfants : "arrête de pleurer", "cesse tout de suite ton cinéma", "si tu te mets en colère / fais une crise, tu seras puni".

Pourtant, une émotion est toujours juste, légitime. Elle apparait, est ressentie, et a besoin d'être extériorisée. Elle exprime toujours un besoin, une demande, qu'il sera plus sage d'écouter, auxquels il faudra donner une réponse appropriée. Nous sommes des êtres d'émotions.
Écouter, reconnaître, accepter : "Oui, tu as le droit de ressentir cela, c'est juste." Et répondre, en trouvant des manières constructives de l'exprimer. Mettre des mots simples sur les ressentis est une étape importante : il est nécessaire de nommer les émotions pour mieux les appréhender. 
La colère par exemple est légitime, mais au lieu de casser quelque chose ou d'avoir un comportement inacceptable, on peut très bien imaginer une autre façon de l'extérioriser. 
Ainsi l'enfant est accueilli, non jugé, est en capacité de maîtriser et de reconnaître ses émotions dans un climat sain pour sa santé émotionnelle. Il apprend peu à peu à gérer ses émotions de manière adéquate, au rythme de son développement. 

Si au contraire, nous interdisons à un enfant d'exprimer ses émotions, ou que nous le critiquons pour cela, il en vient à croire que ce qu'il ressent n'est pas juste, approprié, ou encore sain. Il ne se fait plus confiance, et n'est plus en mesure de s'écouter. Cela engendre nécessairement une perte d'estime de soi, de respect de soi, une certaine instabilité et incapacité à gérer ses émotions plus tard.
Il est souvent difficile pour nous, adultes qui n'avons pas bénéficié d'une bienveillance éducative, de permettre à notre enfant de vivre ses émotions. Elles font souvent écho à notre propre souffrance d'enfant, et à notre ignorance de l'éducation émotionnelle. Il est alors de notre responsabilité d'éduquer notre propre intelligence émotionnelle. Et au besoin d'être aidé,  par le biais d'une thérapie par exemple. 

De plus en plus, notre société devra vraisemblablement prendre en compte les émotions, et les exploiter en tant que véritable intelligence, avec des outils appropriés. A la base, elles représentent un réflexe à une situation - elle ont donc toute leur utilité, concernant notre survie par exemple. Elles possèdent leur propre forme d'intelligence, ou plutôt de rationalité. Alliées à l'intellect, elles représentent un formidable outil d'épanouissement dans la vie.


samedi 9 mai 2015

Le conflit, une opportunité pour grandir


La paix ne peut être obtenue par la violence, elle ne peut être atteinte que par la compréhension. Albert Einstein

Le conflit, une opportunité pour grandir de manière consciente et responsable


Un conflit est une opposition avec soi, une personne, ou encore entre des groupes, lors de laquelle la communication est difficile ou même rompue. C’est un indicateur que quelque ne va pas dans la relation, qu’il faut du changement. Il déclenche souvent une situation vécue dans la douleur, la peur et la colère ; car le conflit réactive souvent des blessures anciennes : peur du rejet, peur de l’abandon… autant de blessures qui dominent encore notre ego et nos croyances.
Et nous avons l’impression que nous ne pourrions en sortir que par la fuite ou par la lutte, qui amènerait l’autre à être finalement d’accord avec nous. Dans ce schéma, chacun se sent agressé, et se met en posture défensive : hypersensible, chacun réagit. Le dialogue est donc impossible, chacun campant sur ses positions, et dans une tentative désespérée d’entrée en contact, il est possible que l’un des protagonistes en vienne à faire usage de violence.

A la base, les racines du conflit sont souvent les mêmes : le manque d’écoute, de compréhension, de respect, de communication, de reconnaissance de la part de l’autre… Qui renvoient une fois de plus à nos propres carences.

Nous comprenons dès lors que, dans notre société où nous n’avons sans doute jamais autant communiqué, nous communiquons pourtant très mal, en manque d’outils relationnels - et combien nous ne maitrisons pas nos émotions ! 

Pourtant, il est possible de réagir différemment : par exemple, en créant une ouverture par le dialogue, la médiation, provoquant ainsi une réelle rencontre. Car le conflit est une opportunité de rencontre, de transformation personnelle, relationnelle, sociale, voire culturelle. Il faudra bien entendu y mettre de la volonté.

Le plus grand travail à réaliser réside dans la responsabilisation de soi (communication, émotions, croyances) et de ses actes : car le conflit nous en apprend autant – voire plus - sur nous-mêmes et nos propres mécanismes, que sur l’autre. En cela, c’est une occasion de remettre en question certains de nos automatismes et de nos préjugés – qu’ils soient conscients ou non. Il y a un aspect indéniablement thérapeutique à intégrer.

Dès lors, il s’agit de parler de soi, de ses ressentis, croyances, d’exprimer des besoins et des demandes clairs ; sans toutefois blâmer et accabler l’autre. Car il est essentiel de ne pas accuser et juger l’autre… Il est temps de quitter le paradigme bourreau / victime, qui ne sert qu’à culpabiliser et déresponsabiliser, à se victimiser (pour mieux être bourreau), nourrissant indéfiniment le conflit et la violence. Il n’y a pas de gagnant dans cette équation.  

Il s’agit donc d’accepter l’autre dans sa différence, libre d’être ce qu’il est ; mais aussi de s’accepter soi-même. Et de voir combien le conflit nous grandit, nous permettant de poser des limites saines, un cadre relationnel respectueux de chacun.

En définitive, le véritable vivre ensemble s’enrichira des conflits, il en fera une force. Il accueillera chacun dans sa différence, dans sa liberté d’être ce qu’il est. Il permet de cohabiter, de se relier ensemble, sans demander à l’autre d’être semblable à nous-mêmes – même et surtout lorsque nous pensons avoir raison. Le véritable vivre ensemble est dynamique, mouvant, changeant. Il n’exclut personne. La paix n’est pas l’absence de conflit : elle est la capacité non-violente, respectueuse et empathique à accompagner le conflit.


Des outils précieux à l’accompagnement des conflits : la médiation, la CNV, la gestion des émotions, l’empathie.


dimanche 23 novembre 2014

Education et empathie


L’empathie est la capacité que nous avons à nous mettre à la place de quelqu’un et à  comprendre ce qu’il ressent. C’est une qualité précieuse, qui permet de développer des aptitudes sociales, que ce soit en famille ou en société. Elle favoriserait une culture de la paix et de la non-violence ; à ce titre, elle doit donc pleinement être intégrée au cœur de l’éducation bienveillante. Il semble que l’empathie soit liée à plusieurs éléments, tels que le respect, les émotions, le vivre ensemble, la solidarité, etc.
Récemment, les neurosciences se sont également penchées sur l’empathie, révélant l’existence de systèmes cérébraux spécifiques, neurones « miroir » ou « résonnant ». Elle est, semble t’il, un besoin fondamental de tout être humain – et pourtant, elle est souvent oubliée dans notre culture, ignorée par l’éducation, qui a privilégié et survalorisé le mental et l’intellect.

A partir de quel âge l’empathie se manifeste t’elle chez l’enfant ?
Elle apparait naturellement chez le tout-petit, elle est en fait inhérente à l’humanité. Selon Serge Tisseron, l’empathie se développe réellement chez le petit enfant entre l’âge de 8 et 12 mois. Elle est alors avant tout émotionnelle : l’enfant ressent les émotions de l’autre. Il comprend les émotions et désire aussi venir en aide. Vers ses 4 ans et demi, apparait l’empathie cognitive, l’enfant est alors capable de se représenter l’état mental de l’autre.

  •  Empathie, approche centrée sur la personne, CNV


Si le psychologue Carl Rogers a mis l’empathie au cœur de sa théorie de l’approche centrée sur la personne, celle-ci est également le moteur de la CNV (communication non violente). Nous évoquions la possibilité de l’écoute active ci-dessus, et il est également important de « parler juste » : comment vais-je exprimer mes émotions ? Je reçois, par l’écoute, et je donne, par l’expression – j’accueille - et tout cela sans jugement : toute émotion est légitime. La colère ou la peur par exemple, comme toute émotion, comme tout état, est non seulement légitime, mais aussi momentanément utile, nécessaire, voire salutaire. L’émotion est l’état qui me permet de répondre à une situation ; l’état émotionnel est le moment de décharge, de libération – nécessaire de cette (sur)charge émotionnelle.

  • Auto-empathie


Comment pourrais-je respecter les autres et leurs émotions, si je ne me respecte pas moi-même ? Comment pourrais-je vivre en bonne intelligence avec les autres si je n’assume pas mes besoins émotionnels ? La première partie de ce cheminement est consacrée à la relation que l’individu entretient avec lui-même : il s’agit de l’auto-empathie. Apprendre à reconnaître, comprendre et gérer mes émotions et mes besoins – être en lien avec moi-même – et ainsi être conscient de ce que je ressens et expérimente (plutôt que de rester inconscient ou vaguement conscient et de se laisser maîtriser par des processus qui nous échappent, ne nous appartiennent pas forcément et qui ne sont dès lors pas choisis, mais subis). Par ailleurs, et c’est notre thème de recherche via une éducation joyeuse : la joie doit toujours être notre boussole.

  • Empathie et culture émotionnelle


Il est important d’encourager une culture de l’intelligence émotionnelle, avec moi-même, en tant que parent, mais aussi avec mes enfants. Je peux d’abord faire ce travail personnellement ; être clair quant à mes émotions et mes besoins, exprimer mes demandes, et poser des questions à mes enfants : « comment te sens-tu ? » est un début. J’écoute activement : ainsi, je suis relié à moi-même et aux autres, dans le moment présent. Il est tout à fait envisageable de pratiquer cette « hygiène de vie » émotionnelle au quotidien, tout comme nous prenons la peine de nous brosser les dents le soir.
Michel Claeys Bouuaert, qui a consacré plusieurs ouvrages à l’éducation émotionnelle (Ed. Le souffle d’or) propose par ailleurs sur son site un guide pratique pour éducateurs et enseignants comprenant des exercices à mettre en pratique avec les plus jeunes[1].

L’empathie est à mon sens fortement liée à cette activité et valorisation de l’intelligence du cœur. Elle relève d’un savoir-être, c’est à dire d’une qualité d’être en processus qui se « travaille » tout au long de la vie. Et parce que nous ne vivons pas (encore) dans une culture de la paix et de la non-violence, il nous faudra sans doute faire un cheminement pour nous défaire de nos conditionnements non-bienveillants, voire violents.
Je précise qu’il ne s’agit pas non plus d’aller vers un autre extrême ; nous ne devons pas quitter la condition de bourreau pour celle de la victime (ou l’inverse) ; de toute évidence, ces deux polarités étant immanquablement liées, nous allons généralement de l’une à l’autre, comme s’il s’agissait des deux faces d’une même pièce. Il s’agit au contraire de quitter ces états et d’adopter une posture de responsabilité.

L’empathie ne signifie pas non plus prendre la responsabilité des émotions ou des besoins de l’autre : elle se met à l’écoute, mais ne se substitue pas ; elle accompagne, sans intrusion, et laisse l’autre libre de lui-même, et donc pleinement responsable. Là réside le respect : de soi et de l’autre, et donc l’empathie.

  • Empathie et responsabilisation


Concrètement, il apparaît clairement que nos enfants ont tendance à reproduire nos propres schémas non résolus. La manière la plus pertinente d’encourager l’empathie chez un enfant est de la pratiquer soi-même et avec eux, au quotidien – car nous savons qu’un discours, même répété, ne laisse que peu de traces. Par ailleurs, nous pouvons encourager et nourrir des valeurs positives à travers des lectures inspirantes par exemple (voir ci-dessous).

Il est vraisemblable qu’une éducation bienveillante et consciente (parentage) encourage tout naturellement l’empathie et l’intelligence émotionnelle des enfants. A l’inverse, ce sont au contraire les blessures d’enfance qui engendrent manque d’empathie, narcissisme, fausses croyances limitantes et autres conséquences : si je ne suis pas guéri d’un manque ou d’une souffrance que j’ai vécus, je chercherai à le combler d’une manière ou d’une autre, tout au long de mon existence. La vie et ses expériences sont une constante invitation à guérir, apprendre, grandir en conscience ; s'éduquer, c'est se libérer et se responsabiliser. 

  • Lectures conseillées


Lectures pour les parents :
Michel Claeys Bouuaert, Pratique de l'éducation émotionnelle : Une approche ludique, 2004, Ed. Le Souffle d'Or
Jean-Philippe Faure, Céline Girardet, L’empathie, le pouvoir de l’accueil, 2003, Ed. Jouvence
Jean-Philippe Faure, Eduquer sans punitions ni récompenses, 2005, Ed. Jouvence
Isabelle Filliozat, Au coeur des émotions de l'enfant, 2013, Ed. Marabout
- Que se passe t-il en moi ? 2013, Ed. Marabout

Lecture pour les enfants :

Julie Belaval, Carla Manea (illustrations), Le temps des émotions, 2013, Ed. Rue des enfants, à partir de 4 ans.


Gilles Diederichs, Gestion des émotions - 35 activités pour aider votre enfant à mieux vivre les émotions, 2014, Ed. MANGO


Dharmachari Nagaraja, Histoires d'ailleurs : Petits contes de sagesse bouddhiste pour aider votre enfant à vivre dans l'harmonie, 2014, Ed. Le Courrier du Livre


Michel Piquemal, Philippe Lagautrière, Les philo-fables pour vivre ensemble, 2009, Ed. Albin Michel Jeunesse

David Sander, Sophie Schwartz et Clotilde Perrin (illustrations), Au coeur des émotions, 2010, Ed. le Pommier





[1] PDF disponible à l’adresse suivante, exercice d’empathie p .71 : http://www.education-emotionnelle.com/wp-content/uploads/2012/08/education-emotionnelle-jeunes.pdf

mercredi 19 novembre 2014

Le sommeil des enfants (et des parents)

Bernardino Luini, Le Sommeil de l'Enfant Jésus (détail)
La question du sommeil des enfants est un sujet qui revient très régulièrement dans les discussions. Un sujet épineux s'il en est, autour duquel entrent parfois en compétition besoins des parents et des enfants. Chaque enfant est unique et a son rythme, chaque famille est unique aussi et devra trouver son équilibre. Il est possible que ce cheminement prenne du temps ; il faudra donc faire preuve de patience. J'ai pu remarquer que les situations les plus difficiles - où le moment du coucher est devenu synonyme de hurlements, de colère et de pleurs - sont celles où l'on a essayé de forcer les rythmes de chacun, sans prendre le temps d'écouter les demandes. Il est vrai aussi que le soir, nombre de parents sont fatigués, moins disponibles et que leur besoin de sommeil se fait également ressentir. 

  • Les besoins de chacun
Le soir, il arrive parfois que nos enfants soient un peu trop excités alors que nous souhaiterions un peu de calme. Il est possible qu'il s'agisse de la décharge d'un trop-plein d'énergie physique ou émotionnelle. C'est donc tout à fait naturel et sain. Souvenons-nous que les enfants scolarisés passent une grande partie de la journée enfermés et assis, et que parfois, un petit événement (anodin à nos yeux) ont pu les perturber émotionnellement. 
Dans ce cas, il peut être intéressant de proposer par exemple une promenade ou encore un jeu de bataille sur le lit, pour se défouler, et rire! De plus, le rire va permettre de déjouer les tensions accumulées dans la journée. Parfois un bon bain fera des merveilles : il est parfois plus intéressant de prendre ce temps supplémentaire, car il amènera plus de détente, de calme. Il faudra également éviter le sucre le soir, et bien aérer la chambre avant le coucher. 


Le temps du coucher arrivant, certains enfants expriment aussi, d'une façon que les adultes ne comprennent pas toujours, des peurs, des angoisses ou encore de l'anxiété. L'enfant peut avoir peur d'être séparé de ses parents (ou l'inverse), de faire des cauchemars ou que quelque chose se cache dans la chambre. Il est essentiel de se mettre à l'écoute des peurs, de rassurer son enfant. Aussi irrationnelle semble être cette peur aux yeux de l'adulte, elle est toujours légitime et vécue pleinement, avec intensité même. Un accompagnement bienveillant sera mille fois plus efficace que la négation des peurs ; l'enfant entend dans ce dernier cas que son sentiment n'est pas écouté, qu'il n'est pas légitime. 
Je suis convaincue que laisser hurler son enfant est un aveu d'échec pour tous, et jamais une solution : il finira certainement par s'habituer à ne pas être entendu, et arrêtera de pleurer, mais à quel prix? Dans ce cas aussi, il apprendra à refouler et/ou à nier ses émotions.
Outre l'écoute active et une communication non violente, sans jugement aucun, l'ambiance se voudra rassurante, positive. Les élixirs floraux pourront aider certains enfants, notamment les complexes dédiés au sommeil ou aux peurs. 
Dans tous les cas, vous n'êtes pas en pouvoir d'effacer les peurs de votre enfant; mais de les écouter, de les comprendre dans une certaine mesure, et de l'accompagner dans l'apprentissage de la gestion de ses peurs. 

En tant que parents, nous devons aussi porter attention à nos propres besoins : physiques (calme, sommeil), mais aussi émotionnels. Si nous devons parfois les aménager parce que nous avons la responsabilité d'enfants, en aucun cas, nous ne devons nous oublier. Comment est-ce que, en tant que personne, je prends soin de moi et de mes besoins? 
Si je ne prends pas bien soin de moi, je serai moins à l'écoute et moins bienveillant avec mes enfants. Au contraire, si je prends soin de moi, que je suis reposé(e), non seulement j'offre un exemple sain à  mes enfants, et de plus, j'ai beaucoup plus d'énergie à leur consacrer. J'exprime donc mes besoins à l'aide de la CNV : "J'ai eu une longue journée, ce soir, je suis fatigué, j'ai besoin de calme." Mes phrases expriment mes besoins, mes ressentis, et ne sont en aucun cas des jugements de l'autre: "tu es trop bruyant".
Finalement, les "problèmes" de sommeil des enfants posent toujours la question de la gestion du sommeil des parents.

  • Rassurer, accompagner en douceur

Je pense que l'ambiance du soir a quelque chose de rassurant et de précieux. Le soir, à heure plus ou moins régulière, est un moment de transition vers la nuit. On prendra soin de couper les écrans, de mettre par exemple une musique douce, classique ou relaxante. Ou même de proposer quelques exercices de relaxation, de respiration, ou de méditation. Les lumières seront tamisées. Lire une histoire ou un conte d'une voix douce est un moment réconfortant pour l'enfant, agréable pour tous. On peut aussi chantonner des berceuses, faire des câlins, dire des mots doux, - il est important de terminer la journée sur des mots positifs. Par exemple, remercier son enfant pour tel moment dans la journée, lui dire combien on a apprécié ceci, etc. 
Tout cela crée une routine réconfortante, qui a force d'être appliquée, sera pleinement intégrée dans le quotidien. A chaque famille de trouver sa routine, avec les éléments qui lui conviennent. 

  • Efficacité ou épanouissement?
Nous ne sommes pas ici dans une logique d'efficacité et de résultats immédiats, pour la bonne raison que les enfants ne répondent pas à cela. Ce ne sont pas des ordinateurs dans lesquels vous allez intégrer tel logiciel pour qu'ils soient en mesure de faire ceci ou cela. Les "outils" souvent proposés sur certains sites peuvent avoir une certaine efficacité, certes, mais aucun n'est infaillible. Il n'y a pas de solution magique... On peut les utiliser, bien sûr, mais à la condition de ne pas oublier que l'essentiel pour l'enfant, c'est d'être écouté, entendu, et de répondre à ses besoins (dans la mesure du possible, selon la situation bien sûr). Même si vous avez l'impression que cela ne marche pas d'emblée, ne vous découragez pas. Parce qu'en mettant en place cette écoute bienveillante, vous lui apprenez également à formuler et à répondre à ses besoins, mais aussi à se responsabiliser face à ceux-ci. C'est un cheminement vers l'épanouissement et l'autonomie. Patience donc, car chaque enfant a son rythme. En grandissant, ses besoins évoluant, il sera en mesure de les communiquer et de les respecter. Un enfant plus grand par exemple pourra lire tranquillement dans sa chambre le soir. 

  • Une histoire de confiance
En tant que parent, vous savez déjà tout ce qu'il y a à savoir. Nous parlons ici de l'intelligence du coeur! Au lieu d'ajouter de la théorie, je crois que pour beaucoup d'entre nous, il faudra la déconstruire pour revenir au bon sens: écoutez nos enfants. Ils nous guideront parfaitement. Faites-leur confiance, faites-vous confiance! Vous n'êtes pas parfaits, mais vous êtes le parent parfait de votre enfant, c'est à dire le parent aimant de votre enfant. 

  • Quelques livres autour du sommeil
Pour les enfants, je conseille quelques ouvrages autour du sommeil. Introduire un sujet par les livres peut amener l'enfant à mieux comprendre celui-ci.



Jeanne Ashbé, La nuit, on dort ! 2004, Ed. L'École des Loisirs
"C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui, chaque nuit, empêchait ses parents de dormir sur leurs deux oreilles."


Kazuo Iwamura, La famille souris se couche, 2001, Ed. L'Ecole des loisirs
"Après le dîner, les quatorze souris se racontent leur journée. Ensuite, les enfants se préparent à se mettre au lit. Après les histoires viennent les berceuses. Par la fenêtre, la lune, silencieuse, veille sur les souris. Retrouvez les aventures de la Famille Souris dans les 10 autres albums parus à l'école des loisirs!"


Marie-Aline Bawin, Tom ne veut pas dormir, 2012, Ed. Mango Jeunesse
"Ce soir, Tom ne veut pas dormir. Pour gagner du temps, tous les moyens sont bons : faire un très long câlin à Papa, réclamer un verre d'eau, une histoire, un baiser... jusqu'à ce que Maman se fâche. Que va bien pouvoir faire Tom, tout seul dans sa chambre ?"


Claire Masurel, Marie H. Henry, Bonne nuit !, 1993, Ed. L'Ecole des loisirs
"C'est l'heure d'aller au lit, Juliette rassemble tous ses amis. Ce n'est pas facile: son lapin se promène, son canard prend un bain, et sa poupée croit que c'est l'heure des histoires !"


Jonathan Allen, Je n'ai pas sommeil ! 2014, Ed. GRUND
"Bébé Hibou en a assez que ses amis de la forêt lui disent qu’il a l’air fatigué.  Il a beau répéter qu'il n’a pas sommeil, personne ne veut le croire. Pourtant il ne tardera pas à s’écrouler dans les bras de papa. Dans cet album cartonné aux illustrations drôles et tendres, les petits  se retrouveront lorsqu’il est l’heure d’aller au lit !"


Pour les parents, je conseillerai des ouvrages qui vous guideront vers la confiance en vous. Des basiques, qui ne sont pas forcément en lien avec le sommeil pour tous, mais qui font sens dans la démarche globale de l'accompagnement bienveillant. 



Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, 2005, Editions Jouvence


Isabelle Filliozat, Au coeur des émotions de l'enfant, 2013, Ed. Marabout

Carlos Gonzales, Serre-moi fort: Comment élever ses enfants avec amour, 2013, Ed. du Hêtre
Elizabeth Pantley, Un sommeil paisible et sans pleurs, 2005, Ed. AdA
Marshall Rosenberg, Elever nos enfants avec bienveillance : L'approche de la communication non violente, 2007, Editions Jouvence
William Sears, Etre parent le jour et la nuit aussi, 1992, Ed. internationales la Leche
Marie Thirion, Le sommeil, le rêve et l'enfant, 2011, Editions Albin Michel

Mais aussi :


Eline Snel, Calme et attentif comme une grenouille + CD, 2012, Ed. Les Arènes

Rebecca Whitford, Le yoga des petits pour bien dormir, 2006, Ed. Gallimard Jeunesse

samedi 12 octobre 2013

Comment nos enfants nous éduquent



Bien souvent, lorsque j’ai expérimenté une « difficulté » avec mon enfant, je me suis rendue compte qu’il s’agissait avant tout d’un processus qui mettait en valeur mes propres incohérences, limites ou (fausses) croyances. Mon enfant est un passeur: il tente de faire passer dans ma conscience ce qui ne l'était pas. Et cela se traduit chez moi par les émotions : je ressens alors de la colère, de la tristesse, de la peur, ou encore de la frustration… Bref, je réagis « négativement » à quelque chose.
Les émotions font office de baromètre : je les écoute attentivement, et si elles m’indiquent une émotion négative, je prends le temps de sentir ce qu’il se passe en moi. Il est essentiel d’écouter sa vie intérieure.
Alors, je prends conscience que mon enfant intérieur ou une partie de moi réagit en raison d’une blessure quelconque. En réalité, il y a toujours en moi une facette qui souffre d’un manque d’amour…
Il ne s’agissait donc pas tant de traiter le problème de l’extérieur, de chercher des solutions applicables (ce n'est pas l'enfant qui a un problème), que de travailler sur soi. Bien sûr, il n’y a pas de mal à mettre des choses en place dans la relation, mais cela ne doit pas prendre le pas sur le travail intérieur à effectuer…

Comment avancer, dès lors ?
L’introspection est nécessaire. Il faut prendre un temps pour soi, un temps de recueillement, pour accepter ce qui est. Il n’y a pas à juger, personne ne nous demande d’être parfait, mais nous avons par contre un devoir d’authenticité, d’honnêteté, vis à vis de nous-mêmes. Cette écoute active de cette part de nous va lui donner le droit d’exister. Une séance de méditation peut être très utile par exemple. Et souvent, cela suffit à « guérir », à transformer cette souffrance. Parfois, un travail plus long et plus approfondi sera nécessaire. Dans ce cas, j’encourage vivement à chercher de l’aide, telle que les élixirs floraux (ou autre), un soin énergétique auprès d’un thérapeute, ou encore un moyen d’expression comme le journal (créatif ou non) ou une activité artistique, qui sera orienté sur ce que nous avons à nettoyer en nous… Aujourd’hui, nous disposons de tant de moyens pour nous aider dans notre travail de guérison : à chacun de sentir ce qui lui convient. Et il me semble urgent, pour tous, d’apprendre à gérer différemment le monde (fabuleux) des émotions… Elles nous sont précieuses !
A peine le travail entamé, que les résultats ne tardent pas à se faire ressentir : la relation avec mon enfant s’apaise…
Et moi, j’ai accepté, apaisé, pardonné et transformé une part de moi qui avait besoin de lumière.  

Nos enfants nous apprendront aussi la nécessité du lâcher-prise, qu’aimer n’est pas posséder, qu’être là ne signifie pas être présent, qu’être parfait est une projection de notre ego qui ne peut se concrétiser, que nous ne pouvons pas leur mentir, et toutes sortes de leçons essentielles à une vie heureuse !

Ainsi, nos enfants sont nos guides dans la vie ; même si cela est parfois difficile à accepter pour notre ego et notre mental : qu’un petit être puisse en savoir, sentir, tout autant et parfois plus que nous ! Mais ce petit être est, tout comme nous, une expression de la Vie…
Je suis convaincue que l’éducation réside avant tout en un travail sur soi, un chemin de connaissance de soi. Apprendre à se connaître me semble être l’une des finalités (inachevée) de la vie, peut-être la principale, dont dépend le vivre ensemble (global, car par vivre semble, j’entends vivre avec et dans le vivant). Nos enfants nous guident vers toujours plus d’authenticité, plus de créativité. Plus de Joie. Il nous font Grandir.

samedi 28 septembre 2013

Eduquer ses enfants ou les accompagner ?



Source

Au début de mon voyage dans le monde de l’éducation, avant de devenir maman, je m’interrogeais quant à la meilleure pédagogie pour élever un enfant. Après avoir étudié nombre de courants éducatifs connus et moins connus, en passant bien entendu par l’option éducation nationale, je me suis ensuite familiarisée avec l’instruction en famille, et enfin, la non-scolarisation ou unschooling en anglais. 

Au départ, bien sûr, lorsque l’on choisit un courant pédagogique, il y a sans doute intervention de facteurs personnels, voire émotionnels. Tel parent sera plus sensible à la pédagogie Montessori qui lui semble logique et concrète, tel autre plutôt à du Steiner-Waldorf pour l’aspect créatif et artistique voire spirituel, ou encore à du Freinet pour l’aspect collectif et collaboratif, etc.
Il y a aussi la volonté de bien faire ; le parent va se former du mieux qu’il peut à la pédagogie choisie, et peut-être, comme c’est souvent le cas, mêler les apports d’autres pédagogies.
Mais comme nous le savons, la réalité n’est pas si simple, et si le fait de s’accrocher à une pédagogie peut être rassurant, nous en percevons bien vite les limites. Les pédagogies nouvelles commencent à dater ; les enfants d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes, ni physiologiquement, ni psychologiquement. Et le monde dans lequel nous vivons a changé, tout comme ses enjeux, ses défis. Il est donc impossible de « plaquer » une pédagogie sur un enfant, et plus encore sur un groupe d’enfants. Nombre de parents auront eu l’intelligence de s’en rendre compte, et de lâcher du lest pour permettre à l’enfant d’être plus acteur de ses choix éducatifs.

Aujourd’hui, je suis persuadée qu’une éducation réelle doit faire le chemin inverse. Observer et écouter un enfant – chaque enfant – et lui laisser la plus grande amplitude possible. L’adulte est alors un accompagnant, qui se limite à répondre à une demande exprimée par l’enfant. Il s’agit d’un renversement total, d’un virage à 180° ; et si en théorie nous sommes nombreux à avoir cerner sa nécessité et à tenter de l’appliquer tant bien que mal, nous percevons vite nos propres limites d’êtres conditionnés par une éducation autre. Les vieux réflexes resurgissent toujours, à un moment ou à un autre, dans un comportement ou encore une phrase, dont nous sentons de suite qu’elle n’est pas « juste » ; mais elle est présente, et nous invite alors à nous penchons sur l’enfant que nous avons été, auquel on a refusé cette part de liberté.

J’en suis arrivée à m’intéresser au courant du unschooling. Et là, les choses m’ont semblées limpides : après tout, vivre, c’est apprendre. Et nous apprenons tout au long de la vie, par nous-mêmes. En observant un enfant, nous voyons clairement que l’apprentissage de ses connaissances ou de ses compétences ne dépend pas de nous. Et que c’est à la condition d’avoir été pleinement acteur de ces acquisitions qu’elles se révèlent durables. Un enfant, poussé par sa curiosité et son enthousiasme, peut tout apprendre. Je dis bien tout apprendre. S’il a besoin d’aide, il l’exprimera. Mais le laisser suivre le fil de ses passions est, me semble t’il, la façon la plus saine et la plus intelligente d’envisager l’éducation. De cette façon, l’enfant ne subit aucun conditionnement, aucun échec, aucune compétition, aucun enjeu, si ce n’est celui d’apprendre, pour le plaisir d’apprendre et de mettre en pratique. Alors, il y mettra tout son cœur et tout son sérieux. L’éducation, qui est synonyme de vivre, revient alors à apprendre joyeusement, passionnément, pour toute la vie, s’adaptant, et servant à révéler les merveilles dont chaque enfant, dans son unicité, est porteur.

Pourquoi notre enfant devrait-il nous croire sur parole, obéir à un programme prédéfini qui ne l’intéresse pas, rentrer dans le moule et la compétition ? Nous ne savons pertinemment, tout cela, et même avec les meilleures intentions du monde, ne va servir qu’à freiner sa quête, éteindre sa curiosité, et finalement bloquer un processus naturel.

Pourtant, nous avons tous des automatismes, soyons-en conscients. Mais nos enfants ne sont pas nos choses. Profondément, ils sont la manifestation de la Vie et de l’Amour, ils ne nous appartiennent pas, nous ne sommes que leur protecteur temporaire. Et sur un autre plan, ce sont souvent eux qui se révèlent être nos plus grands guides dans la vie. Ils nous amènent, avec beaucoup d’amour, à donner le meilleur de nous-mêmes. Parce que c’est ce que nous souhaitons leur offrir. Et à cet instant, ils nous font comprendre que ce cadeau ne leur était pas destiné, mais que c’était le notre.

La réponse à tous ces questionnements réside dans la confiance. Lorsque j’ai confiance en mon enfant, je lui offre la possibilité d’une part de vivre ses expériences, et d’autre part de gagner en confiance en lui. Habitué à vivre une certaine liberté, il sait que celle-ci signifie aussi responsabilité. Ecouté et respecté, il n’aura pas besoin a priori de tester nos limites (ou les siennes).

Si je fais confiance à mon enfant, j’apprends aussi à me faire confiance, et à avoir confiance en ma sagesse de parent. Bien sûr, il est normal d’avoir peur, d’être inquiet pour son enfant, mais il faut combler ces inquiétudes par de la confiance.

Et de la joie aussi : joie de vivre, joie d’expérimenter cette vie, joie d’apprendre, joie de créer une relation saine et authentique.

jeudi 26 septembre 2013

A contre-courant

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Lorsque l’on souhaite offrir à son enfant une éducation différente, l’accompagner sur un chemin de confiance et de bienveillance, il ne faut généralement pas s’attendre à être félicité par l’entourage. Très vite, les premières remarques et objections arriveront, et nous accuseront de laxisme, de facilité, de trop préserver du monde et de ses difficultés notre enfant, de trop le couver, de ne pas favoriser sa socialisation, et ainsi de suite. Bref, je pense que de nombreux parents et amis des enfants ayant parcouru ce blog auront eu affaire à ces gracieuses remarques.

On tente de nous faire culpabiliser, comme si nous faisions quelque chose de mal. Sans même tenter de comprendre notre démarche et nos motivations. Heureusement, certains sont à l’écoute, et finissent même parfois par adhérer. Mais avant cela, le chemin est long, et l’incompréhension règne : « Une bonne fessée remettrait les choses en place ! », « Ah tu élèves enfin la voix ! Tu le laisses trop faire… », ou encore « qu’il est difficile cet enfant! »

Pourtant, je ne crois pas que l’on arrive à quoique ce soit de bon en frappant son enfant.  Je me rappelle très bien mes sentiments d’enfant recevant une fessée, et s’il y a certes la douleur physique, il y a surtout une douleur psychologique, la colère et le sentiment d’injustice. Arrive t’on à se faire entendre d’un enfant en criant, en frappant ? Non, on l’oblige par la force, on le soumet. Cela ne signifie pas que l’enfant a toujours raison et qu’il faut laisser tout faire. Un enfant a souvent besoin de limites (saines et souples, qu’il peut co-construire) et d’un cadre. L’autorité alors l’aide à grandir, et non pas à le soumettre. Il y a aussi toujours la possibilité de discuter avec lui pour comprendre les raisons profondes de son refus (les stades d’opposition, une émotion non gérée, etc.) et bien évidemment, la possibilité de s’interroger sur ses propres motivations de parent. Nous devons alors accepter une certaine dose de lâcher-prise, quand par exemple, le déjeuner ne sera pas servi à telle heure, le bain expédié, etc. parce qu’il faudra prendre un temps nécessaire à l’accompagnement des émotions et sensations de l’enfant. Ce temps est précieux et ne représente jamais une perte.

Pourquoi en vient-on à la bienveillance - du mieux qu’il nous est possible de le faire ?
Je pense qu’il s’agit pour une large part de la volonté de construire une relation différente avec notre enfant. De l’accompagner sur son chemin en respectant son intégrité, en favorisant sa confiance en lui, en l’aimant tel qu’il est. Nous sommes arrivés à la conclusion que reproduire les violences éducatives (que nous avons pour la plupart vécues) ne mène pas à ce résultat, et qu’il n’y a pas de raison fondamentale à reproduire ces comportements sans y réfléchir. Sans doute nos générations sont-elles plus conscientes aussi. Nous souhaitons un monde différent. Et nous savons que les bases de celui-ci se construisent avec l’éducation, au coeur des familles.

Alors oui, il est parfois difficile d’aller à contre-courant en matière d’éducation, mais je ne le dirai jamais assez aux parents qui choisissent ce chemin de conscience : écoutez votre enfant, et surtout, faites-vous confiance.

Après tout, l’enfance est un moment de vie privilégié et précieux, qu’il nous faut préserver et protéger en tant que parent. Plus nous donnerons le meilleur de nous à nos enfants, et plus ils rayonneront de cela dans leur vie intérieure et dans leur avenir. Alors oui, je suis bien heureuse, quand je constate le fonctionnement de la société et ses pseudo valeurs, de préserver mon enfant de la violence de celle-ci, et cela le plus longtemps possible. Plus il en sera préservé, et plus il en sera libéré. N’est ce pas cela le but réel de l’éducation ? Libérer les êtres humains, et non les aliéner. 

lundi 22 avril 2013

L'enfant et le savoir : D'où vient le désir d'apprendre ? (livre)



À l’échec scolaire on répond par des réformes, des classes de rattrapage. Rarement le problème est pris d’où il naît : de ce qui chez l’enfant rend l’apprentissage possible – son désir de savoir. Martine Menès nous explique comment apparaît et s’entretient le désir d’apprendre. Car il a une histoire, qui accompagne les grandes étapes du développement psychique de l’enfant. Et si l’instabilité, l’inhibition, l’angoisse, le doute excessif, viennent le troubler quand l’enfant veut mettre à l’oeuvre le comportement et les compétences indispensables à l’étude, c’est souvent que le cours cette histoire a été contrarié. Les non-dits, les secrets de famille peuvent inhiber le fonctionnement intellectuel, voire le pousser vers l’interdit de savoir. Le besoin de dépendance infantile, le refus des limites, la peur de l’abandon ou de la perte d’amour peuvent empêcher d’accéder à ces rencontres avec la règle, avec les manques, avec la solitude, qui sont les contraintes naturelles de l’apprentissage.
Au moment où la pédagogie se replie sur elle-même en cherchant à tout expliquer par le manque de connaissances, quand ce n’est pas par les défaillances organiques ou génétiques, Martine Menès ouvre des pistes particulièrement intéressantes pour relancer la réflexion sur l’aide qui doit être proposée à ceux qui acceptent mal de recevoir des autres – car apprendre, c’est aussi, et peut-être d’abord cela.

Martine Menès, L'enfant et le savoir : D'où vient le désir d'apprendre ? 2012. Ed. du Seuil.

samedi 20 avril 2013

La méditation, remède contre les troubles de l'attention ?



Les adeptes de la méditation de pleine conscience posséderaient une plus grande épaisseur corticale dans des régions du cerveau responsables de la régulation de l'attention. Une partie de ces mêmes zones serait plus mince chez les individus souffrant d'un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Des chercheurs de l'Université de Montréal et de l'Université McGill ont établi ce rapprochement qui fait l'objet d'un article publié dans la revue Biological Psychology.

"Cette recherche donne à penser qu'on aurait peut-être intérêt à procéder à des études cliniques bien contrôlées pour vérifier si des personnes aux prises avec un TDAH pourraient bénéficier des effets de la méditation. D'autant plus que des travaux à l'aide de l'imagerie fonctionnelle ont déjà montré que la méditation pourrait améliorer les capacités d'attention de gens qui ne présentent pas un tel déficit", estime Pierre Rainville, professeur au Département de stomatologie de l'UdeM et directeur du Laboratoire de recherche en neuropsychologie de la douleur.

Les chercheurs ont fait passer différents tests à 18 adeptes de méditation ayant accumulé un minimum de 1000 heures de pratique. Ils ont découvert que ces participants rapportaient une plus grande "capacité d'absorption" que les sujets témoins. Meilleure était la capacité d'absorption, plus grande était l'épaisseur corticale. "On définit la capacité d'absorption comme l'aptitude à s'immerger complètement dans ce qui soutient notre attention. C'est la façon, par exemple, dont un spectateur assis dans un théâtre se voit transporter par l'action qui se passe sur scène au point où il en oublie où il se trouve", explique M. Rainville.

Cette capacité d'absorption rendrait les personnes qui pratiquent la méditation plus habiles à se concentrer sur une source d'information précise, de même qu'à filtrer toute interférence. Des chercheurs américains ont récemment réussi à faire cette démonstration par des tests neuropsychologiques et des mesures d'activité cérébrale, rappelle le professeur Rainville.

Selon lui, ces nouvelles données renforcent la pertinence de poursuivre d'autres recherches pour évaluer les effets de la méditation de pleine conscience sur le contrôle de la douleur. Cela pourrait être particulièrement intéressant chez des personnes âgées en bonne santé ou souffrant de troubles cognitifs légers. "Bien qu'ils perçoivent la douleur avec peut-être davantage d'acuité, les adeptes de méditation n'y réagissent pas avec la même émotion. Des résultats en imagerie cérébrale fonctionnelle illustrent bien que les régions de leur système limbique, qui jouent un rôle important dans les émotions, ne sont pas mobilisées lorsqu'ils ont mal. Certaines recherches semblent indiquer que l'efficacité des systèmes d'autorégulation de la douleur diminuerait au cours du vieillissement normal. Est-ce que la méditation pourrait alors aider les gens âgés à mieux gérer leur douleur ? Cela reste spéculatif mais mérite assurément notre attention", avance celui qui est aussi chercheur à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

Si les bienfaits cliniques de la méditation demeurent encore incertains tant pour les individus aux prises avec un TDAH que pour soulager la douleur chez les ainés, il en va autrement pour les personnes souffrant d'anxiété ou des effets délétères du stress. "Ces individus voient souvent leurs pensées ou leurs activités interrompues par des interférences qui proviennent de ruminations ou de l'anticipation d'un danger potentiel, mentionne Pierre Rainville. La méditation de pleine conscience, en nous aidant à recentrer notre attention sur le moment présent, contribuerait à diminuer le retentissement émotionnel négatif de ces pensées. Évidemment, cela pourrait également expliquer au moins en partie les effets bénéfiques que nous avons observés sur la douleur."

Manifestement, ce champ de recherche aux frontières des neurosciences cognitives et des approches parallèles issues des traditions orientales nous réserve encore bien des surprises.

mercredi 17 avril 2013

Le premier bébé "nature" aux Emailleurs



La clinique des Emailleurs à Limoges vient de se doter d'une salle de naissance "Nature".
Un premier bébé y est né dimanche.

C'est une première dans la région. Pour répondre aux besoins et aux envies de certains couples, la salle de naissance traditionnelle se transforme petit à petit en un espace plus "nature" et moins médicalisé.
La clinique des Emailleurs à Limoges a transformé l'une de ses cinq salles de naissance pour en faire une salle "nature" : une grande baignoire pour faciliter la détente et la dilatation, des lianes d'étirement pour favoriser la descente du bébé, ou encore des lumières douces et de la musique apaisante.
Dans cette nouvelle salle, pas de péridurale, sauf si la maman en décide autrement au dernier moment. Dans ce cas, il est toujours possible de repartir dans une salle traditionnelle.
Le premier bébé "nature" est donc né dimanche après midi. Il s'appelle Mario, pèse 3 kilos 100, et se porte à merveille.
Ses parents, qui ont déjà deux enfants, sont ravis de cette nouvelle expérience.