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mercredi 19 novembre 2014

Le sommeil des enfants (et des parents)

Bernardino Luini, Le Sommeil de l'Enfant Jésus (détail)
La question du sommeil des enfants est un sujet qui revient très régulièrement dans les discussions. Un sujet épineux s'il en est, autour duquel entrent parfois en compétition besoins des parents et des enfants. Chaque enfant est unique et a son rythme, chaque famille est unique aussi et devra trouver son équilibre. Il est possible que ce cheminement prenne du temps ; il faudra donc faire preuve de patience. J'ai pu remarquer que les situations les plus difficiles - où le moment du coucher est devenu synonyme de hurlements, de colère et de pleurs - sont celles où l'on a essayé de forcer les rythmes de chacun, sans prendre le temps d'écouter les demandes. Il est vrai aussi que le soir, nombre de parents sont fatigués, moins disponibles et que leur besoin de sommeil se fait également ressentir. 

  • Les besoins de chacun
Le soir, il arrive parfois que nos enfants soient un peu trop excités alors que nous souhaiterions un peu de calme. Il est possible qu'il s'agisse de la décharge d'un trop-plein d'énergie physique ou émotionnelle. C'est donc tout à fait naturel et sain. Souvenons-nous que les enfants scolarisés passent une grande partie de la journée enfermés et assis, et que parfois, un petit événement (anodin à nos yeux) ont pu les perturber émotionnellement. 
Dans ce cas, il peut être intéressant de proposer par exemple une promenade ou encore un jeu de bataille sur le lit, pour se défouler, et rire! De plus, le rire va permettre de déjouer les tensions accumulées dans la journée. Parfois un bon bain fera des merveilles : il est parfois plus intéressant de prendre ce temps supplémentaire, car il amènera plus de détente, de calme. Il faudra également éviter le sucre le soir, et bien aérer la chambre avant le coucher. 


Le temps du coucher arrivant, certains enfants expriment aussi, d'une façon que les adultes ne comprennent pas toujours, des peurs, des angoisses ou encore de l'anxiété. L'enfant peut avoir peur d'être séparé de ses parents (ou l'inverse), de faire des cauchemars ou que quelque chose se cache dans la chambre. Il est essentiel de se mettre à l'écoute des peurs, de rassurer son enfant. Aussi irrationnelle semble être cette peur aux yeux de l'adulte, elle est toujours légitime et vécue pleinement, avec intensité même. Un accompagnement bienveillant sera mille fois plus efficace que la négation des peurs ; l'enfant entend dans ce dernier cas que son sentiment n'est pas écouté, qu'il n'est pas légitime. 
Je suis convaincue que laisser hurler son enfant est un aveu d'échec pour tous, et jamais une solution : il finira certainement par s'habituer à ne pas être entendu, et arrêtera de pleurer, mais à quel prix? Dans ce cas aussi, il apprendra à refouler et/ou à nier ses émotions.
Outre l'écoute active et une communication non violente, sans jugement aucun, l'ambiance se voudra rassurante, positive. Les élixirs floraux pourront aider certains enfants, notamment les complexes dédiés au sommeil ou aux peurs. 
Dans tous les cas, vous n'êtes pas en pouvoir d'effacer les peurs de votre enfant; mais de les écouter, de les comprendre dans une certaine mesure, et de l'accompagner dans l'apprentissage de la gestion de ses peurs. 

En tant que parents, nous devons aussi porter attention à nos propres besoins : physiques (calme, sommeil), mais aussi émotionnels. Si nous devons parfois les aménager parce que nous avons la responsabilité d'enfants, en aucun cas, nous ne devons nous oublier. Comment est-ce que, en tant que personne, je prends soin de moi et de mes besoins? 
Si je ne prends pas bien soin de moi, je serai moins à l'écoute et moins bienveillant avec mes enfants. Au contraire, si je prends soin de moi, que je suis reposé(e), non seulement j'offre un exemple sain à  mes enfants, et de plus, j'ai beaucoup plus d'énergie à leur consacrer. J'exprime donc mes besoins à l'aide de la CNV : "J'ai eu une longue journée, ce soir, je suis fatigué, j'ai besoin de calme." Mes phrases expriment mes besoins, mes ressentis, et ne sont en aucun cas des jugements de l'autre: "tu es trop bruyant".
Finalement, les "problèmes" de sommeil des enfants posent toujours la question de la gestion du sommeil des parents.

  • Rassurer, accompagner en douceur

Je pense que l'ambiance du soir a quelque chose de rassurant et de précieux. Le soir, à heure plus ou moins régulière, est un moment de transition vers la nuit. On prendra soin de couper les écrans, de mettre par exemple une musique douce, classique ou relaxante. Ou même de proposer quelques exercices de relaxation, de respiration, ou de méditation. Les lumières seront tamisées. Lire une histoire ou un conte d'une voix douce est un moment réconfortant pour l'enfant, agréable pour tous. On peut aussi chantonner des berceuses, faire des câlins, dire des mots doux, - il est important de terminer la journée sur des mots positifs. Par exemple, remercier son enfant pour tel moment dans la journée, lui dire combien on a apprécié ceci, etc. 
Tout cela crée une routine réconfortante, qui a force d'être appliquée, sera pleinement intégrée dans le quotidien. A chaque famille de trouver sa routine, avec les éléments qui lui conviennent. 

  • Efficacité ou épanouissement?
Nous ne sommes pas ici dans une logique d'efficacité et de résultats immédiats, pour la bonne raison que les enfants ne répondent pas à cela. Ce ne sont pas des ordinateurs dans lesquels vous allez intégrer tel logiciel pour qu'ils soient en mesure de faire ceci ou cela. Les "outils" souvent proposés sur certains sites peuvent avoir une certaine efficacité, certes, mais aucun n'est infaillible. Il n'y a pas de solution magique... On peut les utiliser, bien sûr, mais à la condition de ne pas oublier que l'essentiel pour l'enfant, c'est d'être écouté, entendu, et de répondre à ses besoins (dans la mesure du possible, selon la situation bien sûr). Même si vous avez l'impression que cela ne marche pas d'emblée, ne vous découragez pas. Parce qu'en mettant en place cette écoute bienveillante, vous lui apprenez également à formuler et à répondre à ses besoins, mais aussi à se responsabiliser face à ceux-ci. C'est un cheminement vers l'épanouissement et l'autonomie. Patience donc, car chaque enfant a son rythme. En grandissant, ses besoins évoluant, il sera en mesure de les communiquer et de les respecter. Un enfant plus grand par exemple pourra lire tranquillement dans sa chambre le soir. 

  • Une histoire de confiance
En tant que parent, vous savez déjà tout ce qu'il y a à savoir. Nous parlons ici de l'intelligence du coeur! Au lieu d'ajouter de la théorie, je crois que pour beaucoup d'entre nous, il faudra la déconstruire pour revenir au bon sens: écoutez nos enfants. Ils nous guideront parfaitement. Faites-leur confiance, faites-vous confiance! Vous n'êtes pas parfaits, mais vous êtes le parent parfait de votre enfant, c'est à dire le parent aimant de votre enfant. 

  • Quelques livres autour du sommeil
Pour les enfants, je conseille quelques ouvrages autour du sommeil. Introduire un sujet par les livres peut amener l'enfant à mieux comprendre celui-ci.



Jeanne Ashbé, La nuit, on dort ! 2004, Ed. L'École des Loisirs
"C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui, chaque nuit, empêchait ses parents de dormir sur leurs deux oreilles."


Kazuo Iwamura, La famille souris se couche, 2001, Ed. L'Ecole des loisirs
"Après le dîner, les quatorze souris se racontent leur journée. Ensuite, les enfants se préparent à se mettre au lit. Après les histoires viennent les berceuses. Par la fenêtre, la lune, silencieuse, veille sur les souris. Retrouvez les aventures de la Famille Souris dans les 10 autres albums parus à l'école des loisirs!"


Marie-Aline Bawin, Tom ne veut pas dormir, 2012, Ed. Mango Jeunesse
"Ce soir, Tom ne veut pas dormir. Pour gagner du temps, tous les moyens sont bons : faire un très long câlin à Papa, réclamer un verre d'eau, une histoire, un baiser... jusqu'à ce que Maman se fâche. Que va bien pouvoir faire Tom, tout seul dans sa chambre ?"


Claire Masurel, Marie H. Henry, Bonne nuit !, 1993, Ed. L'Ecole des loisirs
"C'est l'heure d'aller au lit, Juliette rassemble tous ses amis. Ce n'est pas facile: son lapin se promène, son canard prend un bain, et sa poupée croit que c'est l'heure des histoires !"


Jonathan Allen, Je n'ai pas sommeil ! 2014, Ed. GRUND
"Bébé Hibou en a assez que ses amis de la forêt lui disent qu’il a l’air fatigué.  Il a beau répéter qu'il n’a pas sommeil, personne ne veut le croire. Pourtant il ne tardera pas à s’écrouler dans les bras de papa. Dans cet album cartonné aux illustrations drôles et tendres, les petits  se retrouveront lorsqu’il est l’heure d’aller au lit !"


Pour les parents, je conseillerai des ouvrages qui vous guideront vers la confiance en vous. Des basiques, qui ne sont pas forcément en lien avec le sommeil pour tous, mais qui font sens dans la démarche globale de l'accompagnement bienveillant. 



Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, 2005, Editions Jouvence


Isabelle Filliozat, Au coeur des émotions de l'enfant, 2013, Ed. Marabout

Carlos Gonzales, Serre-moi fort: Comment élever ses enfants avec amour, 2013, Ed. du Hêtre
Elizabeth Pantley, Un sommeil paisible et sans pleurs, 2005, Ed. AdA
Marshall Rosenberg, Elever nos enfants avec bienveillance : L'approche de la communication non violente, 2007, Editions Jouvence
William Sears, Etre parent le jour et la nuit aussi, 1992, Ed. internationales la Leche
Marie Thirion, Le sommeil, le rêve et l'enfant, 2011, Editions Albin Michel

Mais aussi :


Eline Snel, Calme et attentif comme une grenouille + CD, 2012, Ed. Les Arènes

Rebecca Whitford, Le yoga des petits pour bien dormir, 2006, Ed. Gallimard Jeunesse

mardi 17 décembre 2013

Ken Robinson: L'élément


Avez-vous le sentiment de n'avoir jamais trouvé votre place à l'école, d'avoir raté votre vocation ?
Pensez-vous qu'il soit trop tard pour faire ce que vous aimez vraiment ?
Souhaitez-vous aider vos enfants à trouver leur voie, à découvrir ce qui les rendra heureux ?
Ce livre est fait pour vous.

La clé du bonheur est simple : nous avons tous besoin de trouver notre Élément, le point de convergence entre notre passion et notre talent naturel ; c'est ce qu'ont réussi à faire Paul McCartney, Paulo Coelho et de nombreuses autres célébrités dont Ken Robinson dresse le portrait dans cet ouvrage.
Selon lui, il y a urgence à transformer l'éducation de nos enfants et à stimuler leur créativité, pour les guider vers ce pour quoi ils sont faits.
Cela peut changer la vie, tout simplement !


« Avec un humour pétillant et une profonde humanité, Ken Robinson nous encourage à ignorer les rabat-joie, à s'écarter de la pensée dominante (...). C'est un livre des plus stimulants. » - New York Times

Ken Robinson est un expert de l'éducation et le chef de file internationalement reconnu du développement de la créativité et de l'innovation. Orateur charismatique, la vidéo de son intervention lors des fameuses conférences TED (Technology, Entertainment and Design) est la plus visionnée de l'histoire de la fondation.
Site officiel : www.kenrobinson.fr
Page Facebook officielle : www.facebook.com/kenrobinsonofficiel

Ken Robinson, L'élément. Quand trouver sa voie peut tout changer. 2013. Ed. Play Bac.

vendredi 11 octobre 2013

Emancipation

Cézanne, In the woods. 1898.


Apprendre à vivre est le but ultime de l’éducation.

Apprendre à vivre une vie heureuse, une vie de sagesse, d’épanouissement. Une vie qui fasse sens. Durant laquelle nous apprenons à nous connaître, à grandir, à ajouter de la valeur à la société aussi… Une vie durant laquelle l’éducation est un processus continuellement en cours.

Force est de constater qu’aujourd’hui, l’éducation telle qu’elle est définie par nos institutions ne remplit pas ce rôle. L’éducation institutionnalisée nous forme à un programme définit dans le temps et orienté vers le marché du travail et une certaine économie.
Et finalement, cette vision de l’éducation représente une entrave aux buts réels de l’éducation, elle nous éloigne de nous-mêmes, de nos aspirations, de notre potentiel. Elle se sert de nous. L’éducation qui nous est communément proposée est un facteur d’aliénation. Elle nous conditionne, nous emprisonne. Et ne nous parle jamais de qui nous sommes, de la vie de l’être.

Il semble donc nécessaire voire vital de s’émanciper. Mais comment s’émanciper, dès lors ?

D’une part, je pense qu’il est nécessaire de se responsabiliser. C’est à dire de ne pas confier l’éducation à « qui de droit » parce que tout le monde le fait. Il est possible de prendre en main l’éducation de nos enfants, qu’ils soient scolarisés ou non. Le rôle d’un parent – en tant que guide - est aussi d’accompagner l’enfant dans ce qu’il vit et apprend à l’école. De compléter, de donner un point de vue… Surtout d’amener l’enfant à réfléchir par lui-même sur ce qu’il apprend, avec recul. De l’amener à une nouvelle perspective. L’école ne peut et ne doit en aucun cas avoir tout pouvoir sur l’éducation.

Le premier repère d’un enfant dans la vie reste sa famille.  Les moments que l’on partage avec nos enfants sont précieux. Ils doivent faire sens. Il s’agit avant tout de présence, de moments de qualité, de qualité d'être -  et non pas de quantité… Les parents doivent être conscients de leur responsabilité de créer une ambiance propice afin de favoriser l’épanouissement de tous. 

L’émancipation passe donc aussi forcément par une réappropriation de son être. La réflexion est une voie d’émancipation. Une personne qui réfléchit peut espérer se libérer des conditionnements. Il n’est pas aussi important d’engranger une culture encyclopédique que de réfléchir. Et pour cela, il faut laisser l’enfant acteur de ses apprentissages. Plus il aura été habitué à une liberté – et une responsabilité – et plus il sera capable de réfléchir. A l’inverse, plus il aura été soumis – à une autorité (légitime ou non) et moins il sera capable de prendre en main son processus éducatif. Et donc de se transformer, de se métamorphoser, de se connaître mieux, de toujours travailler sur lui, en vue de gagner en liberté.


Vindica te tibi !
« Reprends possession de toi ! »
Sénèque, Lettre 1 à Lucilius

jeudi 26 septembre 2013

A contre-courant

Source


Lorsque l’on souhaite offrir à son enfant une éducation différente, l’accompagner sur un chemin de confiance et de bienveillance, il ne faut généralement pas s’attendre à être félicité par l’entourage. Très vite, les premières remarques et objections arriveront, et nous accuseront de laxisme, de facilité, de trop préserver du monde et de ses difficultés notre enfant, de trop le couver, de ne pas favoriser sa socialisation, et ainsi de suite. Bref, je pense que de nombreux parents et amis des enfants ayant parcouru ce blog auront eu affaire à ces gracieuses remarques.

On tente de nous faire culpabiliser, comme si nous faisions quelque chose de mal. Sans même tenter de comprendre notre démarche et nos motivations. Heureusement, certains sont à l’écoute, et finissent même parfois par adhérer. Mais avant cela, le chemin est long, et l’incompréhension règne : « Une bonne fessée remettrait les choses en place ! », « Ah tu élèves enfin la voix ! Tu le laisses trop faire… », ou encore « qu’il est difficile cet enfant! »

Pourtant, je ne crois pas que l’on arrive à quoique ce soit de bon en frappant son enfant.  Je me rappelle très bien mes sentiments d’enfant recevant une fessée, et s’il y a certes la douleur physique, il y a surtout une douleur psychologique, la colère et le sentiment d’injustice. Arrive t’on à se faire entendre d’un enfant en criant, en frappant ? Non, on l’oblige par la force, on le soumet. Cela ne signifie pas que l’enfant a toujours raison et qu’il faut laisser tout faire. Un enfant a souvent besoin de limites (saines et souples, qu’il peut co-construire) et d’un cadre. L’autorité alors l’aide à grandir, et non pas à le soumettre. Il y a aussi toujours la possibilité de discuter avec lui pour comprendre les raisons profondes de son refus (les stades d’opposition, une émotion non gérée, etc.) et bien évidemment, la possibilité de s’interroger sur ses propres motivations de parent. Nous devons alors accepter une certaine dose de lâcher-prise, quand par exemple, le déjeuner ne sera pas servi à telle heure, le bain expédié, etc. parce qu’il faudra prendre un temps nécessaire à l’accompagnement des émotions et sensations de l’enfant. Ce temps est précieux et ne représente jamais une perte.

Pourquoi en vient-on à la bienveillance - du mieux qu’il nous est possible de le faire ?
Je pense qu’il s’agit pour une large part de la volonté de construire une relation différente avec notre enfant. De l’accompagner sur son chemin en respectant son intégrité, en favorisant sa confiance en lui, en l’aimant tel qu’il est. Nous sommes arrivés à la conclusion que reproduire les violences éducatives (que nous avons pour la plupart vécues) ne mène pas à ce résultat, et qu’il n’y a pas de raison fondamentale à reproduire ces comportements sans y réfléchir. Sans doute nos générations sont-elles plus conscientes aussi. Nous souhaitons un monde différent. Et nous savons que les bases de celui-ci se construisent avec l’éducation, au coeur des familles.

Alors oui, il est parfois difficile d’aller à contre-courant en matière d’éducation, mais je ne le dirai jamais assez aux parents qui choisissent ce chemin de conscience : écoutez votre enfant, et surtout, faites-vous confiance.

Après tout, l’enfance est un moment de vie privilégié et précieux, qu’il nous faut préserver et protéger en tant que parent. Plus nous donnerons le meilleur de nous à nos enfants, et plus ils rayonneront de cela dans leur vie intérieure et dans leur avenir. Alors oui, je suis bien heureuse, quand je constate le fonctionnement de la société et ses pseudo valeurs, de préserver mon enfant de la violence de celle-ci, et cela le plus longtemps possible. Plus il en sera préservé, et plus il en sera libéré. N’est ce pas cela le but réel de l’éducation ? Libérer les êtres humains, et non les aliéner. 

mercredi 25 septembre 2013

Des livres pour l'Automne, 3-6 ans

Voici une petite sélection personnelle d'ouvrages ayant pour thème l'automne. Je les ai choisis avant tout pour leurs qualités graphiques, et leur poésie. Belles découvertes! 


Kazuo IWAMURA, La famille souris et le potiron. Ed. L'Ecole des Loisirs. 


Kazuo IWAMURA, La fête d'automne de la famille souris. Ed. L'Ecole des Loisirs. 


Kazuo IWAMURA, La famille souris et la racine géante. Ed. L'Ecole des Loisirs. 




Kazuo IWAMURA, Tout est rouge. Ed. Mijade. 




Kazuo IWAMURA, A table! Ed. Mijade. 



Géraldine COSNEAU, L'automne. Mila Editions.


Nienke VAN HICHTUM, Le kouglof aux pommes. Ed. Iona.


Pascal BOILLE, Comptines et poésines d'automne. Ed. Eveil et Découvertes.


Hervé LE GOFF, Sophie COUCHARRIÈRE, Le livre orange de l'automne. Ed. Flammarion.


Marc POUYET, Automne. Ed. Petite Plume de Carotte.


Charline PICARD, Clémentine SOURDAIS, Tout sur l'automne. Ed. Seuil jeunesse.


Lucie ALBON, Les cerfs-volants. Ed. Elan vert.


Anne MÖLLER, Dix feuilles volantes. Ed. L'Ecole des loisirs.


Ken LILLY, Tessa POTTER, Talpa, une taupe en détresse. Ed. L'Ecole des loisirs.

jeudi 11 avril 2013

Le processus d’éducation




I - Ce que l’éducateur n’est pas (seulement)
1 ) Un éducateur n’est pas un instructeur
- Il ne vise pas à transmettre des informations mêmes légitimes, en fonction d’injonctions institutionnelles (des consignes)
2 ) Un éducateur n’est pas un enseignant
- Qui a pour fonction d'enseigner, de marquer, d’inscrire dans un circuit de légitimation. - Qui distribue un enseignement, d’une façon magistrale, même de caractère non scolaire. Transmettre un savoir à des sujets destinés pour cela 
 
3) Un éducateur n’est pas un formateur 

- Celui qui « moule » ; qui fait prendre une forme ou reconnaître sa forme propre.

II - L’éducateur est plutôt un accompagnateur

1) accompagner c’est cheminer ensemble et être avec
- Etre à côté, être en relation 

- Aller dans une même direction 

- Se parler et/ou faire silence 

- Informer quand il est demandé « Je t’aiderai à venir si tu viens et à ne pas venir si tu ne viens pas » (Antonio Porchia)

2) Accompagner, c’est interférer par la présence
- Une présence sans projet : l’observation non-attachée 

- Une présence animée d’une attention vigilante 

- Un présence d’ouverture aux savoirs pluriels 

- Une présence d’approfondissement à la connaissance de soi 

- Une présence de questionnement permanent sur ce que l’on fait, ce que l’on dit, ce que l’on réalise

3) Accompagner vers la reconnaissance des 5 naissances du sujet
Cinq naissances me semblent à devoir être mis au jour et assumer dans le processus d’éducation de soi-même. Ces cinq naissances prendront effet au cours du déroulement processuel d'une vie, dans la mesure ou la personne en prendra conscience dans une sorte d'insight à la fois lié à sa capacité de discernement et d'intuition. 
  


La première naissance est celle, intrinsèque, à la pulsion sexuelle. Nous sommes nés d’un désir de rapprochement de deux corps, d’union corporelle de deux êtres qui se désiraient. Ce désir commun de nos parents est notre base constitutive. Il est important d’en parler à nos enfants. Il est essentiel pour eux de le reconnaître et de le revivre dans l’imaginaire. Nous sommes des « enfants de ». Nous avons des racines. Ce désir qui nous a engendrés, nous insère dans l’ordre de la nature. Il nous permet de nous rendre compte que nous sommes des éléments du Vivant. 
  


La deuxième éclate avec la naissance proprement biologique et le cri primal. 
C’est le moment de l’arrachement et de l’émergence dans un monde radicalement inconnu. Nous porterons à jamais ce sens de l’aventure dans un monde « autre » issu de notre naissance. Le cri primal qui scelle ce surgissement est la première expression  humaine digne de ce nom. Dans tout cri déchirant, on perçoit l’écho de ce cri des profondeurs. 
 

La troisième apparaît par le truchement de la fonction paternelle initiant à la Loi symbolique et permettant au petit homme de se séparer de sa mère. Cette épreuve de séparation, on le sait, n’est jamais achevée. C’est la fonction paternelle qui est essentielle, pas le père biologique. Une autre personne peut faire l’affaire, dès lors qu’elle assume réellement ce rôle à la fois rassurant et structurant.

La quatrième nous introduit à la naissance sociale et à la citoyenneté comme élément-clé de la "polis" grecque. Il s’agit d’une prise de conscience de notre être social, de la dimension du « socius » en nous-mêmes. Comme je le rappelais plus haut, les anciens Chinois, dans l’idéogramme de la vertu d’humanité (ren) nous proposent à la fois un homme et le chiffre deux. L’homme est social dans sa profondeur éthique. La façon dont nous organisons notre monde, sur les plans économique, social et politique, nous constitue ou non comme « être humain » véritable. Comme chacun sait, nous avons encore fort à faire pour esquisser une figure humaine reconnaissable et digne de ce nom. 
  

La cinquième, la plus subtile et la plus importante sans doute, nous ouvre à l'infini et à notre place dans la nature. Elle nous engendre comme être digne de l’Ouvert. Ce cheminement à l’intérieur de nous-mêmes, débouche sur un niveau de réalité sans commune mesure avec la réalité habituelle. Il nous fait comprendre et connaître que nous sommes des êtres finis au cœur de l’infini. Cette conscience de l’infini au cœur de notre être, révolutionne totalement notre existence. Nous nous ouvrons alors à la compassion, à la fraternité solidaire, à la création non-narcissique, à la liaison entre mort et naissance. Nous entrons, ainsi, dans la Vie. 
 

III ­ L’éducateur est un médiateur qui questionne et met au défi 

- Le questionnement par les savoirs constitués de la connaissance de soi 

- Le questionnement des savoirs constitués par la connaissance de soi 

- L’éducateur comme tiers-inclus et ses « moyens habiles » (dispositifs pédagogiques) 


IV ­ L’éducateur et les moments d’une vie
L’éducateur accompagne un sujet dans ses moments de vie :
- Le moment primaire de la structure de l’homme fermé (les conditionnements cosmiques, génétique, biologique, psychologique, sociaux, culturels : perfection de l’habitus) 

- Le moment tragique de la structure de  l’homme existentiel (le désir et le conflit) 

- Le moment intuitif de la structure de l’homme poétique (le dépassement symbolique) 

- Le moment englobant de la structure de l’homme noétique (l’éclairement, l‘éveil de l’intelligence) 

- Le rôle des « flashs existentiels »

V ­ Une esquisse de l’homme en mouvement
- Un homme de sécurité (matériel, économique, physique, psychologique, ontologique) 

- Un homme de pulsion (de vie, de mort, d’affrontement : Eros, Thanatos, Polemos) 

- Un homme de dépassement (imagination radicale et illusion) 

- Un homme d’étrangeté (un noyau infracassable de nuit, l’altérité, comme élément en relation avec le fond du réel (l’autreté de Krishnamurti) 
- 


VI - Le sage, le philosophe et l’éducateur 

- Le sage est du côté de la connaissance de soi (Homme de connaissance expérientielle)
- Le philosophe est du côté des savoirs multiples (quête sempiternelle de la Vérité intellectuelle) 

- L’éducateur, du côté du sage, s’exprime plutôt poétiquement 

- L’éducateur, du côté du philosophe, développe une logique qui fait sens 

- L’éducateur comme agent double entre le sage et le philosophe est homme du paradoxe, de l’humour et de l’inachèvement 
 :
o Il donne à voir en lui, par sa présence, l’articulation vivante du sage et du philosophe 

o Il questionne le formé sur cette articulation dans ses réalisations, ses pratiques et ses discours

VII ­ Une profil plus complexe encore de l’éducateur
Les quatre pôles de l’éducateur 
  

Réfléchissons maintenant à ce qui fait la spécificité d’un éducateur. Quelles sont ses grandes dimensions qualitatives ? Elles se répartissent en quatre pôles. 

- Le pôle du savant 

- Le pôle de l’aventurier 

- Le pôle du poète 

- Le pôle du sage

mercredi 10 avril 2013

Education : des classes de maternelle spécialisées pour les autistes




Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des personnes handicapés et de la lutte contre l'exclusion, a annoncé la création de classes en maternelles pour accueillir les autistes.


Dans un entretien publié ce mardi par Le Figaro, la ministre déléguée chargée des personnes handicapés et de la lutte contre l'exclusion, Marie-Arlette Carlotti, a annoncé la création de classes en maternelles pour accueillir les enfants autistes.
"Notre objectif est de renforcer les services d'intervention à domicile qui accomplissent un travail formidable en favorisant la scolarisation des enfants", a affirmé la ministre. "Nous créerons en maternelle des classes spécialisées pour les accueillir", a-t-elle précisé, car "une détection précoce de l'autisme favorise l'intégration dans l'école ordinaire".
Le Figaro souligne que Marie-Arlette Carlotti "s'appuie sur le rapport publié en mars 2012 par la Haute Autorité de santé (HAS) qui recommande une prise en charge fondée sur une approche éducative et comportementale". Selon le quotidien, "100 000 jeunes de moins de 20 ans sont concernés en France."
La ministre doit présenter ce mardi soir les grandes lignes du troisième plan autisme.


jeudi 28 mars 2013

Les bébés dorlotés font des adultes moins stressés


L'affection maternelle débordante offerte aux bébés âgés de quelques mois les rend mieux à même d'affronter les problèmes de la vie quand ils sont adultes. C'est ce que révèle une étude américaine publiée mardi dans le Journal d'épidémiologie et de santé communautaire.
Pour cette étude menée auprès de 482 personnes dans l'État du Rhode Island, les chercheurs ont comparé des données sur la relation de bébés de huit mois avec leur mère, et leur fonctionnement émotionnel, mesuré par des tests, à l'âge de 34 ans, dans les années 90.
Ils voulaient ainsi vérifier la notion admise que des liens affectifs forts dès la petite enfance fournissent une base solide pour rebondir face aux problèmes de la vie. Les études menées jusqu'ici reposaient sur des souvenirs d'enfance et non sur une étude menée dans les premières années de la vie.

Interaction évaluée
La qualité de l'interaction des bébés avec leur mère a été évaluée par un psychologue, qui a noté les réactions d'affection et d'attention de la mère quand le bébé était soumis à des tests de développement, et sa réaction à sa performance. Le classement - datant des années 60 - allait de "négatives" à "excessives", en passant par "chaleureuses".

Dans près d'un cas sur dix, le psychologue a noté un bas niveau d'affection maternelle vis-à-vis du bébé. Dans 85% des cas, le niveau d'affection était normal, et élevé dans 6% des cas.

Les personnes ont été testées à l'âge de 34 ans, sur la base d'une liste de symptômes révélateurs d'anxiété et d'hostilité et plus globalement de mal-être.

Quel que soit le milieu social, il a été constaté que ceux à qui les mères avaient manifesté beaucoup d'affection quand ils avaient huit mois avaient les niveaux d'anxiété, d'hostilité et de mal-être les plus bas. La différence était de sept points pour l'anxiété par rapport aux autres, de plus de trois points pour l'hostilité et de cinq points pour le mal être.

Influence des expériences précoces
Curieusement, il n'y avait pas de différence entre les enfants ayant reçu un niveau d'affection bas et ceux ayant reçu un niveau normal. Cela pourrait notamment s'expliquer, selon les chercheurs, par l'absence d'interactions vraiment négatives dans l'échantillon observé.

Selon eux, cela confirme que les expériences même les plus précoces peuvent influer sur la vie adulte. Les mémoires biologiques construites tôt peuvent "produire des vulnérabilités latentes", indique l'étude.

Les chercheurs estiment de ce fait qu'il conviendrait, pour être efficace, de viser des âges beaucoup plus précoces dans les interventions menées pour le bien-être des enfants, afin de "prévenir 'l'impression d'expériences négatives".

Source: ATS. Via Le Coin Bio

mercredi 27 mars 2013

Le bon développement de l'enfant repose sur un sommeil de qualité



C'est bien connu, les enfants ont besoin de sommeil pour être en bonne santé. Mais il y a sommeil et sommeil... Certains sont réparateurs et qualité, alors que d'autres sont courts et agités. Comment est le sommeil de votre enfant? Une question important car selon une nouvelle étude de l'Académie Américaine de la Médecine du Sommeil le bon développement de l'enfant repose beaucoup sur un sommeil de qualité.
En effet, ces chercheurs californiens ont démontré que les enfants âgés de 4 ans ayant des habitudes de sommeil régulières et dormant au moins 11 heures par nuit ont un meilleur développement cognitif que la moyenne.
L'étude a été menée sur 8000 enfants. Les parents des enfants suivis ont été interrogés deux fois par téléphone: à 9 mois et à 4 ans.
De toutes les informations recueillies, il en ressort que de bonnes habitudes de sommeil  - comme se coucher tôt et à heure fixe ou encore la lecture d'une histoire - favorise le bon développement de l'enfant. Leur expression, leur compréhension, leur facilité en lecture ou en mathématique en sont grandement améliorés.
A l'issu de cette étude, l'Académie Américaine de la Médecine du Sommeil recommande aux parents une durée minimum de 11 heures par nuit pour un enfant de 4 ans.

Study Links Regular Bedtimes to Better Language, Reading and Math Skills in Preschool Children ; American Academy of Sleep Medicine, news release, June 7, 2010.

mardi 26 mars 2013

L'éducation au sommeil tout au long de la vie



De plus en plus de personnes se plaignent de leur sommeil et demandent une pilule pour dormir. L'expérience clinique montre que la plupart des insomnies ont pour origine une perturbation de l'éveil. Une stimulation trop forte du système de l'éveil empêche le sommeil. La recherche fondamentale sur les mécanismes du sommeil confirme que ce qui se passe au cours de la période d'éveil conditionne l'endormissement et la qualité du sommeil de la nuit suivante.
On observe d'ailleurs que plus de la moitié des insomnies sont améliorées par une information simple sur le déroulement d'une nuit de sommeil et l'influence de l'éveil. Cependant ces constatations ne sont pas encore suffisamment prises en compte par le corps médical et le grand public.
En effet, le sommeil est un bon indicateur de l'état de santé d'une personne et de ses relations avec le milieu dans lequel elle vit. C'est, ainsi, un thème exemplaire pour l'éducation à la santé.

L'éducation au sommeil commence dès la naissance et se poursuit tout au long de la vie. Connaître et respecter ou faire respecter les besoins en sommeil de chacun devrait faire partie de l'éducation tout court. Pour cela un minimum d'information est nécessaire. La bonne transmissions des connaissances scientifiques n'est pas forcément le fait des chercheurs et des cliniciens. La coopération des scientifiques avec les animateurs de terrain est indispensable pour que les messages de prévention soient entendus par le public.

Dr Jean Louis Valatx,
Directeur de Recherche Inserm U52 Université Claude Bernard, Lyon Président de PROSOM