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mercredi 19 novembre 2014

Le sommeil des enfants (et des parents)

Bernardino Luini, Le Sommeil de l'Enfant Jésus (détail)
La question du sommeil des enfants est un sujet qui revient très régulièrement dans les discussions. Un sujet épineux s'il en est, autour duquel entrent parfois en compétition besoins des parents et des enfants. Chaque enfant est unique et a son rythme, chaque famille est unique aussi et devra trouver son équilibre. Il est possible que ce cheminement prenne du temps ; il faudra donc faire preuve de patience. J'ai pu remarquer que les situations les plus difficiles - où le moment du coucher est devenu synonyme de hurlements, de colère et de pleurs - sont celles où l'on a essayé de forcer les rythmes de chacun, sans prendre le temps d'écouter les demandes. Il est vrai aussi que le soir, nombre de parents sont fatigués, moins disponibles et que leur besoin de sommeil se fait également ressentir. 

  • Les besoins de chacun
Le soir, il arrive parfois que nos enfants soient un peu trop excités alors que nous souhaiterions un peu de calme. Il est possible qu'il s'agisse de la décharge d'un trop-plein d'énergie physique ou émotionnelle. C'est donc tout à fait naturel et sain. Souvenons-nous que les enfants scolarisés passent une grande partie de la journée enfermés et assis, et que parfois, un petit événement (anodin à nos yeux) ont pu les perturber émotionnellement. 
Dans ce cas, il peut être intéressant de proposer par exemple une promenade ou encore un jeu de bataille sur le lit, pour se défouler, et rire! De plus, le rire va permettre de déjouer les tensions accumulées dans la journée. Parfois un bon bain fera des merveilles : il est parfois plus intéressant de prendre ce temps supplémentaire, car il amènera plus de détente, de calme. Il faudra également éviter le sucre le soir, et bien aérer la chambre avant le coucher. 


Le temps du coucher arrivant, certains enfants expriment aussi, d'une façon que les adultes ne comprennent pas toujours, des peurs, des angoisses ou encore de l'anxiété. L'enfant peut avoir peur d'être séparé de ses parents (ou l'inverse), de faire des cauchemars ou que quelque chose se cache dans la chambre. Il est essentiel de se mettre à l'écoute des peurs, de rassurer son enfant. Aussi irrationnelle semble être cette peur aux yeux de l'adulte, elle est toujours légitime et vécue pleinement, avec intensité même. Un accompagnement bienveillant sera mille fois plus efficace que la négation des peurs ; l'enfant entend dans ce dernier cas que son sentiment n'est pas écouté, qu'il n'est pas légitime. 
Je suis convaincue que laisser hurler son enfant est un aveu d'échec pour tous, et jamais une solution : il finira certainement par s'habituer à ne pas être entendu, et arrêtera de pleurer, mais à quel prix? Dans ce cas aussi, il apprendra à refouler et/ou à nier ses émotions.
Outre l'écoute active et une communication non violente, sans jugement aucun, l'ambiance se voudra rassurante, positive. Les élixirs floraux pourront aider certains enfants, notamment les complexes dédiés au sommeil ou aux peurs. 
Dans tous les cas, vous n'êtes pas en pouvoir d'effacer les peurs de votre enfant; mais de les écouter, de les comprendre dans une certaine mesure, et de l'accompagner dans l'apprentissage de la gestion de ses peurs. 

En tant que parents, nous devons aussi porter attention à nos propres besoins : physiques (calme, sommeil), mais aussi émotionnels. Si nous devons parfois les aménager parce que nous avons la responsabilité d'enfants, en aucun cas, nous ne devons nous oublier. Comment est-ce que, en tant que personne, je prends soin de moi et de mes besoins? 
Si je ne prends pas bien soin de moi, je serai moins à l'écoute et moins bienveillant avec mes enfants. Au contraire, si je prends soin de moi, que je suis reposé(e), non seulement j'offre un exemple sain à  mes enfants, et de plus, j'ai beaucoup plus d'énergie à leur consacrer. J'exprime donc mes besoins à l'aide de la CNV : "J'ai eu une longue journée, ce soir, je suis fatigué, j'ai besoin de calme." Mes phrases expriment mes besoins, mes ressentis, et ne sont en aucun cas des jugements de l'autre: "tu es trop bruyant".
Finalement, les "problèmes" de sommeil des enfants posent toujours la question de la gestion du sommeil des parents.

  • Rassurer, accompagner en douceur

Je pense que l'ambiance du soir a quelque chose de rassurant et de précieux. Le soir, à heure plus ou moins régulière, est un moment de transition vers la nuit. On prendra soin de couper les écrans, de mettre par exemple une musique douce, classique ou relaxante. Ou même de proposer quelques exercices de relaxation, de respiration, ou de méditation. Les lumières seront tamisées. Lire une histoire ou un conte d'une voix douce est un moment réconfortant pour l'enfant, agréable pour tous. On peut aussi chantonner des berceuses, faire des câlins, dire des mots doux, - il est important de terminer la journée sur des mots positifs. Par exemple, remercier son enfant pour tel moment dans la journée, lui dire combien on a apprécié ceci, etc. 
Tout cela crée une routine réconfortante, qui a force d'être appliquée, sera pleinement intégrée dans le quotidien. A chaque famille de trouver sa routine, avec les éléments qui lui conviennent. 

  • Efficacité ou épanouissement?
Nous ne sommes pas ici dans une logique d'efficacité et de résultats immédiats, pour la bonne raison que les enfants ne répondent pas à cela. Ce ne sont pas des ordinateurs dans lesquels vous allez intégrer tel logiciel pour qu'ils soient en mesure de faire ceci ou cela. Les "outils" souvent proposés sur certains sites peuvent avoir une certaine efficacité, certes, mais aucun n'est infaillible. Il n'y a pas de solution magique... On peut les utiliser, bien sûr, mais à la condition de ne pas oublier que l'essentiel pour l'enfant, c'est d'être écouté, entendu, et de répondre à ses besoins (dans la mesure du possible, selon la situation bien sûr). Même si vous avez l'impression que cela ne marche pas d'emblée, ne vous découragez pas. Parce qu'en mettant en place cette écoute bienveillante, vous lui apprenez également à formuler et à répondre à ses besoins, mais aussi à se responsabiliser face à ceux-ci. C'est un cheminement vers l'épanouissement et l'autonomie. Patience donc, car chaque enfant a son rythme. En grandissant, ses besoins évoluant, il sera en mesure de les communiquer et de les respecter. Un enfant plus grand par exemple pourra lire tranquillement dans sa chambre le soir. 

  • Une histoire de confiance
En tant que parent, vous savez déjà tout ce qu'il y a à savoir. Nous parlons ici de l'intelligence du coeur! Au lieu d'ajouter de la théorie, je crois que pour beaucoup d'entre nous, il faudra la déconstruire pour revenir au bon sens: écoutez nos enfants. Ils nous guideront parfaitement. Faites-leur confiance, faites-vous confiance! Vous n'êtes pas parfaits, mais vous êtes le parent parfait de votre enfant, c'est à dire le parent aimant de votre enfant. 

  • Quelques livres autour du sommeil
Pour les enfants, je conseille quelques ouvrages autour du sommeil. Introduire un sujet par les livres peut amener l'enfant à mieux comprendre celui-ci.



Jeanne Ashbé, La nuit, on dort ! 2004, Ed. L'École des Loisirs
"C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui, chaque nuit, empêchait ses parents de dormir sur leurs deux oreilles."


Kazuo Iwamura, La famille souris se couche, 2001, Ed. L'Ecole des loisirs
"Après le dîner, les quatorze souris se racontent leur journée. Ensuite, les enfants se préparent à se mettre au lit. Après les histoires viennent les berceuses. Par la fenêtre, la lune, silencieuse, veille sur les souris. Retrouvez les aventures de la Famille Souris dans les 10 autres albums parus à l'école des loisirs!"


Marie-Aline Bawin, Tom ne veut pas dormir, 2012, Ed. Mango Jeunesse
"Ce soir, Tom ne veut pas dormir. Pour gagner du temps, tous les moyens sont bons : faire un très long câlin à Papa, réclamer un verre d'eau, une histoire, un baiser... jusqu'à ce que Maman se fâche. Que va bien pouvoir faire Tom, tout seul dans sa chambre ?"


Claire Masurel, Marie H. Henry, Bonne nuit !, 1993, Ed. L'Ecole des loisirs
"C'est l'heure d'aller au lit, Juliette rassemble tous ses amis. Ce n'est pas facile: son lapin se promène, son canard prend un bain, et sa poupée croit que c'est l'heure des histoires !"


Jonathan Allen, Je n'ai pas sommeil ! 2014, Ed. GRUND
"Bébé Hibou en a assez que ses amis de la forêt lui disent qu’il a l’air fatigué.  Il a beau répéter qu'il n’a pas sommeil, personne ne veut le croire. Pourtant il ne tardera pas à s’écrouler dans les bras de papa. Dans cet album cartonné aux illustrations drôles et tendres, les petits  se retrouveront lorsqu’il est l’heure d’aller au lit !"


Pour les parents, je conseillerai des ouvrages qui vous guideront vers la confiance en vous. Des basiques, qui ne sont pas forcément en lien avec le sommeil pour tous, mais qui font sens dans la démarche globale de l'accompagnement bienveillant. 



Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, 2005, Editions Jouvence


Isabelle Filliozat, Au coeur des émotions de l'enfant, 2013, Ed. Marabout

Carlos Gonzales, Serre-moi fort: Comment élever ses enfants avec amour, 2013, Ed. du Hêtre
Elizabeth Pantley, Un sommeil paisible et sans pleurs, 2005, Ed. AdA
Marshall Rosenberg, Elever nos enfants avec bienveillance : L'approche de la communication non violente, 2007, Editions Jouvence
William Sears, Etre parent le jour et la nuit aussi, 1992, Ed. internationales la Leche
Marie Thirion, Le sommeil, le rêve et l'enfant, 2011, Editions Albin Michel

Mais aussi :


Eline Snel, Calme et attentif comme une grenouille + CD, 2012, Ed. Les Arènes

Rebecca Whitford, Le yoga des petits pour bien dormir, 2006, Ed. Gallimard Jeunesse

jeudi 18 avril 2013

A pas de loup (film)



Un nouveau week-end à la campagne comme tous les autres vient de s'achever. La voiture familiale est sur le point de démarrer mais Cathy, une petite fille de 6 ans, décide de ne pas monter. De toute façon, son père et sa mère ne s'apercevront de rien, ils ne la voient pas, ne lui parlent pas. Elle pourra s'occuper des graines magiques que le fermier voisin lui a offert la veille. Elle se réfugie dans la niche du chien en se demandant s'ils s'apercevront quand même de son absence et surtout quand... Se sentant invisible et mal aimée, la fillette décide de vivre seule dans la forêt. Elle se lie d'amitié avec un poisson puis avec un chien dans une nature mystérieuse, sauvage et parfois hostile. Toutefois, elle vivra une aventure qui changera sa vie, celle de son père et notre propre vision de l'enfance...

Dans un monde pas si lointain et à une époque pas si éloignée vivait une petite fille comme les autres qui croyait être invisible aux yeux de ses parents. Pour en être bien certaine, elle décida de disparaître. Ce qui aurait pu mal se terminer se transforma en une aventure extraordinaire, une quête d’identité et de liberté digne de Robinson Crusoé.

MEILLEUR FILM EUROPÉEN POUR ENFANTS – European Children’s Film Association Award 2012.

A partir de 6 ans

Réalisé par Olivier Ringer. Avec Wynona Ringer, Olivier Ringer. 2011.







mercredi 17 avril 2013

Le premier bébé "nature" aux Emailleurs



La clinique des Emailleurs à Limoges vient de se doter d'une salle de naissance "Nature".
Un premier bébé y est né dimanche.

C'est une première dans la région. Pour répondre aux besoins et aux envies de certains couples, la salle de naissance traditionnelle se transforme petit à petit en un espace plus "nature" et moins médicalisé.
La clinique des Emailleurs à Limoges a transformé l'une de ses cinq salles de naissance pour en faire une salle "nature" : une grande baignoire pour faciliter la détente et la dilatation, des lianes d'étirement pour favoriser la descente du bébé, ou encore des lumières douces et de la musique apaisante.
Dans cette nouvelle salle, pas de péridurale, sauf si la maman en décide autrement au dernier moment. Dans ce cas, il est toujours possible de repartir dans une salle traditionnelle.
Le premier bébé "nature" est donc né dimanche après midi. Il s'appelle Mario, pèse 3 kilos 100, et se porte à merveille.
Ses parents, qui ont déjà deux enfants, sont ravis de cette nouvelle expérience. 

samedi 23 mars 2013

Prendre le temps d'accueillir la tristesse de son enfant




Certains parents sont déstabilisés devant la tristesse de leur enfant. Ils minimiseront cette émotion, paniqueront devant leur incapacité à aider leur progéniture ou encore auront recours à la punition. Ces comportements pourraient entrainer chez l'enfant des attitudes négatives par rapport à la tristesse qui, à l'âge adulte, joueraient un rôle dans la manifestation de symptômes dépressifs. Ce sont les conclusions d'une étude exploratoire menée par des chercheurs du Département de psychologie de l'Université de Montréal.

L'équipe a demandé à 140 étudiants de premier cycle de remplir trois questionnaires, le premier évaluant la socialisation des émotions – les agissements des parents à l'égard des sentiments de leurs enfants –, le deuxième les attitudes devant la tristesse et le dernier les symptômes de dépression.
Quatre attitudes liées à la tristesse se sont révélées significatives: la perception de la tristesse comme étant une plainte, la colère envers soi-même d'être dans un état de tristesse, la crainte d'être rejeté si l'on est triste et la peur de l'état auquel la tristesse pourrait conduire.

«Plus les étudiants disaient avoir ces attitudes négatives face à la tristesse, plus il était probable qu'ils aient vécu une socialisation parentale des émotions non soutenante, comme la punition ou l'indifférence, et plus ils rapportaient de symptômes dépressifs», indique Marie-Ève Boucher, première auteure de l'étude publiée dans la Revue européenne de psychologie appliquée.
Selon la doctorante en psychologie, cette étude serait la première à examiner le lien entre la socialisation parentale des émotions des enfants et la dépression à l'âge adulte. «Jusqu'à présent, la science s'est surtout penchée sur les méta-émotions des parents, c'est-à-dire les pensées associées aux émotions, et comment celles-ci déterminent leur comportement envers les émotions de leurs enfants», remarque-t-elle.

La tristesse, une émotion salvatrice

Les gros chagrins ne sont pas agréables à vivre, mais ils sont essentiels à la psyché humaine. «La tristesse est une émotion adaptative, explique Marie-Ève Boucher. Elle aide à accepter les pertes vécues au quotidien. Elle permet d'être plus calme et introspectif. Ce ralentissement général donne le temps d'intégrer la perte. Par la suite, l'énergie revient et la vie peut reprendre son cours.»

Mais les attitudes négatives à l'égard de la tristesse freinent ce processus. C'est ainsi que s'installe peu à peu la dépression. «Selon la théorie de mon directeur de recherche, le professeur Serge Lecours, ainsi que de nombreux autres auteurs, la dépression serait une expression pathologique de la tristesse, poursuit l'étudiante. Prenons la colère par rapport à la tristesse. Lorsqu'un parent punit son enfant parce qu'il a de la peine, il amène ce dernier à retourner sa détresse contre lui-même en se fâchant, voire parfois en s'automutilant. Cette façon de faire lui permet de réguler ces émotions négatives. La colère donne à ces individus l'impression d'avoir du pouvoir sur leurs émotions. Mais en même temps, elle inhibe la tristesse, empêchant celle-ci d'effectuer son travail de réparation, ce qui peut conduire à la dépression.»

Marie-Ève Boucher croit que la socialisation parentale des émotions devrait être abordée par les psychothérapeutes dans leur pratique. «C'est un chemin qui demeure peu exploré jusqu'à maintenant, affirme-t-elle. Pourtant, si l'on a affaire à un patient qui gère mal ses émotions, ce serait pertinent de l'amener à révéler son passé familial afin de vérifier si son attitude a pu être façonnée par l'indifférence de ses parents relativement à ses émotions par exemple.»

Idéalement, tout parent devrait être suffisamment à l'aise avec la tristesse de son enfant pour savoir l'accueillir et en discuter. «Mais ce n'est pas toujours le cas, reconnait la doctorante. L'enfant se tourne généralement vers son père ou sa mère pour savoir comment réagir à une situation. Il apprend par modelage. Si l'on ne sait pas comment gérer sa peine, mieux vaut diriger son enfant vers un autre adulte de confiance avec qui il pourra parler librement.»

dimanche 24 février 2013

Adolescence et entrée dans la vie (livre)


 
 
Tous les parents le savent, la traversée de l'adolescence, désormais englobée sous le terme de jeunesse, n'est pas une mince affaire. Une majorité de jeunes s'intègrent apparemment sans trop de difficultés à nos sociétés, mais une frange non négligeable peine à donner sens à sa vie et à projeter son histoire dans l'avenir.
D. Le Breton revient sur les souffrances et les difficultés de l'accès à l'âge d'homme, sur ce passage délicat qui consiste à devenir soi. Il s'intéresse ici à cette jeunesse en quête de sens et de valeurs suspendue entre deux mondes, prise dans les turbulences d'une métamorphose physique et psychique douloureuse. Les conduites à risque, désormais rites privés d'institution de soi mais aussi véritables actes de passage, marquent l'altération du goût de vivre d'une partie de la jeunesse occidentale contemporaine et viennent confirmer le fait que fabriquer une douleur permet d'endiguer provisoirement la souffrance de vivre dans une société devenue, comme l'individu, sans limite de sens.
Changer de peau en y ajoutant tatouages et piercing opère comme des actes identitaires, se scarifier en secret, fuguer, errer jusqu'à disparaître de soi ou développer une haine de son corps en devenant anorexique ou boulimique, refuser la sexuation par absence ou par trop de sexe, méconnaître le danger de la vitesse, devenir délinquant comme moratoire à l'adolescence, bref tous ces phénomènes de résistance à la dureté du monde sont ici étudiés en profondeur et dans un langage accessible à tous.
Véritable manuel pour les parents en quête de compréhension de leurs enfants en crise, cet ouvrage fera date pour envisager et peut-être mieux comprendre les souffrances de nos adolescents en ce tout début du XXIe siècle.
David Le Breton est professeur de sociologie à l'université Marc Bloch de Strasbourg, membre de l'Institut Universitaire de France et du laboratoire URA-CNRS "Cultures et sociétés en Europe". Il est l'auteur, entre autres, de Des visages, Anthropologie de la douleur, Conduites à risque, Du silence, Éloge de la marche, La Peau et la Trace et La Saveur du monde.


Extrait de l'introduction :

"L'adolescent, vacillant entre l'enfance et la jeunesse, reste interdit un temps devant l'infinie richesse du monde. L'adolescent s'effraie d'être. Puis, au saisissement succède la réflexion : penché sur le fleuve de sa conscience, il se demande si ce visage qui affleure lentement du fond, déformé par l'eau, est bien le sien. La singularité d'être - pure sensation chez l'enfant - se transforme en un problème et une interrogation, en une conscience qui interroge [...]. Ainsi l'adolescence est à la fois l'âge de la solitude et celui des grandes amours, de l'héroïsme et du sacrifice. Avec raison, on imagine généralement les héros et les amants sous les traits d'adolescents. "
Octavio Paz, Le Labyrinthe de la solitude

Nous sommes entrés dans la "société du risque" (Beck, 2001), imprégnés du sentiment que le risque est une forme d'adversité redoutable, mesurable dans le domaine de la santé, de la technologie, de la politique, de la production industrielle des aliments, etc. La vulnérabilité grandissante de nos sociétés à cause de la puissance virtuellement mortifère de la technique dans le contexte de la mondialisation économique sollicite une vigilance aiguë sur les risques encourus. Pourtant, nombre de nos contemporains n'ignorant pas les dangers auxquels ils s'exposent n'hésitent pas à s'y confronter dans une volonté d'expérimentation ou de construction d'identité. Dans le domaine de l'épanouissement personnel, on connaît à ce propos la passion pour les activités physiques et sportives à risque. Sous une forme plus ambivalente, les conduites à risque des jeunes générations prennent une importance grandissante dans le monde contemporain.
Le terme de conduites à risque relève du vocabulaire de la santé publique, c'est une notion statistique et sociologique faisant peu de cas de la perception du risque, ou de la notion même de risque pour le jeune. Ce terme est en décalage avec l'expérience de l'adolescent, en ce que pour lui la question n'est pas là, mais plutôt de sortir de la souffrance qu'il éprouve. Le risque perçu par les parents ou les professionnels est sans commune mesure avec celui éprouvé par l'adolescent. A ce moment où son identité vacille, la mise en danger de soi est secondaire au regard de la souffrance et de l'incertitude au sein desquelles il se débat. Dans ces circonstances le risque pour l'existence pèse peu face aux altérations du sentiment de soi.
Une majorité des jeunes s'intègrent sans souci à nos sociétés, mais une frange non négligeable peine à donner sens à sa vie et à se projeter sous une forme propice dans son histoire à venir. Ainsi, une étude menée au Québec (1998) révèle que 40 % des jeunes Québécois de 15 à 19 ans présentent un haut niveau de "détresse psychologique", les filles étant plus touchées que les garçons (Perreault, Bibeau, 2003, 21). L'enquête suisse Smash 2002 effectuée sur une population de jeunes de 16 à 20 ans engagés dans une filière scolaire et professionnelle d'État (délaissant les jeunes fréquentant les écoles privées, et surtout ceux qui sont engagés sur le marché du travail ou sans emploi) aboutit au constat qu'environ 35 % des filles et 20 % des garçons se sentent suffisamment déprimés pour avoir besoin d'un soutien. 8 % des filles ont fait une tentative de suicide, contre 3 % des garçons. Dans l'enquête IPSOS Insight Santé de 2006, 26 % des jeunes disent avoir du mal à aller vers les autres, 16 % se disent "mal dans leur peau".
Certes, les statistiques sont de peu de poids pour mesurer la souffrance, mais une grande part de nos jeunes ont des difficultés à trouver leur place dans le monde. Les conduites à risque les touchent de manière privilégiée. Le propos de cet ouvrage est celui de la difficulté de l'accès à l'âge d'homme, de la souffrance d'être soi lors de ce passage délicat. La traversée de l'adolescence ou, désormais, de la jeunesse, n'est pas une ligne droite bien balisée, mais plutôt un sentier en lignes brisées, malaisé à repérer, avec un sol qui se dérobe parfois sous les pas. L'étymologie du terme "adolescent" renvoie à une notion de croissance, de transformation, d'évolution. L'adolescence est une crise d'identité plus ou moins aiguë et durable (Erikson, 1972). Mais dans le contexte contemporain, pour certains, accéder à soi est une longue épreuve."

David Le Breton, En souffrance : Adolescence et entrée dans la vie. 2007. Editions Métailié.

lundi 29 octobre 2012

Le concept du continuum (livre)



L’auteur a effectué plusieurs expéditions dans la jungle sud-américaine, et a observé notamment le mode de vie de la tribu des Yakwanas. Elle a constaté que leur sens du bonheur, du travail et de l’effort était très différents de nos conceptions occidentales. Elle l’explique par le fait que cette tribu ne s’est pas éloignée, comme les sociétés modernes, de son continuum, en particulier dans sa relation aux bébés.
« Le continuum peut être défini comme un enchaînement d’expériences qui correspondent aux attentes et tendances de notre espèce, dans un environnement de même logique que celui où sont nées ces attentes et ces tendances » p.49
Jean Liedloff (source : www.continuum-concept.org)

Autrement dit, notre « programmation ancestrale » nous pousse à certains comportements adéquats, et induit en nous certaines attentes. Ainsi, dès sa naissance, le bébé s’attend à recevoir de sa mère un comportement « maternel » : son continuum lui indique que sa place est dans ses bras, contre son corps, et c’est là qu’il devra vivre et évoluer ses premiers mois, jusqu’à ce qu’il soit prêt à tenter d’autres expériences.

Dans un texte poignant, l’auteur décrit, en focalisation interne qui donne toute la puissance à son discours, la souffrance insupportable du nouveau-né dont la mère, pourtant pleine de bonnes intentions, ne répond pas à ses attentes, à ses besoins de contact et de bercement (l’extrait en question est consultable ici sur le site Porter son enfant).

La rupture du continuum dans nos sociétés modernes a des conséquences négatives sur les individus et la société : les attentes non comblées du bébé le restent pour toute sa vie d’enfant puis d’adulte. Il cherchera à les combler, et à retrouver la figure maternelle et les expériences « dans les bras » qui lui ont manquées. Son sens du bonheur en sera profondément altéré : sa quête d’autre chose, du mieux, sera permanente et l’empêchera de jouir de l’instant présent et donc de trouver le bonheur dans l’instant présent. Certaines maladies, les dépendances, les troubles de la sexualité peuvent s’expliquer par ce non respect du continuum. En effet la route pour atteindre le bonheur doit se faire étape par étape, et si la première d’entre elles est manquée il faut tout reprendre depuis le début, dans une quête potentiellement infinie…

L’auteur s’attache, en parallèle, à décrire le fonctionnement des Yakwanas. Dans cette tribu, le bébé est constamment porté au début de son existence, dans le respect de son continuum, jusqu’à ce qu’il manifeste le besoin de l’être moins. Pour autant, sa mère lui porte une attention limitée : elle vit sa vie d’adulte normalement, naturellement. Elle reste néanmoins disponible à ses sollicitations.
Une fois que la phase dans les bras a été satisfaite, l’enfant ne réclamera d’attention qu’en cas de réel besoin. Il ne devient pas dépendant, au contraire, il obtiendra pleine confiance en lui et en ses semblables.

Les Yakwanas sont persuadés du caractère sociable de l’enfant : il est un être d’imitation. Aussi il répondra aux attentes que les autres ont de lui, sans qu’aucune pression ne soit exercée (il n’y a d’ailleurs pas plus de pression exercée sur les autres adultes). C’est ainsi que, par instinct, l’enfant se conformera aux normes de sa tribu. Les Yakwanas s’attendent à un comportement adéquat de la part des enfants, qui y répondent naturellement, « en douceur », du mieux qu’ils peuvent.
Par exemple, les adultes ne s’attendent pas à ce que le bébé se mette en danger, ce qui irait à l’encontre de son instinct de survie. Ainsi il n’y a pas d’interdictions ni de mises en garde particulières vis à vis de ce que nous, sociétés occidentales, considérerions comme dangereux (des flèches, des lames tranchantes, un puits…). Et il n’y a pas d’accidents non plus, ou alors ils sont rarissimes… les enfants répondent aux attentes de leurs aînés.
L’auteur constate aussi que dans la tribu, le bonheur est la norme, c’est l’état « standard » de chaque âge de la vie. Elle explique que cet état est possible dans la mesure où les besoins de l’âge précédent ont été comblés.

Dans nos sociétés occidentales, on éduque, on modèle, on élève les enfants… et nos attentes sont négatives. Alors, contrairement à ce qui se produit chez les Yakwanas, les accidents sont bien plus nombreux. En effet, la mère va bien souvent prendre à sa charge la responsabilité de la surveillance de l’enfant. Celui-ci, ne la prend donc pas à son compte…

« Ce n’est pas un hasard si, en étant sûrement les plus protégés de toute l’Histoire, les enfants occidentaux sont ceux dont on attend le moins qu’ils sachent s’occuper d’eux-mêmes » p. 147

Finalement, comment tirer enseignement de ce concept du continuum pour nos sociétés occidentales ? L’auteur préconise de rester le plus proche possible du continuum en utilisant le bon sens, afin que l’instinct reprenne le dessus. Il faut commencer par répondre aux attentes du nouveau-né, en le portant constamment, en dormant avec lui, tant qu’il en manifeste le besoin.



Jean Liedloff, Le concept du continuum - À la recherche du bonheur perdu. 2006. Ed. Ambre.

samedi 27 octobre 2012

Ne mettez pas vos enfants à l'école, ils sont trop petits (livre)



Parents, vous qui croyez bien faire en inscrivant votre enfant à l'école dès deux ans, lisez ce livre de toute urgence ! " L'école à 2 ans ", cela sonne comme une promesse. Et pourtant, forte de ses vingt ans d'expérience dans des classes de tout-petits, Béatrice Guerville, institutrice, fait un constat sans appel : l'école à deux ans, aujourd'hui ça ne marche pas ! Les horaires imposés, les rythmes inadaptés, les classes trop nombreuses (25 à 30 enfants encadrés par deux adultes tout au plus ! ), le " forcing " à la propreté, les " pipis " à heures fixes, les siestes trop courtes, les attentes interminables, les agressions dans la cour de récréation... L'école est régie par des règles édictées par des adultes, que des " tout-petits " ne peuvent comprendre, faute de maturité suffisante. Et tout ça au nom de quoi ? L'apprentissage ? Le langage ? L'éveil ? La vie en société ? En nous faisant découvrir l'univers de l'école des " tout-petits ", Béatrice Guerville nous démontre que tous ces objectifs, ô combien respectables, ne peuvent être atteints dans les conditions d'accueil actuelles. Elle conclut même à une augmentation des difficultés d'apprentissage et à des conséquences parfois dommageables sur le comportement de certains enfants. Un document passionnant truffé d'anecdotes et de détails précis, un témoignage lucide et engagé sur les risques de la scolarisation précoce.

Béatrice Guerville est institutrice depuis vingt ans. Elle a exercé dans des classes de tout-petits (deux ans et trois ans). Claire Brisset est Défenseure des Enfants depuis mai 2000. Le Défenseur des enfants est une autorité indépendante dont la mission est de " défendre et promouvoir les droits de l'enfant tels qu'ils ont été définis par la loi ".

Extrait: "Le manque de sommeil est la première cause de difficultés. Le tout-petit, qui dormait jusqu'alors de tout son saoul, est obligé dès son entrée à l'école de se soumettre à des horaires qui ne respectent pas, tant s'en faut, ses rythmes biologiques. Combien d'enfants arrivent tout engourdis, le visage chiffonné et les yeux à peine ouvert à l'école? (...) La fatigue scolaire équivaut en fait à du malmenage."

Béatrice Guerville, Ne mettez pas vos enfants à l'école, ils sont trop petits. 2004. Ed. First.

jeudi 18 octobre 2012

Les jeunes et les réseaux sociaux, Serge Tisseron (presse)



Où il est question de comprendre pourquoi les multinationales ont intérêt à éviter tout anonymat sur Internet, pourquoi Facebook "est et restera une saloperie" et pourquoi donc le mode scolaire a tout intérêt à créer des réseaux sociaux alternatifs et interconnectés entre eux. Serge Tisseron se méfie fortement des réseaux sociaux « En dessous de 12 ans, Facebook n’est pas possible »

Interview de Serge Tisseron par Jean Claude Vantroyen pour Le Soir du Jeudi 20 septembre 2012

Faut-il ou non autoriser l’utilisation de Facebook aux moins de 13 ans ?

Il faut constater que l’interdiction aux moins de 13 ans est actuellement contreproductive. Pour deux raisons. D’abord près de 30% des enfants de 9 ans ont déjà un compte Facebook et 50% à 12 ans. En trichant sur leur âge : ils se vieillissent. Quand ils ont 14 ans dans la réalité, ils en ont 18 sur Facebook. Je vois régulièrement des mamans qui me disent : ma fille a 14 ans et des hommes sur Facebook lui parlent comme si elle en avait 18. Mais, stupeur : les parents n’ont pas réalisé que leurs enfants pouvaient être plus âgés sur Facebook qu’en réalité. Ensuite, les enfants le font en cachette. A un âge où il leur est très difficile de gérer l’espace Facebook, parce que, pour bien le faire, il faut avoir des choses à échanger. Or quand on a 9 ans, on n’a pas grand-chose à partager, à mettre en ligne, donc on raconte sa vie. Avec papa et maman, on ira en vacances du 15 juillet au 15 août, il n’y aura personne à la maison, mes parents ont peur des cambrioleurs. Une autre anecdote. En famille, cette jeune femme raconte qu’elle a des difficultés financières. Sa jeune sœur le raconte sur Facebook, et prie ses amis de verser des dons pour l’aider sur son compte bancaire. Ça montre bien l’incapacité d’un enfant de moins de 13 ans de régler la complexité des espaces Facebook, la distinction intime-public, de ce qu’on peut et ne peut pas dire, etc.

L’idée que Facebook soit accessible à des enfants, c’est une manière de faire en sorte qu’ils soient accompagnés. Facebook ne pourra jamais sécuriser ce que font les enfants, quoi qu’il dise. Comment sécuriser le contenu des messages ? Ce n’est pas possible. D’autant plus avec des interlocuteurs qui n’indiquent jamais leur âge réel.

Facebook vit dans une illusion à laquelle il essaie de faire croire : que les affiliés n’ont qu’une seule adresse IP. Le modèle économique de Facebook, c’est le détournement des données personnes et ceci n’est possible que si vous n’avez qu’une seule page Facebook. Si j’ouvre trois ou quatre pages Facebook avec des identités d’emprunt, si j’ai 14 ans et que je me fais passer pour un homme de 40 ans sur une page, une fille de 18 ans sur un autre et une mamy de 90 ans sur une troisième, Facebook ne peut pas m’envoyer des publicités ciblées puisque j’ai des identités fictives. Le modèle économique de Facebook suppose que les gens n’aient qu’une seule page. Le problème, c’est que les ados sont parvenus à détourner le modèle en se créant plusieurs pages et je subodore que derrière l’idée annoncée dernièrement par Facebook de mieux contrôler ce que font les mineurs, il y a celle d’établir un système de contrôle qui permet d’éviter l’ouverture de plusieurs pages Facebook. Vous savez, ce ne sont pas des philanthropes. Dès qu’ils annoncent quelque chose pour le bien du peuple, il faut chercher l’entourloupe.

Comment les parents doivent-ils agir ?

Je crois qu’un enfant peut bien gérer Facebook seul à partir de 12 ans, en en parlant avec ses parents. En dessous de 12 ans, ce n’est pas possible. Avant 11-12 ans, un enfant a du mal à comprendre qu’on peut associer deux émotions différentes à un même événement, comme à comprendre que ce qu’on lui raconte pour expliquer une émotion qu’il observe ne soit pas vrai. Ce qui rend la gestion de Facebook très compliquée. Ce qui fascine ces enfants, c’est d’être comme les grands. Avant, ils ne savaient pas ce que faisaient les grands. Aujourd’hui, on est dans une culture où les petits savent tout ce que font les adultes. Il n’y a plus de mystère. Et quand ce ne sont pas des choses interdites, ils ont envie de les faire le plus tôt possible. Ils sont inspirés par cette culture de l’imitation de plus en plus précoce des adultes, ce qui n’est pas une bonne chose parce que, pour être bien introduit aux écrans, il faut l’être au bon moment.

Des réseaux sociaux alternatifs, alors ?

Il faut en effet inviter les parents et les communautés éducatives à créer leur propre réseau. On peut faire des choses formidables avec un réseau, mais pas avec Facebook, parce que le modèle économique nous piège. Il faut créer des réseaux parallèles. A Belfort, d’où je viens, on est en train de créer un réseau indépendant de Facebook entre toutes les écoles et les bâtiments publics de la ville et de la région. Il faut créer des réseaux sociaux alternatifs. Parce que Facebook est et restera une saloperie, et qu’on récupérera nos données personnelles. Parce que sur Facebook, le produit c’est vous. Le consommateur, c’est l’industriel qui achète vos données à Facebook et le produit, c’est vous, c’est moi, c’est tous les utilisateurs de Facebook dont les informations personnelles sont pillées. Et ça aussi il faudrait que les enfants l’apprennent au plus tôt.

Source : yapaka.be

mardi 9 octobre 2012

C'est pour ton bien (livre)



"L'opinion publique est loin d'avoir pris conscience que ce qui arrivait à l'enfant dans les premières années de sa vie se répercutait inévitablement sur l'ensemble de la société, et que la psychose, la drogue et la criminalité étaient des expressions codées des expériences de la petite enfance…Ma tâche est de sensibiliser cette opinion aux souffrances de la petite enfance, en m'efforçant d'atteindre chez le lecteur adulte l'enfant qu'il a été." 

Alice Miller

Ce livre dénonce les méfaits de l'éducation traditionnelle - qui a pour but de briser la volonté de l'enfant pour en faire un être docile et obéissant - et montre comment, fatalement, les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront ; comment, surtout, à l'origine de la pure violence, celle que l'on inflige à soi-même ou celle que l'on fait subir à autrui, on trouve toujours le meurtre de l'âme enfantine. Cette " pédagogie noire ", selon l'expression de l'auteur, est illustrée par des textes du 18e et 19e siècle, stupéfiants ou tragiques, reflétant les méthodes selon lesquelles ont été élevés nos parents et nos grands-parents, et par trois portraits d'enfances massacrées : celle de Christiane F., droguée, prostituée, d'un jeune infanticide allemand - et d'Adolf Hitler, que l'on découvrira ici sous un jour tout à fait inattendu.


Alice Miller, C'est pour ton bien. 1985. Ed. Aubier.

dimanche 9 septembre 2012

Aider les parents à être parents (rapport)



"Les parents ont-ils besoin d'être aidés pour s'occuper de leur progéniture ? En matière de soutien à la parentalité, un rapport remis lundi à la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, détaille ce qui se fait à l'étranger et retient quelques bonnes idées pour la France, en retard dans ce domaine.
Dans la plupart des pays industrialisés, l'aide à la parentalité fait partie désormais des politiques sociales publiques, constate l'étude d'environ 200 pages intitulée "Aider les parents à être parents" menée par le Centre d'analyse stratégique (CAS), dépendant des services du Premier ministre.
Il s'agit généralement d'assister les parents et de prévenir ainsi des comportements à risques pour la société de la part de jeunes qui n'auraient pas été suffisamment bien encadrés sur le plan familial.
Mais pour faciliter cette intervention publique dans la sphère privée, nombre de pays veillent à donner des conseils au plus grand nombre, pour éviter la stigmatisation de certains et trouvent le ton juste : "soutenir plutôt que prescrire"."

(Source : Libération, 03/09/12)

Extrait du rapport
« Aider les parents à être parents. Le soutien à la parentalité, une perspective internationale. » Septembre 2012, 196 p. Téléchargeable ici.

Notre deuxième ambition est de nourrir la réflexion par des exemples concrets. Une cinquantaine de pratiques sont ainsi clairement décrites dans ce rapport et répertoriées en annexe. Il s’agit de mettre en évidence les dispositifs les plus prometteurs mais également ceux qui ont le plus suscité notre curiosité. Ce projet a donc en partie été conçu comme une  « boîte à outils et idées » pour les acteurs de ces politiques publiques.

Notre troisième ambition est de porter un message : les pouvoirs publics ont intérêt à développer les services de soutien à la parentalité en complément des services visant à concilier vie personnelle et vie professionnelle, et en complément des prestations monétaires familiales. Il s’agit non seulement de répondre à une demande mais également de promouvoir le bien-être des parents et le « bien-devenir » des enfants. Pour ce faire, il convient de banaliser le recours à ce type de services en évitant tout risque de stigmatisation ou de prescription, et en répondant de manière concrète aux nouveaux besoins exprimés ou ressentis par les parents.

dimanche 26 août 2012

Tout enfant est une merveille

(source image: facebook, groupe Surfing Rainbow)

"Ce livre part de la conviction que tout enfant est une merveille.
Cela ne signifie nullement que tout enfant naît avec des qualités exceptionnelles propres à satisfaire toutes les attentes de ses parents. Nous verrons que le bonheur d'éduquer exige, entre autres, d'apprendre à lâcher ses attentes et ses projections sur l'enfant. 
Tout enfant est une merveille, cela signifie que la relation juste avec son enfant est, avant toute chose, l'émerveillement. Dès sa naissance et sans limite de temps, s'émerveiller de son enfant est la base de l'éducation."

Denis Marquet, Nos enfants sont des merveilles: les clés du bonheur d'éduquer. 2012. Ed. du Nil. 20,30€

mercredi 8 août 2012

Citations en vrac



"Je persiste à penser que si l'on continue à se calquer sur un modèle social entièrement conditionné par l'argent et le pouvoir, tenant aussi peu compte des vraies valeurs de l’amour, les générations futures pourraient bien se retrouver en butte aux pires difficultés. Alors, malgré la difficulté que représente un changement intérieur, le jeu en vaut la chandelle. J’en ai la ferme conviction : il faut tenter l’impossible. Que l’on réussisse ou non est une autre question (..) Au moins aurons nous tenté de bâtir un monde meilleur, fondé sur l’amour authentique et non sur le profit personnel".
Le Dalaï Lama

« Éduquer, ce n’est pas remplir un seau d’eau. C’est allumer un feu. »
Yeats

"L'éducation consiste à comprendre l'enfant tel qu'il est, sans lui imposer l'image de ce que nous pensons qu'il devrait être."
Krishnamurti

“Selon moi le rôle des parents n’est pas comment aider les enfants à croître. Ils grandiront sans vous. Votre rôle est de soutenir, de nourrir, d’aider ce qui est déjà en train de croître. Ne donnez pas de directives et ne donnez pas d’idéaux. Ne leur dites pas ce qui est bien, ce qui est mal. Laissez-les trouver par leur propre expérience.”
Osho

lundi 11 juin 2012

Les livres de SouleMama

Amanda Blake Soule, bien connue sur la blogosphère sous le nom de SouleMama depuis 2005, a inspiré nombres de parents grâce à ses créations, sa joie, son art de vivre, ses photos joyeuses... 

D'ailleurs, une tradition s'est instaurée sur des dizaines de blogs grâce à elle: chaque vendredi, l'on poste une photo de la semaine, titrée "this moment". 

Heureuse mère de 5 enfants, Amanda Blake Soule vit avec ses enfants et son mari Steve dans une ferme biologique dans le Maine (USA). Elle pratique l'instruction en famille, tendance Steiner-Waldorf. Elle a publié 3 beaux livres aux photos magnifiques, inspirants au possible... 


The Rhythm of Family: Discovering a Sense of Wonder Through the Seasons. 2011. Ed. Trumpeter Books. 15,30€ 
Ce livre propose des activités mois par mois, pour chaque membre de la famille, et pour la famille entière, à réaliser. Il s'agit de cuisine, d'activités en extérieur, ou encore de bricolages, etc. toujours reliées, d'une manière ou d'une autre, au temps présent, à la saison, à la nature. Une manière d'être profondément connectée au merveilleux du quotidien.


The Creative Family: How to Encourage Imagination & Nurture Family Connections. 2008. Ed. Trumpeter Books. 12,92€
Toujours dans l'idée de nourrir et d'entretenir les liens familiaux, SouleMama propose ici encore des activités qui font sens, et qui enrichissent la créativité de tous. The Creative Family se divise en plusieurs chapitres : rassembler (préparer son esprit créatif, matériaux de rassemblement, être plein de ressources), jouer (encourager l'imagination, soutenir ses jeunes artistes, instaurer une tradition du fait-maison), vivre (explorer la nature, capturer des moments, rituels de chaque jour), connecter (célébrer la famille, vacances, connexions créatives). Un ouvrage chaleureux et tendre. 


Handmade Home: Simple Ways to Repurpose Old Materials into New Family Treasures. 2009. Ed. Shambhala Publications Inc. 14,01€
Dans la lignée des autres livres, celui-ci apportera quelques idées supplémentaires, toujours fidèle à l'idée de créativité et de fait-main. 

Le site de SouleMama