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dimanche 20 décembre 2015

Le Musée de Poche, l'art à portée des enfants


Nous sommes toujours très enthousiastes à propos des lieux d'art dédiés aux enfants. Et le Musée de Poche, qui a récemment déménagé rue de la Fontaine au Roi (à deux pas de République), est un lieu particulièrement accueillant qui se donne pour mission de rendre l'art accessible dès le plus jeune âge.

Le musée propose une offre variée d'ateliers d'art plastique à destination de tous les âges, dans un espace créatif richement doté en matériel, qui donnerait envie à n'importe qui de s'installer et de participer.
Les enfants ont à leur disposition une bibliothèque aux beaux ouvrages de qualité, qui sont aussi proposer à la vente: livres pop-up, livres d'art, kits créatifs, etc. L'espace galerie invite à la découverte d'expositions temporaires de jeunes artistes dont l'univers est bien souvent poétique. 
Sensible aux pédagogies nouvelles, le lieu est à hauteur d'enfant, et ceux-ci ont le droit de toucher, de découvrir, d'expérimenter. La dimension ludique et sensorielle étant privilégiée, les enfants sont joyeusement initiés à l'art et à l'esthétique, en sollicitant leur curiosité, leur créativité, nourrissant leur imaginaire. Autant de qualités, en lien participant à leur bien-être, leur confiance et leur épanouissement.
Enfin, le Musée a aussi pour vocation de familiariser les enfants avec l'histoire de l'art, à travers la découverte de thématiques, de grands mouvements ou noms de l'art lors d'ateliers (Dali, Hokusai, Matisse,...), mais aussi de visites de médiation dans les expositions parisiennes. 

Le Musée de Poche est sans aucun doute l'un de ces lieux parisiens dont on se souvient avec plaisir, porteur d'une véritable personnalité et d'une grande richesse culturelle. On ne peut que féliciter Pauline Lamy pour son audace et son investissement. Souhaitons une longue vie colorée et joyeuse au Musée de Poche! 

Le programme des ateliers étant toujours bien chargé, n'hésitez pas à réserver à l'avance. À voir jusqu'au 30 janvier, l'exposition Le grand avenir, présentant les œuvres textiles poétiques de Géraldine Alibeu, (Les yeux fermés, Actes sud) sur le thème de l'enfance. 

Le Musée de Poche, 41 rue de la Fontaine au Roi, 75011 Paris. Horaires : Du mardi au vendredi de 11h à 19h / Le samedi de 10h à 19h / Ouverture un dimanche par mois de 14h30 à 18h. Possibilité de réserver en ligne. 

dimanche 21 juin 2015

Le Musée du Quai Branly, l’atelier Objet Magique


Ouvert en 2006 à l’initiative de Jacques Chirac et réalisé par Jean Nouvel, le musée du Quai Branly possède une collection de plus d’un million de pièces provenant des civilisations non européennes du monde entier, nichée au cœur d’un écrin de verdure.

Véritable invitation au voyage, nous pouvons découvrir dans ce musée des objets tels que des masques, statues, instruments de musique, textiles ou encore bijoux qui suscitent souvent des réactions variées : certains objets sont drôles, d’autres effrayants, ou étranges…  

Les enfants sont particulièrement bien accueillis au Musée du Quai Branly. Dès 3 ans, celui-ci propose de nombreux ateliers et activités d’excellente qualité, tout au long de l’année : visites guidées en famille, visites contées en famille (une pour chaque culture), ateliers en famille (la pluie, au cœur des masques, mission archéo, destination musique, etc.), et enfin, un atelier pour les enfants sans les parents (A l’aventure !).

Ainsi, les ateliers représentent un excellent support pour initier un véritable dialogue sur les cultures. Ils permettent aux enfants de découvrir l’usage de certaines œuvres, parfois tout à fait inattendu ou curieux, mais aussi les traditions, croyances et pratiques artistiques de peuples non européens.

Enfin, en plus de nombreux supports pédagogiques disponibles, le musée offre aux enfants un passeport d’aventurier : à chaque visite, l’enfant le fait tamponner, et à la 3ème  il reçoit un cadeau.



Destiné aux enfants de 3 à 5 ans, cet atelier dure 1h30.
Dans un premier temps, les enfants sont installés dans une salle aménagée, assis sur des coussins, où l’animatrice diffuse quelques images. Ils sont ainsi brièvement initiés à la géographie de l’Afrique centrale, et découvrent la carte du Congo où se situe notre « intrigue ».
Ils découvrent ensuite quelques objets « magiques », les minkisi , en particulier des statuettes Kongo, qui abritent un réceptacle destiné à accueillir un mélange d’herbes magiques et d’objets, l’œuvre du Nganga, le sorcier ou devin du village. On parle des ancêtres, des esprits, des rites et croyances. Par exemple, le minsiki sert à protéger le village.
On regarde aussi un de ces sachets magiques qui révèle son contenu une fois ouvert : coquillages, herbes, perles, grelots,…  On écoute aussi des chants traditionnels.
On prend le temps d’observer, de décrire les formes et les matières, on pose des questions. Ensuite, l’animatrice leur fait faire la connaissance de Babou, une petite poupée africaine qui porte un sachet magique, que les enfants vont pouvoir tenir à tour de rôle.
Les enfants vont ensuite dans le musée pour observer les collections africaines, et les statuettes Kongo qu’ils viennent de voir à l’écran. Après cette visite, les enfants reviennent dans la salle, où leur est distribué le matériel nécessaire à la confection d’un sachet magique : on leur donne un morceau de tissu qu’ils peuvent décorer comme ils le souhaitent, ils vont aussi récolter dans des paniers de quoi le garnir : coquillages, plumes, grelots, paillettes, fibres, etc. Et avant de refermer le tout, ils font un vœu !

Comme pour chaque activité, le musée met à disposition sur son site un dossier pédagogique.

L’objectif de l’atelier est donc pleinement atteint : les enfants ont bien compris la notion d’objet magique dans la culture Kongo, mais abordent aussi des notions abstraites et complexes dans une culture non connue. Lors de l’atelier, ils travaillent la motricité fine en manipulant de petits éléments.









Les + : Un atelier d’excellente qualité, très bien pensé et réalisé ! Nous tenterons les autres ateliers. La variété de l’offre à l’intention des enfants.


Les - : /

37 Quai Branly
75007 Paris

samedi 20 juin 2015

Pourquoi emmener les enfants au musée ?



Il n’y a pas vraiment d’âge pour emmener les enfants au musée, mais plus tôt un enfant prend l’habitude de se rendre au musée et plus tôt il est possible de le sensibiliser à l’art et au patrimoine.

 « Ces visites affineront la sensibilité de l'enfant ; elles fourniront des exemples concrets qui préserveront l'enseignement scolaire de l'abstraction, pour le maintenir en contact étroit avec la réalité. »
Conférence « le rôle du musée dans l’éducation », UNESCO (1947)[1]

Il ne s’agit donc pas tant de proposer une culture de l’art trop théorique et magistrale aux enfants, mais de les inviter à découvrir, observer, (s’) interroger, et surtout à ressentir les œuvres. Les œuvres représentent un support privilégié pour la discussion et le dialogue à propos d’un nombre illimité de sujets.

Les musées sont donc des lieux d’apprentissage à part entière : l’une des fonctions du musée revient à communiquer son savoir. Toute la difficulté réside dans la pratique et les choix pédagogiques, qui doivent toujours s’adapter au public.

Bien conscients de ces enjeux, nombre de musées ont à cet effet développé une offre éducative et pédagogique stimulante, proposant des ateliers à l’intention des enfants, alliant arts plastiques, contes ou autre activité et observation des œuvres exposées. D’autres privilégient le parcours, le jeu de piste, la chasse au trésor, ou démarche interactive, tout en amusant. L’accompagnement numérique se fait aussi plus présent.

Et quels sont les bénéfices de ces apprentissages ? Bien que peu d’études s’attachent à les cibler, on peut énumérer : le plaisir ou déplaisir éprouvé lors de la visite, la découverte de soi comme visiteur (cela s’apprend !) et les découvertes dans le musée.

Il apparaît que « les visites au musée permettent de grandir et d'évoluer dans leur vie personnelle [...] Elles sont des occasions de ressourcement, d'ouverture à soi, aux autres et à l'environnement. Elles leur permettent d'acquérir ou de remettre à jour des savoirs; elles provoquent chez eux des prises de conscience, soulèvent des questions, suscitent des remises en question, ravivent leur créativité. »[2]

Sans aucun doute, cette rencontre avec l’art nous rend-t-elle plus conscients de notre propre responsabilité face à la préservation du patrimoine culturel. Ni nationalisme, ni passéisme mais conscience de la richesse inouïe de l’humanité.




[1] http://unesdoc.unesco.org/images/0015/001556/155669fb.pdf
[2] Lefebvre & Lefebvre, 1993 in http://www.memoireonline.com/05/11/4536/m_La-motivation-et-lapprentissage-dans-les-musees7.html

mercredi 23 avril 2014

Chagall : des livres pour enfants


Panique au musée ! Les animaux des tableaux de Chagall ont disparu. Plus de poisson bleu, plus de poney vert, plus de cheval ailé ! Sur le chemin de l'école, Lorita rencontre le poisson bleu... qui flotte dans le ciel ! Les animaux se sont envolés comme des ballons multicolores... Hélas ! Impossible de les attraper : ils sont trop heureux de découvrir le monde ! Le gardien du musée, monsieur Paul, est très inquiet. Il mène alors l'enquête pour les retrouver... Embarque-toi pour cette aventure amusante autour de l'univers poétique des oeuvres de Chagall, avec ses animaux mystérieux et étranges, toujours féeriques ! Un voyage dans l'imaginaire du peintre, une histoire avec une intrigue : où sont passés les animaux ? Et surtout, comment les faire revenir ?
Le poisson bleu de monsieur Chagall a disparu, de Valérie Lévêque et Hervé Gourdet, Ed. RMN, 2010.




L'Art et la manière est l'une des toutes premières collections de monographies destinée à la jeunesse. Chaque ouvrage aborde la vie et l'œuvre d'un peintre de manière claire et ludique, en allant toujours à l'essentiel, et propose aux jeunes lecteurs, dès l'âge de huit ans, une approche sensible et concrète de l'art. Artiste inclassable, magicien des couleurs, Marc Chagall a créé une œuvre dont la force poétique a enchanté tout le XXe siècle. Mêlant sa nostalgie pour sa terre natale, en Russie, et son attachement à Paris, sa ville d'adoption, les tableaux de Chagall ont créé un univers surnaturel où le rêve et la réalité se confondent : amoureux et violonistes s'envolent dans les airs, hommes et animaux se parlent, tandis que des êtres fabuleux deviennent acrobates de cirque. S'il semble parfois. proche du cubisme ou du surréalisme, Chagall était d'abord ce " poète aux ailes de peintre " décrit par l'écrivain Henry Miller : un artiste qui n'a voulu rien d'autre que célébrer la vie, la joie et la beauté.
Chagall : Le poète aux ailes de peintre, de Brigitta Hopler, Ed. Palette, 2006.



Peut-être vous demanderez-vous pourquoi j'ai peint des chèvres et des poissons volants, des violonistes au visage vert perchés sur les toits, des maisons qui flottent dans le ciel, à l'envers, des amoureux qui volent au-dessus de la ville...
J'ai peint mon monde, ma vie, ce que j'ai vu et ce dont j'ai rêvé, lorsque, encore, je m'appelais Moshe Segal. Qui sait, là-haut, les étoiles pouvaient peut-être déjà voir toute ma vie dessinée sur terre comme un grand tableau de Marc Chagall...
Un récit librement inspiré de Ma vie de Marc Chagall, pour partir à la rencontre d'un petit garçon plein de rêves devenu l'un des plus grands artistes du XXe siècle.
Comment je suis devenu Marc Chagall, de Bimba Landmann, Ed. Grasset & Fasquelle, 2006.



Jouer... avec Chagall Regarder... un autoportrait aux sept doigts Découvrir... des tableaux sens dessus dessous Rencontrer... une vache violoniste Inventer... des histoires Imaginer... une grenouille aussi grosse qu'un boeuf.
Salut l'artiste !
Des yeux pour regarder et des jeux pour s'amuser
Les Toiles de Chagall, de Sylvie Girardet, Claire Merleau-Ponty et Nestor Salas, Ed. Réunion des Musées Nationaux Jeunesse, 2003.

mardi 22 avril 2014

Les monuments de Paris (cartes de nomenclature)

Mon fils est passionné par Paris... Aussi, j'ai commencé à créer des cartes de nomenclature - je trouve cela plus facile pour se concentrer sur un monument à la fois. Grand succès. Par la suite, je compte bien lui en proposer d'autres. J'ai également quelques livres sur le sujet, dont je vous ferai part prochainement. 

En parallèle, j'ai également imprimé une carte de Paris, que j'ai montrée aux enfants, en leur demandant s'ils savaient ce que cela représentait. On a aussi essayé de situer et de nommer la Seine, et de reconnaître les silhouettes des monuments, sur lesquels se trouvait un petit point de couleur. Au dos de chaque carte se trouvait le point de la couleur correspondante, afin que les enfants puissent s'auto-corriger.








mercredi 16 avril 2014

Mozart, pour les enfants



Depuis quelques semaines, Mozart est très présent à la maison ; disons que c'est notre musicien du moment. Nous l'écoutons régulièrement à la maison, et l'occasion nous a été donnée d'assister à un concert en famille à la salle Pleyel - une expérience drôle et enrichissante, autour d'"Une petite musique de nuit": "Si l'orchestre m'était conté", avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France

« On croit bien connaître la Petite musique de nuit de Mozart pour l’avoir cent fois entendue. Elle réserve pourtant bien des surprises, que vont nous révéler ici l’Orchestre Philharmonique de Radio France et son violon solo Amaury Coeytaux. » (description Salle Pleyel).
Le concert sera rediffusé le mercredi 7 mai à 14h sur France musique, et durant l'été sur France Culture.


Nous avons poursuivi avec La leçon de musique de Jean-François Zygel consacrée à Mozart. Un DVD (+ 1 CD) très pédagogique et souvent drôle !


Nous avons aussi trouvé du matériel pédagogique sur Internet... Fiches et cartes de nomenclature (qui incluent alors de nombreux musiciens, ou encore les instruments).

Il est assez facile de créer des cartes ou des fiches. Quelques exemples inspirants: 
- créer des fiches avec des images se rapportant à des aspects de Mozart ou de sa vie,
- ou encore, créer des fiches avec des illustrations des opéras de Mozart, etc.

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Mozart raconté aux enfants, avec la voix de Gérard Philipe peut se révéler être un bon support, qui aborde la vie du musicien, accompagnée de son œuvre. Cette collection (label Accord) est riche de nombreux musiciens à faire découvrir aux enfants, mais aussi La Flûte enchantée racontée aux enfants, avec la voix de Claude Rich.


Chez Gallimard Jeunesse, Mozart: "Les premiers pas d'un génie absolu : à quatre ans, Wolfgang Amadeus Mozart composait déjà de la musique, à six ans il faisait un concert devant l'empereur d'Autriche en jouant avec les yeux bandés, à dix ans il écrivait sa première symphonie, à douze ans, son premier opéra…" A partir de 6 ans.


J'ai également trouvé en médiathèque deux versions de La Flûte enchantée pour enfants: l'une expliquant l'opéra, l'autre comportant livre et CD, tous deux chez Didier Jeunesse. 

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Dès 9 ans, ce très bel album (livre + 2CD), simplement intitulé Mozart, de Béatrice Fontanel, illustré par Victoria Fomina : "27 janvier 1756… Dans une féerie silencieuse, une mousseline de neige tombe sur les clochers à bulbes de la cité de Salzbourg, en Autriche. Vers huit heures du soir, alors que la nuit est tombée, un enfant naît au foyer de Léopold Mozart. La ville et le monde ignorent encore que ce frêle bébé, prénommé Wolfgang, deviendra l'un des plus grands musiciens de tous les temps."
Chez Gallimard Jeunesse Musique. A noter que ces éditions proposent d'autres ouvrages autour de Mozart.

vendredi 19 avril 2013

Les beaux livres de Kazuo Iwamura



Kazuo Iwamura est né à Tokyo en 1939. Il a tout d'abord travaillé comme illustrateur pour les émissions enfantines de la NHK, la télévision japonaise. Après une courte expérience de «designer» dans une entreprise de cosmétiques, il a préféré devenir auteur-illustrateur de livres pour enfants. En France, il est surtout connu pour la merveilleuse série «La famille Souris»: Une nouvelle maison pour la famille Souris, Le train des souris, La famille Souris et le potiron, La famille Souris et la mare aux libellules.
Kazuo Iwamura vit avec sa famille à Mashiko, à une centaine de kilomètres au nord de Tokyo. C'est là, au milieu des bois, qu'il trouve l'inspiration, le décor et les personnages de ses albums.





mardi 12 mars 2013

Comment sensibiliser les enfants à l'art ?



Françoise Barbe-Gall, enseignante à l'École du Louvre vous donne des conseils pour intéresser vos enfants à l'art sans risquer d'obtenir l'inverse du but recherché...

A partir de quel âge et de quelle manière peut-on sensibiliser les enfants à l'art ?

Dès la petite enfance. D'ailleurs, à la maternelle, les enseignants se servent beaucoup d'images d'art. Les regarder, les manipuler, les copier : tout ceci ouvre des pistes de réflexion aux enfants. Ils comprennent souvent très bien la logique des images et en gardent une bonne mémoire, c'est très surprenant. En fait, ce qui compte c'est qu'ils se familiarisent avec les oeuvres. Il ne faut surtout pas leur présenter l'art sous la forme d'un cours théorique ou de manière trop révérencieuse. Les enfants ont besoin de toucher, de s'approprier les images. Je conseille donc aux parents de mettre à disposition de leurs bambins des livres d'art ou des cartes qui ne soient pas trop précieux afin qu'ils puissent les feuilleter comme ils le souhaitent. Pas question de leur confier un ouvrage coûteux en divulguant mille précautions ("ne pose pas tes doigts sur les images", "attention à ne pas corner les pages", etc.), qui entraveraient la spontanéité de cette découverte. Les parents peuvent aussi dans la vie de tous les jours faire remarquer des gammes de couleurs, les perspectives dans une photo, les formes dans le relief d'un paysage...

Le meilleur moyen de les familiariser avec l'art ne serait-il pas de les laisser pratiquer eux-mêmes ?

Évidemment, la plupart des enfants ont envie de mettre les mains dans la peinture, de découper et de coller. Et il ne faut pas les en empêcher ! C'est important qu'ils apprennent à s'exprimer par l'art plastique. Mais cela ne se substitue pas à un éveil artistique. Savoir faire ne signifie pas savoir sentir. D'ailleurs, nombre de gens sensibles à l'art ne pratiquent pas eux-mêmes. C'est pour cette raison que les livrets, les sites Internet et les DVD spécialisés ou encore les ateliers pour enfant proposés par les musées qui utilisent des oeuvres comme de simples illustrations, des points de départ d'un jeu ou d'un dessin, ne sont, la plupart du temps, pas adaptés. Ils peuvent compléter l'éveil mais sûrement pas le remplacer. Ils servent plutôt à apprendre des techniques qu'à comprendre et/ou apprécier le contenu des oeuvres. En revanche, ils ont l'avantage d'aider les enfants, surtout les plus petits, à se familiariser avec des objets et des lieux, qui pourraient, sans cette approche ludique, leur paraître rébarbatifs. Sans compter qu'ils laissent aux parents le loisir de parcourir les musées sans être "encombrés"...

Je crois qu'il faut tout simplement savoir regarder avec eux et ce, dès l'âge de 7 ans. La tranche de 10 à 12 ans étant la période magique, idéale car les enfants sont très curieux et encore dans une démarche d'imitation de leurs parents. Concrètement, on se plante devant l'oeuvre et on en discute en toute bonne foi, on donne son avis, on pose des questions : "Qu'en penses-tu ? Qu'est ce que tu vois ? Qu'est ce que tu comprends ?" Il faut alors savoir écouter les réponses de l'enfant souvent très perspicaces et parler avec sa propre sensibilité, en toute franchise. Peu importe par où il entre dans l'oeuvre (la couleur, le titre, un détail de l'image), il n'y a pas de recette. Chacun trouve son accès et construit son propre cheminement. Passé ce stade de la "première émotion", les parents peuvent avec l'enfant chercher des explications sur l'oeuvre : l'artiste, l'époque, le courant, le sens, etc. La clé pour réussir à les intéresser, c'est d'accepter de s'éveiller avec eux, de les accompagner... Le livre que j'ai écrit est destiné aux parents et sert parfois aussi à combler les lacunes qu'ils n'osent pas dévoiler... C'est donc aussi le moment pour ceux qui n'ont jamais eu le déclic de s'offrir une seconde chance. Je dis souvent qu'il suffit alors d'avoir quelques pages d'avance sur les enfants pour faire un très bon guide.

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre tout au long de cet éveil ?

D'un point de vue pratique, les parents ont intérêt à ne pas présenter le musée ou l'édifice à visiter comme la solution de replis en cas de pluie pendant les vacances ou l'activité obligée du mercredi avant les dessins animés... Je leur conseille aussi de réserver les places à l'avance pour éviter la file d'attente d'une heure à l'entrée, de savoir écourter la balade si l'attention baisse ou la fatigue se fait sentir. Ensuite, il ne faut pas se formaliser si l'enfant ne trouve rien d'exceptionnel à un chef-d'oeuvre. Passez à une autre salle, la rencontre avec un tableau se déroule comme la rencontre avec une personne : ce n'est peut-être pas aujourd'hui le bon moment. Évitez aussi de discourir de manière trop théorique devant un tableau, de sacraliser une oeuvre ou un artiste ou encore de ponctuer la visite de jugements arrêtés du style "voilà, ça c'est vraiment beau" qui risqueraient de donner à l'enfant l'impression qu'il n'est pas digne d'accéder à cette discipline car il manque de culture et de connaissances ou ne possède pas le même avis que vous. Expliquez plutôt pourquoi vous appréciez tel ou tel objet et écoutez les réactions de votre enfant, valorisez son point de vue, donnez lui confiance dans son jugement... En somme, les parents doivent amener les enfants vers l'art sans les y contraindre. Et si les petits ne montrent pas d'intérêt malgré tous ces efforts de votre part, n'insistez pas, apprécier l'art n'est pas une fin en soit et rien n'est jamais définitif. Peut-être s'y mettront-ils avec leurs propres enfants...

Comment parler d'art aux enfants ? Françoise Barbe-Gall. Édition Adam Biro

lundi 11 mars 2013

La musique au coeur du développement de l'enfant



12 novembre 2005 | Chantal Gosselin  - Le Devoir

Quoi de plus naturel que de fredonner une berceuse à un enfant pour l'apaiser. Un geste simple qui traverse le temps et les cultures. La musique communique à l'enfant l'amour que ses parents lui portent et canalise les émotions intenses de colère ou de joie. Et si elle était plus qu'une simple forme artistique, mais un réel outil permettant à l'enfant de se développer sur le plan moteur, cognitif et émotionnel? La musique en tant qu'instrument d'éducation et de thérapie.

Pour la musicothérapeute Guylaine Vaillancourt, qui vient de publier aux Éditions de l'hôpital Sainte-Justine le livre Musique, musicothérapie et développement de l'enfant, il n'y a pas de doute, la musique est un merveilleux prétexte pour apprendre. Par exemple, illustre la musicothérapeute, un enfant qui apprend à marcher, ou qui commence à produire des sons, fait ses apprentissages en intégrant des rythmes dans l'alternance de ses pas ou dans ses gazouillis.

Au coeur du développement de l'enfant, il y a tout d'abord la voix humaine. Celle de la mère qu'il connaît déjà bien avant sa naissance, ayant été bercé au son de sa voix et au rythme de ses battements cardiaques. Pour un très jeune enfant qui se fait chanter une berceuse, ce qu'il ressent, «c'est l'amour qui est transmis à travers le chant... même si le parent fausse», souligne Guylaine Vaillancourt.

Ouvrir des portes

En dehors du milieu familial, dès l'âge de trois ans, les tout-petits peuvent débuter en groupe des cours d'exploration musicale où la découverte sonore et le mouvement sont en vedette. L'éveil musical, quant à lui, s'adresse à des enfants de quatre ou cinq ans. Des méthodes comme Orff ou Kodály, qui sont bien adaptées au développement de l'enfant, sont utilisées. Les petits apprennent à jouer du xylophone et des instruments de percussion — tambour, tambourin, triangle — tout en s'accompagnant par le chant. Dans ce contexte de groupe, la musique devient un élément de socialisation; l'enfant doit écouter l'autre et chacun doit prendre sa place dans cette minisociété. En tant que parent, précise Guylaine Vaillancourt, il faut garder l'esprit ouvert et laisser l'enfant être créatif. C'est-à-dire qu'il ne faut pas s'offusquer si un enfant tente de reproduire des sons sur le contour d'un xylophone ou invente des chansons sur ce qu'il vit.

Apprendre la musique, poursuit-elle, «c'est comme une gymnastique du cerveau. Les deux hémisphères travaillent vraiment ensemble pour se coordonner». Par exemple, un enfant qui apprend à jouer d'un xylophone doit coordonner le mouvement de sa main avec son oreille pour reproduire un rythme. Il développe aussi la coordination psychomotrice, la latéralisation gauche-droite, car il doit jouer avec ses deux mains. La mémoire aussi est mise à contribution lorsqu'une pièce de musique est apprise, puisque les mouvements sont répétés, un trajet se déploie dans le cerveau et s'y encode.

De plus, par la musique, «on développe une partie du cerveau qui dort, souligne Guylaine Vaillancourt. Quand on donne l'occasion à un enfant de s'exprimer par la créativité, le mouvement, les arts, il développe la faculté de créer et il la gardera toute sa vie. Il peut travailler dans un bureau plus tard, mais il aura déjà pratiqué cette faculté d'ouvrir toutes les petites portes que l'on a dans le cerveau et que l'on ne visite pas souvent».

La musique en guise de thérapie

Pour profiter pleinement des bienfaits que procure la musique, il faut toutefois, précise la musicothérapeute, éviter de tomber dans le piège de la performance. C'est que, explique-t-elle, elle exerce une pression inutile sur l'enfant. «Pour que les enfants puissent se développer à leur rythme, exprimer ce qu'ils sont vraiment, on veut que la musique [soit le reflet] de leur propre identité. En fait, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon en musique. L'enfant doit développer ses propres aptitudes, ses façons de s'exprimer.»

L'équation est d'autant plus vraie pour les enfants qui éprouvent des difficultés, que ce soit d'apprentissage ou émotives, et qui sont souvent soumis à des échecs, explique Guylaine Vaillancourt. «Dans un contexte de créativité, cela peut être la musique, le mouvement, les arts, chacun s'exprime avec sa propre couleur, son propre son. Il n'y a pas de barème comme "il faut que cela sonne de telle façon". Les arts peuvent remettre en vie des enfants, les stimuler, les motiver et leur permettre de vivre des moments de réussite et d'être ce qu'ils sont. Pour plusieurs, la musique représente une soupape, c'est leur façon de survivre parce qu'ils sont dans des milieux difficiles.» Les enfants en difficulté peuvent d'ailleurs bénéficier de l'accompagnement d'un musicothérapeute, professionnel formé et accrédité par l'Association canadienne de musicothérapie et portant le titre de MTA. Par des objectifs thérapeutiques, cet intervenant utilisera la musique pour améliorer le bien-être physique et psychique des enfants, en plus de mettre à contribution leur créativité et sensibilité.

«Tous les enfants peuvent être initiés à la musique en tant que matière d'éducation, et tous devraient y être initiés par des activités rythmiques et apprendre à la lire, insiste Guylaine Vaillancourt. C'est un plus. Une école sans musique, cela devient une école stérile; une école sans arts, c'est une école triste. Avec la musique, on fait appel à une faculté qui est préservée, qui vit dans chaque enfant. Même si un enfant est malade, même s'il ne se sent pas aimé, il peut se sentir bien avec la musique, se sentir beau.»

lundi 4 mars 2013

L'institut de géopoétique


Une belle initiative à découvrir: l'Institut de géopoétique, dont voici le texte inaugural: 


Ce qui marque cette fin du XXe siècle, au-delà de tous les bavardages et de tous les discours secondaires, c’est le retour du fondamental, c’est-à-dire du poétique. Toute création de l’esprit est, fondamentalement, poétique.

Il s’agit de savoir maintenant où se trouve la poétique la plus nécessaire, la plus fertile, et de l’appliquer.

Si, vers 1978, j’ai commencé à parler de «géopoétique», c’est, d’une part, parce que la terre (la biosphère) était, de toute évidence, de plus en plus menacée, et qu’il fallait s’en préoccuper d’une manière à la fois profonde et efficace, d’autre part, parce qu’il m’était toujours apparu que la poétique la plus riche venait d’un contact avec la terre, d’une plongée dans l’espace biosphérique, d’une tentative pour lire les lignes du monde.

Depuis, le mot a été repris, ici et là, dans des contextes divers. Le moment est venu de concentrer ces courants d’énergie dans un champ unitaire.

C’est pour cela que nous avons fondé l’Institut de géopoétique.

Avec le projet géopoétique, il ne s’agit ni d’une «variété» culturelle de plus, ni d’une école littéraire, ni de la poésie considérée comme un art intime. Il s’agit d’un mouvement majeur qui concerne les fondements mêmes de l’existence de l’homme sur la terre.

Dans le champ géopoétique fondamental, se rencontrent des penseurs et des poètes de tous les temps et de tous les pays. Pour ne citer que quelques exemples, on peut penser, en Occident, à Héraclite («l’homme est séparé de ce qui lui est le plus proche»), à Hölderlin («poétiquement vit l’homme sur la terre»), à Heidegger («topologie de l’être»), à Wallace Stevens («les grands poèmes du ciel et de l’enfer ont été écrits, reste à créer le poème de la terre»). En Orient, il faudrait penser au taoïste Tchouang-Tseu, et à l’homme du vieil étang, Matsuo Bashô, sans oublier la belle méditation du monde que l’on trouve dans le Hwa Yen Sutra.

Mais la géopoétique ne concerne pas que poètes et penseurs. Henry Thoreau était autant ornithologue et météorologue («inspecteur des tempêtes») que poète, ou plutôt, il incluait les sciences dans sa poétique. Les liens de la géopoétique avec la géographie sont évidents, mais ils existent aussi avec la biologie, et avec l’écologie (y compris l’écologie de l’esprit) bien approfondie et bien développée. En fait, la géopoétique offre un terrain de rencontre et de stimulation réciproque, non seulement, et c’est de plus en plus nécessaire, entre poésie, pensée et science, mais entre les disciplines les plus diverses, dès qu’elles sont prêtes à sortir de cadres souvent trop restreints et à entrer dans un espace global (cosmologique, cosmopoétique) en se posant la question fondamentale : qu’en est-il de la vie sur terre, qu’en est-il du monde?

Tout un réseau peut se tisser, un réseau d’énergies, de désirs, de compétences, d’intelligences.

Pour l’Institut de géopoétique
Le 26 avril 1989
Kenneth White
 

jeudi 28 février 2013

Activités artistiques Montessori (livre)


Illustré et pratique, ce guide vous invite à appliquer les principes pédagogiques de Maria Montessori à la maison. Il propose 42 projets créatifs s'inspirant de 24 oeuvres d'artistes majeurs de l'histoire de l'art, comme Le Caravage, Dürer, Matisse ou Cézanne. Ce livre permet à l'enfant de découvrir une oeuvre d'art, mais aussi d'explorer le thème artistique concerné. Ludique, il l'accompagne pas à pas dans la réalisation de collages, de peintures ou de dessins en lien avec l'oeuvre modèle.
Diplômée en pédagogie Montessori, Maja Pitamic enseigne depuis plus de quinze ans à des enfants d'âges et de milieux divers. Aussi diplômée en histoire de l'art, elle a notamment accompagné le développement d'enfants aux besoins éducatifs spécifiques, par le biais de la danse, de la gymnastique, du mouvement et des jeux.

Maja Pitamic, Activités artistiques d'après la pédagogie Montessori: Pour encourager l'éveil artistique de votre enfant de 5 à 12 ans. 2011, Ed. Eyrolles.

vendredi 22 février 2013

La musique peut rendre plus intelligent (vidéo)



Ces dernières années ont vu des chercheurs s'intéresser à l'effet de la musique sur le cerveau, et cela a permis des avancées importantes sur la façon dont le cerveau fonctionne. Et on a pu démontrer que la musique a un effet bénéfique sur le cerveau.

mercredi 20 février 2013

Lucile, 10 ans, autiste et artiste



Un article de Fabien Bonnieux pour La Provence

À 10 ans, elle réalise près de 200 dessins par jour. Ils vont être exposés d'ici au printemps à Nantes, Nice, Marseille et Avignon

Elle est assise sur le tapis, entourée de ses dessins par dizaines, tous réalisés au Bic noir. Il faut dire que la pré-ado produit massivement : de 50 à 200 dessins par jour ! Ahurissant, qui plus est quand on pense qu'Edward Hopper réalisa moins de 100 toiles pendant toute sa vie...
Lucile a 10 ans. Voilà six ans, les médecins ont posé officiellement le diagnostic : elle est autiste. "Le dessin, c'est sa façon de communiquer avec elle-même, d'analyser ce que lui renvoie ce monde qu'elle ne comprend pas bien" explique Eugénie, sa maman.

"Sept expositions de prévues"
À l'automne dernier, le théâtre Golovine ouvre grand ses portes à la jeune Avignonnaise, qui expose alors ses oeuvres sous l'intitulé "La tribu de Lulu". Le public découvre son univers visuel, attachant beaucoup, sombre un peu. La presse suit. Et le "buzz" dépasse au fil des semaines les seuls remparts de la cité des papes. À telle enseigne que Lucile crée autour de son travail un vrai consensus.
"D'ici le printemps, grâce au théâtre Golovine, qui lui a donné sa chance en premier, Lucile a sept expositions de prévues, à Nantes, Nice, Marseille, et bien sûr, à Avignon. Parfois dans le cadre des journées sur l'autisme, parfois non", note sa mère, Eugénie, qui poste un dessin chaque jour sur Facebook. Quant au dessinateur Claude Ponti, il a accordé à cette surdouée du trait une pièce entière dans son musée virtuel (sur Internet), le Muz.

Jamais de couleur dans ses dessins
L'expérience est à la fois un soulagement et une fierté pour sa maman. Car au jour d'aujourd'hui, Lucile est déscolarisée. "La dernière fois qu'elle a fait un essai dans une école, elle est revenue en me demandant ce que voulait dire "débile". Actuellement, l'artiste en herbe est suivie dans un service psychiatrique à l'hôpital de Montfavet et passe ses mercredis parmi les enfants dit ordinaires, au centre aéré de Rochefort-du-Gard.

Entre les deux ? Elle dessine. Beaucoup. "Jamais avec des couleurs, c'est comme ça depuis 8 ans." Le figuratif reste son dessin animé. "Mais depuis quelques jours, elle commence aussi à dessiner des maisons. Elle vient d'intégrer l'atelier Marie Laurencin du CHS de Montfavet" (lieu de création pour les patients permettant de dire autrement par la peinture et la sculpture ndlr). "Lucile in the sky with diamond ?" Oui mais définitivement noirs, le ciel et les diamants.