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dimanche 21 juin 2015

Le Musée du Quai Branly, l’atelier Objet Magique


Ouvert en 2006 à l’initiative de Jacques Chirac et réalisé par Jean Nouvel, le musée du Quai Branly possède une collection de plus d’un million de pièces provenant des civilisations non européennes du monde entier, nichée au cœur d’un écrin de verdure.

Véritable invitation au voyage, nous pouvons découvrir dans ce musée des objets tels que des masques, statues, instruments de musique, textiles ou encore bijoux qui suscitent souvent des réactions variées : certains objets sont drôles, d’autres effrayants, ou étranges…  

Les enfants sont particulièrement bien accueillis au Musée du Quai Branly. Dès 3 ans, celui-ci propose de nombreux ateliers et activités d’excellente qualité, tout au long de l’année : visites guidées en famille, visites contées en famille (une pour chaque culture), ateliers en famille (la pluie, au cœur des masques, mission archéo, destination musique, etc.), et enfin, un atelier pour les enfants sans les parents (A l’aventure !).

Ainsi, les ateliers représentent un excellent support pour initier un véritable dialogue sur les cultures. Ils permettent aux enfants de découvrir l’usage de certaines œuvres, parfois tout à fait inattendu ou curieux, mais aussi les traditions, croyances et pratiques artistiques de peuples non européens.

Enfin, en plus de nombreux supports pédagogiques disponibles, le musée offre aux enfants un passeport d’aventurier : à chaque visite, l’enfant le fait tamponner, et à la 3ème  il reçoit un cadeau.



Destiné aux enfants de 3 à 5 ans, cet atelier dure 1h30.
Dans un premier temps, les enfants sont installés dans une salle aménagée, assis sur des coussins, où l’animatrice diffuse quelques images. Ils sont ainsi brièvement initiés à la géographie de l’Afrique centrale, et découvrent la carte du Congo où se situe notre « intrigue ».
Ils découvrent ensuite quelques objets « magiques », les minkisi , en particulier des statuettes Kongo, qui abritent un réceptacle destiné à accueillir un mélange d’herbes magiques et d’objets, l’œuvre du Nganga, le sorcier ou devin du village. On parle des ancêtres, des esprits, des rites et croyances. Par exemple, le minsiki sert à protéger le village.
On regarde aussi un de ces sachets magiques qui révèle son contenu une fois ouvert : coquillages, herbes, perles, grelots,…  On écoute aussi des chants traditionnels.
On prend le temps d’observer, de décrire les formes et les matières, on pose des questions. Ensuite, l’animatrice leur fait faire la connaissance de Babou, une petite poupée africaine qui porte un sachet magique, que les enfants vont pouvoir tenir à tour de rôle.
Les enfants vont ensuite dans le musée pour observer les collections africaines, et les statuettes Kongo qu’ils viennent de voir à l’écran. Après cette visite, les enfants reviennent dans la salle, où leur est distribué le matériel nécessaire à la confection d’un sachet magique : on leur donne un morceau de tissu qu’ils peuvent décorer comme ils le souhaitent, ils vont aussi récolter dans des paniers de quoi le garnir : coquillages, plumes, grelots, paillettes, fibres, etc. Et avant de refermer le tout, ils font un vœu !

Comme pour chaque activité, le musée met à disposition sur son site un dossier pédagogique.

L’objectif de l’atelier est donc pleinement atteint : les enfants ont bien compris la notion d’objet magique dans la culture Kongo, mais abordent aussi des notions abstraites et complexes dans une culture non connue. Lors de l’atelier, ils travaillent la motricité fine en manipulant de petits éléments.









Les + : Un atelier d’excellente qualité, très bien pensé et réalisé ! Nous tenterons les autres ateliers. La variété de l’offre à l’intention des enfants.


Les - : /

37 Quai Branly
75007 Paris

samedi 20 juin 2015

Pourquoi emmener les enfants au musée ?



Il n’y a pas vraiment d’âge pour emmener les enfants au musée, mais plus tôt un enfant prend l’habitude de se rendre au musée et plus tôt il est possible de le sensibiliser à l’art et au patrimoine.

 « Ces visites affineront la sensibilité de l'enfant ; elles fourniront des exemples concrets qui préserveront l'enseignement scolaire de l'abstraction, pour le maintenir en contact étroit avec la réalité. »
Conférence « le rôle du musée dans l’éducation », UNESCO (1947)[1]

Il ne s’agit donc pas tant de proposer une culture de l’art trop théorique et magistrale aux enfants, mais de les inviter à découvrir, observer, (s’) interroger, et surtout à ressentir les œuvres. Les œuvres représentent un support privilégié pour la discussion et le dialogue à propos d’un nombre illimité de sujets.

Les musées sont donc des lieux d’apprentissage à part entière : l’une des fonctions du musée revient à communiquer son savoir. Toute la difficulté réside dans la pratique et les choix pédagogiques, qui doivent toujours s’adapter au public.

Bien conscients de ces enjeux, nombre de musées ont à cet effet développé une offre éducative et pédagogique stimulante, proposant des ateliers à l’intention des enfants, alliant arts plastiques, contes ou autre activité et observation des œuvres exposées. D’autres privilégient le parcours, le jeu de piste, la chasse au trésor, ou démarche interactive, tout en amusant. L’accompagnement numérique se fait aussi plus présent.

Et quels sont les bénéfices de ces apprentissages ? Bien que peu d’études s’attachent à les cibler, on peut énumérer : le plaisir ou déplaisir éprouvé lors de la visite, la découverte de soi comme visiteur (cela s’apprend !) et les découvertes dans le musée.

Il apparaît que « les visites au musée permettent de grandir et d'évoluer dans leur vie personnelle [...] Elles sont des occasions de ressourcement, d'ouverture à soi, aux autres et à l'environnement. Elles leur permettent d'acquérir ou de remettre à jour des savoirs; elles provoquent chez eux des prises de conscience, soulèvent des questions, suscitent des remises en question, ravivent leur créativité. »[2]

Sans aucun doute, cette rencontre avec l’art nous rend-t-elle plus conscients de notre propre responsabilité face à la préservation du patrimoine culturel. Ni nationalisme, ni passéisme mais conscience de la richesse inouïe de l’humanité.




[1] http://unesdoc.unesco.org/images/0015/001556/155669fb.pdf
[2] Lefebvre & Lefebvre, 1993 in http://www.memoireonline.com/05/11/4536/m_La-motivation-et-lapprentissage-dans-les-musees7.html

lundi 14 octobre 2013

Pitt Ocha et la tisane de couleurs (livre-CD)




Envie de mettre de la couleur, de la chaleur, de la vie chez vous ? De danser, de rêver, de voyager ? Cette musique est parfaite… Troisième opus des aventures de Pitt Ocha,  le petit garçon qui jongle avec les sons du monde (et 14ème des Ogres de Barback !), ce conte musical s’illustre par sa richesse, sa diversité et sa joie !


Description :
Pitt Ocha est de retour dans un troisième volet de ses aventures musicales. Ce petit personnage est né en 2003, à l'initiative des Ogres de Barback [groupe de chanson française, dix-huit ans de carrière au compteur et plus de 600 000 albums vendus]. Chacun des albums conte une histoire, richement illustrée, de Pitt Ocha, accompagnée de chansons. Après avoir découvert son talent de jongleur de bruits et la vie nomade d'un cirque dans le 1er tome, Pitt Ocha était parti en ballade au Rwanda où, à travers son amitié avec la petite Igihozo, il en avait appris plus sur l'histoire de ce pays. Dans ce nouveau conte qui prône l'ouverture aux autres et la tolérance, Pitt redonnera ses couleurs disparues à son pays, grâce à l'aide son copain réunionnais Tizan.
Ce nouvel opus, toujours édité en deux formats distincts [disque-livre et livre-disque], s'articule principalement autour de deux esthétiques musicales : chanson et musique du monde. On y retrouve les fondamentaux qui ont fait le succès des tomes précédents [près de 180 000 exemplaires vendus] : une vingtaine de chansons, un conte musical, de superbes illustrations d'Eric Fleury, et pléthore d'invités de tous âges et de tous horizons [Anne Sylvestre, Manu Chao, Origines Contrôlées, Thomas Fersen, Danyel Waro, Juliette, Emily Loizeau, Polo, Moussu T, Occitania All Stars, Kezaj Tchavé.] qui ont rejoint avec enthousiasme cette aventure collective menée par les Ogres de Barback depuis 10 ans.

Les Ogres de Barback, Pitt Ocha et la tisane de couleurs. 2013. Ed. Irfan. 


dimanche 21 avril 2013

18 lieux où s’endorment les enfants à travers le monde


Une chambre d'enfant représente forcément sa personnalité dans les pays développés. Mais ce n'est pas forcément le cas pour les jeunes des pays défavorisés. Découvrez maintenant 18 photographies qui font réfléchir sur les différences et la chance que les enfants ont chez nous...

Where Children Sleep est une série de photographies présentant des enfants accompagnés d'un cliché de l'endroit où ils passent leurs nuits. Elle a été réalisée par James Mollison qui a voyagé autour du globe pour partager ces images, des Etats-Unis au Mexique, en passant par le Brésil, l'Angleterre, l'Italie, Israël et la Cisjordanie, le Kenya, le Sénégal, le Lesotho, le Népal, la Chine et l'Inde. 

Les différences de logement entre chaque enfant sont frappantes. Comme Kaya à Tokyo, dont la mère peut dépenser jusqu'à 1000 dollars (764 euros) par mois pour les robes de sa fille, Bilal le petit berger bédouin qui dort en pleine air avec le troupeau de chèvres de son père ou encore la jeune fille népalaise Indira, qui travaille dans une carrière de granite depuis qu'elle a trois ans. 

James explique son oeuvre photographique par cette phrase "I hope the book gives a glimpse into the lives some children are living in very diverse situations around the world; a chance to reflect on the inequality that exists, and realise just how lucky most of us in the developed world are". Le photographe souhaite montrer la différence qu'il existe entre les enfants du monde entier, nous donner une occasion de réfléchir sur l'inégalité qui existe et la chance que l'on peut avoir dans les pays développés. 

Indira, 7, Kathmandu, Nepal




vendredi 12 avril 2013

Piano Forest (VF)



Amamiya est un garçon de bonne famille dont le rêve est de devenir un grand pianiste comme son père. Un jour il déménage de Tokyo pour aller vivre quelque temps chez sa grand-mère malade. Là il y rencontre Kaï un jeune adolescent issu d'une famille pauvre et devient son ami. Dans leur classe, pour être respecté il faut aller jouer du piano abandonné dans la forêt et que l'on dit cassé. Kaï (qui se dit propriétaire du piano) se révèle être le seul à pouvoir en jouer et est de surcroit très doué. Cette rencontre marque le début de l'apprentissage du piano entre deux adolescents talentueux : l'un fils de bonne famille, l'autre, enfant des rues mais ayant en commun une passion : le piano.

Film d’animation de Masayuki Kojima, 2007.


mardi 19 mars 2013

Et si nous avions beaucoup à apprendre de l'éducation des enfants dans les sociétés traditionnelles ?



Le biologiste évolutionniste Jared Diamond montre que les enfants dans les sociétés traditionnelles sont plus sociables, curieux, imaginatifs, et selon lui, c'est une question d'éducation.

De la France au Japon en passant par de petites tribus de Nouvelle Guinée, l'éducation des enfants est très différente, voire opposée. Quand dans certaines sociétés, les fessées sont monnaie courante, dans d'autres, elles constituent un motif de divorce. Mais les fessées et autres claques qui se perdent ne sont pas les seules différences d'éducation.
Le professeur de géographie de l'UCLA et célèbre biologiste évolutionniste Jared Diamond oppose ainsi dans son dernier ouvrage The World until yesterday : What can we learn from traditionnal societies ? ("Le monde jusqu'à hier : ce que nous pouvons apprendre des sociétés traditionnelles ?") l'éducation des petits Américains à celle des jeunes de sociétés traditionnelles de Nouvelles Guinée qu'il qualifie parfois de sociétés "à petite échelle".

Et les différences sont légions : les petites sociétés visitées par Jared Diamond ne laissent ainsi pas un bébé pleurer dix minutes "pour lui apprendre le self-control", contrairement aux sociétés occidentales et modernes ; la responsabilité des enfants est par ailleurs partagée par l'ensemble du groupe et pas seulement ses parents, ce qui n'arrive bien évidemment quasiment jamais dans les sociétés occidentales. Les bébés sont par ailleurs quasiment tout le temps tenus, portés, dans les petites sociétés, que ce soit par un des parents, un autre adulte voire même un enfant plus âgé alors qu'ils sont laissés seuls dans leur berceau aux Etats-Unis. Les mères occidentales allaitent leurs bébés bien moins longtemps et ne les laissent pas dormir dans le lit familial, contrairement aux femmes des sociétés de Nouvelle Guinée citées par le chercheur américain. Dès leur plus jeune âge, les enfants des sociétés "à petite échelle" ont par ailleurs une liberté de choix bien plus grande qu'ailleurs.

De telles différences d'éducation donnent bien évidemment des adolescents et des adultes très différents. Et Jared Diamond de citer les observations de plusieurs scientifiques qui montrent que les bébés dans les sociétés traditionnelles pleurent moins que les nourrissons occidentaux mais également qu'ils sont plus sociables, curieux, confiants, créatifs, imaginatifs, géniaux en somme. Les jeunes de ces petites sociétés ne se transforment pas en petits monstres à l'adolescence et savent partager.
Les petites sociétés traditionnelles auraient-elles trouvé l'éducation idéale ? Le doute demeure. Pour commencer, le fait que les personnes des sociétés de "petites échelles" soient plus "autonomes et sociables" ne relèvent que d'observations et d'impressions. Rien n'est finalement prouvé scientifiquement. Par ailleurs, rien n'est tout blanc ni tout noir en ce qui concerne l'éducation, il faut trouver un bon milieu, savoir s'adapter. C'est d'ailleurs peut-être de là que viennent les différences d'éducation entre le monde occidental et les sociétés traditionnelles.

En effet, dans un pays comme les Etats-Unis où les enfants seront très tôt confrontés à un esprit de classement, de compétition, il vaut mieux que les parents les préparent dès le plus jeune âge. L'évolution des mœurs a par ailleurs depuis maintenant plusieurs dizaines d'années entraîner les femmes dans les bureaux, tout du moins en Occident. Les femmes ne sont donc plus obligées de s'occuper de leur enfant toute la journée. Une fois de plus, la culture permet donc d'expliquer en partie les différences d'éducation. 
Plutôt que de pointer du doigt qui a tort ou raison, il semble donc plus intéressant de comprendre que l'éducation des enfants est plus flexible qu'on ne le pense.


Atlantico a interrogé Monique de Kermadec, psychologue clinicienne et psychanalyste spécialiste de l'apprentissage, de la précocité et du succès chez l'enfant. elle est notamment l'auteur du livre Pour que mon enfant réussisse - Le soutenir et l'accompagner.

Atlantico : Dans son dernier livre, le biologiste évolutionniste Jared Diamond oppose éducation occidentale et éducation dans les petites sociétés traditionnelles. Il montre que dans ces sociétés traditionnelles, les enfants sont plus sociables et plus curieux. Qu'en pensez-vous ?
Monique de Kermadec : Dans les sociétés traditionnelles, les enfants sont beaucoup plus en contact avec les adultes que dans les sociétés occidentales. Ils bénéficient donc d'une autre expérience affective dès leur plus jeune âge. Dans ces petites sociétés, le mode d'éducation encourage le développement de l'intelligence sociale et émotionnelle.
Il est difficile de comparer les deux modes d'éducation car nous vivons dans une société qui sépare les parents des enfants. Il serait très compliqué d'amener son enfant au travail ! Pour moi la vraie question qui se pose est la suivante : comment apprendre à vivre dans le monde dans lequel nous vivons ? Nos enfants doivent être préparés à un monde où l'on est moins en contact avec autrui et où l'on doit savoir faire seul. Certes, l'éducation que nous donnons en Occident laisse les enfants seuls. Pour autant cette éducation ne leur apprend pas forcément à gérer les choses seuls.

Que peuvent nous apprendre les sociétés traditionnelles en matière d'éducation ?
Le modèle éducatif proposé par les sociétés traditionnelles - où les enfants sont élevés avec les adultes, dans des groupes d'âges mixtes et où ils ont l'occasion d'apprendre par l'expérience - me paraît une bonne proposition. Mais comment mettre cela en place dans une société où les parents ne voient leur enfant que très peu de temps ? Le système proposé par les sociétés traditionnelles est idéal. Et il correspond d'ailleurs au modèle éducatif que nous avions autrefois dans nos sociétés occidentales : les enfants allaient dans des écoles où les groupes d'âges n'étaient pas séparés, où les enfants étaient constamment en contact avec des adultes, et où ils avaient une liberté qui leur permettait d'apprendre beaucoup plus par l'expérience. Les évolutions de la société industrielle ont énormément fait évoluer les conditions d'éducation.
Aujourd'hui, nous comptons énormément sur la parole et beaucoup moins sur l'expérience pour éduquer nos enfants. Or, si on parle trop, mais qu'on n'a pas l'expérience, je pense qu'un enfant n'est pas prêt à faire face au monde actuel et à ses dangers. Un enfant peut ne pas se brûler parce que l'adulte a l'habitude de lui expliquer qu'il ne faut pas toucher le feu pour se brûler. Mais aujourd'hui on a tendance à éloigner les enfants de la cuisine, donc ils risquent de se brûler dès qu'ils sont près du feu.

Comment expliquer de telles différences d'éducation entre les sociétés ?
Les évolutions de la société ont tout simplement modifié nos méthodes éducatives. Il y a encore 30 ou 40 ans, les enfants pouvaient jouer seuls et en dehors de la maison. Aujourd'hui, les enfants vont de l'école à la maison et ont toujours un adulte à leurs côtés pour les accompagner. Ils ont donc moins l'occasion de tester une certaine liberté et d'apprendre par l'expérience. Notre société a rendu cela quasiment impossible : l'école est loin, il faut prendre un moyen de transport pour s'y rendre. La "grande ville" ne permet pas de suivre le modèle de ces sociétés traditionnelles. Ce n'est pas qu'une question de mentalité, les conditions matérielles de vie ont profondément modifié le système éducatif.

Existe-t-il une éducation idéale ? Si oui, quelle est-elle ?
Je dirais que l'éducation idéale est l'éducation où on laisse une place à la parole entre l'adulte et l'enfant. C'est une éducation dans laquelle on n'apprend pas uniquement à partir de livres, ou uniquement à partir de conseils, mais où on apprend aussi à partir de différentes expériences. C'est une aussi une éducation où l'enfant ne vivrait pas uniquement dans des univers cloisonnés de groupes d'âges et où il pourrait bénéficier de l'expérience des plus vieux et transmettre la sienne aux plus jeunes.

C'est assez éloigné du modèle d'éducation que les sociétés occidentales proposent...
En effet, mais nous pouvons faire en sorte que nos enfants aient des activités qui leur permettent d'être en contact avec des plus grands ou avec des plus jeunes. Il ne tient qu'à nous ne mettre nos enfants dans des contextes plus élargis. Nous vivons dans des cellules familiales très petites, le contact avec les grands-parents ou les grands-oncles ne sont plus aussi fréquents qu'à l'époque où plusieurs générations vivaient sous un même toit. Mais on peut compenser ça, tout simplement en mettant l'enfant en contact avec ses grands-parents ou avec des personnes plus âgées qui vont pouvoir partager leurs souvenirs et leurs expériences. Plus nous vivons dans des grandes villes et plus nous sommes obligés de faire des efforts conscients pour retrouver certaines qualités de l'ancienne façon d'élever les enfants.

mardi 12 mars 2013

Comment sensibiliser les enfants à l'art ?



Françoise Barbe-Gall, enseignante à l'École du Louvre vous donne des conseils pour intéresser vos enfants à l'art sans risquer d'obtenir l'inverse du but recherché...

A partir de quel âge et de quelle manière peut-on sensibiliser les enfants à l'art ?

Dès la petite enfance. D'ailleurs, à la maternelle, les enseignants se servent beaucoup d'images d'art. Les regarder, les manipuler, les copier : tout ceci ouvre des pistes de réflexion aux enfants. Ils comprennent souvent très bien la logique des images et en gardent une bonne mémoire, c'est très surprenant. En fait, ce qui compte c'est qu'ils se familiarisent avec les oeuvres. Il ne faut surtout pas leur présenter l'art sous la forme d'un cours théorique ou de manière trop révérencieuse. Les enfants ont besoin de toucher, de s'approprier les images. Je conseille donc aux parents de mettre à disposition de leurs bambins des livres d'art ou des cartes qui ne soient pas trop précieux afin qu'ils puissent les feuilleter comme ils le souhaitent. Pas question de leur confier un ouvrage coûteux en divulguant mille précautions ("ne pose pas tes doigts sur les images", "attention à ne pas corner les pages", etc.), qui entraveraient la spontanéité de cette découverte. Les parents peuvent aussi dans la vie de tous les jours faire remarquer des gammes de couleurs, les perspectives dans une photo, les formes dans le relief d'un paysage...

Le meilleur moyen de les familiariser avec l'art ne serait-il pas de les laisser pratiquer eux-mêmes ?

Évidemment, la plupart des enfants ont envie de mettre les mains dans la peinture, de découper et de coller. Et il ne faut pas les en empêcher ! C'est important qu'ils apprennent à s'exprimer par l'art plastique. Mais cela ne se substitue pas à un éveil artistique. Savoir faire ne signifie pas savoir sentir. D'ailleurs, nombre de gens sensibles à l'art ne pratiquent pas eux-mêmes. C'est pour cette raison que les livrets, les sites Internet et les DVD spécialisés ou encore les ateliers pour enfant proposés par les musées qui utilisent des oeuvres comme de simples illustrations, des points de départ d'un jeu ou d'un dessin, ne sont, la plupart du temps, pas adaptés. Ils peuvent compléter l'éveil mais sûrement pas le remplacer. Ils servent plutôt à apprendre des techniques qu'à comprendre et/ou apprécier le contenu des oeuvres. En revanche, ils ont l'avantage d'aider les enfants, surtout les plus petits, à se familiariser avec des objets et des lieux, qui pourraient, sans cette approche ludique, leur paraître rébarbatifs. Sans compter qu'ils laissent aux parents le loisir de parcourir les musées sans être "encombrés"...

Je crois qu'il faut tout simplement savoir regarder avec eux et ce, dès l'âge de 7 ans. La tranche de 10 à 12 ans étant la période magique, idéale car les enfants sont très curieux et encore dans une démarche d'imitation de leurs parents. Concrètement, on se plante devant l'oeuvre et on en discute en toute bonne foi, on donne son avis, on pose des questions : "Qu'en penses-tu ? Qu'est ce que tu vois ? Qu'est ce que tu comprends ?" Il faut alors savoir écouter les réponses de l'enfant souvent très perspicaces et parler avec sa propre sensibilité, en toute franchise. Peu importe par où il entre dans l'oeuvre (la couleur, le titre, un détail de l'image), il n'y a pas de recette. Chacun trouve son accès et construit son propre cheminement. Passé ce stade de la "première émotion", les parents peuvent avec l'enfant chercher des explications sur l'oeuvre : l'artiste, l'époque, le courant, le sens, etc. La clé pour réussir à les intéresser, c'est d'accepter de s'éveiller avec eux, de les accompagner... Le livre que j'ai écrit est destiné aux parents et sert parfois aussi à combler les lacunes qu'ils n'osent pas dévoiler... C'est donc aussi le moment pour ceux qui n'ont jamais eu le déclic de s'offrir une seconde chance. Je dis souvent qu'il suffit alors d'avoir quelques pages d'avance sur les enfants pour faire un très bon guide.

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre tout au long de cet éveil ?

D'un point de vue pratique, les parents ont intérêt à ne pas présenter le musée ou l'édifice à visiter comme la solution de replis en cas de pluie pendant les vacances ou l'activité obligée du mercredi avant les dessins animés... Je leur conseille aussi de réserver les places à l'avance pour éviter la file d'attente d'une heure à l'entrée, de savoir écourter la balade si l'attention baisse ou la fatigue se fait sentir. Ensuite, il ne faut pas se formaliser si l'enfant ne trouve rien d'exceptionnel à un chef-d'oeuvre. Passez à une autre salle, la rencontre avec un tableau se déroule comme la rencontre avec une personne : ce n'est peut-être pas aujourd'hui le bon moment. Évitez aussi de discourir de manière trop théorique devant un tableau, de sacraliser une oeuvre ou un artiste ou encore de ponctuer la visite de jugements arrêtés du style "voilà, ça c'est vraiment beau" qui risqueraient de donner à l'enfant l'impression qu'il n'est pas digne d'accéder à cette discipline car il manque de culture et de connaissances ou ne possède pas le même avis que vous. Expliquez plutôt pourquoi vous appréciez tel ou tel objet et écoutez les réactions de votre enfant, valorisez son point de vue, donnez lui confiance dans son jugement... En somme, les parents doivent amener les enfants vers l'art sans les y contraindre. Et si les petits ne montrent pas d'intérêt malgré tous ces efforts de votre part, n'insistez pas, apprécier l'art n'est pas une fin en soit et rien n'est jamais définitif. Peut-être s'y mettront-ils avec leurs propres enfants...

Comment parler d'art aux enfants ? Françoise Barbe-Gall. Édition Adam Biro

dimanche 3 mars 2013

Maisons d'ailleurs racontées aux enfants d'ici (livre)



Voici un tour du monde des habitats traditionnels : igloos, tentes touareg, maisons troglodytes, huttes en bouse de vache, yourtes ou encore maisons-bateaux… L’objectif de ce livre est de présenter les différents types de maisons construites encore aujourd’hui selon des techniques et avec des matériaux traditionnels. Et de comprendre les modes de vie qui y sont associés. Dans ces maisons surprenantes, où l'on n'accumule rien, pas d’autre choix que d’utiliser les matériaux à disposition.Caroline Laffon adopte une progression thématique en 6 grands chapitres :– Avec quoi construit-on une maison ? Les matériaux et les techniques utilisés (maison en feuillage huttes en boue, igloo)– Où la construire ? (sur pilotis, à même la falaise, dans le désert, sur une île)– Construire pour se protéger de qui ? Des intrus, animaux ou humains (cabanes dans les arbres pour se protéger des bêtes, villages fortifiés en Afghanistan)– Que fait-on dans les différentes pièces de la maison ? (pièce de naissance, chambre, cuisine, décors, utilité des portes)- Comment célèbre-t-on la maison ? (cérémonies chaman en Asie)– Quelle est la place de chacun dans la maison, comment chacun y vit-il ? (campement bédouin, la place des animaux, plantes d’intérieur)– Peut-on se déplacer avec sa maison ? Quand les maisons deviennent mobiles (campement Nenet, maison-bateau, yourte)L’auteur varie les points de vue, les angles d’attaque : en procédant par focus sur un peuple spécifique, en expliquant la construction et son résultat (avant-après), en donnant à voir des scènes de vie quotidienne, des scènes intérieures ou des vues plus générales, en respectant une alternance géographique pour explorer toutes les régions du globe, en rapprochant si possible les civilisations qui adoptent des habitats similaires. Chine, Sahara, Amazonie, Groenland et Kenya, autant d’horizons et d’habitants qui ont imaginé des moyens pour se protéger de la nature, des dieux et des hommes. Un sujet vaste et passionnant qui entraîne le lecteur dans une exploration ethnologique, culturelle et architecturale. Les maisons d’ailleurs racontées aux enfants d’ici.

Biographie de l'auteur
Caroline Laffon est auteur de films documentaires et de nombreux livres sur les différentes cultures du monde, dont Les Enfants d'ailleurs racontés aux enfants d'ici. Frédéric Malenfer réalise des carnets de voyage. II a illustré Les Fêtes d'Ailleurs et Le Grand Nord raconté aux enfants.

Caroline Laffon, Maisons d'ailleurs : Racontées aux enfants d'ici. 2009. Ed. De La Martinière Jeunesse


mardi 19 février 2013

Principes de méthode de l'education familiale traditionnelle en Corée


Principes de méthode de l’éducation familiale traditionnelle - un article de  KIM Kwoong (Corée), disponible en intégralité sur le site du Journal des Chercheurs.
 Cet article a pour objectif de dégager les principes de méthode qui se sont appliqués à l’éducation familiale traditionelle de la Corée. Aujourd’hui, la fonction et le rôle de l’éducation familliale s’affaiblit, lorsque l’on tient compte du fait que l’éducation de la personnalité et de l’humanité pris en charge traditionnellement par l’éducation familiale posent des problèmes divers, le débat des principes de méthode de notre éducation traditionnelle et la remise en question du sens moderne prennent des dimensions importantes tant sur le plan scientifique que sur le plan pratique de l’éducation familiale. Mais, Avant que l’on traite les principes considérés comme méthodes de pédagogie mises en application dans notre éducation familiale traditionnelle , il y a lieu d’examiner le sens du concept ‘méthode d’enseignement’. Car on n’a pas le concept de la méthode d’enseignement à part dans notre éducation familiale traditionnelle.

 Dans un sens moderne, la méthode d’enseignement est un concept qui d’abord contraste avec celui du contenu d’enseignement. Alors qu’il indique le contenu tel que la fonction, la connaissance et l’attitude auxquelles l’apprenant doit continuellement répondre à travers le processus d’apprentissage, il sera incontestable que la méthode d’enseignement se rapporte au processus d’enseignement-apprentissage au cours duquel un tel contenu se transmet, s’acquiert et s’approprie. Alors, la méthode d’enseignement est en rapport avec l’objectif, le contenu et l’évaluation d’enseignement. Le concept de la méthode d’éducation a un sens indépendant assez précis dans la pédagogie moderne où l’on essaye d’aborder la pédagogie d’une manière scientifique. Mais il n’est pas facile d’établir explicitement le sens du concept de la méthode d’éducation dans notre éducation traditionnelle. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles on a du mal à conceptualiser la méthode d’éducation d’une manière concise et précise dans notre éducation traditionnelle.

Cinq principes :

1.  principe du moment convenable
2.  principe de l’exemple à donner.
3.  principe de l’expérience personnelle.
4.  principe de l’accord entre connaissances et actes.
5.  principe du respect des enfants.


dimanche 17 février 2013

Bébés bilingues : dès 7 mois ils distinguent les 2 langues

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Apprendre l’anglais et le japonais, un jeu d’enfant pour les bébés qui grandissent dans un milieu bilingue ! Dès l’âge de 7 mois, ils parviennent à faire le distingo entre ces deux langues aux structures grammaticales bien distinctes. Pour cela ils utilisent une technique : ils se fient à la hauteur et la durée des sons, variable suivant la langue.
Avec cette découverte, les chercheurs du Laboratoire de Psychologie de la Perception (Université Paris Descartes/CNRS/ENS) et de l’Université de British Columbia comprennent un peu mieux le processus d’acquisition du langage chez l’enfant.
Bébés bilingues plus à l’écoute des détails
"Les bébés apprennent essentiellement en comptant, explique Judit Gervain, chargé de recherche au CNRS et à l’Université Paris Descartes dans leur étude, parue dans Nature Communications. Mais les bébés qui grandissent dans un milieu bilingue ont besoin de plus d’indices, ils développent donc d’autres stratégies que les bébés monolingues n’ont pas besoin d’utiliser".
Pour connaître ces stratégies, la scientifique a observé des bébés âgés de 7 mois pendant des expériences grammaticales. Elle a noté le temps que chaque enfant passait à regarder des panneaux, derrière lesquels des haut-parleurs émettaient différents sons, correspondant à l’anglais ou au japonais. Elle a remarqué que les jeunes enfants prêtait attention à des détails oraux comme le rythme, l’intonation et l’accent des mots.
"Si vous parlez deux langues à la maison, ne vous inquiétez pas pour l’acquisition du langage de votre enfant", conclut Judit Gervain.
L’apprentissage du langage chez l’enfant est un phénomène aux contours encore mystérieux pour les scientifiques. Une récente étude a révélé que les bébés seraient sensibles à leur langue maternelle avant même d’avoir été mis au monde.

mardi 5 février 2013

Cartes Quisine (jeu)



Avec QUISINE, les joueurs se transforment en cuisiniers. Ces cartes laissent libre champ à l'imagination et autorisent toutes les variations de cuisine et de repas. Le principe du jeu est de composer un menu.
 Partout dans le monde, on fait la cuisine, on apprécie la cuisine. Qui n'apprécie pas un excellent repas ?

L'artiste Anke Siebert a représenté sur chacune des 55 cartes deux aliments différents. Le joueur peut choisir l'un ou l'autre. Au total ce sont donc 110 aliments, utilisés couramment dans tous les pays et  diverses cultures, qui sont représentés qui vous servent d'ingrédients pour préparation des plats. Le jeu fonctionne donc pour la cuisine moderne ou traditionnelle, la cuisine de rue ou la gastronomie, la cuisine végétarienne, etc. Les cartes sont propices à l'invention de nouvelles recettes que vous pouvez ensuite tester !

Trois cartes vous donnent déjà huit possibilités de combinaisons différentes. Que vous choisissiez d'établir un menu trois services ou un pique-nique, que vous élaboriez votre repas seul ou en "quisinant" avec les autres joueurs.

QUISINE est un excellent moyen de vous mettre en appétit ! Et c'est de plus un très bon support ludique pour l'éducation au goût. Apprécié également par les diététiciens et les nutritionnistes.

Anke Siebert , cartes Quisine, Ed. OH Verlag. Disponible auprès des Ed. du Souffle d’Or.

vendredi 28 décembre 2012

Il faut apprendre aux jeunes...


"Il faut apprendre aux jeunes à vivre, à contempler les fleurs, les arbres, les animaux, les oiseaux, les astres... Et tous ces êtres humains qui les entourent, qui sont comme eux et qui voyagent avec eux. Il faut leur apprendre à s'émerveiller, à méditer, à maîtriser les moyens d'expression et de communication, à développer leurs ressources, à découvrir la culture, leur culture, et à y contribuer. Il faut leur apprendre à danser, à rire, à chanter, à se dire par la poésie et la créativité ; leur apprendre à s'aimer, à se respecter, à réaliser que chacun d'eux et unique et irremplaçable. Il faut leur apprendre à créer entre eux des rapports de respect, de coopération, d'amitié et de tendresse. Il faut, bien sûr, les aider à acquérir et à intégrer le plus de connaissances possible pour mieux comprendre et respecter la beauté, l'équilibre et l'harmonie de l'univers qui les entoure. Et il faut les aider à mettre leur savoir au service d'une vie meilleure."

Charles E. Caouette, Eduquer. Pour la vie! 

mercredi 26 décembre 2012

La sagesse des anciens chefs indiens




Le Chef Joseph au Grand Chef Blanc.

Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le scintillement de l'eau, comment pourriez-vous les acheter ? Chaque parcelle de cette terre sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille luisante de pin, chaque pente sablonneuse, chaque brume dans les bois sombres, chaque clairière et insecte bourdonnant, est sanctifiée dans la mémoire et l'expérience de mon peuple. La sève qui coule à travers les arbres porte la mémoire de l'homme rouge. Les morts de l'homme blanc oublient le pays de leur naissance quand ils vont marcher parmi les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette belle terre, car elle est la mère de l'homme rouge.

Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos soeurs, le daim, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les essences des prairies, la chaleur corporelle du poney et de l'homme, font toutes partie d'une même famille. Aussi, quand le Grand Chef à Washington nous fait savoir qu'il veut acheter notre terre, il demande beaucoup de nous. Le Grand Chef nous fait dire qu'il nous fera réserver une place afin que nous puissions vivre confortablement parmi les nôtres. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais ce ne sera point chose facile car cette terre est sacrée pour nous.
L'eau brillante qui coule dans nos ruisseaux et nos rivières n'est pas seulement de l'eau, c'est le sang de nos aïeux. Si nous vous vendons de la terre, vous devrez vous rappeler qu'elle est sacrée. Et vous devrez enseigner à vos enfants qu'elle est sacrée et que chaque reflet spectral de l'eau claire des lacs conte des évènements et des souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père. Les rivières sont nos frères, elles assouvissent notre soif. Les rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants.

Si nous vous vendons cette terre, vous devrez vous rappeler et enseigner à vos enfants que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devrez dorénavant montrer aux rivières la bienveillance que vous montreriez à n'importe quel frère. Nous savons que l'homme blanc ne comprend pas notre façon de vivre, pour lui une partie de la terre est la même qu'une autre, car il est un étranger qui vient dans la nuit et prend de la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas son frère mais son ennemie, et quand il l'a conquise, il poursuit son chemin. Il laisse derrière lui les tombes de ses pères, il ne s'en soucie point. Il kidnappe la terre de ses enfants, il ne s'en soucie point. La tombe de son père et le droit inhérent de ses enfants sont oubliés et il ne s'en soucie point. Il traite sa mère la terre, et sa mère le ciel comme des objets à acheter, à piller, à vendre, comme des moutons ou des perles de verre brillant. Son appétit dévorera la terre et il ne laissera derrière lui qu'un désert que je ne connais point

Notre façon de vivre est différente de la vôtre. La vue de vos cités fait mal à l'oeil de l'homme rouge. Mais, c'est peut-être parce que l'homme rouge est sauvage et ne comprend pas. Il n'y a pas d'endroit tranquille dans les cités de l'homme blanc, pas d'endroit pour entendre les feuilles s'ouvrir au printemps ou le bruissement des ailes d'un insecte. Mais c'est peut-être que je suis un sauvage et ne comprend pas. Le vacarme semble seulement insulter l'oreille. Et qu'est la vie si un homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulement ou les discussions des grenouilles autour d'un étang la nuit ?
Je suis un homme rouge et ne comprend pas. L'Indien préfère le doux son du vent glissant rapidement sur la surface d'un étang et l'odeur même du vent, lavée par une pluie du midi ou parfumée par le pin pignon. L'air est précieux pour l'homme rouge, car toutes les choses partagent le même souffle, la bête sauvage, l'arbre, l'homme, tous partagent le même souffle, l'homme blanc ne semble pas s'apercevoir de l'air qu'il respire.

Comme un homme mourrant depuis plusieurs jours, il est inconscient de la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous rappeler que l'air est précieux pour nous, que l'air partage son Esprit avec tout ce qu'il fait vivre. Le Vent qui donna son premier souffle à notre grand-père reçoit également son dernier soupir. Et, si nous vous vendons notre terre, vous devrez la séparer et la consacrer comme un lieu où l'homme blanc peut aller goûter le vent parfumé par les fleurs des prairies.
Si nous décidons d'accepter, je poserai une condition : l'homme blanc devra traiter les bêtes sauvages de la terre comme ses frères. Je suis un sauvage et ne comprend aucune autre façon de vivre. J'ai vu un millier de buffles pourrissant sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les a tirés d'un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprend pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le buffle que nous ne tuons que pour survivre. Si toutes les bêtes sauvages venaient à disparaître, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui advient de la bête sauvage advient bientôt de l'homme.

Toutes choses sont liées. Vous devez apprendre à vos enfants que la terre sous leurs pieds est la cendre de nos aïeux. Afin de leur faire respecter la terre, dites à vos enfants que la terre est riche de la vie de vos parents. Enseigner à vos enfants ce que nous avons enseigner aux nôtres - que la terre est notre mère. Ce qu'il advient à la terre advient aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes. Ceci nous le savons, toutes choses sont liées comme le sang qui unit une famille. L'homme n'a pas tissé la toile de la Vie, il n'est qu'un fil de cette toile. Ce qu'il fait à la toile il le fait à lui même.
Même l'homme blanc, qui marche avec son Dieu, qui parle avec lui d'ami à ami, ne peut échapper à la destinée commune. Peut-être sommes-nous frères après tout. Nous verrons. Il y a une chose que nous savons, et que l'homme blanc découvrira peut-être un jour, notre Dieu est le même Dieu. Vous croyez maintenant que Dieu vous appartient comme vous désirez que notre terre vous appartienne, mais cela ne se peut pas. Dieu est le Dieu de l'homme et sa compassion est la même pour l'homme rouge que pour l'homme blanc. La terre Lui est précieuse et nuire à la terre c'est mépriser son Créateur.

Les blancs aussi viendront à passer, peut-être même plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit et la nuit vous suffoquerez dans vos propres immondices. Mais dans votre mort même vous resplendirez, mis à feu par la force de Dieu Qui vous a mis sur cette terre et Qui, pour quelque dessein particulier, guide votre domination sur cette terre et sur l'homme rouge.
Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas que tous les buffles soient massacrés, tous les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt lourds de l'odeur d'une multitude d'hommes et la vue des collines fleuries bloquée par les fils parlants. Où est le fourré ? Disparu. Où est l'aigle ? Disparu. La fin de la Vie et le commencement de la survivance...