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samedi 20 avril 2013

La méditation, remède contre les troubles de l'attention ?



Les adeptes de la méditation de pleine conscience posséderaient une plus grande épaisseur corticale dans des régions du cerveau responsables de la régulation de l'attention. Une partie de ces mêmes zones serait plus mince chez les individus souffrant d'un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Des chercheurs de l'Université de Montréal et de l'Université McGill ont établi ce rapprochement qui fait l'objet d'un article publié dans la revue Biological Psychology.

"Cette recherche donne à penser qu'on aurait peut-être intérêt à procéder à des études cliniques bien contrôlées pour vérifier si des personnes aux prises avec un TDAH pourraient bénéficier des effets de la méditation. D'autant plus que des travaux à l'aide de l'imagerie fonctionnelle ont déjà montré que la méditation pourrait améliorer les capacités d'attention de gens qui ne présentent pas un tel déficit", estime Pierre Rainville, professeur au Département de stomatologie de l'UdeM et directeur du Laboratoire de recherche en neuropsychologie de la douleur.

Les chercheurs ont fait passer différents tests à 18 adeptes de méditation ayant accumulé un minimum de 1000 heures de pratique. Ils ont découvert que ces participants rapportaient une plus grande "capacité d'absorption" que les sujets témoins. Meilleure était la capacité d'absorption, plus grande était l'épaisseur corticale. "On définit la capacité d'absorption comme l'aptitude à s'immerger complètement dans ce qui soutient notre attention. C'est la façon, par exemple, dont un spectateur assis dans un théâtre se voit transporter par l'action qui se passe sur scène au point où il en oublie où il se trouve", explique M. Rainville.

Cette capacité d'absorption rendrait les personnes qui pratiquent la méditation plus habiles à se concentrer sur une source d'information précise, de même qu'à filtrer toute interférence. Des chercheurs américains ont récemment réussi à faire cette démonstration par des tests neuropsychologiques et des mesures d'activité cérébrale, rappelle le professeur Rainville.

Selon lui, ces nouvelles données renforcent la pertinence de poursuivre d'autres recherches pour évaluer les effets de la méditation de pleine conscience sur le contrôle de la douleur. Cela pourrait être particulièrement intéressant chez des personnes âgées en bonne santé ou souffrant de troubles cognitifs légers. "Bien qu'ils perçoivent la douleur avec peut-être davantage d'acuité, les adeptes de méditation n'y réagissent pas avec la même émotion. Des résultats en imagerie cérébrale fonctionnelle illustrent bien que les régions de leur système limbique, qui jouent un rôle important dans les émotions, ne sont pas mobilisées lorsqu'ils ont mal. Certaines recherches semblent indiquer que l'efficacité des systèmes d'autorégulation de la douleur diminuerait au cours du vieillissement normal. Est-ce que la méditation pourrait alors aider les gens âgés à mieux gérer leur douleur ? Cela reste spéculatif mais mérite assurément notre attention", avance celui qui est aussi chercheur à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

Si les bienfaits cliniques de la méditation demeurent encore incertains tant pour les individus aux prises avec un TDAH que pour soulager la douleur chez les ainés, il en va autrement pour les personnes souffrant d'anxiété ou des effets délétères du stress. "Ces individus voient souvent leurs pensées ou leurs activités interrompues par des interférences qui proviennent de ruminations ou de l'anticipation d'un danger potentiel, mentionne Pierre Rainville. La méditation de pleine conscience, en nous aidant à recentrer notre attention sur le moment présent, contribuerait à diminuer le retentissement émotionnel négatif de ces pensées. Évidemment, cela pourrait également expliquer au moins en partie les effets bénéfiques que nous avons observés sur la douleur."

Manifestement, ce champ de recherche aux frontières des neurosciences cognitives et des approches parallèles issues des traditions orientales nous réserve encore bien des surprises.

vendredi 5 avril 2013

Apprendre au fond de soi (texte de René Barbier)



samedi 23 juillet 2005, par René BARBIER 
- Le Journal des Chercheurs

La question qu'il nous faut poser aujourd'hui est la liaison cohérente entre éducation, sagesse, transmission, spiritualité, changement.
L'éducation, habituellement, est conçue comme la transmission de savoirs considérés comme légitimes dans une société donnée, d'une génération à une autre. Dans les pays développés, elle se concrétise généralement par une éducation "nationale", publique, obligatoire et laïque.
Cette vue n'est que la portion congrue de la nature de l'éducation, son avatar sociologique.
L'éducation au sens étymologique propose deux acceptions complémentaires.
Éduquer veut dire d'abord "nourrir, prendre soin de". Il est évident que le petit enfant, au départ, doit être nourri physiquement et intellectuellement. Plus largement on doit pouvoir lui permettre d'entrer dans toute la complexité de sa culture et des cultures du monde. Mais cette acception va plus loin encore. "Prendre soin de l'être" disait Philon d'Alexandrie. "Nourrir la vie" (le Qi, l'énergie) soulignaient les Anciens Chinois. Éduquer, sous cet angle, consiste à accompagner le sujet vers une autonomie d'existence où il trouvera les moyens d'accomplir cette prise en compte de son élan vital.
Éduquer, c'est également "conduire hors de". L'éducateur suggère, sans imposer, au sujet d'autres voies que les sentiers battus de tous temps. Il lui fait entrevoir d'autres possibilités de vie que ceux dont il est l'objet et non le sujet autonome. C'est l'ouverture sur l'esprit critique. La pensée occidentale, de ce point de vue, à joué un rôle essentiel. En Orient, la tendance est de s'inscrire dans un ordre social censé refléter l'ordre cosmique. L'harmonie universelle préétablie et humanisée réduit considérablement les possibilités de critique. L'"art du détour" permet de nuancer la fonction conflictuelle de toute vie sociale.
L'éducation est avant tout une transformation du regard que l'on porte sur soi-même, les autres et le monde. Un nouveau regard qui change tout en nous permettant d'accéder à un niveau différent de réalité. Elle suppose une lente maturation, un processus de travail sur soi-même qui inclut un effort persévérant. Elle ne va pas sans l'accompagnement d'autrui. L'autre dans l'éducation dépasse largement la catégorie des enseignants et englobe tous les éducateurs du banal et du quotidien, de la famille aux amis et aux relations.
Un objet, matériel ou symbolique, un élément naturel, un animal, une fleur, un paysage peuvent même être éducatifs, pour celui qui sait "apprendre". Un sourire, une grimace, un regard différent, un cri suscitent une réflexion éducative. "L'éducation tout le long de la vie" est constituée d'une kyrielle ininterrompue de faits, d'événements, de rencontres qui entrent dans le processus "apprendre". Les ruptures de vie, en particulier, sont particulièrement éclairants en éducation. Comme l'idéogramme chinois le propose, la "crise" s'ouvre sur, à la fois, un danger et une opportunité, dans le cours du changement dans le "procès" du monde. L'éducation réussie permet au sujet de rester fluide face à toute crise.
La sagesse, toujours inachevée, est le résultat de l'éducation. On peut la définir comme une véritable spiritualité laïque. Il s'agit bien d'une spiritualité, c'est à dire un dépassement de la dimension individuelle et collective de toute existence humaine, sans pour autant, poser l'existence nécessaire d'un Dieu transcendant.
Le bouddhisme philosophique est une expression de cette sagesse. Mais il requiert encore une organisation religieuse (temples, moines, rituels etc). La philosophie de Krishnamurti, sans dieu explicite, sans rituels, sans maître spirituel, paraît être mieux appropriée à ce que j'entends par sagesse.
La transmission de savoirs est nécessaire mais insuffisante. Elle permet de socialiser le sujet dans sa culture, mais, en même temps, elle le conditionne d'une façon inconsciente. L'éducation consistera, paradoxalement, à transmettre des savoirs et à remettre en question tout savoir dans son impérialisme à vouloir tout expliquer. L'éducation s'ouvre sur une relation d'inconnu, alors que le savoir enferme dans une certitude rassurante. "Apprendre" est la clé qui ouvre le savoir pluriel sur l'incertitude de ses fondements, sans jeter le bébé avec l'eau du bain.
Le changement permanent de tout ce qui paraît stable et immuable constitue le fondement de toute sagesse.
L'éducation commence vraiment lorsque le sujet a pris conscience qu'il est mouvement, changement.
Il est changement parce qu'il a constaté, enfin, un jour, que rien ne résiste au temps, que tout se transforme. Lui-même ne fait pas exception. Il vieillit, il tombe malade, il meurt.
Le jeune prince Gautama Sakyamuni en a éprouvé les affres lors de la sortie de son palais royal en rencontrant une vieillard, un malade, un mort et, plus tard, un ascète. Tout être humain fait, tôt ou tard, cette expérience. Beaucoup la recouvrent par des amusements mondains et tentent de l'oublier au profit d'une idéologie de la jouissance qui dissimule mal la fin du désir. Quelques uns la prennent à la lettre et débouchent sur un chemin de l'intérieur qui à la fois les approfondit et les gravifie.
Ce sont de ces derniers dont je veux parler.
L'éducation, pour ce type de sujets, devient une pièce maîtresse de leur existence. Elle dure "tout au long de la vie" comme on dit aujourd'hui. Le sujet prend conscience de ce que veut dire "apprendre". Il ne s'agit pas simplement d'acquérir des savoirs, des savoirs faire, des savoirs exister, pour entrer dans la communauté humaine et sociale.
Apprendre implique bien plus que cela. Une aptitude à saisir, dans chaque circonstance de la vie, à chaque instant, le jeu de la naissance et de la mort de toute chose, de tout événement, en soi comme dans son environnement. Apprendre ouvre l'esprit sur le devenir permanent du monde et, du même coup, sur l'impermanence de ce qui semble le plus stable, le plus sûr. Ce "saisissement" et ce "discernement" du surgissement et de l'évanouissement de ce qui "advient" est la propre même du processus "apprendre". Il met en œuvre chez le sujet, un sens intuitif, une imagination active, une faculté raisonnante, une affectivité impliquée, une ouverture à l'imprévu. Le corps est concerné au même titre que l'intellect.
Apprendre, c'est saisir et discerner le bouillonnement des choses du monde à l'intérieur de soi.
L'éducation peut être considérée comme le dispositif le plus pertinent, à un moment donné et dans un contexte spécifique, pour que le sujet puisse "apprendre" par lui-même. On voit qu'il ne s'agit pas de "transmettre" je ne sais quel objet de connaissance, mais de permettre à l'élève d'entrer dans l'apprendre en découvrant et en inventant ce que le monde lui impose dans sa confrontation immédiate. L'éducation est ce qui fait dialoguer le sujet et le réel.
Sous cet angle, l'éducateur est un artisan de la relation. Il sait écouter le mouvement de l'apprendre chez son élève de telle sorte qu'il lui offre, sans cesse, des possibilités d'aller plus loin pour comprendre. L'éducateur n'est pas un capitaliste du savoir mais un improvisateur de dispositifs pédagogiques. Il sait tenir compte du contexte et des innombrables interactions qui influencent la réussite ou l'échec de toute pédagogie. On peut dire qu'il utilise des "moyens habiles", comme disent les bouddhistes, pour que son élève avance à l'intérieur de lui-même, vers cette métamorphose où il rencontrera le fond sans fond de toute chose.
Car l'éducation, par l'apprendre, vise la déconstruction de l'établi, de l'affirmé, du stable, du durable, c'est à dire sur le plan psychosociologique, de l'identité socialement instituée. L'éducation est la décomposition des rôles et des statuts. Le raclage systématique de notre imaginaire de maîtrise et de pouvoir. Ce processus d'identification, on le sait, a commencé fort tôt : dès le stade du miroir dont parle Jacques Lacan. Immédiatement, la réunification de l'être s'est effectuée par le biais de l'aliénation à l'image de soi dans le regard de l'autre.
Personne ne peut sortir de cette impasse sans une "révolution du silence" (Krishnamurti) qui change les données du problème. Elle nous fait toucher du doigt le moment même où notre identité s'est constituée, pour la première fois, dans l'imaginaire. Elle nous ramène là où rien n'était : de l'autre côté du miroir où la mort est débout à cheval sur le vide.
A ce stade l'apprendre devient incandescent. Le sujet n'accepte aucune réassurance illusoire. Il se laisse emporter par le "voir". Son savoir acquis éclate comme des bulles de savon dans le soleil. Rien ne résiste à l'implosion. Aucune route n'est sûre. L'incertitude règne en maître.
C'est le moment, dans l'apprendre, de saisir le non-agir, le non-vouloir, la non-maîtrise, le non-projet. C'est l'instant du deuil et du seuil. C'est l'ouverture sur le OUI, l'acceptation radicale de ce qui est. Peut-être qu'un "je ne sais quoi" et un "presque rien" deviendront lumière pour le sujet ? Un papillon se pose sur une branche morte et tout est dit. Le regard voit autrement le devenir du monde, d'une manière définitive.
On est souvent étonné du changement d'attitude et de comportement des sujets qui vivent cet état. Ils paraissent étranges et font un peu peur. Leurs proches ne les reconnaissent pas. Ils font des choses bizarres ou imprévisibles. Ramana Marharshi "vole" de l'argent à sa mère et part, à 16 ans, vers sa montagne d'Arounachala. UG Krishnamurti (un homonyme de Jiddu Krishnamurti) sort comme un fou dans les rues de la ville où il habite avec sa famille, sans se soucier de ce qui lui arrive. Aurobindo quitte soudain l'activisme politique pour commencer sa grande œuvre spirituelle dans une retraite quasi complète.
On pourrait citer ainsi des centaines d'exemples. Ce qui apparaît en clair, c'est que le sujet a "vu" autrement le réel. L'arbre qui était là avant, reste le même arbre, mais le sujet le "voit" d'une autre façon. Pour le peintre Mario Mercier, l'arbre du Bois de Vincennes devient Noïark, un "arbre-maître". Les anciens Chinois allaient saluer les rochers aux formes étranges en reconnaissant du même coup l'extraordinaire aventure de la nature dans son mouvement permanent.
L'apprendre, ici, entrouvre le réel pour le refermer sur une autre vision. Avant, c'était le règne de la séparation, de l'objet séparé du sujet. Pendant, c'est l'instant d'une fusion ou plutôt d'une participation illuminatrice. Après, c'est de nouveau la monde, apparemment séparé, mais en fait réunifié, ne faisant qu'un avec l'observateur.
L'apprendre change de sens. Le sujet, qui n'est plus un ego individué, apprend maintenant a jouer de sa vision. Il voit double. A la fois le monde séparé et le monde unifié, ce qui le dote d'un humour irrésistible et d'un entendement remarquable. Pour Krishnamurti, en permanence dans la non-dualité, un simple déclic suffit pour le faire "penser" fonctionnellement qu'il doit faire telle chose. La chose faite, dans l'unité de l'action, il retrouve sa tranquillité intérieure. L'apprendre devient désormais une immersion dans l'attention vigilante. Tous les faits, les événements, les situations, les rencontres, sont insérés dans un sens dynamique de la totalité du monde, mais sans projet, sans idée de but.

dimanche 25 novembre 2012

Fleurs de Bach pour les enfants



La Fleur de Bach est particulièrement efficace sur les enfants, y compris sur les bébés. Les parents s’épargneraient et épargneraient à leurs enfants de nombreux désagréments s’ils avaient le «réflexe Fleur de Bach» quand ils remarquent que leur enfant n’est pas «dans son assiette».

La naissance et la Fleur de bach

La Fleur de Bach soulagera le traumatisme de la naissance tant pour le nouveau-né que pour sa mère. A la naissance, il y a un lien très fort entre la mère et son enfant, ainsi le bébé et sa mère auraient souvent besoin de la même Fleur de Bach. La Fleur de Bach est aussi utile pour faire face aux petits problèmes comme les coliques, les irritations de peau, les crises de larmes.

L’intuition et la Fleur de Bach

Les jeunes enfants sont très intuitifs, en effet, la société ne les a pas encore conditionnés à ignorer leur voix intérieure, ils sont donc souvent capables de choisir les remèdes dont ils ont besoin. L’emploi des cartes des élixirs floraux est une autre façon de permettre aux enfants comme aux adultes de choisir de manière intuitive la Fleur de Bach qui leur convient.

Les problèmes familiaux et la Fleur de bach

Même s’il leur arrive de ne pas le montrer, les enfants sont extrêmement sensibles à l’ambiance familiale. Si votre famille traverse une période difficile (divorce, chômage, deuil, problèmes financiers) ne présumez pas que vos enfants n’en sont pas affectés ! Déterminer la Fleur de Bach qui leur convient vous donnera une idée de la façon dont ils intériorisent leur environnement familial. L’emploi d’une Fleur de Bach leur permettra de clarifier leurs émotions et vous pourrez les aider ainsi à éviter des problèmes tels que la peur, l’insécurité, le manque de confiance en soi, les troubles d’alimentation.

Les adolescents et la Fleur de bach

L’adolescence est une phase transitoire difficile et la Fleur de Bach peut avoir un profond impact sur les enfants durant cette période. Elle favorisera le développement des capacités de communication, la sociabilité, la stabilité émotionnelle, l’acceptation de soi. Elle convient remarquablement bien aux changements d’humeur et à la maussaderie générale qui sont si caractéristiques de l’adolescence. Si les parents les prennent également, les Fleurs de Bach les aideront à comprendre et à encourager leurs enfants autant qu’à les éclairer eux-mêmes sur leur propre comportement.

L’école, les examens et la Fleur de Bach

La Fleur de Bach peut aider les enfants dans leur travail scolaire et pendant leurs examens. Elle augmente leur concentration et leur capacité à fixer leur attention, elle améliore leur confiance en eux et les protègent de l’ambiance stressante des périodes d’examens.
 

D'autres aspects de l'enfance (pipi au lit, maltraitance, autisme, dépression, TDAH) sur le site Conseil Fleurs de Bach

mercredi 14 novembre 2012

Une interview de Carl Rogers



Carl Rogers (Les enfants ne sont pas des oies à gaver), interviewé par Samuel Amégan, date et traducteur inconnus

La réforme de l'enseignement est ou sera le souci numéro un de tous les pays développés. Or vous, Carl Rogers, vous professeur, qui avez enseigné pendant tant d'années la psychologie et la psychiatrie dans de très importantes universités américaines, vous dites au contraire : « Renonçons à tout enseignement. Ce qui peut être enseigné n'a aucune utilité, aucune influence sur le comportement, sinon dangereuse et nuisible. » Comment en êtes- vous arrivé à une conclusion aussi paradoxale ?

Eh bien j'estime d'abord qu'enseigner est une fonction très surévaluée. Enseigner signifie instruire. Cela ne m'intéresse pas d'instruire quelqu'un, de décider que telle et telle connaissance doit être inculquée, d'obliger autrui à savoir quelque chose. Trop de gens sont aujourd'hui guidés, dirigés. C'est une relation que je trouve néfaste. Ensuite de quelles connaissances s'agit-il ? Quels sont ces faits sacro-saints, incontestables, qu'on souhaite à tout prix incruster dans de jeunes esprits ? La seule chose dont je suis sûr, c'est que la physique telle qu'elle est enseignée aujourd'hui, et la chimie, et la génétique, et la sociologie, et la psychologie, et la plupart des disciplines seront complètement passées de mode dans dix ans. Même les faits historiques sont question de culture et d'époque. Nous nous trouvons actuellement dans une situation tellement évolutive qu'elle met en question tout l'acquis de notre culture. Aucune connaissance n'étant plus certaine, la seule chose que nous puissions enseigner actuellement, c'est apprendre à apprendre.

Vous constatez que tout change autour de vous. Et c'est à cette mobilité que vous voulezadapter l'éducation, récusant tout l'acquis du passé ?

Écoutez, je pense à une expérience que je viens de faire en Australie il y a quelques mois. On trouve là un groupe aborigène très intéressant qui depuis plus de 20 000 ans vit dans environnement tel que n'importe lequel d'entre nous n'y résisterait pas trois jours. Là, on apprend à chaque enfant à trouver de l'eau, à tuer le kangourou, à se diriger dans la forêt. C'est grâce à cet enseignement répété que le groupe a pu survivre. Mais l'environnement et reste statique. Alors que dans nos sociétés avancées, l'environnement n'arrête pas changer. Notre seul but en enseignement doit donc être : apprendre aux enfants à changer.

Quel bagage de connaissances devrait posséder dans nos sociétés un enfant de seize ans ?

Il devrait en savoir long sur les moyens d'acquérir la connaissance et sur les processus qui lui permettront tout au long de sa vie d'apprendre ce qui lui sera nécessaire. Aux États-Unis, nous appelons une telle recherche, ou plutôt un tel processus de recherche, « conduct of inquiry ». Certains maîtres aident les enfants à s'intéresser à des problèmes et à trouver les méthodes pour les résoudre. Par exemple, un professeur demande : comment l'homme pourrait-il survivre sur la Lune ? Aux enfants de découvrir la réponse aux questions de nourriture, d'oxygène, qu'ils soulèvent eux-mêmes. Ou bien on jette une pierre du haut d'un toit et la classe, qui la voit tomber, cherche pourquoi elle tombe au lieu de s'envoler, etc.

Vous demandez à chaque enfant de redécouvrir tout seul la connaissance, d'être un petitNewton, un petit Galilée ?

Pourquoi pas ? Les seules connaissances vraiment incorporées à l'intelligence, vraiment assimilées, sont celles qu'on découvre soi-même. Des millions d'éducateurs savent ce que l'enfant devrait savoir et si peu d'entre eux insistent pour lui donner une chance d'apprendre par lui-même !

Qu'entendez-vous par « par lui-même ? »

Un enfant passionné des moteurs par exemple se jettera sur tous les livres, traités, dessins satisfaisant son besoin de comprendre les moteurs. Il s'arrangera pour se procurer le matériel nécessaire, il apprendra à l'utiliser. De même l'enfant curieux des vers de terre, ou de la bombe à hydrogène, ou des choses du sexe. Il essaie de se procurer ce dont il a besoin, entre dans les librairies, dans les bibliothèques. Voilà une connaissance active, expérimentale, qu'il n'oubliera plus jamais. Même si le stimulus vient de l'extérieur, l'enfant qui découvre et comprend par lui-même implique toute sa personne dans cette découverte et en reste imbibé. Le rôle du maître est de faciliter à l'enfant cette façon d'acquérir des connaissances.

Décrivez-nous l'enseignant idéal, le maître tel que vous voudriez le voir dans chaque école et dans chaque classe.

Cela m'est d'autant plus facile que toutes mes idées tournent autour du rôle que devrait jouer le maître. La révolution viendra en éducation. Mais elle ne dépendra ni des diplômes des professeurs, ni de leurs connaissances, ni des programmes, ni des livres, ni des méthodes audio-visuelles, ni d'aucun progrès technique. Elle dépendra uniquement du climat que saura créer le maître dans ses relations avec l'élève. Exactement comme le psychothérapeute, quand il est en conversation avec un de ses clients. Ma définition du thérapeute est très large : est thérapeute celui qui aide au développement de la personne.

Quelle attitude devrait être celle du maître qui essaie de libérer l'énergie de ses élèves ?

Eh bien je pense que l'enseignant doit être mature, il doit absolument dans tous les sens du terme être soi-même, avec ses sentiments, ses réactions, sans jouer un rôle ni porter un masque. S'il est en colère, qu'il le montre. S'il est joyeux, qu'il en fasse bénéficier sa classe. S'il a envie de se taire, qu'il se taise. Qu'il accepte comme siens tous ses sentiments, sans chercher à les imposer ni forcément à les faire partager à ses élèves. Il ne doit pas être un tube stérile à travers lequel passe la connaissance de génération en génération. Il doit être un homme comme les autres, qui vit une expérience de groupe,
et la vit pleinement.

Vous comparez la classe à une expérience de Groupe de formation (Training Group ou T Group), dans lequel un ensemble d'individus donnés se rencontrent régulièrement et apprennent à vivre ensemble, en s'exprimant et se connaissant de mieux en mieux ?

Oui et non. Je récuse le directivisme du Groupe de formation (T Group). J'estime que l'appellation « Groupe de rencontre » (Basic Encounter Group) est mieux appropriée que groupe de formation (T Group). Dans le T Group, on cherche à former des gens. Dans l’Encounter Group on se rencontre et on vit librement une expérience, sans que personne ait souci de vous former. Je pense que le professeur dans sa classe doit faire une expérience personnelle, qui facilite celle de ses élèves, car à force de s'exprimer et d'être lui-même, il incite par l'exemple les enfants à s'exprimer et être eux-mêmes. Ainsi l'expérience vécue en commun cesse d'être une classe, un cours magistral, mais devient une aventure enrichissante pour toutes les personnes qui y participent, un mode de connaissance plutôt qu'un répertoire de connaissances.

Pourquoi est-il si important d'être soi-même ? Pourquoi voulez-vous tellement que le professeur s'exprime tout entier dans son enseignement ?

La réponse vient de mon expérience en psychothérapie : il me semble que ce que chacun souhaite le plus profondément, c'est être lui-même et être accepté par les autres tel qu'il est. Donc le maître n'a pas besoin de savoir beaucoup de choses. Il suffit qu'il soit lui-même, et qu'il considère ses élèves comme des personnes indépendantes, qu'il faut  respecter dans leur intégralité.

Cela suffit-il à créer un climat propice à la recherche de la connaissance ?

Oui. Je pense que si le maître possède seulement des connaissances, et n'aide pas au développement de la personne humaine, il est inutile et destructeur. Le véritable maître pose les problèmes, crée un environnement où la responsabilité de chacun est à même de se développer et aide les élèves dans des recherches dont, stimulés par lui, ils ont pris l’initiative.

Vous refusez au maître le pouvoir de juger et d'apprécier la valeur de l'élève ?

Le maître ne juge pas l'élève, il ne lui dit pas : ceci est bon, cela est mauvais. Il lui donne l'impression qu'il le comprend de l'intérieur et que les échecs autant que les réussites font partie de l'apprentissage de la connaissance. Je suis violemment opposé à tout système d'examens et de diplômes. Mais je ne suis pas forcément hostile à la notation. Seulement celui qui attribue les notes, ce n'est pas le maître, c'est l'élève.

Comment cela ? L'élève se note lui-même ?

Je vous répondrai par l'exemple d'une jeune institutrice de classe élémentaire, Barbara Shiel. Je ne la connais pas, son expérience m'a été rapportée par un de mes assistants. On commence à voir surgir aux États-Unis dans les écoles ce genre d'expériences individuelles qui prouvent que les nouvelles idées font leur chemin. Miss Barbara Shiel affrontait une classe mixte de trente-cinq enfants de onze ans. Elle ne connaissait rien aux méthodes nouvelles, mais la classe était particulièrement difficile. N'en venant pas à bout, l'institutrice a l'idée d'essayer une approche non directive. Un jour elle dit : faites tout ce que vous voulez. Et les enfants ont peint, lu, fait du calcul ou de l'histoire, si contents de travailler sans y être forcés qu'ils ne songèrent même pas à retourner chez eux. Miss Shiel décida de prolonger l'expérience une semaine, un mois, puis toute l'année (...). Une fois le climat propice créé dans la classe grâce aux relations personnelles que le maître a su établir avec ses élèves, toutes les voies et méthodes techniques seront utilisées avec profit. Par exemple, j'apprécie beaucoup la simulation d'une situation historique, d'un conflit social, etc. On peut faire jouer les enfants à résoudre un problème familial, ou un problème d'éducation. L'un est le maire de la ville, l'autre le ministre de l'Éducation, l'autre le superintendant ou le proviseur, et il s'agit de voter de nouveaux impôts pour des constructions scolaires ou le recrutement de nouveaux professeurs. Chaque élève, dans la peau de son personnage, doit trouver des arguments pour défendre son point de vue. Il est impliqué dans un réseau de relations humaines et sociales, il apprend le poids des responsabilités qui accompagnent sa décision et tout cela aide à développer sa pensée critique.

Quelles sont selon vous les autres méthodes nouvelles présentant également de l'intérêt ?

L'enseignement programmé est excellent dans la mesure où l'enfant se rend mieux compte de ses lacunes, et où son effort personnel est récompensé immédiatement bien plus efficacement que par les punitions ou jugements des professeurs. À n'importe quel niveau, l'enfant qui souhaite savoir utiliser un microscope ou un peu de français pour passer trois mois en France, peut trouver un programme limité qui lui fournit les informations dont il a besoin immédiatement pour résoudre un problème. Il ne s'agit pas de faire de l'enseignement programmé une voie de connaissances purement factuelle qui stériliserait la créativité, mais un instrument souple mis à la disposition des éducateurs.

Comment former les éducateurs sensibles et non directifs que vous souhaitez voir se multiplier ?

Je pense que la formation pédagogique devrait inclure l'apprentissage des groupes dont nous avons déjà parlé. Qu'il s'agisse du T Group, du Laboratory Group, du Sensitivity Training Course, du Basic Encounter Group, le label importe peu, mais l'entraînement est très efficace. Dans ces groupes, dirigés par un animateur, on commence par bavarder, puis chacun tend à s'exprimer plus personnellement, spontanément, librement. Peu à peu, les façades tombent, les défenses ne sont plus nécessaires, chacun révèle ses sentiments enfouis et découvre ceux des autres. L'environnement devenant bienveillant, il n'est plus dangereux de s'exprimer sans fard. Cette liberté accroît l'indépendance de l'individu et lui fait mieux accepter celle d'autrui.

Cela semble utopique, que parmi les critères d'aptitude des enseignants, l'ouverture aux relations humaines puisse se substituer un jour à l'accumulation des connaissances.

Pas tellement utopique. Une école élémentaire de l'Ouest a rendu obligatoire pour tous ses professeurs l'expérience d'un T Group. Maintenant, lorsqu'un problème surgit dans une classe de cette école, maîtres et élèves forment un groupe qui cherche à résoudre le problème. Élèves, professeurs et administrateurs sont arrivés, du moins dans cette école, à créer un climat psychologique qui les aide à  prendre conscience de la réalité des choses et à rester sensibles et ouverts au changement.

Combien de temps faudrait-il pour réformer de cette façon tout le système éducatif dans le monde entier et triompher des résistances ?

En ce qui me concerne, je m'attaque sérieusement au problème, et espère recevoir bientôt des subsides de l'Éducation nationale me permettant de mener à fond une réforme de tout le système primaire et secondaire dans une ville donnée — et peut-être à La Jolla en Californie, où j'enseigne actuellement au Western Behavioral Sciences Institute.

Comment vous y prendrez-vous pour instaurer vos méthodes dans toutes les écoles d'une grande ville ?

D'abord je ferai se rencontrer les gens. Je commencerai pas les administrateurs (vous diriez ici les fonctionnaires). J'arriverai à ce qu'ils se connaissent mieux, expriment davantage ce qu'ils ressentent, prennent contact en tant que personnes et non en tant que rôles, communiquent plus harmonieusement les uns avec les autres, perdent leur agressivité, s'ouvrent au changement. Puis je recommencerai avec les professeurs, de la même façon. Ensuite avec les parents et trustees des écoles. Dans un deuxième stade, je poursuivrai l'expérience à travers un groupe d'une dizaine de personnes, mais en mêlant deux par deux professeurs et administrateurs, élèves et parents d'élèves. Je veux à tout prix éviter la coopération superficielle entre parents et professeurs, qui me semble inefficace. Ce que je souhaite, ce sont des communications réelles. J'espère que cet entraînement fera tache d'huile, chaque membre du groupe de base devenant à son tour animateur d'un nouveau groupe.
Ainsi travaillerai-je à l'intérieur du système pendant toute une année académique, espérant que notre expérience servira de catalyseur et sera imitée un peu partout.

Vous êtes fondamentalement optimiste pour croire ainsi qu'on peut amener les gens à se réformer, uniquement parce qu'ils se sont rencontrés et mieux compris.

Mon expérience thérapeutique m'a inculqué une confiance sans limites dans les possibilités de l'homme. Les tendances diaboliques existent, je le sais, bien qu'on me reproche souvent de ne pas en tenir suffisamment compte. Peut-être si j'avais souffert autant que vous, Européens, mon attitude serait différente. Mais je suis Américain. Et j'ai constaté que pour horribles que puissent être les gens, plus on s'approche d'eux, plus on découvre en eux des tendances constructives, autorisant réellement l'espoir.

vendredi 5 octobre 2012

Lignées familiales : comment trouver la paix ? (livre)


Bien souvent, en devenant plus conscient, nous sommes amenés à nous libérer de mécanismes inconscients reçus en héritage (transgénérationnel): guérir, nous libérer, des attentes de nos ancêtres, de nos parents, de leurs blessures, souffrances et traumatismes non gérés. Pour nous évidemment, pour créer une vie plus consciente et plus joyeuse, mais aussi pour ne pas léguer à notre tour ces bagages à nos enfants.

*

Les lignées familiales peuvent influencer nos vies de façon déterminante : on peut se trouver « ligoté » par les messages et désirs de ses ancêtres, qui nous laissent différents « héritages » : reproduction de schémas familiaux, pollutions psycho-émotionnelles, blocages dus à des événements mal vécus…
Ces pollutions peuvent descendre des dizaines de générations sans trouver de solutions, imposant aux personnes de vivre « diminuées », leur interdisant de s'exprimer pleinement dans les polarités masculine ou féminine.
Bonne nouvelle : on peut échapper à la « fatalité », se libérer et libérer nos enfants des schémas les plus limitants !

Gilles et Rose Gandy, après avoir été amenés à soigner des pathologies chez des personnes dont tous les membres de la famille subissaient les mêmes symptômes, ont peu à peu compris que l’on pouvait « remonter le temps » et soigner l'origine des problèmes.
Ils nous livrent ici leurs enseignements et nous expliquent leur méthode, de façon à ce que tout le monde puisse mieux comprendre, mieux appréhender et solutionner sa propre problématique.


Rose et Gilles Gandy, Lignées familiales : comment trouver la paix ? Et libérer nos enfants de ces fardeaux. 2012. Ed. du Souffle d'Or. 14,90€


mardi 26 juin 2012

Les couleurs du coeur (jeu)


Jeu de 46 cartes pour découvrir, accepter, partager ses qualités. 



Le graphisme, original, joue avec le mot même de la qualité. Chaque carte s'accompagne d'une petite phrase qui interroge sur la valeur qu'elle représente. Pratique : conçu de petite taille pour emmener partout.

La beauté des valeurs est qu'elles sont universelles, communes à tout être humain au-delà des cultures, races ou religions. Essence même de l'être intérieur, elles parlent le langage du coeur. 

A tout moment, sans raison ou pour répondre à une question, tirez ou faites tirer une carte de valeur. Vous y puiserez une inspiration qui donnera une couleur à votre journée.

Laissez ensuite opérer la magie des Couleurs du Coeur : une qualité sur laquelle se pose la pensée colore subtilement votre environnement. 

Vous ne pourrez bientôt plus vous en passer ! 

Editeur : Autre éditeur
11€
Disponible sur le site des Ed. du Souffle d’or.


lundi 28 mai 2012

La grandeur des enfants


Pour motiver vos enfants à avoir des aspirations plus élevées dans la vie, il est essentiel de travailler sur leur image d'eux-mêmes dans tous les domaines de leur jeune vie. Partout où vous trouverez des traces de négativité, de pessimisme ou d'indifférence à l'égard de leurs rêves ou de leurs aptitudes, mettez-vous au travail pour améliorer leur image d'eux-mêmes. Dès que l'image de soi des enfants commence à s'améliorer, on remarque une nette augmentation de leurs réussites, et ce, dans tous les domaines, mais plus important encore, leur aptitude à jouir de la vie s'en trouve décuplée. Vous verrez des visages souriants, de l'enthousiasme et des attentes plus élevées que par le passé. Le seul authentique obstacle à la grandeur d'un enfant est la peur de sa propre grandeur. 

Wayne W. Dyer, Que désirez-vous vraiment pour vos enfants? Plusieurs stratégies utiles pour les parents qui souhaitent aider leurs enfants. 2009. AdA éditions. 29,50€


dimanche 13 mai 2012

Taï Chi pour les enfants (livre)



49 exercices de base pour enseigner le Taï Chi Chuan aux enfants. Nombreuses et belles photos en noir et blanc, accompagnées de textes bilingues (français/anglais) pour les instructions. S'adresse aux parents, éducateurs, instituteurs, animateurs, pour les enfants de 4 à 12 ans.

Le Taï Chi Chuan ou « méditation en mouvement » est issu du Taoïsme, qui est une forme de sagesse chinoise. Il peut être considéré comme une gymnastique de santé, mais c’est aussi un véritable art martial, aujourd’hui pratiqué de manière non violente. 
L’enchaînement de mouvements souples et ronds, pratiqué sans rupture, de manière très fluide favorise la détente, le relâchement musculaire et développe le calme et la tranquillité, ainsi qu’une certaine force intérieure. 
Le Dr Luce Condamine, pédiatre, médecin du sport, et professeur de Taï Chi Chuan, en a adapté un enseignement pour les jeunes enfants (4 à 12 ans), pour leur permettre de s’épanouir, en les aidant à améliorer leur sens de l’équilibre, leur souplesse, leur capacité respiratoire, leur concentration, et à développer leur conscience du corps et de soi-même.


Luce Condamine, Taï Chi pour les enfants. Ed. du Souffle d’Or. 14,64€

mercredi 25 avril 2012

Le sens du sport et des activités physiques


Redonner toute sa place au sport et aux pratiques corporelles 
pour se découvrir et découvrir l'autre et le vivre ensemble


L’emballement médiatique autour de sa facette spectaculaire tend à gommer la complexité du sport. L'idéal d'amélioration des performances individuelles et collectives et donc la recherche par l'effort et la créativité de plus de fraternité et de responsabilité est loin des réalités d’un sport spectacle dans lequel ne comptent plus pour les entreprises, les clubs, les collectivité locales et l'État que le prestige, la communication et le gain financier.

Plus grave encore, la machine à produire du rêve et de l’identification s’emballe et risque de faire des dégâts auprès d’une jeunesse en mal de repères. En particulier les abus dans le sport d’élite (inflation des salaires, irrespect, intolérance, tricherie, dopage) mettent en péril l'apport irremplaçable du sport, en diffusent des valeurs de réussite à tout prix, de compétition généralisée, de nombrilisme...

Pourtant, le sport n'est pas seulement affaire des champions ; les pratiques corporelles et sportives se sont aujourd’hui largement diversifiées et les pratiques physiques récréatives dépassent les clivages d’âge, de condition sociale ou d’origine. Progressivement, certes sous des formes différentes, elles pénètrent le quotidien de la quasi-totalité de la population. Par ailleurs de nombreux militants de l’éducation par le sport se battent au quotidien pour préserver cet outil éducatif de premier ordre. Dans certaines conditions, les pratiques sportives sont des lieux de transmission de messages de solidarité, de citoyenneté, de respect de l’environnement, tout en développant la connaissance de son corps et en permettant de meilleurs équilibres entre corps et esprit.

Refusant toute instrumentalisation du sport, il convient donc de (re)questionner son rôle dans la société en prenant en compte les évolutions récentes et en approfondissant les significations données aux pratiques sportives. Que voulons-nous faire de notre investissement dans les pratiques corporelles et sportives ? Quel rôle social veut-on donner au sport ? Le temps est venu de mettre en avant le corps et le sport dans l’éducation, dans les loisirs, dans la société. Ceci est l'objet d’un pacte civique du sport qui repose sur des engagements et des procédures pour atteindre ses objectifs.

Des objectifs porteurs de sens

Les pratiques physiques étant occasion de se découvrir et de découvrir l'autre dans sa diversité, chaque pratiquant doit chercher à mieux se connaître pour progresser dans ses activités physiques et sportives et chaque éducateur sportif doit accompagner les pratiquants pour qu'il découvre comment s'épanouir à la fois personnellement et collectivement.

Le sport étant une occasion de découvrir des règles du vivre ensemble, l'ensemble des acteurs du système sportif doivent veiller à l'apprentissage de ces règles et à leur respect.

La question du sens du sport ne pouvant être résolue qu'avec les organisations concernées, chaque club, chaque association, chaque collectif informel doit débattre du projet poursuivi.

Source : fiche pédagogique redonner toute sa place au sport et aux pratiques corporelles pour se découvrir et découvrir l'autre et le vivre ensemble > Vers une Société Educative > Le Pacte civique 

dimanche 15 avril 2012

L'arc-en-ciel des émotions



Il était une fois une jeune fille qui n’osait jamais dire ses émotions.
A personne, et surtout, surtout pas à ceux qu’elle aimait ! 
Bien sûr, il n’est pas toujours facile de dire ses émotions car des fois cela déborde. Il y a alors des pleurs, des sanglots ou des rires, des fous rires, des sueurs, du chaud et du froid, bref, plein de choses qui se bousculent dans le corps.

Il y a aussi les réactions de l’entourage, qu’elle imaginait:
 « Qu’est ce qu’ils vont penser de moi, qu’est ce qu’ils vont dire ? » Et puis un jour, pour oser parler de ses émotions, il faut déjà les connaître. Vous les connaissez, vous, vos émotions ? 
Essayez déjà de m’en dire trois pour voir…
Bon, la question n’est pas là, puisque je raconte l’histoire de la jeune fille qui ne savait pas dire ses émotions.

Un jour qu’elle rêvait éveillée dans son lit, en regardant le ciel, à imaginer les bonheurs qu’elle pourrait avoir dans sa vie, elle vit au-dessus d’elle un magnifique arc-en-ciel. Mais ce qu’il y avait d’étonnant dans cet arc-en-ciel, c’est qu’il possédait une huitième couleur, la couleur noire. C’est très rare un arc-en-ciel avec huit couleurs. Et soudain, elle comprit. Elle comprit tout, elle sut comme cela le nom des émotions qu’elle avait en elle. Grâce aux couleurs de l’arc en ciel. Elle devina que chaque couleur représentait une ou plusieurs émotions. Chaque couleur devenait un mouvement de son coeur, une direction de ses énergies, un élan des sentiments, une vibration du ventre, ou du dos, un scintillement des yeux….

Le rouge par exemple, le rouge était la couleur de la passion, du baiser.

L’orange celle de l’abandon, de l’offrande, du don de soi.

Le jaune celle de la lumière, du jaillissement, du plaisir. Oui, se laisser emporter, confiante, faible comme un sourire de printemps.

Et le vert ? Le vert c’était la couleur du ventre, du mouvement de la vie en elle. De tout ce qu’elle sentait vrai, véritable en elle !

Le bleu, couleur de la tendresse, des caresses sans fin, de la douceur et aussi de l’espoir.

Le violet, lui, était une couleur plus inquiétante, fermée, sourde. Il y a de la violence dans le violet, de la menace. C’est important de savoir aussi reconnaître cela en soi. Violence que l’on porte, violence que l’on provoque parfois, violence qui arrive par des chemins imprévisibles.

Le noir. Ah ! Cette couleur noire, là, présente dans l’arc-en-ciel. Couleur de la peur, du diable, du diablotin qu’il y avait parfois en elle.

Et puis la couleur blanche, couleur du désir. Du désir infini, multiple, qui renaissait en elle, parfois timide,
 d’autres fois plus direct, plus osant ! Cette couleur-là est précieuse, indispensable, sans elle les autres couleurs n’existeraient pas. Le blanc est une couleur lumière, qui capte toutes les autres et leur donne plus d’existence.

A partir de ce jour-là, la jeune fille, ah! j’oublié de vous dire son nom : Yanou, sut parler de ses émotions, car il lui suffisait d’en rechercher la couleur. Elle regardait le ciel, imginait un arc-en-ciel et cherchait la couleur de l’émotion qui l’habitait.

Bien des années plus tard, elle fut très étonnée d’entendre sa fille lui dire : « Tu sais, Maman, je suis un arc-en-ciel d’émotions, je les ai toutes quand je danse. J’adore danser. La danse, c’est le chant des émotions…
Des fois j’éclate quand toutes mes couleurs, je veux dire mes émotions, se mettent à vivre ensemble. oh ! là là . Je vais éclater un jour ! »
Je ne sais pas si la fille de Yanou éclatera comme elle le craint, ce que je sais, c’est que sa mère avait fait une grande découverte en associant ses émotions aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Jacques Salomé, Contes à guérir, Contes à grandir.