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vendredi 5 avril 2013

Apprendre au fond de soi (texte de René Barbier)



samedi 23 juillet 2005, par René BARBIER 
- Le Journal des Chercheurs

La question qu'il nous faut poser aujourd'hui est la liaison cohérente entre éducation, sagesse, transmission, spiritualité, changement.
L'éducation, habituellement, est conçue comme la transmission de savoirs considérés comme légitimes dans une société donnée, d'une génération à une autre. Dans les pays développés, elle se concrétise généralement par une éducation "nationale", publique, obligatoire et laïque.
Cette vue n'est que la portion congrue de la nature de l'éducation, son avatar sociologique.
L'éducation au sens étymologique propose deux acceptions complémentaires.
Éduquer veut dire d'abord "nourrir, prendre soin de". Il est évident que le petit enfant, au départ, doit être nourri physiquement et intellectuellement. Plus largement on doit pouvoir lui permettre d'entrer dans toute la complexité de sa culture et des cultures du monde. Mais cette acception va plus loin encore. "Prendre soin de l'être" disait Philon d'Alexandrie. "Nourrir la vie" (le Qi, l'énergie) soulignaient les Anciens Chinois. Éduquer, sous cet angle, consiste à accompagner le sujet vers une autonomie d'existence où il trouvera les moyens d'accomplir cette prise en compte de son élan vital.
Éduquer, c'est également "conduire hors de". L'éducateur suggère, sans imposer, au sujet d'autres voies que les sentiers battus de tous temps. Il lui fait entrevoir d'autres possibilités de vie que ceux dont il est l'objet et non le sujet autonome. C'est l'ouverture sur l'esprit critique. La pensée occidentale, de ce point de vue, à joué un rôle essentiel. En Orient, la tendance est de s'inscrire dans un ordre social censé refléter l'ordre cosmique. L'harmonie universelle préétablie et humanisée réduit considérablement les possibilités de critique. L'"art du détour" permet de nuancer la fonction conflictuelle de toute vie sociale.
L'éducation est avant tout une transformation du regard que l'on porte sur soi-même, les autres et le monde. Un nouveau regard qui change tout en nous permettant d'accéder à un niveau différent de réalité. Elle suppose une lente maturation, un processus de travail sur soi-même qui inclut un effort persévérant. Elle ne va pas sans l'accompagnement d'autrui. L'autre dans l'éducation dépasse largement la catégorie des enseignants et englobe tous les éducateurs du banal et du quotidien, de la famille aux amis et aux relations.
Un objet, matériel ou symbolique, un élément naturel, un animal, une fleur, un paysage peuvent même être éducatifs, pour celui qui sait "apprendre". Un sourire, une grimace, un regard différent, un cri suscitent une réflexion éducative. "L'éducation tout le long de la vie" est constituée d'une kyrielle ininterrompue de faits, d'événements, de rencontres qui entrent dans le processus "apprendre". Les ruptures de vie, en particulier, sont particulièrement éclairants en éducation. Comme l'idéogramme chinois le propose, la "crise" s'ouvre sur, à la fois, un danger et une opportunité, dans le cours du changement dans le "procès" du monde. L'éducation réussie permet au sujet de rester fluide face à toute crise.
La sagesse, toujours inachevée, est le résultat de l'éducation. On peut la définir comme une véritable spiritualité laïque. Il s'agit bien d'une spiritualité, c'est à dire un dépassement de la dimension individuelle et collective de toute existence humaine, sans pour autant, poser l'existence nécessaire d'un Dieu transcendant.
Le bouddhisme philosophique est une expression de cette sagesse. Mais il requiert encore une organisation religieuse (temples, moines, rituels etc). La philosophie de Krishnamurti, sans dieu explicite, sans rituels, sans maître spirituel, paraît être mieux appropriée à ce que j'entends par sagesse.
La transmission de savoirs est nécessaire mais insuffisante. Elle permet de socialiser le sujet dans sa culture, mais, en même temps, elle le conditionne d'une façon inconsciente. L'éducation consistera, paradoxalement, à transmettre des savoirs et à remettre en question tout savoir dans son impérialisme à vouloir tout expliquer. L'éducation s'ouvre sur une relation d'inconnu, alors que le savoir enferme dans une certitude rassurante. "Apprendre" est la clé qui ouvre le savoir pluriel sur l'incertitude de ses fondements, sans jeter le bébé avec l'eau du bain.
Le changement permanent de tout ce qui paraît stable et immuable constitue le fondement de toute sagesse.
L'éducation commence vraiment lorsque le sujet a pris conscience qu'il est mouvement, changement.
Il est changement parce qu'il a constaté, enfin, un jour, que rien ne résiste au temps, que tout se transforme. Lui-même ne fait pas exception. Il vieillit, il tombe malade, il meurt.
Le jeune prince Gautama Sakyamuni en a éprouvé les affres lors de la sortie de son palais royal en rencontrant une vieillard, un malade, un mort et, plus tard, un ascète. Tout être humain fait, tôt ou tard, cette expérience. Beaucoup la recouvrent par des amusements mondains et tentent de l'oublier au profit d'une idéologie de la jouissance qui dissimule mal la fin du désir. Quelques uns la prennent à la lettre et débouchent sur un chemin de l'intérieur qui à la fois les approfondit et les gravifie.
Ce sont de ces derniers dont je veux parler.
L'éducation, pour ce type de sujets, devient une pièce maîtresse de leur existence. Elle dure "tout au long de la vie" comme on dit aujourd'hui. Le sujet prend conscience de ce que veut dire "apprendre". Il ne s'agit pas simplement d'acquérir des savoirs, des savoirs faire, des savoirs exister, pour entrer dans la communauté humaine et sociale.
Apprendre implique bien plus que cela. Une aptitude à saisir, dans chaque circonstance de la vie, à chaque instant, le jeu de la naissance et de la mort de toute chose, de tout événement, en soi comme dans son environnement. Apprendre ouvre l'esprit sur le devenir permanent du monde et, du même coup, sur l'impermanence de ce qui semble le plus stable, le plus sûr. Ce "saisissement" et ce "discernement" du surgissement et de l'évanouissement de ce qui "advient" est la propre même du processus "apprendre". Il met en œuvre chez le sujet, un sens intuitif, une imagination active, une faculté raisonnante, une affectivité impliquée, une ouverture à l'imprévu. Le corps est concerné au même titre que l'intellect.
Apprendre, c'est saisir et discerner le bouillonnement des choses du monde à l'intérieur de soi.
L'éducation peut être considérée comme le dispositif le plus pertinent, à un moment donné et dans un contexte spécifique, pour que le sujet puisse "apprendre" par lui-même. On voit qu'il ne s'agit pas de "transmettre" je ne sais quel objet de connaissance, mais de permettre à l'élève d'entrer dans l'apprendre en découvrant et en inventant ce que le monde lui impose dans sa confrontation immédiate. L'éducation est ce qui fait dialoguer le sujet et le réel.
Sous cet angle, l'éducateur est un artisan de la relation. Il sait écouter le mouvement de l'apprendre chez son élève de telle sorte qu'il lui offre, sans cesse, des possibilités d'aller plus loin pour comprendre. L'éducateur n'est pas un capitaliste du savoir mais un improvisateur de dispositifs pédagogiques. Il sait tenir compte du contexte et des innombrables interactions qui influencent la réussite ou l'échec de toute pédagogie. On peut dire qu'il utilise des "moyens habiles", comme disent les bouddhistes, pour que son élève avance à l'intérieur de lui-même, vers cette métamorphose où il rencontrera le fond sans fond de toute chose.
Car l'éducation, par l'apprendre, vise la déconstruction de l'établi, de l'affirmé, du stable, du durable, c'est à dire sur le plan psychosociologique, de l'identité socialement instituée. L'éducation est la décomposition des rôles et des statuts. Le raclage systématique de notre imaginaire de maîtrise et de pouvoir. Ce processus d'identification, on le sait, a commencé fort tôt : dès le stade du miroir dont parle Jacques Lacan. Immédiatement, la réunification de l'être s'est effectuée par le biais de l'aliénation à l'image de soi dans le regard de l'autre.
Personne ne peut sortir de cette impasse sans une "révolution du silence" (Krishnamurti) qui change les données du problème. Elle nous fait toucher du doigt le moment même où notre identité s'est constituée, pour la première fois, dans l'imaginaire. Elle nous ramène là où rien n'était : de l'autre côté du miroir où la mort est débout à cheval sur le vide.
A ce stade l'apprendre devient incandescent. Le sujet n'accepte aucune réassurance illusoire. Il se laisse emporter par le "voir". Son savoir acquis éclate comme des bulles de savon dans le soleil. Rien ne résiste à l'implosion. Aucune route n'est sûre. L'incertitude règne en maître.
C'est le moment, dans l'apprendre, de saisir le non-agir, le non-vouloir, la non-maîtrise, le non-projet. C'est l'instant du deuil et du seuil. C'est l'ouverture sur le OUI, l'acceptation radicale de ce qui est. Peut-être qu'un "je ne sais quoi" et un "presque rien" deviendront lumière pour le sujet ? Un papillon se pose sur une branche morte et tout est dit. Le regard voit autrement le devenir du monde, d'une manière définitive.
On est souvent étonné du changement d'attitude et de comportement des sujets qui vivent cet état. Ils paraissent étranges et font un peu peur. Leurs proches ne les reconnaissent pas. Ils font des choses bizarres ou imprévisibles. Ramana Marharshi "vole" de l'argent à sa mère et part, à 16 ans, vers sa montagne d'Arounachala. UG Krishnamurti (un homonyme de Jiddu Krishnamurti) sort comme un fou dans les rues de la ville où il habite avec sa famille, sans se soucier de ce qui lui arrive. Aurobindo quitte soudain l'activisme politique pour commencer sa grande œuvre spirituelle dans une retraite quasi complète.
On pourrait citer ainsi des centaines d'exemples. Ce qui apparaît en clair, c'est que le sujet a "vu" autrement le réel. L'arbre qui était là avant, reste le même arbre, mais le sujet le "voit" d'une autre façon. Pour le peintre Mario Mercier, l'arbre du Bois de Vincennes devient Noïark, un "arbre-maître". Les anciens Chinois allaient saluer les rochers aux formes étranges en reconnaissant du même coup l'extraordinaire aventure de la nature dans son mouvement permanent.
L'apprendre, ici, entrouvre le réel pour le refermer sur une autre vision. Avant, c'était le règne de la séparation, de l'objet séparé du sujet. Pendant, c'est l'instant d'une fusion ou plutôt d'une participation illuminatrice. Après, c'est de nouveau la monde, apparemment séparé, mais en fait réunifié, ne faisant qu'un avec l'observateur.
L'apprendre change de sens. Le sujet, qui n'est plus un ego individué, apprend maintenant a jouer de sa vision. Il voit double. A la fois le monde séparé et le monde unifié, ce qui le dote d'un humour irrésistible et d'un entendement remarquable. Pour Krishnamurti, en permanence dans la non-dualité, un simple déclic suffit pour le faire "penser" fonctionnellement qu'il doit faire telle chose. La chose faite, dans l'unité de l'action, il retrouve sa tranquillité intérieure. L'apprendre devient désormais une immersion dans l'attention vigilante. Tous les faits, les événements, les situations, les rencontres, sont insérés dans un sens dynamique de la totalité du monde, mais sans projet, sans idée de but.

mardi 13 novembre 2012

Éducation, sens de la vie et conscience spirituelle laïque




Extrait des actes du colloque : Etre, créer, connaître. Quels chemins pour une éducation aujourd'hui ?, 18 septembre 2004, Paris, éd. Fédération des Ecoles Steiner-Waldorf en France - Extraits

Une petite fille qui disait à son père ! : "Les vacances, l'école, tout ça c’est très bien, mais moi ce que je voudrais, c'est vivre !"

Pour moi cela veut dire quelque chose d'être un éducateur. Cela veut dire, dans un premier temps, être passé par ce processus de préparation dont j'ai parlé, avec des auteurs, avec de l'altération provoquée par autrui, avec des modifications intérieures, quelque chose qui fait que on s'ouvre, on va vers une amplitude plus grande. Peu à peu on découvre qu'on est une personne. Qu'est-ce que c'est qu'une personne ? C'est un individu intégré au processus même du cours du monde, chez qui il n'y a plus "personne" à nommer. Et cette découverte que l'on fait à un certain moment, va transformer totalement le regard que l'on porte sur le monde. Et la question va se poser dans le for intérieur de tout enseignant !de savoir !qu'est-ce qu'il enseigne. Qu'est-ce que je peux enseigner ? Qu'est-ce que cela veut dire enseigner par rapport à ce processus de l'éducation ? (…)

Ce qui m'intéresse, c'est plutôt la notion de faire surgir le questionnement, le questionnement permanent chez les étudiants (puisque je travaille avant tout avec des étudiants) sur : qu'est-ce que vivre ? D'où la question de la petite fille... et celle encore d'une autre petite fille, la mienne quand elle avait 4 ans : Un jour, alors que nous étions au bord de la mer, en Bretagne, elle regardait cette mer se retirer très loin, laissant apparaître peu à peu des rochers et le sable, puis elle me dit ! : "Regarde papa, il n'y a plus d'eau dans la mer !" Et ce "il n'y a plus d'eau dans la mer" est quelque chose qui est resté chez moi comme une sorte de pensée permanente, laquelle n'arrête pas de susciter mon interrogation, un "kôan zen", en quelque sorte.
Effectivement, il n'y a plus d'eau dans la mer, mais la mer est pourtant toujours là. Cependant, quelque chose a disparu... et tant que l'on n'a pas compris ce "il n'y a plus d'eau dans la mer", comment peut-on éduquer ? Car on pense souvent qu'éduquer, c'est justement remplir la mer avec encore de la mer. Non. Éduquer, c'est effectivement connaître que la mer est présente en nous, à l'intérieur de nous, que nous sommes la mer, et qu'en même temps, il n'y a d'une certaine façon rien dans cette mer... il n'y a donc rien non plus en nous-mêmes.

A partir de là, quelque chose nous appelle et ce qui nous appelle c'est justement ce que je nomme le sacré radical, celui qui va à la racine et nous fait entrer (si on a la chance de s'ouvrir et surtout d'être réceptif à cette ouverture), dans une compréhension du monde où peut naître ce sentiment de faire partie d'une totalité dynamique, appelons-la : "conscience-énergie" bien que cela reste très difficile à préciser parce que c'est de l'ordre d'un ressenti profond qui fait que la question du sens de la vie ne se pose plus.
Du même coup, en un certain sens, la question de la spiritualité, elle non plus, ne se pose plus. On ne pose plus la question de la spiritualité ou du sens de la vie parce que c'est la vie qui importe, ce n'est pas la question du sens. La vie est le sens. Nous sommes la vie – quand nous sommes la vie, la question du sens ne se pose plus. Et je crois que c'est vraiment une interrogation radicale que cette source permanente que l'on a au fond de soi-même, que tout être humain, tout être vivant a au fond de lui et qui va alimenter nos réflexions et nos pratiques, notre façon d'être au monde, notre façon d'être avec les autres, et ici, tout à fait dans le sens qu'a précisé Christiane Singer, c'est-à-dire au sens d'une ampleur de plus en plus grande.

Une ouverture s'opère vers quelque chose qui est sans limite, qui ouvre notre être à chaque instant. Mais l'ouverture se fait par des questionnements, elle ne se fait pas par des affirmations. Et les affirmations qui se trouvent dans les livres (et Dieu sait si je suis quelqu'un qui lit beaucoup et qui aime lire), je sais très bien que ce n'est pas là l'essentiel.
L'essentiel c'est plutôt la question que je n'arrête pas de poser sur le monde avec un fondement qui n'est pas de me demander : "Mais, quel est le sens de la vie ! ?" Je sais que la vie a un sens, je n'ai pas besoin de me poser la question. Pour moi c'est évident que la vie a un sens, que la vie est sens. Et par ce fondement-là, précisément, des questions sont posées sur la façon dont on vit.

vendredi 13 juillet 2012

Yoga pour la famille (livre)



Le yoga est simplement la synthèse d'un esprit éveillé et d'un corps sain. La pratique du yoga augmente la force du corps, sa résistance, et améliore son bien-être général, sans interférer avec son fonctionnement naturel. Il fait passer de la dépendance du monde physique, à un plan " d'être " plus spirituel et intellectuel. C'est une science pratique visant à la réalisation ultime - moksha. 
Yoga pour la Famille a été conçu pour faire bénéficier toute la famille du plaisir des effets du yoga et dissiper le malentendu selon lequel le yoga est réservé aux malades et personnes âgées. Le livre est divisé en 3 parties - yoga pour les couples, yoga pour les femmes enceintes, et yoga pour les enfants. 
Yoga pour la Famille présenta aussi un exercice de transformation en 41 jours - Kâyakalp - qui vise à inverser le processus de vieillissement, dans la tradition des maîtres et lettrés des temps anciens. Ce livre est une approche holistique, visant à nourrir le développement à tous les niveaux : physique, mental, émotionnel, psychologique et spirituel.

Bharat Takur fut choisi par son maître, Sukhdev Brahmacarin, à l'âge de quatre ans ; il l'emmena dans l'Himalaya, où il vécut 14 ans. Il étudia le yoga, l'ayurveda, le tantra, et les mantra, ainsi que le soufisme, le jaïnisme et le bouddhisme, puis il revint de l'Himalaya, pour suivre un cursus conventionnel. Il suivit des études de Physiologie et Yoga pratiques, au Collège National d'Education Physique Lakshmibai, à Gwalior. Bharat Thakur vit à Mumbai et Dlhi. Il voyage dans le monde entier pour enseigner les techniques yogîques traditionnelles de méditation. Ces dernières ont amélioré et changé la vie de ses disciples à maints égards. Il est aussi l'auteur de nombreux livres, dont Yogapour tous (Le Courrier du Livre).

Bharat Thakur, Yoga pour la famille : Une approche holistique. 2005. Ed. Tredaniel

mardi 26 juin 2012

Les couleurs du coeur (jeu)


Jeu de 46 cartes pour découvrir, accepter, partager ses qualités. 



Le graphisme, original, joue avec le mot même de la qualité. Chaque carte s'accompagne d'une petite phrase qui interroge sur la valeur qu'elle représente. Pratique : conçu de petite taille pour emmener partout.

La beauté des valeurs est qu'elles sont universelles, communes à tout être humain au-delà des cultures, races ou religions. Essence même de l'être intérieur, elles parlent le langage du coeur. 

A tout moment, sans raison ou pour répondre à une question, tirez ou faites tirer une carte de valeur. Vous y puiserez une inspiration qui donnera une couleur à votre journée.

Laissez ensuite opérer la magie des Couleurs du Coeur : une qualité sur laquelle se pose la pensée colore subtilement votre environnement. 

Vous ne pourrez bientôt plus vous en passer ! 

Editeur : Autre éditeur
11€
Disponible sur le site des Ed. du Souffle d’or.


jeudi 21 juin 2012

Faire confiance aux enfants



En réfléchissant à l’histoire de l’humanité, on se rend bien compte que l’enfant n’a jamais eu une place de choix. Et aujourd’hui, même si l’on parle de droits de l’enfant, que l’on fait de la prévention de maltraitance, que l’on offre des loisirs et des jouets (en surabondance), rien ou presque n’est fait pour le développement de l’être de l’enfant.

Il semble que les adultes ont toujours eu une peur, une appréhension face à l’enfant, non sans raison : l’enfant est porteur d’une vie, d’une énergie qui bouleverserait tout, adultes, règles, et société.

L’enfant incarne la joie, la vérité, la liberté, il va à l’essentiel.

Les adultes ont perdu cette « connexion », alors ils l’interdisent aux enfants. Et pourtant, s’ils cherchent en eux, ils trouveront ce même enfant, prêt à relever tous les défis du monde, si seulement on lui ouvrait la porte. Ils rencontreraient aussi, à coup sûr, un enfant triste, qui a été écrasé, sacrifié à la vie adulte.

La vie est mouvement, créativité, expansion, joie de vivre. Lorsque l’on en prive quelqu’un, il s’éteint. Pour une société, c’est pareil. A force de vouloir tout contrôler, tout organiser, tout prévoir, c'est la vie que l'on a mise en cage. Les enfants nous rappellent cela chaque jour.

Voilà pourquoi la joie, le bonheur sont aussi fondamentaux dans un projet éducatif aujourd’hui. En réalité, ce n’est pas tant le projet éducatif qui apportera tout cela, il accompagnera simplement les enfants sur un chemin d'épanouissement de leurs belles qualités dans le monde.

Si nous osions leur faire confiance ?

jeudi 31 mai 2012

Krishnamurti, De l'éducation (livre)


Krishnamurti, De l'éducation. 2002. Ed. Delachaux & Niestle.
En libre téléchargement sur nous-les-dieux.org



L’éducation occupe une place centrale dans la conception du monde développée par Krishnamurti. Il a parlé, sa vie durant, du rôle de l’éducation conçue comme le moteur du renouveau intérieur, mais aussi du changement social. L’éducation est ainsi la pierre angulaire sur laquelle s’édifiera une société « bonne ».

Krishnamurti a toujours proclamé la responsabilité de l’individu face à l’ordre social : « Le monde, c’est vous. » Il s’ensuit que les actes individuels ont nécessairement une répercussion sur autrui, puisque « ’être, c’est être en relation » ; dans ce sens, il n’y a pas de conscience individuelle mais seulement une conscience humaine collective, ce qui implique que le monde n’est pas une réalité distincte de l’individu.

L’univers intérieur de chacun doit se développer en harmonie avec le monde extérieur au sein duquel il évolue : « C’est la nature profonde de l’individu qui engendrera en définitive une société bonne ou, au contraire, une dégradation progressive des relations humaines ». Toutefois, cette harmonie « est impossible à atteindre si nos regards restent polarisés sur le monde extérieur ».

Pour Krishnamurti, l’éducation doit-elle avoir pour mission de transformer la source qu’est l’individu, tant il est vrai que ce sont « les êtres humains qui créent la société, et non telle ou telle divinité dans les cieux »

Source: Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée (Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol. XXXI, n° 2, juin 2001, p. 291-305  ©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2001 


vendredi 4 mai 2012

L'éducation passe par la connaissance de soi


Entretien avec Louis Nduwumwami, propos recueillis par Fabrice Hervieu


Toute la réflexion du philosophe Krishnamurti sur l’éducation vise à donner aux enfants une chance de grandir sans préjugés emprisonnant leur mental, leur créativité et leur humanité. Pour une vision globale de la vie.

Jiddu Krishnamurti, décédé à Ojai aux Etats-Unis en 1986 est né en 1895 dans le sud de l’Inde à Madanapalle, Le sage va faire de l’éducation un de ses principaux thèmes de réflexion. Pendant près de soixante ans, il voyage dans le monde entier, donnant surtout des conférences publiques, s’adressant souvent aux jeunes et aux étudiants. Il a marqué plusieurs générations de penseurs de renommée internationale en psychologie, en philosophie et en sciences de la matière. Krishnamurti a publié plus d’une trentaine d’ouvrages, et il existe aujourd’hui sept écoles se réclamant de son enseignement dans le monde. L’homme ne se réfère à aucune religion, à aucune secte, à aucune philosophie, ni à aucune nationalité, car son enseignement vise non pas à convaincre de sa propre vision, ni à faire adhérer à ce qu’il énonce, mais à déclencher chez les individus un processus de découverte et d’auto-observation. Tout son enseignement consiste en une description de ce que nous sommes en tant qu’être humain. Son objectif est donc de libérer psychologiquement les individus. Louis Nduwumwami, professeur de philosophie de l’éducation et d’an- thropologie culturelle à l’université du Burundi, a publié une thèse de doctorat d’État sur la conception de l’éducation selon Krishnamurti.

Nouvelles Clés : Krishnamurti souhaitait-illa suppression du système éducatif tel que nous le connaissons en Occident ?
Louis Nduwumwami : Krishnamurti ne va pas jusqu’à exiger la suppression de récole en tant que telle, mais il souhaite, à plus ou moins long terme, la disparition du système éducatif actuel qui fabrique selon lui des jeunes névrosés et immatures. Notamment en leur inoculant les germes corrupteurs de la violence, des divisions nationales et religieuses. Ce système, que l’on ne retrouve pas seulement en Occident mais un peu partout dans le monde, se contente de transmettre un héritage culturel ou scientifique dans une ambiance souvent contraignante et autoritaire. Il attend de ses élèves qu’ils ne soient que de bons enregistreurs de connaissances avec, pour tous, le même but à atteindre. Une uniformité jugée en plus inadaptée parce que trop élevée pour certains et pas assez pour d’autres. L’école traditionnelle apparaît donc comme une puissante machine à conditionner les comportements, réduisant l’originalité, la spontanéité et la liberté par un entraînement intensif au conformisme et à l’obéissance servile. Or, selon Krishnamurti, la toute première des tâches, pour le maître comme pour l’élève, est de refuser les conditionnements qui transforment l’homme en automate et emprisonnent son cerveau.

N.C. : Mais que manque-t-il profondément à cette école traditionnelle, selon Krishnamurti ?
L.N. : Surtout une vision globale de la vie. Il veut créer une école qui envisage la vie dans sa totalité. Pas une école qui forme seulement l’ingénieur, le chimiste, l’architecte, le boulanger, mais une école qui forme tout l’homme. Il donne une place exceptionnelle à ce qu’il appelle la connaissance de soi. Krishnamurti ne demande pas de se couper de ses racines, mais d’abord d’en prendre conscience. Il y a par exemple des religions fondées principalement sur la peur qui peuvent représenter un lourd handicap dans la vie de certaines personnes. Dans ce cas, il s’agit de prendre conscience de cet héritage, et de tenter de s’en libérer.
Dans toute éducation, il y a toujours des conditionnements à dépasser.

N.C. : Peut-on dire que Krishnamurti reproche aux écoles traditionnelles d’accorder trop de place à l’intellect ?
L.N. : Bien sûr. Il ne faut pas, selon lui, seulement cultiver le cerveau et s’intéresser au savoir. Krishnamurti ne méprise pas le savoir, il s’est intéressé de près aux découvertes scientifiques, aux ordinateurs, il a même toute sa vie discuté avec les plus grands savants. Il cherche à épanouir tout l’homme : le coeur, le corps, la pensée, la sexualité, le sens du sacré.

N.C. : Pourquoi Krishnamurti récuse-t-il l’esprit de comparaison en éducation ?
L.N. : La comparaison entre deux enfants n’épanouit ni l’un ni l’autre. Or, les systèmes éducatifs d’aujourd’hui restent largement fondés sur cette notion de compétition entre les jeunes. Ils entraînent un climat de peurs, de tensions, de rivalités au sein de l’école. Pour Krishnamurti « la pleine capacité du jardinier est la même que la pleine capacité du savant ». Parce que, précisément, il ny pas de comparaison : quel que soit l’enfant, il vaut n’importe qui. Et l’on ne peut épanouir ce que l’on est profondément si l’on perd du temps à se mesurer aux autres. Il disait : « Tant que nous prendrons le succès pour but, nous ne serons pas affranchis de la peur, car le désir de réussir engendre inévitablement la crainte d’échouer. » Cette course contribue même dans certains cas à la perte pure et simple de la vie : je pense par exemple aux cas de suicides de jeunes enfants au Japon.

N.C. : Comment, dans ce contexte, faire prendre conscience aux enfants de leurs conditionnements ?
L.N. : Tous les instants de la vie quotidienne sont une occasion de se connaître en pleine lucidité : s’observer soi-même, dans ses attitudes, dans ses relations avec les autres, dans les images que nous donnons aux autres... Voilà le début d’une véritable éducation pour Krishnamurti. C’est pourquoi son enseignement est avant tout celui d’un certain art de vivre accordant une place primordiale à la notion de relation : avec les autres, avec son environnement, avec la nature. Rééduquer les éducateurs est la priorité absolue pour Krishnamurti. Pour lui, le problème numéro un n’est pas l’enfant, mais bien les parents et les enseignants. On passe des années à apprendre à devenir médecin, mais n’importe qui se croit autorisé à s’improviser parent sans avoir été préparé à cette responsabilité sacrée.
Et finalement il n’est pas étonnant qu’il y ait tellement de dégâts.

N.C. : Mais comment demander aux adultes de lutter contre leur propre conditionnement, alors qu’ils sont déjà formés, alors que « le mal est fait » si l’on peut dire ?
L.N. : Krishnamurti dit qu’il faut oser poser des questions impossibles comme celle-là. Prendre conscience d’un conditionnement, d’une peur, d’une souffrance, c’est aussi les dépasser, les dissoudre. Est-il possible de se libérer du passé ? Un telle question, par son immensité et sa radicalité, peut nous réveiller, nous sortir de la médiocrité. Toute sa vie durant, jusqu’à son lit de mort, Krishnamurti a toujours répété qu’il n’appartenait à aucun pays, qu’il n’avait pas de nationalité. Il a refusé d’être un Indien, il a refusé d’être affilié à une tradition bouddhiste ou hindouiste, il a toujours refusé son rattachement à un mouvement... Et comme pour mettre en oeuvre ce détachement, pendant plus de soixante ans il a voyagé de manière pratiquement ininterrompue en ne séjournant que rarement plus de trois mois dans chaque pays. Et si on se penche vraiment sur sa pensée, on découvre que c’était peut-être un exemple vivant de « citoyen du monde ».

Un centre de recherche à l’université, le Groupe de recherche sur l’enseignement de Krishnamurti (GREK), est né à la rentrée universitaire 1995 en france. Il dépend du département des Sciences de l’éducation de l’université Paris VIII et a pour objectif de promouvoir la connaissance de l’approche éducative du philosophe d’origine indienne. Voici quelques thèmes de recherche proposés à titre indicatif : « Krishnamurti et le silence en éducation » ; « Le sage et les sociologues : Krishnamurti, Pierre Bourdieu et le rapport aux conditionnements » ; « Krishnamurti, Gaston Bachelard, un rationalisme appliqué ? »

mardi 13 mars 2012

Les écoles Krishnamurti




S’il se méfiait terriblement des croyances et des enthousiasmes idéologiques, qui aliènent si facilement la créature humaine et font le lit des totalitarismes d’où qu’ils viennent, Krishnamurti n’en resta pas pour autant coincé dans une vision exclusivement critique du monde. Il accepta de s’engager. Son engagement principal s’adressa aux enfants et aux jeunes : il fonda plusieurs écoles, en Angleterre, aux Etats-Unis et en Inde. « Ces écoles, disait-il, ont pour préoccupation de susciter l’apparition d’une nouvelle génération d’êtres humains, libres de toute action égocentrique. Aucun autre centre d’éducation ne s’en soucie, et c’est à nous autres, éducateurs, qu’incombe la tâche de susciter l’émergence d’un esprit sans conflit intérieur, et ainsi de mettre fin aux conflits dans le monde qui nous entoure... » Vingt ans après la mort du visionnaire, il serait intéressant que l’expérience de ces écoles profite à tous les pédagogues - au-delà des pionniers, privilégiés et anglo-saxons (une année scolaire coûte au minimum 10 000 euros) qui les ont inaugurées. Si Platon ou Rabelais vivaient à notre époque, nous serions intéressés de savoir comment ils organisent leurs écoles, nonobstant le caractère élitiste de l’entreprise : celle-ci pourrait être considérée comme un banc d’essai. Voici donc, très concrètement, les « fiches techniques » des écoles Krishnamurti.

  •  Des objectifs révolutionnaires

Les objectifs de ces écoles ne peuvent être mieux définis que par Krishnamurti lui-même.
Voici donc tout d’abord des extraits de lettres qu’il écrivit aux écoles qu’il fonda :
« Comme je voudrais rester en contact avec toutes les écoles en Inde, avec celles de Brockwood Park en Angleterre, d’Oak Grove à Ojaï en Californie et de Wolf Lake au Canada, je me propose de leur adresser une lettre chaque quinzaine, et cela le plus longtemps possible. « L’épanouissement est quelque chose de vraiment important, sinon l’éducation devient simplement un processus mécanique orienté vers une carrière, une profession. Dans la société telle qu’elle existe actuellement il est inévitable de se préoccuper de carrière et de profession, mais si nous leur consacrons tous nos efforts, alors la liberté de s’épanouir s’étiolera peu à peu. Nous avons accordé bien trop d’importance aux examens et aux diplômes. Ce n’est pas là le but essentiel pour lequel ces écoles ont été fondées, ce qui ne veut pas dire que le niveau scolaire des élèves y sera moins bon. Au contraire, l’épanouissement du professeur et de l’élève, la carrière et la profession prendront leur juste place.
« Ces écoles existent essentiellement pour aider à la fois l’élève et l’éducateur à s’épanouir dans la bonté. Cela exige l’excellence dans le comportement, les actes et les relations.
C’est vers quoi nous tendons et c’est pourquoi ces écoles ont été créées, non pas pour former de simples carriéristes, mais pour promouvoir l’excellence de l’esprit. L’épanouissement de la bonté ne réside pas dans le fait de connaître les mathématiques et la biologie ou de passer des examens et de faire une belle carrière. Il existe en dehors de cela et quand il y a cet épanouissement, le métier et les autres activités nécessaires sont transformés par sa beauté. Actuellement nous accordons de l’importance à l’un en négligeant entièrement l’autre, c’est-à-dire l’épanouissement. Dans nos écoles, nous essayons de mener les deux choses de front, non pas artificiellement ni selon un principe ou un modèle, mais parce que vous voyez comme une absolue vérité, que ces deux choses doivent aller de pair pour que l’homme puisse se régénérer.
« Une école doit être un lieu où l’enseignant et l’enseigné explorent non seulement le monde extérieur, le monde du savoir, mais aussi leur propre pensée, leur propre comportement.
À partir de là, ils commencent à découvrir leur conditionnement et comment celui-ci déforme leur pensée. Ce conditionnement est le moi auquel on accorde une importance considérable et cruelle. La libération du conditionnement et de ses souffrances commence avec cette prise de conscience. Ce n’est que dans une telle liberté que l’on peut véritablement apprendre. Dans ces écoles, il est de la responsabilité de l’enseignant de poursuivre avec l’élève une exploration prudente des implications du conditionnement et ainsi d’y mettre fin.
« C’est donc par vous que nous commençons, par vous l’élève surtout, et aussi l’éducateur qui vous aide à vous connaître vous-même. C’est là le rôle de toute éducation. Nous avons besoin de créer une bonne société dans laquelle tous les êtres humains puissent vivre heureux et en paix, sans violence, en sécurité. C’est vous, les élèves, qui portez cette responsabilité. Une bonne société ne se crée pas grâce à quelque idéal, à un héros ou à un chef, ou à quelque système soigneusement élaboré. Il vous faut être bons parce que vous êtes l’avenir, vous ferez le monde, soit tel qu’il est en le modifiant, soit comme un monde dans lequel vous et les autres pourrez vivre sans guerres, sans brutalité, avec générosité et affection. »


  • Le centre éducatif de Brockwood Park

Le Centre éducatif Krishnamurti de Brockwood Park, en Angleterre, a été fondé en 1969, pour donner la possibilité aux élèves et au personnel, venant du monde entier, « d’explorer leur propre nature et celle de l’humanité. » L’enseignement y est centré sur la vie considérée comme un tout. Les matières scolaires y ont une place importante, mais elles n’en constituent qu’une part, dans un processus continu qui englobe bien d’autres transmissions. Une telle façon d’apprendre peut non seulement amener un plus grand épanouissement des capacités de l’élève et de l’éducateur, mais peut-être aussi une compréhension profonde de ce que doit être « une vie correcte » et « l’épanouissement dans la bonté », de se libérer de la peur, du conflit et de toutes les autres formes de conditionnement et finalement d’entraîner un changement fondamental dans l’esprit humain.
Ce centre est situé dans les collines du Hampshire, au sud de l’Angleterre. Le bâtiment principal est un grand et beau manoir géorgien construit en 1769, il est entouré d’un parc planté de magnifiques arbres rares venus des quatre coins du monde. C’est évidemment un cadre idéal pour la soixantaine d’étudiants très privilégiés et la trentaine de membres du personnel venus à Brockwood de plus de vingt pays différents.
L’âge des élèves va de 14 à 25 ans environ, les plus jeunes suivent des cours qui préparent à l’Université tandis que les plus âgés suivent les cours de l’Université. Ceux qui préparent l’entrée à l’Université peuvent passer les examens requis pour les Universités anglaises et la plupart des Universités européennes ou bien ils peuvent préparer l’entrée aux Universités américaines...
Les classes contiennent en moyenne trois ou quatre élèves et beaucoup ont des cours particuliers dans certaines matières. En dehors des matières nécessaires aux examens, il y a peu de cours fixes. À leur place, en début d’année, les étudiants et le personnel collaborent pour créer les cours qui répondent aux intérêts et aux demandes des étudiants. A Brockwood - dans la mesure où il y a un petit nombre d’étudiants appartenant à une tranche d’âge très large et venant de milieux culturels et éducatifs extraordinairement variés - il n’y a pas deux étudiants pareils et il serait impossible d’établir un plan d’étude qui convienne à chacun. Donc, si l’on garde à l’esprit qu’une éducation complète favorise le développement des divers aspects du cerveau et des aptitudes de l’individu et si l’on se souvient que la vie est un tout, même si la spécialisation a bien sa place et qu’il n’y a pas de meilleure façon de l’aborder que globalement, des programmes d’études individuels et même souvent des cours particuliers sont créés pour chaque étudiant. Il n’est pas rare de voir plus de 130 cours pour une soixantaine d’étudiants.
Les étudiants et le personnel vivent, travaillent et jouent ensemble, en s’efforçant de comprendre l’enseignement de Krishnamurti et de le vivre dans leur quotidien. On demande à chacun d’être pleinement responsable de ses actes tout en restant soucieux du bien de toute la communauté. On demande aussi à chacun d’explorer les aspects les plus profonds de sa vie, et de réaliser l’importance de la relation et la nécessité de travailler avec les autres dans cette enquête. On accorde une grande importance à apprendre à travailler ensemble sans conformisme et sans imposer une autorité psychologique.
Tous les membres du personnel - aussi bien les professeurs que ceux qui s’occupent des questions administratives, de l’entretien, du jardin et de la cuisine - reçoivent le même salaire et partagent la même responsabilité pour tout ce qui concerne l’éducation qui est le premier souci de Brockwood. La plupart des membres du personnel a de multiples fonctions (par exemple le jardinage et l’enseignement, l’administration et l’entretien) et chacun n’a d’autre autorité que celle nécessaire à son activité sans que cela ne lui confère un quelconque prestige. C’est la Direction qui coordonne toutes les activités de l’école. Mais en ce domaine comme dans la plupart des autres, les décisions importantes sont généralement prises après avoir consulté le personnel et souvent avec toute l’école.


  • La vie quotidienne à Brockwood

La journée commence à 7 h 25, heure à laquelle tout le monde doit avoir quitté sa chambre, prêt pour la journée. À 7 h 30, il y a une réunion matinale où tous ceux qui sont présents s’assoient ensemble en silence pendant dix minutes ou bien écoutent un morceau de musique ou un poème apporté par quelqu’un. Le petit-déjeuner a lieu après. Vers 8 h 20, tout le monde a fini de nettoyer sa chambre et à 8 h 25 les travaux matinaux commencent. Pendant la demi-heure de travaux matinaux, tout le monde (personnel et étudiants) assume une des nombreuses tâches journalières nécessaires au fonctionnement de Brockwood : nettoyage des sols et des salles de bains, mise en ordre des pièces communes et des salles de classe, ramassage des légumes et des ordures, cassage du bois, nettoyage des voitures, etc.
En dehors de l’aspect pratique, cela joue un rôle éducatif et psychologique important : consacrer chaque jour un moment au bien-être de tous.
Les cours se déroulent de 9 h à 13 h. Après le déjeuner, le personnel et les élèves font la vaisselle à tour de rôle. Ensuite, repos jusqu’à 15 h. Les activités de l’après-midi dépendent de la journée. Elles comprennent des cours, du sport, des réunions, des ateliers d’artisanat et d’art, du théâtre, de la danse, etc. Le dîner est à 19 h...
Le soir, il peut y avoir du chant choral ou des danses folkloriques, mais c’est avant tout un moment de rencontre et de travail personnel. Coucher vers 22 h.
Ici, le « week-end » a lieu de mardi midi à jeudi matin, afin de laisser élèves et enseignants libres quand les magasins sont ouverts. Ainsi, le samedi et le dimanche, tout le monde est mobilisable quand la plupart des invités débarquent du dehors.

  • Le programme des études

En début d’année scolaire, avant la mise en place des cours, les élèves et le personnel passent une semaine à discuter des besoins et des intérêts des élèves. Les cours sont ensuite créés en fonction de ces discussions. On encourage les élèves à avoir des programmes très complets et à ne pas envisager les différentes disciplines sous leur angle propre, mais d’un point de vue plus large en liaison avec les objectifs de Brockwood.
Par exemple, l’étude de la littérature peut être une exploration des situations humaines et ainsi contribuer à une compréhension plus profonde de l’expérience commune. Elle peut aussi être un moyen d’apprécier le pouvoir et les limites du langage. L’étude d’une langue étrangère peut aider à voir les limites de notre façon de penser (qui est déterminée par les mots) et à comprendre le contexte culturel des autres. L’histoire peut être une approche de l’histoire de l’homme qui est inscrite dans chaque individu et dans le passé. Elle peut amener une réflexion de l’étudiant sur lui-même. Les mathématiques sont une étude de l’ordre et elles peuvent permettre le développement d’un raisonnement clair et rationnel. Les sciences sont une approche systématique de la compréhension du monde matériel et de ses relations avec nous. Elles permettent aussi de développer le sens critique. L’art, la musique, le théâtre, la danse et les activités artisanales peuvent servir à explorer la nature de la sensibilité, de la beauté et de la communication. Le sport et les activités matérielles nécessaires à l’entretien de l’école sont importants pour apprendre la responsabilité vis-à-vis de notre corps et de notre environnement.
Quand un étudiant a développé une compréhension suffisante lui permettant d’établir des liens entre un certain nombre de disciplines et les objectifs de Brockwood, on l’incite à suivre un ou plusieurs cours d’Étude Générale. Ces cours familiarisent l’élève avec un apprentissage qui a un sens, et met l’accent sur la façon dont on voit les choses et sur la répercussion que cela a sur ce qui est vu. Ces cours (Un Homme Unique, Une Terre Unique, Le Mouvement Moderne et Science et Société) qui concernent tous la conscience de l’Homme, font partie du programme des études depuis sept ans et sont généralement enseignés en équipe d’au moins deux membres du personnel appartenant à des disciplines différentes. Afin que le contenu d’une matière scolaire soit plus facilement rattaché au monde dans son ensemble, plusieurs classes se sont rencontrées pendant quatre à six semaines au Brésil, en Allemagne, en Grèce, en Inde, en Italie, au Kenya et en Suisse. Nous pensons que si le contenu d’un cours n’a pas de rapport direct avec la vie quotidienne et le monde dans leur ensemble ainsi qu’avec l’étudiant, alors ce cours n’a pas de valeur. Si un cours n’a pas de rapport avec les explorations et les investigations qui sont les buts de Brockwood, il n’a guère de sens.
Compte tenu du caractère particulier de Brockwood, on ne demande jamais les livrets scolaires aux étudiants qui veulent faire acte de candidature à Brockwood. À la place, l’école essaye de déterminer comment le candidat comprend les buts de l’école et quelle est la nature de ses motivations pour s’y associer. Pour cela, le candidat est invité à venir passer une semaine à Brockwood...



samedi 10 mars 2012

Krishnamurti, se libérer du conditionnement (video)


Range le livre, la description, la tradition, l'autorité, et prends la route pour découvrir toi-même.
Krishnamurti

vendredi 24 février 2012

De la joie dans la crise


Alors que nous sommes actuellement confrontés à une crise peut-être sans précédent qui touche de nombreux domaines, nous vivons aussi une formidable opportunité, celle de réinvestir nos valeurs. Une crise, en réalité, est le signe de la nécessité d'un changement. Elle peut donc être envisagée comme étant  salutaire. Plus l'on résistera au changement, et plus la crise semblera âpre et difficile à vivre.

Dans ses Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand écrivit que "les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes." 

Un autre monde est possible, une autre vie est possible. Il est temps de remettre en lumière des valeurs de coeur, telle que la joie, la gratitude, ou encore l'espoir pour amplifier ce changement déjà amorcé un peu partout autour du monde, par des individus conscients. Un monde plus conscient, plus vivant!

En cela, l'éducation est un formidable terreau. Elle permet, tout au long de l'existence, d'apprendre, de se remettre en question, d'acquérir des savoirs et des compétences, en vue de s'épanouir et de se réaliser. Dès lors, il est crucial d'intégrer consciemment et clairement des valeurs positives dans les programmes pédagogiques. 

Qui a parlé de la joie, de la gratitude, de l'émerveillement, du bonheur, et de toutes ces valeurs ou qualités qui sont des émanations de l'être, de la philosophie ou de la spiritualité, à l'école? Bien peu d'entre nous, malheureusement. Et pourtant, comment construire différemment, si l'on reproduit toujours les mêmes vieux schémas? L'on constate aujourd'hui que le changement doit être initié d'urgence. D'abord de l'intérieur même de nos personnes, non plus tant de l'extérieur. L'extérieur ne fait que refléter le cheminement intérieur.

Je choisis de ne pas préparer mon enfant à un monde difficile, compétitif, en souffrance. De ne pas perpétuer les valeurs qui sont en voguer dans cette société et dans cette éducation classique : compétition, règne de l'avoir, déconnexion d'avec la nature, superficialité, la conditionnalité, etc.

Je choisis de cultiver avec mon enfant un présent (et un avenir) d'espérance. De nourrir la joie au quotidien, d'incarner des valeurs telles que la solidarité, le partage, l'équité, la vie intérieure, un rapport harmonieux et respectueux au possible avec la nature, l'inconditionnalité, la liberté, la responsabilisation, la confiance, etc. 

Je choisis de saisir l'opportunité d'un éveil, à l'échelle individuelle, sociétale et planétaire. Je choisis de me relier à la Joie, qui est une émanation de ma nature profonde. Je choisis de me laisser guider par ma joie, qui saura toujours me montrer ce qui est bon pour moi. 

A monde nouveau, paradigmes nouveaux. 

dimanche 19 février 2012

Ivan Illich : Une société sans école (livre)



Dans le monde entier, l’école nuit à l’éducation parce qu’on la considère comme seule capable de s’en charger.

L'école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes, autant de faux progrès qui consistent à produire des élèves dociles, prêts à consommer des programmes tout à fait préparés par les « autorités » et à obéir aux institutions. A cela il faut substituer des échanges entre « égaux » et une véritable éducation qui prépare à la vie dans la vie, qui donne le goût d'inventer et d'expérimenter.
L'auteur de Libérer l'avenir poursuit ici sa recherche, pour les nations riches ou pauvres, d'un autre mode de vie : or l'école doit pouvoir devenir le principal lieu d'une rupture avec le conformisme.

Illich expose un point de vue radical : l’école, en s’appropriant l’éducation, a détourné celle-ci de ses objectifs. Dans son expérience, il en vient même à comparer l’école avec une église dogmatique : « L’école est devenue la religion mondiale d’un prolétariat modernisé et elle offre ses vaines promesses de salut aux pauvres de l’ère technologique. L’état-Nation a adopté cette religion, enrôlant tous les citoyens et les forçant à participer à ses programmes gradués d’enseignement sanctionnés par des diplômes ».

Avec son lot de dérives : ennui, absence d’apprentissage, absence de connaissance et d’épanouissement, fracture sociale amplifiée, etc. Des conséquences désastreuses qui démontrent que « le système scolaire obligatoire représente finalement pour la plupart des hommes une entrave au droit à l’instruction ».

« Un véritable système éducatif devrait se proposer trois objectifs. À tous ceux qui veulent apprendre, il faut donner accès aux ressources existantes, et ce à n’importe quelle époque de leur existence. Il faut ensuite que ceux qui désirent partager leurs connaissances puissent rencontrer toute autre personne qui souhaite les acquérir. Enfin, il s’agit de permettre aux porteurs d’idées nouvelles, à ceux qui veulent affronter l’opinion publique, de se faire entendre. »

Illich développe sa réflexion à travers 4 arguments de base :
  1. la scolarisation universelle (telle qu’elle est pensée aujourd’hui) n’est pas possible et ne sera jamais viable ; 

  2. la révolution éducative ne se fera pas avec de nouveaux outils, ni un rapport enseignants-enseignés différent ; 

  3. proposer un apprentissage en réseaux afin d’apprendre et de partager, d’éveiller la curiosité toute la vie durant ; 
 
  4. la société doit impérativement se déscolariser.

L'auteur vu par l'éditeur
Ivan Illich (1926-2002), prêtre, a dirigé l'université catholique de Porto Rico, puis fondé, à Cuernavaca (Mexique), le CIDOC, Centre international de documentation où l'on s'initie au monde latino-américain et participe à l'analyse critique de la société industrielle.

Ivan Illich, Une société sans école. 2003. Ed. du Seuil. 7€

mercredi 8 février 2012

Livres: Michel Claeys Bouuaert et l'éducation émotionnelle


Michel Claeys Bouuaert, psychothérapeute né en Belgique, père de quatre enfants, a fondé une des premières librairie de développement personnel à Bruxelles dans les années 80. Il a créé l’association Deuil et Transition en 1992. Depuis 2000, il poursuit son travail d’éducateur, et d’animateur à Pékin.
Site de Michel Claeys Bouuaert: Emotionaleducation.org

Pratique de l'éducation émotionnelle - Apprentissage de la relation et de la communication justes
L’intelligence émotionnelle est dans l’air du temps. A juste titre ! Il est enfin reconnu qu’aucune réussite, aucune vie heureuse, aucune société harmonieuse n’est possible sans compétences dans le domaine du "savoir être". Quelles sont ces compétences ? Comment les développer ? Comment les enseigner ? 

Michel Claeys Bouuaert nous livre ici des réponses pratiques. Au travers de dialogues et de jeux, l’auteur propose un parcours captivant contenant les clefs des apprentissages nécessaires en éducation émotionnelle. 
Formuler des demandes, gérer les conflits, développer l’écoute active, relâcher le jugement et les schémas de victime, développer la pensée positive, telles sont quelques-unes parmi les nombreuses pistes menant à une vie créatrice, libre, ouverte, confiante et pleine de réussite.

Mine d’inspiration pour l’enseignant ou l’éducateur, ce livre propose un cadre précis et les outils nécessaires pour introduire l’éducation émotionnelle à l'école, dans les groupes et activités parascolaires, et également au sein de la famille. 

Par son approche pédagogique cohérente, ce livre s’adresse à tous ceux qui cherchent à améliorer leur existence personnelle, relationnelle, familiale ou professionnelle.

Un parcours riches en surprises et en révélations, rassemblant le meilleur de ce qui a été imaginé et expérimenté dans les différentes écoles de développement personnel ces dernières décennies !
Michel Claeys Bouuaert, Pratique de l'éducation émotionnelle - Apprentissage de la relation et de la communication justes. 2008. Ed. du Souffle d’Or. 22€.

Education émotionnelle : guide de l'animateur
Des outils pratiques pour tous ceux qui se sentent appelés à jouer un rôle actif dans ce domaine, enseignants, éducateurs, animateurs, formateurs.
Avec fiches de jeux et activités éducatives.

Cet ouvrage, en plus d'une introduction très complète sur les modalités de mise en place et d'utilisation des outils pédagogiques présentés, rassemble sous forme de fiches la totalité des jeux et activités qui, dans le texte de base, sont joués et commentés en situation. Ce “guide” est un complément pédagogique au livre du même auteur également publié aux Éditions Le Souffle d'Or : 
Pratique de l’éducation émotionnelle - Apprentissage de la relation et de la communication justes.

Michel Claeys Bouuaert, Education émotionnelle : guide de l’animateur. 2008. Ed. du Souffle d’Or. 19€

jeudi 2 février 2012

Réflexion: une nouvelle éducation


- Une éducation de l'être
Une éducation qui privilégie l'être à l'avoir et au faire. Ceux-ci sont importants, mais l'être en est le fondement indispensable. Apprendre à être, à être soi, à s'épanouir, se réaliser, en tant que personne unique, joyeuse et créative, en tant que personne responsable et libre de sa vie. 

- Joyeuse
La Joie... Est un état d'être. Elle est bien plus qu'une émotion. Nous l'avons déjà, à la naissance, et les enfants incarnent souvent cette joie essentielle à merveille, avant de la perdre peu à peu, conditionnés par l'environnement. Parfois, nous croisons des personnes âgées qui rayonnent de cette joie si simple et profonde, acquise au long des expériences. La plupart la recherchent toute la vie durant. Pourtant, elle est là, présente depuis toujours, il suffit d'ouvrir une porte en soi. 

- Respectueuse
Le respect de l'unicité de chacun, de ses rythmes, de ses préférences, de son être et de ses choix... Le respect de soi, et des autres. Dans cette authenticité, nous pouvons alors tisser des relations seines et enrichissantes. Un respect bienveillant, qui accueille intégralement, sans jugement, et qui a aussi ses limites, propres à chacun.

- Non-violente
Parce qu'il est temps, vraiment, de laisser derrière nous les anciens paradigmes et les gestes qui trahissent la violence. La tape sur la main d'un enfant est déjà un geste violent, il n'est pas bienveillant, et il apprend à l'enfant qu'il est aimé quand il fait ce qu'on lui demande. Aimer, ce n'est pas apprendre aux enfants que le monde est difficile et qu'il faut à tout prix s'endurcir, se défendre et se battre. La non-violence est ce qui fait la dignité de l'humain: désarmé, aimant et bienveillant. 

- Vivante
Une éducation qui fait une place importante au vivant est en perpétuel changement. Elle est souple, adaptable à chacun, car chacun participe activement à se construire. Elle est aussi vivante car elle inscrit l'homme dans un environnement plus large, à l'échelle du cosmos, reliant tous les êtres vivants, dans une nouvelle écologie. Avec les responsabilités que cela inclut et des choix à faire concernant l'environnement, l'alimentation... Choisir ce qui nous fait vraiment du bien, pour faire du bien autour de nous.

- Libre et Responsabilisante
Une éducation libre laisse la possibilité à l'enfant de choisir, de participer activement à la construction de son être, de ses compétences, de ses savoirs. Ainsi, chacun est responsable, et choisit ce qu'il lui convient le mieux. Lorsque l'enfant se sent libre, il fait les meilleurs choix pour lui. Et quand bien même il ne le ferait pas, il s'agirait d'une expérience (non d'un échec) et il se responsabiliserait (non se culpabiliserait) en faisant face aux conséquences de ses choix.

- Totale et Holistique 
L'éducation ne doit pas être focalisée sur l'instruction du mental, bien que celle-ci soit importante. L'éducation holistique inclut l'être humain et l'ensemble de ses plans: physique, émotionnel, mental, spirituel. Une éducation holistique permettra entre autres à apprendre à décoder et gérer ses émotions, à développer son mental (actuellement, les chercheurs estiment que nous n'en utilisons que 5%), et à prendre conscience de son corps. 

- Intégrale
Parce que l'éducation n'est pas le fait de l'enfance, mais qu'elle prépare à la vie même. En réalité, la vie est apprentissage, adaptation, changement perpétuel. Aussi, l'éducation se poursuit la vie durant. Apprendre, c'est la vie.

- Quantique
Aujourd'hui, les découvertes de la physique quantique nous réapprennent les lois du fonctionnement de l'univers, ce qui bouleverse complètement notre façon de concevoir le monde, mais aussi notre vie, et notre place dans l'univers. En approfondissant le sujet, il semble essentiel d'intégrer cette donnée dans l'éducation.