mercredi 5 septembre 2012

Apprendre la joie de vivre à nos enfants (presse)



Pouvons-nous apprendre à nos enfants à faire germer en eux la joie de vivre et à la cultiver ? Partie à la rencontre de spécialistes, psys ou philosophes, notre journaliste a récolté des éclaircissements, et quelques avertissements…
Par Anne-Laure Gannac pour Psychologies.com

À quoi aspirez-vous pour vos enfants ? La santé ? Aucun voeu ne peut la garantir. La réussite ? Pas plus éternelle. L’argent ? N’en parlons pas. L’amour ? Idem. Le bonheur ? Oui, bien sûr ! C’est le genre de réponses données majoritairement dans les sondages. Car pourquoi vouloir l’argent, la réussite, la santé ou l’amour ? Pour être heureux. Mais si je pose le problème dans l’autre sens et me demande : « Qu’est-ce qui facilite l’accès au bonheur ? », une réponse s’impose : la capacité à s’émerveiller et à s’amuser de l’existence, quoi qu’il arrive. Bref, la joie de vivre.

Voilà donc ce qu’il y aurait de plus utile à enseigner à ses enfants : l’amour inconditionnel de la vie. Le projet est ambitieux. J’assume. Et me lance donc, en quête de conseils pour l’éducation à la joie de mon fils de 8 mois et de ma fille de 4 ans. « Vous pouvez mettre un nez rouge et les pieds en l’air : si vous n’avez pas en vous cet amour de la vie, cela ne servira à rien, me lance immédiatement la psychanalyste Catherine Vanier. Les enfants sentent ce que nous ressentons, au-delà de nos efforts pour le masquer. » Comme tous les autres psys ou philosophes : « On ne transmet vraiment que ce que l’on vit ; vous aurez beau répéter à vos enfants que “dans la vie, il faut y croire”, qu’“il faut apprécier chaque seconde”, si votre façon d’être n’est pas conforme à ces préceptes, peut-être les appliqueront-ils dans un premier temps, mais ce sera sans y croire, uniquement pour vous faire plaisir », m’assure Paul Clavier, professeur de philosophie. Un de ses confrères, André Comte-Sponville, pousse la démonstration jusqu’à me confier que son père répétait régulièrement que l’on n’est pas sur terre pour être heureux. L’homme était dur. Ce qui n’a pas empêché – au contraire ? – l’un de ses fils de devenir philosophe, amoureux d’Épictète et de Montaigne, et auteur, entre autres, du Goût de vivre.

Je ne cacherai ni ma tristesse ni mon mal-être

Me voilà bien avancée. Non que mes enfants baignent dans un environnement familial déprimant. Mon fils a le sourire presque trop large pour rentrer dans l’écran de mon téléphone et ma fille est une vraie blagueuse. Mais pour entretenir leur enthousiasme, j’espérais autre chose qu’une invitation au fatalisme… Et que dire aux parents qui traversent des périodes de déprime, voire de dépression ? Qu’à cause d’eux, leur enfant est condamné au mal de vivre ?
« Absolument pas, rétorque Catherine Vanier. La joie de vivre est une philosophie de vie, elle n’est pas remise en question par des moments de déprime plus ou moins durables. Ce qui importe, c’est la parole : sans lui donner toutes les raisons de son mal-être, savoir expliquer à son enfant que l’on n’est pas bien en ce moment, préciser que ce n’est pas sa faute. Et que cela arrive, parfois. Être vivant suppose de traverser des moments gais et d’autres tristes. Aimer la vie consiste à l’accepter. » Et, en l’occurrence, à rendre ce mal-être acceptable et compréhensible pour ses enfants.
Première leçon, donc : ne pas s’évertuer à leur cacher sa propre tristesse quand elle est là. Mais celle du monde ? Ce soir-là, la télé est allumée : Damas sous la poussière et les cris, des larmes étouffées dans des mains d’hommes à genoux, des corps au sol, du sang… Ma fille est entre nous sur le canapé, instinctivement, je lui mets la main devant les yeux. Son père, au contraire, pense qu’elle doit voir, puisqu’elle est là, mais qu’il faut lui expliquer : « Un monsieur envoie des bombes sur son peuple parce qu’il est très méchant et injuste. » J’ajoute : « C’est très loin, ça ne peut pas arriver ici. » Mais qu’est-ce que j’en sais ? Rien, sinon que dans mes rêves les plus fous de mère, mes enfants ne connaîtront jamais l’horreur. Pas même en images.
« Les mères ont ce réflexe de protection, commente la psychanalyste. Sauf que vouloir leur épargner la vision du malheur ne les protège pas, voire les inquiète : d’abord parce que cela parle de notre propre inquiétude. Ensuite parce qu’un enfant qui ne sait pas ce qui se passe et n’ose pas en parler risque de fantasmer des faits bien plus horribles, pour lui, que la réalité. »

Je le laisserai vivre sa vie (jusqu'à un certain point...)

Elle lui demande : « Que fais-tu ? » Et l’enfant de répondre : « J’explore ! » Rire de la mère, qui le laisse à ses occupations aventurières. « Si elle avait répondu “Ne fais pas ça !” ou “Tu n’as pas honte ?”, c’en était fi chu de sa joie de vivre ! lance le psychanalyste. La joie va avec la stimulation de la curiosité, avec l’envie de découvrir la vie. » Les laisser voir, explorer, admirer ce qu’ils veulent admirer : combien de fois, faute d’attention ou parce que je caresse le rêve d’avoir des enfants « parfaits », je leur intime de déguster ceci quand ils voulaient goûter cela ? Permettre à son enfant de sentir la vie à sa façon, ne pas l’empresser d’étouff er sa colère ou ses larmes, ou lui demander d’avancer quand il s’est arrêté devant une vitrine colorée… Leçon numéro trois, donc : laisser ses enfants vivre leur vie (« Tant qu’ils ne se mettent pas en danger et ne nuisent pas aux autres », rappelle Jean-Pierre Winter). Défi de toute une vie de mère.C’est la deuxième leçon : inutile de tenter de vendre à ma fille l’idée d’un monde tout rose. André Comte-Sponville le confirme, en me rappelant l’histoire de Siddharta – futur Bouddha –, dont le père mettait tout en oeuvre pour qu’il ignore l’existence de la souffrance. Jusqu’au jour où, s’échappant de l’enceinte du palais, le jeune prince la découvre sous trois visages : la vieillesse, la maladie et la mort. Or, non seulement ces découvertes ne l’ont pas désespéré, mais elles lui ont intimé de se lancer sur le chemin de la sagesse.

« L’excès d’attention pédagogique est aussi nuisible que son absence », m’affirme Jean-Pierre Winter. Pour preuve, le psychanalyste me raconte le cas d’une de ses patientes qui, tandis qu’elle lui laisse prendre son bain, voit son enfant de 3 ans se mettre un doigt dans l’orifice que l’on devine. Elle lui demande : « Que fais-tu ? » Et l’enfant de répondre : « J’explore ! » Rire de la mère, qui le laisse à ses occupations aventurières. « Si elle avait répondu “Ne fais pas ça !” ou “Tu n’as pas honte ?”, c’en était fichu de sa joie de vivre ! lance le psychanalyste. La joie va avec la stimulation de la curiosité, avec l’envie de découvrir la vie. »

Les laisser voir, explorer, admirer ce qu’ils veulent admirer : combien de fois, faute d’attention ou parce que je caresse le rêve d’avoir des enfants « parfaits », je leur intime de déguster ceci quand ils voulaient goûter cela ? Permettre à son enfant de sentir la vie à sa façon, ne pas l’empresser d’étouffer sa colère ou ses larmes, ou lui demander d’avancer quand il s’est arrêté devant une vitrine colorée…
Leçon numéro trois, donc : laisser ses enfants vivre leur vie (« Tant qu’ils ne se mettent pas en danger et ne nuisent pas aux autres », rappelle Jean-Pierre Winter). Défi de toute une vie de mère.


Je l'encouragerai à jouer et j'éviterai l'ironie

Et si on s’amusait ? Comme je l’ai fait avec sa soeur, j’aimerais apprendre à mon fils à parler en jouant avec les mots, à marcher en faisant des zigzags… Et appliquer ce conseil donné par la maîtresse de ma fille lors de ma première réunion de parents d’élèves : « Plutôt que “Travaille bien !”, dites à vos enfants, le matin, “Amuse-toi bien !” » Jean-Pierre Winter est sur la même longueur d’onde : « Les apprentissages les plus efficaces sont ceux qui se font dans le jeu, et le ludisme peut s’infiltrer partout, sans risque d’excès. » Seule l’ironie, dit-il, est à éviter : « Comme elle consiste à dire l’inverse de ce que l’on pense, les petits ne comprennent pas forcément et peuvent penser que l’on se moque d’eux. » Et ça, ce serait d’une triste ironie. Alors rions ! Mes enfants, riez ! Car, entre nous, les meilleurs maîtres de la joie de vivre, ce sont vous deux.

L'éducation à l'auto-empathie

« La joie de vivre, c’est d’abord la joie d’oser être soi, de ressentir ce que l’on ressent », affirme Anne van Stappe, auteure de Petit Cahier d’exercices pour cultiver sa joie de vivre au quotidien (Jouvence Éditions, 2009 et 2010). Pour aider ses enfants à y parvenir, la spécialiste en communication non violente (CNV) conseille de leur enseigner l’auto-empathie, dont elle nous donne ici quelques principes.

1. Leur apprendre à se poser la question (ou la leur poser) : « Comment est-ce que je vais ? » Et, selon la réponse, se (ou leur) demander : « D’où ça vient ? »

2. Si la réponse est positive, les inciter à apprécier ce bien-être et à le vivre en pleine conscience. Et proposer de penser à renouveler les conditions favorables à ce bien-être, dès que celui-ci fera défaut. « Les raisons de la joie viennent de l’extérieur, mais dès lors que nous les conscientisons, alors survient la “joie de vivre”, et cela se passe à l’intérieur de nous. »

3. Si la réponse est négative, les inciter à accueillir cette tristesse. Dire à un enfant qui est tombé « ce n’est pas grave », c’est lui apprendre le déni. Alors que si nous accompagnons sa peine : « Oui, tu as eu peur, tu as mal », nous l’aidons à accueillir son vécu. La douleur, une fois acceptée, devient « une douleur douce », comme dit Marshall B. Rosenberg, fondateur de la CNV.

4. Interroger les besoins non assouvis : « Si tu avais une baguette magique, qu’est-ce que tu aimerais qu’il se passe maintenant, pour toi ? » Et l’aider à trouver les moyens d’y répondre : « Comment est-ce que l’on peut faire, toi et moi, pour essayer de réaliser ce que tu veux ? » C’est l’occasion de lui apprendre aussi à prendre le temps : il ne peut pas avoir tout de suite tout ce qu’il souhaite, mais il a les moyens d’aller dans le sens de ses désirs. « L’enfant développe ainsi sa capacité à se relier à ce qu’il veut et aime, plutôt qu’à ce qu’il craint. Cela lui permet de rencontrer sa dimension d’être humain complet et sa puissance d’agir. »

mardi 4 septembre 2012

Petite revue de presse de la rentrée


Sur Rue 89, "L'informatique revient au lycée : 3 raisons d'enseigner le code"

Sur Libération, "Aider les parents à être parents": un rapport recense des idées pour la France

Reuters: "Les Français favorables à la semaine de quatre jours et demi"

Le Figaro s'intéresse à "Ces profs qui ont changé nos vies"

Le Parisien : "Education: ce qu'il faut résoudre"

Toujours chez Libé, "Ayrault : «Au coeur du redressement, il y a l'éducation»"

AFP pose la question de l'école gratuite : "L'école publique, gratuite, mais pas trop"

L'édito des Echos parle de sortir l'école du chiffre

20 minutes et Rue 89 se penchent sur ce qui change cette année à la rentrée scolaire

Encore sur 20 minutes, "François Hollande veut donner à l'école des raisons d'espérer"

La Croix : "Clémentine Rappaport : «Moins un enfant est angoissé, mieux il va travailler»"

Reuters: "Les Français attendent plus d'enseignement contre le racisme"

Atlantico et Psychologies demandent ce qu'est un bon prof.

Chez Libé et Le Point, Peillon confirme que la morale sera une matière à part entière

Slate nous fait rencontrer un élève content de retourner à l'école.


Et pour terminer, une jolie nouvelle : au Canada, des écoles aménagent leurs horaires pour laisser dormir suffisamment les adolescents (Radio-Canada)

Accompagner le grandir, Yvan Amar (revue Clés)



Confrontés à l'éducation de plus en plus difficile des enfants, comment agir et réagir ? Quelques pistes pour aider à créer des têtes bien faites plutôt que bien pleines. 
Quelle est la base de la relation que l'on développe avec l'enfant ? L'éduquer, est-ce lui donner quelque chose ou est-ce faire grandir quelque chose en lui ? Là peut se trouver la confusion.

Si l'éducateur a comme expérience de vie une relation constamment dépendante de l'avoir, sa tendance va être de privilégier les éléments matériels pour faire face à telle ou telle situation éducative, et il va se trouver confronté à la difficulté de capter l'attention de l'enfant. Car un enfant est-il véritablement intéressé par des objets ou situations autres que ceux censés lui apporter une gratification immédiate ? Il faut se rappeller que le caprice de l'enfant se trouve toujours lié à l'insatisfaction immédiate. D'où l'attrait que peut exercer sur lui toute possibilité d'une telle gratification : le monde des images faciles, télévisuelles, jeux vidéo, etc., entre autres, en est un bon exemple. D'où, aussi, la difficulté que peuvent avoir les professeurs lorsqu'ils ne transmettent pas des éléments de gratification qui s'appliquent au goût ou aux intérêts des enfants auxquels ils s'adressent. Et on a trop tendance à croire que la bonne éducation consiste à satisfaire cette revendication quasi capricieuse de l'enfant.

Une bonne éducation ne consiste pas à transmettre par des stratagèmes des objets satisfaisants et donc captant automatiquement l'attention de l'enfant.
L'autre vision 
Je pense que l'éducation doit, dès le départ, se fonder sur une autre vision dans laquelle il n'est pas uniquement question de donner du savoir qui manque, mais de faire grandir en l'enfant ce qui s'y trouve déjà et ne demande qu'à grandir. Et les objets de savoir, en l'occurrence, ne seront que des prétextes déclencheurs mais en aucun cas vécus comme des substituts aux manques de l'enfant. La seule façon, à ce moment-là, que l'on a de pouvoir susciter l'intérêt ou l'attention, c'est en touchant l'envie de grandir qu'il y a chez tout enfant.

De même un bon instructeur spirituel ne transmet pas des objets de savoir à ses élèves ; il stimule en eux le profond besoin qui existe en chaque être et qui est la présence et le besoin de Dieu ; il stimule ce besoin de vérité qui est en chacun de nous : tout, alors, devient prétexte à faire grandir non pas la connaissance mais la co-naissance spirituelle, par la prise de conscience à l'aide de travaux divers.

Un éducateur, pour moi, c'est quelqu'un qui vient toucher, à un autre niveau, cette dimension de l'être et qui donne à l'enfant envie de grandir, tout en accompagnant cette envie, en la structurant. Et là, chaque éducateur avec ses qualités propres, doit inventer la structure - prétexte qui va permettre de faire évoluer ce grandir. L'éducation profonde est, à mon avis, beaucoup plus une contagion de l'être à l'être plutôt que la transmission par un système de vases communicants, d'un avoir, d'un savoir, avec tout ce que cela suppose de rapports de pouvoir, de crainte, de chantages..., qui peuvent découler de telles situations - que cela soit dans la famille ou à l'école. Sous le prétexte de l'acquisition de connaissances, on entre dans le conflit de pouvoirs auquel un enfant s'avère très sensible et auquel il répond. Face à un détenteur de pouvoir, chaque enfant a sa réaction personnelle, mais toujours présente.
Pourquoi préfère-t-il souvent quitter la relation humaine d'éducation pour aller vers des relations plus passives en face d'objets inertes, mais communicants, tels les ordinateurs ? L'ordinateur ne lui donnera jamais de gifle et l'ordinateur ne se fatiguera jamais de répéter quelque chose tout en le renvoyant constamment à lui même sans rajouter de condamnations, de punitions ou de critiques liées au rejet et au refus. Mais l'ordinateur est capable de tout, sauf d'aimer. Le succès du fameux Macintosh vient aussi du fait qu'il est convivial, même par défaut. Les enfants préfèrent donc avoir un rapport avec un détenteur de connaissance qui exclut le pouvoir, car ils sont sensibles à la racine sur laquelle se fait le passage de la connaissance. La racine, ce doit être le sentiment de dignité dans lequel ils se trouvent face à ceux qui leur transmettront cette connaissance.

Si ces derniers ne les considèrent pas comme un bocal vide qu'il faut remplir mais comme un être vivant et précieux qui doit grandir, que l'on doit accompagner dans sa connaissance, l'enfant ressentira cet amour et cette compassion. Bourrage et remplissage ne sont pas de la vraie éducation : éduquer un être, c'est d'abord lui donner une présence et faire qu'il n'y ait pas de décalage entre son être et ce qu'il sait.
Respecter quelqu'un, c'est aller selon la mesure de cette personne : un enfant ressent toujours très bien ce comportement-là, car ce qui lui pèse, c'est lorsqu'on lui fait violence et qu'on ne respecte pas son rythme, sa mesure, son besoin réel. Et son besoin n'est pas lié à ce que les autres pensent du manque de tel ou tel avoir qu'il faudrait combler ; son besoin, c'est de combler le manque selon son mode de connaissance à lui. Le respect de sa dynamique sera immédiatement ressenti par l'enfant.
La cité, dans l'esprit de Platon, a beaucoup plus besoin d'êtres qui grandissent que de bocaux remplis de définitions et qui sont, en plus, en décalage entre ce qu'ils savent et ce qu'ils sont.

Savoir écouter

Je vais faire une parenthèse, liée à la capacité fondamentale de l'éducateur, qu'il soit parent ou professeur, vis-à-vis de l'être à éduquer : c'est la capacité d'écoute. Je parlais récemment à une personne qui avait des difficultés, et je lui avais demandé si elle priait. Elle m'a répondu que oui, elle parlait et s'adressait beaucoup au Seigneur. Je lui ai demandé alors si elle écoutait, si elle L'écoutait. C'était bien, en effet, de s'adresser à Lui mais, dans toute relation, s'il faut savoir parler, il faut savoir aussi écouter, sinon quelque chose manque. Et il me paraissait évident que, dans la relation, de prière, on pouvait s'adresser à Lui, sous quelque forme qu'on Le vénère, mais qu'il fallait aussi savoir L'écouter. Il y a une façon d'écouter Dieu comme la maman sait écouter l'enfant. Dieu ne nous parle pas nécessairement comme un interlocuteur humain nous parle. Pour écouter l'interlocuteur Dieu, il faut L'écouter tel qu'Il nous parle : avec le vent, avec les arbres, les fleurs, avec le silence, avec le désert...
Il doit y avoir en nous la capacité naturelle d'écouter ce langage de même que la maman a la capacité naturelle d'écouter, de comprendre et deviner son bébé. Il y a l'écoute mère qui entend bébé. Il doit y avoir l'écoute de la créature qui entend son créateur. Et je ferme cette parenthèse en disant que l'on doit aussi savoir développer en nous l'écoute du langage du grand enfant. Cela demande en nous une qualité d'écoute d'une autre dimension que celle du bébé. Celle du bébé est relativement moins difficile car elle est instinctive et ne repose pas sur une opposition ni sur une lutte ou une rivalité due à l'éveil, chez l'enfant, de l'autonomie.
Il est d'ailleurs très intéressant de voir l'évolution parentale au fur et à mesure de l'apparition de l'autonomie, qui commence par ses premiers non. Comment moi, parent, ou éducateur, suis-je capable, au fur et à mesure de la croissance de l'enfant qui témoigne de l'acquisition de son individualité, comment suis-je capable d'accompagner cette autonomisation de l'enfant ? Et comment suis-je capable d'assumer le fait que si nous, parents, voyons grandir nos enfants, nos enfants eux aussi nous voient grandir ? Ce n'est jamais à sens unique.
Un parent n'est pas un objet arrêté face à des enfants qui grandissent. Nous ne sommes pas des êtres parfaits, nous évoluons aussi et nous n'avons pas à nous comporter vis-à-vis d'eux comme si nous étions des représentants de la perfection. Ce que nous pouvons représenter comme totalité tant qu'ils n'ont pas acquis leur autonomie, cela nous le perdons à leurs yeux de plus en plus au fur et à mesure de la croissance de leur individualité. Nous perdons tout le mythe, le pouvoir, la crainte, l'autorité, qui sont rattachés à la fonction parentale. Notre nudité et notre fragilité apparaissent alors face à ces enfants qui grandissent. Notre avoir et notre paraître étant alors détrônés, il ne reste que la qualité de notre être et de notre présence. Et c'est là que les enfants viennent, eux, nous solliciter : que peut-on leur donner à ce niveau-là ?

Le grandir de l'être 


Ce n'est que dans la mesure où je ne dépends pas de ce que j'ai et où je suis en contact avec son être profond que je peux développer une écoute qui répondra aux attentes et aux besoins réels de cet enfant qui s'autonomise et dont j'ai encore la responsabilité. Le croître de mon être doit accompagner le croître de l'être de l'enfant. Si on ne se trouve pas responsabilisés à ce niveau-là, on voit apparaître ce que l'on voit régulièrement : la démission, par défaut, des parents. Le propre d'une éducation juste se trouve dans une conscience aiguë de la nécessité de la croissance de l'être et dans l'immense générosité qui accompagne toute responsabilité véritable de l'individualisation. On ne voit jamais, alors, son enfant comme un objet fini dans l'instant, mais comme un acte de grandir. Un grandir en action.

Et il faut du temps pour que “ l'action homme ” se déploie et exprime véritablement son destin et son sens profond. Toute éducation doit s'enraciner dans cette conscience-là et ce n'est possible que si les parents et professeurs sont eux-mêmes profondément éveillés à la nécessité du destin premier de tout être conscient : le faire grandir pour qu'apparaissent être, conscience et joie. Cette formule est, je le rappelle, le nom que l'on donne traditionnellement à la divinité en Inde : Sat Chit Ananda. Toute l'éducation restante sera confrontée à la difficulté de capter l'intérêt de l'enfant : mais il y a une grande différence entre servir l'intention de la vie qui est le grandir de ces qualités-là et le fait de satisfaire aux intérêts de la gratification personnelle et égoïste centrée sur le plaisir immédiat.

Certes, la recherche du bonheur va structurer l'être pensant. Mais si les alibis du bonheur et du plaisir ont un sens dans l'évolution de la conscience humaine, ils ne peuvent être les domaines ultimes de la dite conscience, car ils sont des objets qui dépendent des circonstances extérieures et sont liés à leurs contraires - la tristesse et la douleur - en une succession continue. Or l'essence même de l'éducation devrait consister à faire accéder l'être à une qualité de conscience qui n'a pas de contraire, ce qui est une bonne définition de la sérénité. Le propre même d'une conscience délivrée est qu'elle vit dans un état d'être qui n'a pas de contraires, et donc qui n'est jamais en danger. Elle sait être sereine.

Revue Clés, Accompagner le Grandir, par Yvan Amar.

lundi 3 septembre 2012

"Les notes font le malheur des élèves", M. Fize (presse)



Michel Fize, sociologue au CNRS et spécialiste de la jeunesse, auteur du Bac inutile, (L'Oeuvre éditions, avril 2012)

Notre sondage dévoile que 80% des Français sont opposés à la suppression des notes. Le sociologue Michel Fize décrypte pour Metro cet attachement à un système qui, selon lui, est inefficace.

Comment expliquez-vous l'attachement des Français aux notes ? 

Quand il d'agit de scolarité, les parents ne sont attachés qu'à une seule chose : à la réussite de leur enfant. L'épanouissement, la préparation du futur adulte qu'il sera, les parents le relèguent bien souvent au deuxième rang, car ils sont happés par l'exigence de réussite. La note leur permet ainsi de savoir, en un coup d'oeil, où se situe son enfant dans chaque matière. Et donc de corriger le tir : il va valoriser la bonne note et stigmatiser la mauvaise. Quand l'enfant a 18/20, c'est bon, quand il a 4/20, ce n'est pas bon. C'est clair, et tout le monde le comprend ainsi.

Et ce n'est pas un bon système ? 

Non. Il faut comprendre que si l'école doit évaluer les compétences des enfants, elle n'a pas pour vocation de les meurtrir. Or une mauvaise note est décourageante, frustrante, démotivante. Elle ne pousse pas l'élève. Au contraire. Elle crée un système de compétition, de classement, qui n'a absolument pas sa place à l'école primaire, ni même au collège, où il s'agit d'apprendre les bases. La notation n'a alors aucune utilité. Elle est au contraire un obstacle pour ceux qui sont en bas de l'échelle.

Les notes rendent-elles les élèves malheureux ? 

C'est une évidence. D'une façon générale, les élèves ne sont pas heureux à l'école. Là où ils se réjouissent d'y aller, c'est pour une raison qui n'a rien à voir avec salle de classe, mais pour son côté convivial, avec les copains. Le mal être des élèves français est à relier à la lourdeur des programmes, aux exigences des professeurs, à la crainte de ne pas être à la hauteur. Ce sentiment est amplifié par les notes.

Comment améliorer ce système de notation ?

Il faudrait retarder le plus longtemps possible la notation, comme en Suède, où elle démarre au lycée. Il faut ainsi remplacer le principe de notation par celui d'évaluation. Et supprimer la compétition, qui stresse les élèves. Le système de notation par les lettres (A, B, C...), comme par les chiffres, conduit inévitablement à un classement. Il faudrait donc, comme en Suède à nouveau, que les professeurs évaluent le parcours de l'élève dans un rapport qui met en avant ce qu'il sait faire, ses compétences et valorise ses efforts et progrès. Et qui indique bien ce qui lui reste à faire.

 
Source : Metro France, 02/09/12.

Les leçons et les activités de Deyrolle (livres)



21 planches illustrées Deyrolle à observer qui donnent envie de dessiner, colorier, imaginer, trouver les 7 erreurs, assembler par paire, chercher son chemin dans un labyrinthe mais aussi faire des confitures ou des bonbons, fabrique une mangeoire à oiseaux, cueillir des champignons, planter des haricots, etc. Autant de jeux et d'activités autour de la nature pour s'amuser, apprendre nombre d'informations passionnantes et prendre conscience de la fragilité de la nature.

Deyrolle, Le grand livre d'activités Deyrolle. 2012. Gallimard-Jeunesse. 12,90€


Et un grand classique pour les nostalgiques des anciennes planches d'écoles...


Destinées à différentes classes, ces planches magiques et instructives ont pour vocation d'enseigner les " leçons de choses " aux écoliers, à travers la botanique, la zoologie, la géographie, l'anatomie humaine ou l'instruction civique... Dès les années 1870, l'Etat équipe toutes ses écoles de France de posters colorés et de cartes attrayantes qui restent dans toutes les mémoires. " L'Education par les yeux est celle qui fatigue le moins l'intelligence, mais cette éducation ne peut avoir de bons résultats que si les idées qui se gravent dans l'esprit de l'enfant sont d'une rigoureuse exactitude ".

Deyrolle, Louis Albert de Broglie. Leçons de choses. 2010. Ed. Michel Lafon. 28,98€.




NOTA BENE: La maison Deyrolle, située rue du Bac à Paris, « propose aux passionnés de la nature des collections d’insectes et de coquillages, des animaux naturalisés de toutes sortes, des curiosités naturelles et du matériel pédagogique pour l’enseignement des sciences naturelles, dont les célèbres "planches Deyrolle", qui étaient accrochées aux murs de l’école. »



dimanche 2 septembre 2012

Brendan et le secret de Kells (dvd)



Résumé : C'est en Irlande au 9ème siècle, dans l'abbaye fortifiée de Kells, que vit Brendan, un jeune moine de douze ans. Avec les autres frères, Brendan aide à la construction d'une enceinte pour protéger l'abbaye des assauts réguliers des vikings. 
Sa rencontre avec Frère Aidan, célèbre maître enlumineur et "gardien" d'un Livre d'enluminures fabuleux mais inachevé, va l'entraîner dans de fantastiques aventures. Aidan va initier Brendan à l'art de l'enluminure pour lequel le jeune garçon révélera un talent prodigieux. 
Pour finir le livre et défiant ses propres peurs, Brendan sortira de l'abbaye pour la première fois et entrera dans la forêt enchantée où de dangereuses créatures mythiques se cachent et l'attendent. C'est là qu'il va rencontrer Aisling, la jeune enfant loup qui l'aidera tout au long de son chemin. 
Brendan va-t-il réussir sa mission malgré les hordes de vikings qui se rapprochent ? Pourra t-il prouver que l'art est la meilleure fortification contre les barbares ?

Anecdotes (allociné.fr)
Brendan et le secret de Kells renvoie au livre de Kells écrit aux environs de l'année 800 après JC. Rédigé à la main par des moines, il contient les quatre évangiles du Nouveau testament ornés de magnifiques enluminures. : "Il a inspiré maints artistes, explique le réalisateur Tomm Moore, et on ne compte plus les motifs du livre repris dans les objets les plus courants de la vie irlandaise, depuis les pièces de monnaie jusqu'aux blasons officiels, en passant par les souvenirs pour touristes et l'artisanat. Son iconographie est le produit d'influences du monde entier, certaines venues d'aussi loin que l'Afrique. Les encres étaient fabriquées à partir de matériaux rares et précieux, rapportés de contrées reculées comme l'Asie Mineure. C'était le temps où l'Irlande était connue comme "L'Ile des Saints et des savants"". Le livre est aujourd'hui conservé au Trinity College de Dublin.

Le réalisateur revient sur ce qui l'a poussé à faire le film : "Notre film traite du thème universel du passage de l'enfance à l'âge adulte. Comment trouver sa place et son rôle dans le monde ? Comment réagir aux attentes de ses parents ? Il aborde également des thèmes plus larges : l'art, l'importance de la spiritualité, la symbolique des rêves et le rôle qu'ils jouent dans notre vie. C'est le premier film d'animation sur l'Irlande de cette époque. Notre intention est véritablement de plonger le spectateur dans la culture irlandaise."

Brendan et le livre de Kells, un dessin-animé belge, irlandais et français, de Tomm Moore, 2009. 7,95€. Dès 6 ans. 




samedi 1 septembre 2012

Choisir les élixirs floraux pour vos enfants (livret)


Un livret intéressant qui se penche sur les élixirs floraux pour les enfants. Disponible en pdf sur Fleur de vie.fr, un site spécialisé en élixirs floraux.

Extraits: 
Les élixirs floraux sont un moyen naturel et inoffensif de traiter un grand nombre des problèmes physiques et émotionnels des nourrissons, des jeunes enfants et des adolescents. N’entraînant pas d’accoutumance, ils sont sans effets secondaires et peuvent être utilisés par tout le monde. Ils peuvent également être utilisés en parallèle à d’autres traitements et thérapies (allopathiques ou holistiques), sans aucun danger. Cela en fait des remèdes parfaits pour les nouveau-nés, les nourrissons et les enfants.

Les élixirs floraux vous donnent la possibilité de voir au-delà des symptômes physiques, d’en comprendre et d’en guérir la cause. L’utilisation des élixirs floraux vous permet de participer de manière constructive à la guérison de votre famille lorsque la maladie survient, car ils sont compatibles à tout traitement prescrit par votre médecin.

En fait, leur emploi est particulièrement bénéfique car le traitement médical agira sur les symptômes de la maladie, alors que les élixirs floraux et vous travaillerez sur des déséquilibres mentaux et émotionnels qui peuvent être à la source du problème.

Mais savoir quels élixirs choisir n’est pas chose facile. Afin de vous aider, Fleurs de Vie a préparé ce livret qui contient des informations générales ainsi que les descriptifs de certains élixirs qui aideront les enfants de tous les âges.

Ces renseignements ont été tirés de livres et d’articles écrit par Ian White (Australian Bush), Steve Johnson (Alaskan), Molly Sheehan (Green Hope Farm), Lila Devi (Master’s), Philippe Deroide (DEVA), Sabina Pettitt (Pacific), Jannet Unite (South African) et Daniel Mapel (Wild Earth Animal).

L’usage des élixirs décrit ici n’est pas réservé uniquement aux enfants. Il y a d’autres élixirs, dans ces gammes et d’autres, qui peuvent aider les enfants. Néanmoins avec ce livret vous avez largement assez d’information pour vous lancer!