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jeudi 4 avril 2013

La Ferme des enfants : une école où l’adulte s’adapte à l’enfant


Source: Rue 89, 31/03/13

Au cœur d’un écovillage auto-construit, une école et un collège proposent un projet éducatif original inspiré de Montessori et d’autres méthodes alternatives.
L’histoire de l’établissement sonne comme un conte pour petits et grands. Le projet de Sophie Rabhi, fille du spécialiste mondial d’agronomie biologique et pionnier de l’écologie humaniste Pierre Rabhi, prend forme en 1999.

La maternité et ses convictions écologiques l’amènent à créer la Ferme des enfants, une école maternelle et primaire, d’abord à Montchamp (Ardèche) chez ses parents. En 2008, elle est transférée au Hameau des buis, un écovillage pédagogique et intergénérationnel, fondé dès 2002 avec son compagnon Laurent Bouquet et construit de toutes pièces par ses habitants et des bénévoles sur un plateau de l’Ardèche méridionale.

En contrebas, la rivière Chassezac, ses gorges et ses campings, où les touristes s’ébrouent l’été. En haut, et en pleine nature, l’école, entourée d’une cour de récréation, de balançoires, d’un jardin et d’une ferme pédagogique. Aujourd’hui, les deux classes de maternelle et de primaire accueillent cinquante élèves, tandis que le collège – ouvert en 2011 – reçoit 16 adolescents.

L’influence de Montessori, Freinet, Steiner, Krishnamurti, Alice Miller et Dolto
L’originalité du projet éducatif de la Ferme des enfants tient en une idée : changer le comportement des adultes face aux enfants. Pour y parvenir, l’équipe d’enseignants (10 personnes) est influencée par la pédagogie Montessori, mais aussi par Freinet, Steiner, Krishnamurti, Alice Miller ou encore par l’école de Neuville (Dolto). Sophie Rabhi explique : « On ne respecte pas vraiment l’enfant car on ne respecte pas ses besoins. En y arrivant, on favorise l’émergence d’un être humain accompli. Montessori a trouvé un certain nombre d’activités qui sont en résonance avec l’enfant, période après période, pour répondre à ses besoins naturels. On n’agit pas sur lui, on agit sur son environnement. D’où l’idée de le mettre dans la ferme et la nature. »

Le système classique de notes et de compétitivité sur l’apprentissage est abandonné. Le petit nombre d’élèves permet un suivi personnalisé. Les activités manuelles (ferme aux animaux, jardinage…) sont aussi importantes que les apprentissages « intellectuels ». Le rôle des adultes est bien défini. Sophie Rabhi raconte : « Le plus important, c’est l’attitude des adultes : comment est-ce qu’on règle les problèmes ? Comment éviter les situations de domination ? Comment abandonner les situations de récompense, de punition ? La bienveillance est centrale, c’est elle qui apporte la liberté et la fluidité. »

Lutter contre le « formatage émotionnel »

L’adulte qui s’adapte à l’enfant. Stéphane Villoud, ex-chef d’entreprise, et sa femme ont quitté la ville (Grenoble) pour changer de vie et d’offrir une éducation à leurs enfants plus conforme à leurs souhaits. Stéphane pointe : « L’école publique inflige des douces violences à nos enfants. Il y a un formatage émotionnel réel, une pression des adultes et des valeurs de performance qui ne nous conviennent pas. Notre démarche est de critiquer notre éducation en gardant le positif. On ne veut pas de rupture. On apprend tous les jours, mais on se questionne aussi beaucoup ».

Le choix concerté de l’école et de changement de mode vie avec ses enfants est assumé par toute la famille, mais n’est pas sans créer des ajustements : « C’est un lieu où les enfants expérimentent l’indépendance. La difficulté pour nous, parents, réside dans le décalage avec nos règles familiales. »

Les programmes de l’Education nationale pas toujours suivis

Las, cette école n’est pas accessible à toutes les bourses. Les frais scolaires s’élèvent à 2 600 euros par an et par élève. L’inspection académique a donné le feu vert à la rentrée 2011 pour que l’école primaire de La Ferme des enfants passe sous contrat.

L’école et le collège sont soumis à l’obligation scolaire du socle de compétence, mais les programmes de l’Education nationale ne sont pas forcément suivis. L’objectif est d’offrir un enseignement au plus près des envies de l’enfant. Rodolphe Herino, coresponsable du collège, explique : « On a rencontré les parents et les ados pour connaître leurs projets à la rentrée. Pour ceux qui veulent passer le brevet, on va coller au programme de l’Education nationale. Pour ceux qui veulent une insertion professionnelle rapide, on va cibler le socle commun et les apports de base, etc. »

Que deviennent les enfants qui retournent dans le public ? Rodolphe Herino et sa femme Claire, qui dirigent le collège depuis son ouverture, admettent qu’ « on manque de recul », mais ont une certitude : « On fait le pari qu’un ado ayant les connaissances de base, qui est bien dans ses baskets, qui sait s’exprimer et dire ses émotions, aura les ressources pour se préparer et faire face à ces situations. »

vendredi 27 juillet 2012

Ecovillages as Campuses for Sustainability Education (video)


Daniel Greenberg est un éducateur, fondateur de la Sudbury Valley School, et du projet Living Routes.
Ce projet étudie les écovillages dans le monde, et plus particulièrement les ponts à établir entre le monde universitaire et les collectivités durables.

Cette conférence offre une introduction à la culture des écovillages dans le monde (Findhorn en Ecosse; Auroville en Inde; Sirius MA), les possibilités et les défis de l'utilisation de ces communautés comme contextes pour l'éducation et le changement social, ainsi que le travail des itinéraires de vie. 

lundi 13 février 2012

Inspiration: la ferme des enfants / le hameau des buis


Le hameau du Buis regroupe à la fois un écovillage, une école, un pôle écolo qui propose des stages, formations et de nombreuses ressources. Dès 1999, l'école est fondée, en plein coeur du hameau, à l'initiative de Sophie Bouquet-Rabhi, aidée par un collectif de personnes retraitées vivant au hameau. 

Une école nouvelle, inspirée par la pédagogie Montessori (la plupart du personnel y est formé), mais aussi par les écoles de Summerhill ou les réflexions de Krishnamurti. Les mots clés seront donc responsabilité et respect (de soi, des autres, de la nature). S'ajoutent à cela diverses influences, telles que la communication non-violente, la nécessité d'espaces de parole et de partage, d'outils pour gérer les émotions (écoute sans jugement, la boîte de la colère (qui reçoit tous les messages de colère), le chalet de la guérison capitonné muni d’un punching-ball, les conseils d’enfants), le consensus dans les processus décisionnels.

La ferme est très présente dans la vie de l'école: les enfants sont au contact permanent de la nature. Ils apprennent à prendre soin des animaux, à traire, ou encore à fabriquer du fromage. Il faut également visiter les ruches ou garder les chèvres dans la forêt. Les enfants apprennent aussi toutes les étapes des filières de productions animale et végétale. Toutes ces activités aident les enfants à être enracinés, à se sentir en sécurité mais également à aimer la nature afin de prendre conscience de la nécessité de la protéger. 

La charte de l'école : 
• construire un support pédagogique particulièrement riche ;
• reconstituer du lien social et de la solidarité ;
• faire vivre un collectif de personnes en relation avec son environnement, dans le respect de celui-ci ;
• dynamiser la vie sociale localement, avec un impact national et international. Nos idées sont fondées sur la responsabilité et le respect :
  • respect de soi (confiance en soi, connaissance de soi, écoute de ses besoins...) ;
  • respect de l’autre (écoute, tolérance, empathie, partage...) ;
  • respect de la nature par un mode de vie adéquat (comportements conscients, pratiques écologiques, sobriété dans nos besoins...)

Ces idées trouvent une application concrète dans une structure aussi cohérente et complète que possible. Notre démarche n’est liée à aucun groupe spirituel, religieux, philosophique ou politique.

Sophie Bouquet-Rabhi vient également de publier un ouvrage, La ferme des enfants, chez Acte-Sud 
En 1997, Sophie Rabhi, enceinte de son premier enfant, entreprend de fonder une petite école alternative, en même temps qu’elle reprend la ferme de ses parents, en Ardèche. Convaincue que la clé de la réussite de tout apprentissage se situe dans la création d’une relation d’amour et de confiance entre l’enseignant et l’enfant, elle fonde La Ferme des enfants, afin de pouvoir mettre en pratique les enseignements et méthodes qu’elle ne retrouve pas dans le système éducatif conventionnel. Elle développe alors une pédagogie originale, à partir des analyses de M. Montessori, J. Krisnamurti, C. Freinet ou encore Alice Miller, pédagogie qui évoluera et se singularisera au fil des douze années de travail, d’expérimentation et de mise en pratique à La Ferme des enfants. A travers cet ouvrage, Sophie Rabhi ouvre des perspectives en nous livrant son témoignage, en tant qu’enseignante, pédagogue, mère et citoyenne. (184 pages, 22€)