vendredi 10 février 2012

DVD: L'Ecole de la Liberté



Une école en Inde dans la région rurale de l’Andra Pradesh. On y applique le « Programme River » inspiré par Jiddu Krishnamurti, philosophe indien qui considérait l’éducation comme l’un des piliers de l’être. Tout ceci est dépaysant. Les paysages sont rafraîchissants. Les enfants magnifiques. Le maître jovial. L’école de la vallée de Rishi particulièrement verdoyante et accueillante. On pourrait penser qu’il s’agit d’une énième mouture de « l’école nouvelle », libérée et joyeuse — bref d'une utopie. Un modèle totalement inapplicable dans notre société dite développée. Une version indianisée de la pédagogie Freinet ou Montessori. On se tromperait.

L’école de la liberté (School without walls), le film documentaire de Robert André distribué par Les films du paradoxe, tend à nous démontrer le contraire.
Le « Programme River » appliqué maintenant dans 40.000 écoles de cinq États indiens a réussi à attirer les enfants dans le giron de l’enseignement, notamment dans les petits villages ruraux où les élèves sont réunis dans des classes multi-niveaux d’une quarantaine de personnes s’étalant sur cinq années. C’est de cette expérience dont il est question dans L’école de la liberté.

La pédagogie qui est à l’honneur est celle de l’enseignement individualisé. L’enfant n’est plus considéré comme un pion qu’il faut domestiquer. Plus question d’en faire un petit soldat qui rejoindra, une fois l’uniforme d’un savoir pré-mâché endossé, le gros de la troupe. La méthode d’enseignement qui est proposée part du principe que l’enfant définit lui-même son rythme d’apprentissage. L’enseignant jouant davantage le rôle d’un "facilitateur", d’un "passeur de témoin". Les savoirs ne sont pas imposés mais proposés et le matériel d’auto-apprentissage est réalisé par le maître en fonction de sa classe et des différents niveaux.
Révolutionnaire ? Non, simplement de bon sens.

Sont mises en action des valeurs telles que l’entraide, la coopération, l’écoute, la bienveillance. On ne cherche pas à faire entrer de force des concepts dans le crâne, mais tout au contraire de donner des moyens aux élèves de se réaliser. Apprendre à lire, à compter et à calculer devient alors un jeu… d’enfants. 
La compétition n’existe pas. La concurrence, l’excellence ne sont pas les ressorts de cette pédagogie, qui a pour principal avantage de faire de l’élève un être à part entière et de redonner au maître une dimension et une aura disparues depuis belle lurette dans notre système éducatif.

Quel incroyable contraste que cette école indienne et, par exemple, un certain collège de ma connaissance. Un établissement de centre ville où le mot d’ordre se résume à obtenir un minimum de 95% de réussite au Brevet. Ici, l’enseignement ne s’inspire pas des méthodes de Jiddu Krishnamurti. Pas une tête ne doit dépasser. Ici, on forme les gagnants de demain. De braves consommateurs, maillons interchangeables d’une longue chaîne infinie. Pas de «Programme River», mais un programme rivé, cloué sur place, qui ne laisse rien au hasard. Ce n’est pas L’école de la liberté mais davantage l’école libérale, celle de la compétition à outrance et du bachotage. Elle a oublié, ou plus justement mis de côté, les données sociales et individuelles. Comme il existait autrefois une middle class, cette école transmet un middle enseignement. Ni trop, ni trop peu. Le but est de faire entrer la jeunesse dans la «carrière» quand les aînés en sortiront.

L’école de la liberté, de Robert André, nous montre peut-être la voie à suivre. Celle de l’individu en tant qu’être de chair et de cœur. Pas seulement un numéro de dossier, un quidam lambda à faire passer dans la moulinette de l’éducation pour qu’il en ressorte chair à savoir, docile et rompu à la survie dans un « monde global », un monde matérialiste et consumériste.
L’école de la liberté n’est pas une curiosité, mais plus certainement un modèle d’enseignement et surtout de vie en communauté dont nous ferions bien de nous inspirer un tant soit peu.

L’école de la liberté, de Robert André, Les films du paradoxe, DVD. 2008. 19,98€

Chronique de Christophe Léon, sur l’Ecologithèque

jeudi 9 février 2012

Severn et la voix des enfants

Severn Cullis-Suzuki est une activiste écologiste canadienne. Elle est aussi présentatrice d'émissions éducatives à la télévision, et conférencière. C'est en 1992, à l'âge de 12 ans, que Severn se fait connaître: avec ses camarades de classe, alors qu'ils ont financé leur voyage pour le Sommet de la Terre à Rio, ils demandent à intervenir. Le dernier jour, on accorde à Severn un temps de parole, qui fut mémorable. Elle y lance un cri d'alarme.


En 2010, Jean-Paul Jaud réalise un documentaire intitulé Severn, la voix de nos enfants. Severn a alors 29 ans et va bientôt mettre au monde son premier enfant. Elle y parle de sa vision du monde et de l'écologie en 2010: que s'est-il passé en 18 ans? Comment la situation a t-elle évolué? Le film propose des initiatives positives et inspirantes.

« Nous nous sommes détachés du monde naturel et des réalités biologiques.  On ne peut pas se contenter de guérir de la crise : il faut que nous soyons capables de voir les liens entre toutes les crises, qu’elles soient énergétiques, économiques, environnementales, et remettre en question les bases de notre société (...) Maintenant que je suis maman, je me rends compte que tous les parents aiment leurs enfants, nous avons tous ça en commun et ça me pousse à croire que nous allons trouver une solution. »


Le site officiel du film: Severn, la voix de nos enfants

mercredi 8 février 2012

Livres: Michel Claeys Bouuaert et l'éducation émotionnelle


Michel Claeys Bouuaert, psychothérapeute né en Belgique, père de quatre enfants, a fondé une des premières librairie de développement personnel à Bruxelles dans les années 80. Il a créé l’association Deuil et Transition en 1992. Depuis 2000, il poursuit son travail d’éducateur, et d’animateur à Pékin.
Site de Michel Claeys Bouuaert: Emotionaleducation.org

Pratique de l'éducation émotionnelle - Apprentissage de la relation et de la communication justes
L’intelligence émotionnelle est dans l’air du temps. A juste titre ! Il est enfin reconnu qu’aucune réussite, aucune vie heureuse, aucune société harmonieuse n’est possible sans compétences dans le domaine du "savoir être". Quelles sont ces compétences ? Comment les développer ? Comment les enseigner ? 

Michel Claeys Bouuaert nous livre ici des réponses pratiques. Au travers de dialogues et de jeux, l’auteur propose un parcours captivant contenant les clefs des apprentissages nécessaires en éducation émotionnelle. 
Formuler des demandes, gérer les conflits, développer l’écoute active, relâcher le jugement et les schémas de victime, développer la pensée positive, telles sont quelques-unes parmi les nombreuses pistes menant à une vie créatrice, libre, ouverte, confiante et pleine de réussite.

Mine d’inspiration pour l’enseignant ou l’éducateur, ce livre propose un cadre précis et les outils nécessaires pour introduire l’éducation émotionnelle à l'école, dans les groupes et activités parascolaires, et également au sein de la famille. 

Par son approche pédagogique cohérente, ce livre s’adresse à tous ceux qui cherchent à améliorer leur existence personnelle, relationnelle, familiale ou professionnelle.

Un parcours riches en surprises et en révélations, rassemblant le meilleur de ce qui a été imaginé et expérimenté dans les différentes écoles de développement personnel ces dernières décennies !
Michel Claeys Bouuaert, Pratique de l'éducation émotionnelle - Apprentissage de la relation et de la communication justes. 2008. Ed. du Souffle d’Or. 22€.

Education émotionnelle : guide de l'animateur
Des outils pratiques pour tous ceux qui se sentent appelés à jouer un rôle actif dans ce domaine, enseignants, éducateurs, animateurs, formateurs.
Avec fiches de jeux et activités éducatives.

Cet ouvrage, en plus d'une introduction très complète sur les modalités de mise en place et d'utilisation des outils pédagogiques présentés, rassemble sous forme de fiches la totalité des jeux et activités qui, dans le texte de base, sont joués et commentés en situation. Ce “guide” est un complément pédagogique au livre du même auteur également publié aux Éditions Le Souffle d'Or : 
Pratique de l’éducation émotionnelle - Apprentissage de la relation et de la communication justes.

Michel Claeys Bouuaert, Education émotionnelle : guide de l’animateur. 2008. Ed. du Souffle d’Or. 19€

mardi 7 février 2012

Education au goût et Slow food


Il semble que pour établir un rapport plus sain à la nourriture, il soit nécessaire d'intégrer une véritable éducation au goût dans un projet pédagogique. Aujourd'hui, nombre de parents sont beaucoup plus soucieux de ce que les enfants mangent, comme en dénotent l'intérêt pour le bio, le cru, le végétarisme et autres alternatives.

Après tout, l'alimentation est la première médecine que nous prodiguons à notre corps... Ce que nous mangeons n'est pas anodin : nous avons un rapport très intime avec les aliments que nous absorbons.

Il est intéressant d'apprendre à manger en conscience: accueillir, remercier, savourer. Par exemple, le bénédicité autrefois récité permettait de rendre grâce pour le repas, et de prier pour les gens dans le besoin. La nourriture (et l'eau) ingérée en conscience a un impact beaucoup plus important sur notre corps: elle est mieux digérée, le corps profite de tous ses nutriments tant d'un point de vue physique qu'énergétique. Cela signifie aussi être présent à soi, ce qui est une qualité d'être à cultiver.

Le mouvement slow food offre une belle perspective: temps juste, éducation au goût, art de vivre. Il y a quelques temps déjà, j'avais abordé la question de l'éducation lente, qui proposait aussi un juste rythme, et opposait un non à la course et à la compétitivité au sein de l'éducation.

Nous y sommes: un rythme juste, celui de chacun, qui laisse le temps de savourer, d'apprécier et de découvrir les saveurs de la vie avec plaisir. Assez d'une alimentation fast food, de toujours faire vite, de gagner du temps. Et si on s'installait à table pour un moment de convivialité partagée? Cela semble banal, mais de moins en moins de familles prennent ce temps pourtant si nécessaire, tandis qu'un nombre croissant d'enfants (et d'adultes) mangent devant la télé un plateau-repas décongelé ou frit. Certes, ne dramatisons pas.

L'éducation au goût est un art de vivre ; elle inclut le fait de savoir d'où viennent les aliments, la manière dont ils sont produits, comment ils sont cuisinés. En quelques mots: un suivi du champ à l'assiette. Et tout cela pour le plaisir et la joie de découvrir des goûts nouveaux!

Manger ce qui est bon pour nous revient à manger ce qui est bon pour la planète: la philosophie slow-food s'inscrit dans une réflexion globale qui vise à réformer complètement notre système alimentaire, de manière à ce que ce dernier soit durable, qualitatif et respectueux du vivant. Le mouvement est par ailleurs reconnu par l'Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO).

En France, le mouvement slow-food a débuté en 1989. Depuis, surtout présentes dans le sud, de nombreuses initiatives sont menées (rencontres, campagnes, annuaire, etc.), dont des "jardins écoles slow food". Il s'agit d'écoles qui lient un partenariat avec le mouvement, afin de sensibiliser et d'inciter à de nouvelles pratiques alimentaires, tout en faisant découvrir une agriculture durable. Un potager est créé par les enfants qui apprennent aussi à semer, récolter, composter, et à  reconnaître les légumes. Des visites d'exploitations et des ateliers cuisine sont organisés, de même que des ateliers de dégustation, etc. Les parents sont invités à participer au projet.



Video: vers une restauration collective bonne, propre et juste



Le film « Vers une restauration collective bonne, propre et juste – produits frais et bonnes pratiques » présente le portrait de deux chefs de cuisine de restauration scolaire dont les pratiques sont remarquables à bien des égards, André Parra et Dominique Valadier.

Parmi les bonnes pratiques mises en œuvre par ces deux cuisiniers on retrouve l’utilisation de produits frais, bruts, de saison, en provenance de producteurs locaux et en partie issus de l’agriculture biologique. Ils brisent ainsi certaines idées préconçues sur la restauration collective et donnent de nombreuses pistes permettant de tendre vers une cuisine gastronomique en collectivité. L’éducation au goût est aussi une dimension abordée dans ce document (présentation des plats, gestion des déchets, sensibilisation des professeurs et des élèves, etc.). Bref, une voie vers une restauration collective bonne, propre et juste !
André Parra travaille au lycée Paul Héraut de Gap dans les Hautes-Alpes.
 Dominique Valadier exerce au lycée Lempéri de Salon-de-Provence dans les Bouches du Rhône.

Film produit par Frédéric Gana pour l’association Slow Food France 2010 – réalisé par Brice B. & Matthieu Toucas sur une idée originale de Frédéric Gana.
 Disponible sur support DVD en version complète (50 minutes) auprès de Slow Food France (www.slowfood.fr) pour projection publique, accompagnement et formation des professionnels, éducation au goût. Prix : 15€

dimanche 5 février 2012

Manifeste de Pedagooogia 3000


Chers amis,

C’est avec une joie immense que nous vous adressons le Manifeste - Lettre Ouverte Education 3000, que des mères, des pères, des jeunes et des éducateurs de divers pays ont rédigé pour impulser une nouvelle forme d’éducation et élever la conscience sur la planète Terre. Si vous aimez ce qui est écrit ici et vous voulez vous joindre à nous, nous vous invitons à vous inscrire, diffuser ce manifeste et le rendre reél, où que ce soit (cliquer sur Adhérer au Manifeste - Lettre Ouverte) et laissez vos coordonnées.
Amitiés, Noemi Paymal, Ignasi Salvatella, Ivette Carrión et l’équipe de rédaction.
Education 3000
1. Etant donnés

  1. Les changements rapides et massifs chez tous les enfants d’aujourd’hui, aussi bien sur le plan physique que physiologique, émotionnel, cognitif, de conduite, éthique et spirituel.
  2. La nécessité d’adapter l’éducation actuelle à leurs capacités nouvelles à apprendre, être, appréhender et intérioriser le monde.
  3. La nécessité pour les mères, les pères et les éducateurs de vivre l’éducation dans le bien-être, la paix et l’harmonie, et d’améliorer la qualité de vie à la maison, à l’école et dans la société.
  4. Les aspirations mondiales actuelles à la co-construction d‘une nouvelle humanité, plus humaniste, solidaire et multiculturelle.
  5. Les nouveaux paramètres qui influent sur tous les plans du développement humain.

2. Nous déclarons

1.     Souhaiter, tous ensemble, impulser une nouvelle éducation qui réponde aux paramètres exposés précédemment.
2.     Souhaiter collaborer activement à une éducation basée sur les enfants, les jeunes et leurs besoins actuels.
3.   Prétendre co-construire, maintenant et là où nous nous trouvons, un environnement éducatif approprié, ainsi que les outils et les objectifs d’une nouvelle éducation.
4.   Nous engager à traiter les aspects affectifs et émotionnels chez les enfants et les jeunes, ainsi qu’en nous-même, comme la base de tout processus d’évolution.
5.     Travailler à diffuser les principes ci-dessus et élever la conscience sur notre planète.

3. Nous invitons

Les Etats, les Nations, les Ministères de l’Education, les Organisations Internationales engagées auprès de l’enfance, la jeunesse et le développement humain, les ONG, les Institutions, les Associations, les Collectifs et toute la population mondiale

1.  A s’unir et travailler en harmonie, chacun dans son domaine, aux changements nécessaires à une nouvelle éducation, en servant ainsi le futur de leur propre pays et de la planète.
2.    A prendre en compte en priorité, et dans tous les secteurs (éducatif, sanitaire, social, sportif, technologique, écologique…) les enfants et les jeunes d’aujourd’hui, ainsi que ceux à venir.
3.     A développer et organiser les quatre piliers de l’éducation exposés dans le communiqué de l’UNESCO pour la Commission Internationale sur l’Education pour le XXIème siècle : Apprendre à connaître, apprendre à faire, apprendre à vivre et apprendre à être.
4.   A encourager les recherches multidisciplinaires et développer des outils alternatifs et complémentaires pour le développement intégral de l’individu.
5.     A reconnaître que le droit à l’éducation commence dès la période prénatale et continue durant toute la vie.
6.     A créer un cadre légal flexible qui reconnaisse aux familles et aux éducateurs la liberté de créer des écoles ou des centres expérimentaux, de mener des initiatives éducatives alternatives, tout en leur offrant l’aide nécessaire.

Les producteurs et les médias

1.     A communiquer et transmettre les caractéristiques et les besoins nouveaux des enfants d’aujourd’hui, ainsi que les outils éducatifs adéquats.
2.     A produire, promouvoir et diffuser tout programme, produit ou outil au service de ce qui vient d’être exposé et générant une conscience plus élevée.


4. Nous encourageons le plus grand nombre de particuliers, d’associations, d’institutions et de gouvernements à signer ce Manifeste et à le soutenir activement. 
Pour nous-mêmes
         Pour les enfants
Pour la nouvelle humanité
Pour la planète
                                                                                                                
Ce manifeste a été rédigé en union par des citoyens du monde, lors de la Rencontre Internationale du 3 août 2008 en Argentine. La rencontre était organisée par emAne, enlace mundial para una nueva educacion (Union Mondiale pour une Education Nouvelle), Adhyayana22-educándonos con conciencia (Adhyayana22-éducation consciente) et Asiri. Le Manifeste Education 3000 a été signé par des représentants d’Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Equateur, Espagne, Catalogne, France, Mexique et Pérou et diffusé internationalement le 8 août 2008.

  • Pedagooogía 3000®, npaymal@pedagooogia3000.info, noemi.paymal@gmail.com, www.pedagooogia3000.info,  (591) 772 17 913, 795 95 420, La Paz, Bolivie. Noemi Paymal
  • Adhyayana22-‘s’éduquer en conscience’, educacio22@gmail.com (34) 665 804 833 Barcelone, Espagne. Ignasi Salvatella
  • Centre de Recherches Asiri, infoindigoasiri@gmail.com, www.indigouniversal.org, (51) 1 226 39 52, Lima, Pérou. Ivette Carrión
  • Et l’équipe de rédaction et de traduction.