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dimanche 30 novembre 2014

Le temps juste dans l'éducation

 
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Slow, fast ou temps juste ?

Quand je parle d’« éducation lente », je me situe en opposition au rythme effréné de l’éducation d’aujourd’hui, basé sur la compétition, la performance, l’efficacité illusoire d’un système unique. Cette même éducation qui fait croire aux parents que leur enfant est en retard. Celle qui fait que des parents démunis cherchent à régler rapidement les « problèmes » de leur enfant tandis qu’un coach familial offre des solutions clés en main garanties en 3 semaines. On n’a jamais autant parlé des rythmes (scolaires par exemple) tout en ignorant effrontément ceux de l’enfant, pourtant premier intéressé. Parfois même, certaines pédagogies attentives aux rythmes de l’enfant sont détournées à des fins d’efficacité et de performance. Les conséquences sont les suivantes : au pire, perte de confiance en soi et de l’estime de soi, perte de l’écoute de son rythme propre, sentiment d’échec, stress et pathologies liées à ce dernier, ou au mieux devenir le grand gagnant d’une mascarade durant laquelle on aura réussi, mais peut-être pas compris tout ce que nous sommes censés avoir étudié. Mais en réalité, il ne s’agit même pas d’être lent. Il s’agit de laisser le temps juste dont a besoin chaque enfant. Il s’agit de retrouver son propre rythme, et de s’écouter. 


Réussir ou s’épanouir ?

Grandir prend du temps, le temps nécessaire à chaque enfant, qui va à son propre rythme. Maria Montessori a bien mis en valeur la nécessité de respecter les rythmes et les processus psychiques de l’enfant. Dans la pédagogie Steiner, les rythmes de l’année, les fêtes et les saisons, bercent l’année.

Aller à son rythme : il s’agit bien d’ « être » en premier lieu, car l’apprendre, le grandir en dépendent, et non l’inverse. Plus je laisse mon enfant gérer son rythme et ses besoins, et plus je favorise son autonomie, sa liberté, sa confiance, mais aussi ses capacités d’apprentissage. Ce temps est précieux : ce n’est pas tant le résultat qui compte, mais le processus que parcourt l’enfant qui va l’enrichir.

De même que la patience, ainsi que l’écoute active, résoudraient un grand nombre des « problèmes » de l’enfant. Prenons-nous le temps de l’écouter, vraiment ? Prenons-nous le temps de le regarder, vraiment ? Prenons-nous le temps de le toucher, vraiment ? Sans le juger, sans rien lui demander mais dans l’accueil de l’être unique et merveilleux qu’il est.

Réussir n’est pas une fin en soi, tandis qu’apprendre, actualiser nos connaissances selon nos besoins, de manière connectée à la vie, fait sens. Pourquoi faudrait-il limiter les apprentissages à la première partie de la vie, alors que nous apprenons tout au long de notre existence, de façon formelle ou informelle, consciemment ou non ? En fait, l’éducation – ou plutôt les savoirs (faire/vivre/être), ne sont finalement pas quantifiables ni notables. Acceptons de lâcher-prise avec cette obsession de l’évaluation – soyons humbles devant la complexité de l’homme et de la vie… Question de bon sens.

Prendre le temps nécessaire, c’est aussi une manière d’envisager la vie, et pas simplement l’éducation. C’est rendre de la valeur et du sens à son cheminement personnel et au vivre-ensemble ; et bien sûr s’interroger sur notre propre rapport au temps. Privilégier la qualité à la quantité, vivre le moment présent. Cela est valable tant pour l’éducation que pour l’alimentation, le sommeil, la guérison du corps, ou encore les émotions, etc.  Remarquons combien les enfants ne conceptualisent pas les notions de durée, mais vivent toujours au temps présent. Le temps présent est un cadeau…

Vivre à son rythme, c’est aussi respecter les cycles de la nature : les retrouver, les entendre, les vivre. Dans la nature, tout est cycle : les saisons, les jours et les nuits, les marées,… conditionnent le vivant. L’homme n’y échappe pas, bien qu’il pense pouvoir s’en dédouaner. Mais à quel prix ?
Celui qui cultive quelques légumes sait qu’il ne servirait à rien de tirer sur les pousses à peine sorties de terre, ce serait destructeur. Et pourtant, n’est ce pas ce que ce système fait avec nos enfants ?

Il y a donc prise de conscience du lien qui unit l’homme et la nature, car « tout ce qui est cosmique concerne essentiellement l’homme, tout ce qui est humain concerne essentiellement le cosmos. » nous dit Edgar Morin. Chez Nietzsche également, « Tout individu collabore à l’ensemble du cosmos. »

Il s’agit alors de se déconditionner d’un système de pensée qui avait pour habitude de placer l’homme au centre de l’univers – anthropo-centrisme -  pour lui rendre une place plus juste. Et surtout, de réfléchir et d’agir en vue d’une nouvelle manière d’habiter le monde.



« (…) si nous nous plaçons à la fin de ce très long processus, là où l’arbre porte ses fruits (…) nous trouvons le fruit le plus mûr de l’arbre, l’individu souverain, celui qui n’est semblable qu’à lui-même, qui s’est affranchi de la moralité des mœurs, l’individu autonome et supramoral (…) bref, l’homme qui a sa volonté propre, indépendante, et durable (…) et une conscience véritable de sa puissance et de sa liberté, sentiment d’accomplissement de l’homme. »
Nietzsche[1]




[1] NIETZSCHE, 1985. La généalogie de la morale, Paris : Ed. Gallimard-folio, p.61-62

samedi 24 novembre 2012

Slow Food : Jardins en Afrique (Le Monde)


Le Monde.fr | 02.11.2012 - Par Camille Labro


Durant son Salon du Goût à Turin, l'organisme international Slow Food a présenté l'un de ses projets-phares, "Mille jardins en Afrique". En plein cœur de la grande halle "Terra madre", qui réunissait plus de 400 petits producteurs et artisans du monde entier, les organisateurs ont installé un potager de 400 m2, alignant des dizaines de variétés de plantes originaires d'Afrique. Les graines, fournies par les paysans africains, ont été semées et cultivées sur les terres piémontaises dès janvier, avant d'être transplantées sous la verrière du centre des expositions Lingotto Fiere, pour le Salon. Les quelque 220 000 visiteurs ont ainsi pu découvrir des légumes, fruits ou herbes inconnus en Europe, témoignant de la fantastique biodiversité du continent africain.

Lancé en 2010, le projet "Mille jardins" a pour mission d'aider à l'implantation et au développement de jardins potagers au sein des communautés africaines. Créés sur des terrains communautaires, exploitations existantes ou terres abandonnées, en zones rurales et en zones urbaines, ces jardins sont cultivés par les paysans locaux, renouant avec leurs cultures agricoles traditionnelles. Les objectifs finaux : promouvoir l'indépendance et la souveraineté alimentaire de chaque communauté, entretenir la biodiversité et les variétés locales, enseigner et développer des méthodes de cultures durables. A l'heure actuelle, 800 jardins ont vu le jour dans 25 pays différents, du Kenya (200 jardins) à l'Ethiopie (35), en passant par le Maroc (20), le Sénégal (40), le Sierra Leone (60) ou la Guinée Bissau (60).
Camille Labro  www.slowfood.com

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lundi 12 novembre 2012

Slow Food : l'éducation du goût (Le Monde)


Le Monde.fr | 12.11.2012 - Par Camille Labro


Les enfants et leur rapport au monde et à la nourriture : le sujet fut au cœur de nombreuses conférences du Salon du Goût / Terra Madre 2012. Pour la chef et activiste américaine Alice Waters, également vice-présidente US de Slow Food, l'avenir réside dans une " Révolution Délicieuse ", qui commencerait dès les bancs d'école. De Berkeley (Californie), où elle créa le premier Edible Schoolyard dans une école publique, à l'Australie et ses Kitchen Gardens, des centaines d'écoles se dotent aujourd'hui de "jardins comestibles" où les enfants cultivent, cuisinent et dégustent ensemble légumes, herbes, volailles...

Si le concept du "jardin d'école" existe depuis des siècles (Jean-Jacques Rousseau défendait déjà l'importance d'intégrer la nature dans l'éducation), la nouveauté que prônent Alice Waters comme l'Australienne Stephanie Alexander, c'est de tisser ces valeurs horticoles, agricoles, terriennes et culinaires au sein même du cursus académique. Dans les pays moins privilégiés, la priorité est avant tout de garder les enfants à l'école et de les nourrir au mieux.

A Turin, autour de la table ronde intitulée "L'éducation du goût, fondement de la révolution", on rencontra aussi Vandana Shiva, célèbre activiste environnementale et vice-présidente de Slow Food Inde, Noel Nanyunja, jeune Ougandaise en charge du développement de jardins Slow Food en Afrique, ou encore l'Indonésienne Hayu Dyah Patria, qui développe l'enseignement des plantes sauvages et traditionnelles auprès des enfants, afin de parer aux problèmes de malnutrition. Pour toutes ces femmes et ces contextes très différents (des ravages de la sous-alimentation aux dangers de l'obésité galopante), l'éducation "comestible" est aussi une manière de réintroduire les idées de plaisir, de santé, de goût et de "durabilité" au sein des systèmes éducatifs et auprès des générations futures.


mardi 23 octobre 2012

La méditation s'invite
dans les écoles

Source


Les outils de la pleine conscience font leur entrée dans deux collèges français. Relaxation, exercices de respiration, découverte des sensations du corps et observation de ses pensées. Pour les élèves comme pour les professeurs, afin d'être présent dans l’instant, détendu, attentif et motivé. Enquête et témoignages.

« Les élèves sont de plus en plus agités en classe, ont de plus en plus de difficultés à maintenir leur attention, et sont de moins en moins motivés, constate Bruno Pérard, directeur d’un collège privé à Bapaume, dans le Pas-de-Calais. Ce n’est pas un problème d’intellect. Mais aujourd’hui, les élèves sont habitués à avoir plusieurs occupations en même temps, leur esprit se disperse facilement, et ils ne parviennent plus à se concentrer sur une seule tâche et à vivre l’instant présent. » Pour aider les jeunes dans leur scolarité et faire émerger les potentialités de chacun, ce chef d’établissement a décidé, en début de rentrée scolaire, de faire appel à Raymond Barbry, consultant, formateur et coach spécialisé dans l’accompagnement et la gestion d’équipe, de projet et du stress, dans l’éducation, le milieu sportif et de l’entreprise. Sa mission : donner aux enseignants les outils de pleine conscience qui les transmettront aux élèves. « Monsieur Barbry nous a expliqué l’intérêt des outils de pleine conscience, raconte Nathalie Poiré, professeur d’EPS du collège, puis il a proposé à toute l’équipe pédagogique un atelier, sans aucune obligation. Tout le monde est resté. Cette séance nous a tous beaucoup apaisés. Il nous a appris à gérer notre stress, à nous relâcher. J’ai immédiatement parlé à mes élèves de réaliser la même expérience avec eux. Tous ont été très favorables. Et j’ai pu constater les premiers résultats bénéfiques à l’issue du cours. » Raymond Barbry intervient également depuis la rentrée dans un autre collège privé à Aix-en-Provence où l’équipe pédagogique a, comme à Bapaume, accueilli de manière très positive cette méthode d’optimisation des ressources humaines individuelles et collectives. « Les enquêtes récentes montrent, en effet, un lien proportionnel entre les difficultés d’attention, le niveau de violence et la quantité de consommation de télévision, de jeux vidéo... explique Raymond Barbry. Du point de vue neurobiologique, la relation est évidente. Le cerveau-esprit est un système qui apprend en permanence et est en “ébullition” lorsqu’il s’agit de présentation excitante, explosive et violente. Notre cerveau s’adapte aux nouvelles technologies du toujours plus et du toujours plus vite. Les enfants et les jeunes zappent de plus en plus avec pour conséquence une difficulté majeure à rester attentifs à ce qui est fait. Ils passent très vite, voire trop vite à autre chose. Ils sont dans le multitâche sans concentration. Par les pratiques de pleine conscience, nous apprenons à passer d’une tâche à l’autre, tout en maintenant une attention soutenue. Une tâche après l’autre à fond. »

Mais qu’est-ce que la pleine conscience ? Quels sont ses bienfaits ? Et comment la pratiquer ? Cette technique, issue des traditions millénaires orientales, remastérisée par les américains, permet d’apaiser le mental, réguler ses émotions, gérer son stress et optimiser sa concentration. Se poser, respirer, observer ses pensées et ses émotions, écouter son cœur, apprendre à focaliser son attention sur ce qui se passe dans l’instant, pour s’ouvrir et prendre contact avec ses propres ressources. Cette forme de méditation laïque (appelée mindfulness en anglais et samma sati, « attention juste », en sanscrit) nourrit une prise de conscience plus fine, une plus grande clarté d’esprit et l’acceptation de la réalité du moment présent.

S’appuyant sur les publications scientifiques du biologiste américain Jon Kabat-Zinn, l'un des pères fondateurs de la médecine corps-esprit, les ouvrages du philosophe Fabrice Midal, et les travaux du psychiatre Christophe André qui encourage la pleine conscience dans le milieu hospitalier en France, Raymond Barbry est convaincu que la pleine conscience est la solution pour répondre aux problèmes de manque d’attention et de motivation dans les écoles. S’il est encore trop tôt pour vérifier les évolutions positives générées par cette technique au sein de ces deux établissements précurseurs en France, d’autres pays, comme les États-Unis, le Canada, la Belgique ou encore les Pays-Bas, pratiquent déjà la pleine conscience dans certaines écoles où l’on a pu constater une augmentation de l’attention, de la concentration et de la motivation chez les jeunes ainsi qu’une amélioration certaine des relations entre élèves et enseignants. Des expériences ont également été effectuées dans des favelas au Brésil, où l’on a pu noter une baisse significative de la violence et de meilleurs résultats scolaires.

« Il s’agit durant un temps très bref en début de cours, d’effectuer quelques exercices simples, explique Raymond Barbry. Se concentrer sur sa respiration, se mettre à l’écoute des sons, des sensations de son corps, et observer ses pensées. Si l’on pratique régulièrement, on note des effets positifs sur chaque élève, de manière individuelle, mais aussi sur les enseignants, ce qui entraîne, de fait, des effets collectifs sur l’ambiance générale de la classe. Des recherches scientifiques récentes ont pu démontrer ce que les anciennes traditions avaient découvert bien avant nous, à savoir que ces temps de silence et d’intériorité s’avéraient bénéfiques, voire indispensables au développement et à l’équilibre de l’être humain, qui vit aujourd’hui dans une époque où tout s’accélère, où tout doit être effectué le plus rapidement possible, où il est exigé d’effectuer plusieurs tâches en même temps, où la surinformation et l’éclatement intérieur ne lui permettent plus d’être à l’écoute de son corps, de ses pensées et de ses émotions. Partout, les ouvrages et autres témoignages sur la pleine conscience se multiplient. Bien plus qu’un effet de mode, cette approche du développement de l’intériorité semble répondre à un véritable besoin de notre époque. Car les activités de développement de la pleine conscience modifient les zones du cerveau qui sont le soubassement de l’activité intellectuelle. Les exercices réguliers de pleine conscience entraînent une meilleure irrigation du cerveau, ce qui conduit à une mobilisation de la cognition facilitée et à une moindre fatigabilité. La réflexion est plus fluide. La vitesse de traitement des informations est plus rapide et donc le fonctionnement intellectuel est plus efficace. Or, pendant les temps de pratique de pleine conscience, il ne s’agit pas de faire marcher son intellect. Tout en étant en mode “off” le cerveau évolue, se modifie, se restructure. En conséquence, prendre du temps pour se poser et pratiquer des exercices de pleine conscience, c’est permettre au cerveau d’optimiser ce temps. C’est dans ces moments-là que toutes les zones du cerveau se synchronisent, tous les circuits s’activent. C’est dans ces moments qu’émergent alors les solutions à des problèmes que l’on pensait insolubles. »


Source : INREES

mercredi 10 octobre 2012

Petite revue de presse joyeuse


Dans le dernier numéro (79) de la revue Clés, quelques articles intéressants:
- un dossier "Ralentir, en avons-nous vraiment envie?",
- un portfolio "Les légumes nous vont si bien" par Joëlle Dollé
- "Anti-gaspi: ils sauvent la planète depuis leurs poubelles"
- "Nos erreurs sont une chance", un article psycho
- "La jeunesse peut-elle croire à son avenir", débat avec Luc Ferry et Mathilde Lemoine







Dans le denier numéro (63) de Philosophie magazine, 
- un cahier central consacré à "Spinoza et la joie"
- un dossier "comment être (un peu) plus libre?"










Enfin, dans le dernier Pychologies (322), 
- un dossier "Etre heureux, les 5 besoins essentiels"
- "mon enfant s'ennuie à l'école"
- une chronique de Cynthia Fleury, qui reprendre une phase de Dolto: "Certains enfants se détraquent parce qu'ils ne rencontrent pas assez de sévérité : ils sentent alors leurs parents débordés par leur propre force."

dimanche 7 octobre 2012

Invitation à la lenteur (livre)



Un gracieux petit livre d'humeur positive et de conscience éclairée : cet éloge de la lenteur tient aussi bien de l'almanach astucieux et avisé que du joyeux bric-à-brac poétique. Vagabondage de la pensée au pays de la lenteur, savoir prendre son temps et celui de faire, de ne pas faire, de découvrir, d'agir, de lire évidemment, lire ces billets comme autant de fenêtres ouvertes sur un monde tout de délicates suspensions ; il n'est pas un domaine qui échappe au bienfaisant ralentissement : l'architecture, la philosophie, la spiritualité, l'agriculture, l'alimentation, l'industrie, l'entreprise, les loisirs, le sport, le bien-être... Si l'agriculture raisonnée, les AMAP, la vogue du jardinage, la popularité du tai-chi, du yoga, etc., ont ouvert la voie, hâtons-nous donc lentement de découvrir des voitures à vitesse limitée ici, des maisons lentes là, slow food, siestes et massages détente au bureau, retraites méditatives et vacances itinérantes en péniche ou en roulotte ; retrouvons le goût des bonnes choses : manger lentement, faire l'amour - lentement donc -, rêver, marcher ; de grands maîtres ont su exprimer l'art de la lenteur - il n'est que de respirer les nymphéas de Monet, de se couler dans le regard du penseur de Rodin, de faire une halte chez Terrence Malick... -, à nous d'expérimenter cet art de vivre ! Contrepied bien dans l'air du temps, un joli pied de nez à la vitesse superflue !

Biographie de l'auteur
Polyglotte et multimédia, curieuse de tout, Monique Neubourg a œuvré pour des radios libres avant de se consacrer à la presse écrite - féminine, généraliste, cinéma, etc. Elle est l'auteur de Comment domestiquer son maître quand on est un chat (Chiflet & Co, 2011).

Monique Neubourg, Invitation à la lenteur. 2012. Ed. de la Martinière. 13,10€

vendredi 7 septembre 2012

Manifeste pour une enfance heureuse (livre/vidéo)



Rencontre avec Carl Honoré
 - Interview de l'auteur du best-seller "Léloge de la lenteur" pour son nouveau livre : "Manifeste pour une enfance heureuse" (Editions Marabout): un regard sur l'enfance d'aujourd'hui et la façon dont nous élevons toute une génération d'enfants « sur-programmés », dépassés, épuisés...
 (Source: Hachette)


Nous voulons pour nos enfants qu'ils aient le meilleur de tout et qu'ils soient les meilleurs en tout. Trop souvent au détriment de leur équilibre, de leur bien - être, de leur bonheur... La compétition est partout, des premiers pas aux derniers diplômes. Nous voici à l'ère des enfants coachés avec des emplois du temps de ministre, soumis à une obligation de réussite, à l'école comme sur les terrains de sport, objets d'une surveillance de tous les instants. Cette pression commence pourtant à être sérieusement remise en cause, dans les médias ou par les gouvernants, mais aussi par les parents. Et les enfants eux-mêmes réclament qu'on les laisse souffler. Après Eloge de la lenteur, Carl Honoré nous conduit une nouvelle fois de pays en pays, livrant des témoignages qui sont autant de pistes à suivre pour que nos enfants retrouvent leur enfance, libérés des diktas de l'excellence et de la performance.

Biographie de l'auteur
Carl Honoré est journaliste. Il a travaillé pour l'Economist, l'Observer, le National Post et le Houston Chronicle. Son premier livre, Eloge de la lenteur, est un best-seller international traduit en plus de 20 langues.

 Carl Honoré, Manifeste pour une enfance heureuse. 2008. Ed. Marabout. 10€



mercredi 7 mars 2012

Eloge de l'éducation lente (livre)



"Je n'ai pas le temps... ". Alors, je passe à la vitesse supérieure... Ce faisant, je m'éloigne du sens profond des choses et je contribue à une société névrosée et impersonnelle. Plus, plus tôt et plus vite ne sont pas synonymes de meilleur. L'auteur applique ce principe au champ éducatif - scolaire, familial et personnel : il envisage un temps qui permet notamment de retrouver le sens de la diversité des rythmes d'apprentissage. L'éducation lente ne signifie pas agir lentement, mais savoir trouver le temps adapté à chacun et à chaque activité. Eduquer lentement, c'est ajuster la vitesse au moment et à la personne. Faire un éloge de l'éducation lente, c'est faire l'éloge d'un modèle éducatif essentiel pour l'humanisation de la société. Le temps n'a pas à coloniser notre vie ni celle de l'école ou des familles ; le temps appartient aux enfants, aux parents et aux professeurs. Pleinement vécu, il est pleinement éducatif.

Biographie de l'auteur
Joan Domènech Francesch est professeur d'école, licencié en philosophie, militant de mouvements de rénovation pédagogique, formateur; il est membre du Conseil scolaire de Catalogne et co-organisateur des Journées annuelles de réflexion des écoles catalanes... Il a publié L'Organisation du temps et de l'espace à l'école (en espagnol), L'Education primaire, dilemmes et propositions (en espagnol et en catalan), éditions Grao. Père de deux enfants, il vit "intensément" la question du temps en éducation - familiale et scolaire. Directeur, depuis sa création, d'une école publique de Barcelone, il s'efforce d'appliquer au quotidien, ses idées.

Joan Domènech Francesch, Eloge de l’éducation lente. 2011. Editions Chronique Sociale. 13,50€

Voir aussi 

Inspiration: L'éducation lente, Revue Silence

mardi 7 février 2012

Education au goût et Slow food


Il semble que pour établir un rapport plus sain à la nourriture, il soit nécessaire d'intégrer une véritable éducation au goût dans un projet pédagogique. Aujourd'hui, nombre de parents sont beaucoup plus soucieux de ce que les enfants mangent, comme en dénotent l'intérêt pour le bio, le cru, le végétarisme et autres alternatives.

Après tout, l'alimentation est la première médecine que nous prodiguons à notre corps... Ce que nous mangeons n'est pas anodin : nous avons un rapport très intime avec les aliments que nous absorbons.

Il est intéressant d'apprendre à manger en conscience: accueillir, remercier, savourer. Par exemple, le bénédicité autrefois récité permettait de rendre grâce pour le repas, et de prier pour les gens dans le besoin. La nourriture (et l'eau) ingérée en conscience a un impact beaucoup plus important sur notre corps: elle est mieux digérée, le corps profite de tous ses nutriments tant d'un point de vue physique qu'énergétique. Cela signifie aussi être présent à soi, ce qui est une qualité d'être à cultiver.

Le mouvement slow food offre une belle perspective: temps juste, éducation au goût, art de vivre. Il y a quelques temps déjà, j'avais abordé la question de l'éducation lente, qui proposait aussi un juste rythme, et opposait un non à la course et à la compétitivité au sein de l'éducation.

Nous y sommes: un rythme juste, celui de chacun, qui laisse le temps de savourer, d'apprécier et de découvrir les saveurs de la vie avec plaisir. Assez d'une alimentation fast food, de toujours faire vite, de gagner du temps. Et si on s'installait à table pour un moment de convivialité partagée? Cela semble banal, mais de moins en moins de familles prennent ce temps pourtant si nécessaire, tandis qu'un nombre croissant d'enfants (et d'adultes) mangent devant la télé un plateau-repas décongelé ou frit. Certes, ne dramatisons pas.

L'éducation au goût est un art de vivre ; elle inclut le fait de savoir d'où viennent les aliments, la manière dont ils sont produits, comment ils sont cuisinés. En quelques mots: un suivi du champ à l'assiette. Et tout cela pour le plaisir et la joie de découvrir des goûts nouveaux!

Manger ce qui est bon pour nous revient à manger ce qui est bon pour la planète: la philosophie slow-food s'inscrit dans une réflexion globale qui vise à réformer complètement notre système alimentaire, de manière à ce que ce dernier soit durable, qualitatif et respectueux du vivant. Le mouvement est par ailleurs reconnu par l'Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO).

En France, le mouvement slow-food a débuté en 1989. Depuis, surtout présentes dans le sud, de nombreuses initiatives sont menées (rencontres, campagnes, annuaire, etc.), dont des "jardins écoles slow food". Il s'agit d'écoles qui lient un partenariat avec le mouvement, afin de sensibiliser et d'inciter à de nouvelles pratiques alimentaires, tout en faisant découvrir une agriculture durable. Un potager est créé par les enfants qui apprennent aussi à semer, récolter, composter, et à  reconnaître les légumes. Des visites d'exploitations et des ateliers cuisine sont organisés, de même que des ateliers de dégustation, etc. Les parents sont invités à participer au projet.



Video: vers une restauration collective bonne, propre et juste



Le film « Vers une restauration collective bonne, propre et juste – produits frais et bonnes pratiques » présente le portrait de deux chefs de cuisine de restauration scolaire dont les pratiques sont remarquables à bien des égards, André Parra et Dominique Valadier.

Parmi les bonnes pratiques mises en œuvre par ces deux cuisiniers on retrouve l’utilisation de produits frais, bruts, de saison, en provenance de producteurs locaux et en partie issus de l’agriculture biologique. Ils brisent ainsi certaines idées préconçues sur la restauration collective et donnent de nombreuses pistes permettant de tendre vers une cuisine gastronomique en collectivité. L’éducation au goût est aussi une dimension abordée dans ce document (présentation des plats, gestion des déchets, sensibilisation des professeurs et des élèves, etc.). Bref, une voie vers une restauration collective bonne, propre et juste !
André Parra travaille au lycée Paul Héraut de Gap dans les Hautes-Alpes.
 Dominique Valadier exerce au lycée Lempéri de Salon-de-Provence dans les Bouches du Rhône.

Film produit par Frédéric Gana pour l’association Slow Food France 2010 – réalisé par Brice B. & Matthieu Toucas sur une idée originale de Frédéric Gana.
 Disponible sur support DVD en version complète (50 minutes) auprès de Slow Food France (www.slowfood.fr) pour projection publique, accompagnement et formation des professionnels, éducation au goût. Prix : 15€

vendredi 2 décembre 2011

Inspiration: L'éducation lente, Revue Silence

La revue Silence a consacré son numéro 382 (septembre 2010) à l'Education lente.

Le numéro étant épuisé, il est gracieusement disponible en format PDF à l'adresse suivante: http://www.revuesilence.net/epuises/silence_382_web.pdf

L'éducation lente

L'éducation lente (de Jean-Pierre Lepri)
L'enfance n'est pas une course (entretien avec Carl Honoré)
Les couleurs du temps (de Jean-Pierre Lepri)
Quinze principes (de Joan Domnènech Francesch)
Pour une pédagogie de l'escargot (de Gianfranco Zavalloni)
L'école lente (de Maurice Holt)
Question à l'éducation lente (de Marie-Pierre Najman)
Critique de l'éducation lente (de Jean-Pierre Lepri)


Editorial


Temps pis ou temps mieux ?

“Toujours plus”, avec et dans un temps limité, devient forcément "toujours plus vite". Alors, je zappe avidement d’une chose à une autre : à la télé, au travail, dans mes loisirs, dans mes associations, dans mes "courses" (si bien nommées)… Dans ma tête, les rôles et les scénarios se bousculent sans cesse, de plus en plus vite, m’éloignant euphoriquement de ma vie présente.

Un temps conté pour ne pas voir mon temps compté ?
En éducation aussi, une "innovation" ou une activité chasse l’autre puisqu’"il faut bien que tout change pour que tout reste pareil".

Alors quelques lucides se disent que ce qui compte, c’est ce qui se vit pleinement, avec et dans son temps "juste" : celui qui est ajusté, à la fois, à l’événement et à la personne.

Sous l’étiquette "éducation lente", ils entendent valoriser la "qualité" du temps – dont la quantité mesurable peut alors être, en fonction de chacun et de la situation, objectivement longue, courte, lente, rapide…

Ce dossier de S!lence présente leur point de vue. Donnons-nous le temps de le découvrir.

Il sera bien temps, ensuite, de retrouver nos urgences et notre aveuglement à ce que nous cachons derrière elles.

Ou peut-être pas ?
Ou un peu moins ?

Jean-Pierre Lepri


jeudi 17 novembre 2011

Réflexion: Education lente

L'éducation lente

imagesL’éducation lente s’inspire des mouvements « slow » comme le « slow food ». Elle met en avant la nécessité de prendre son temps, de ne pas être dans la course, d’être à l’écoute des besoins de l’enfant, et de son rythme.
Pourquoi faut-il apprendre à lire, à compter, au plus vite ? Pourquoi les parents sont-ils si fiers quand leur petit de 4 ans sait déjà faire ceci ou cela ? Parce qu’eux-mêmes sont dans un conditionnement, qui les pousse à projeter sur leurs enfants leurs espoirs (souvent déçus), et surtout à leur ancrer une idée de compétition, de rapidité.
Nombreux sont les enfants qui ont un emploi du temps bien trop rempli : école, activités extérieures, cours, et visites médicales,… Il y aussi la télé, l’ordinateur ou les jeux vidéos pour les moments passés à la maison. Hyperstimulés, hyperstressés. Ils faut les occuper à tout prix, et qu’ils ne s’ « ennuient » surtout pas. Pourtant, ces moments de « vide » sont hautement importants pour les enfants : c’est durant ceux-ci qu’ils peuvent imaginer, inventer, et se dépasser.
Une éducation lente induit une bonne vitesse, une vitesse juste, qui répond aux besoins et aux rythmes de l’enfant. Il s’agira de leur offrir le temps et l’espace dont ils ont besoin pour découvrir le monde, pour « digérer » les enseignements reçus. Dans l’emploi du temps familial, on laissera donc des plages pour se poser ou pour réfléchir.
On évite de se projeter, pour laisser l’enfant devenir ce qu’il est et se découvrir. L’enfant apprend aussi à accepter le temps, les choses qui arrivent au moment juste, tout comme le rythme des saisons, les fêtes, et tout autre événement de la vie.
Laisser l’enfant prendre des risques est important. Il doit parfois échouer, pour comprendre et apprendre.
L’éducation lente devra être suffisamment souple pour s’adapter aux rythmes des enfants précoces aussi. 
L’éducation est un processus plus qualitatif que quantitatif ! 

Réflexion: L'éducation, projet participatif?


imagesEnfant, je me suis souvent demandé pourquoi je devais apprendre telle matière, et surtout à quoi celle-ci me servirait. Je ne voyais pas non plus forcément les liens qui reliaient celles-ci. J’ai pu rencontrer de nombreux enfants qui se posaient aussi cette question. Ce qui ne va pas les aider à se motiver! 

En fait, un projet éducatif devrait être l’objet d’un partage avec l’enfant. Les matières pourraient être décidées ensemble, selon les besoins et les envies de celui-ci, et surtout il faudra découvrir ensemble qu’elles en sont les finalités : l’apprentissage semble alors bien plus concret à l’enfant. Construire les objectifs et les finalités ensemble, selon les envies, capacités et le contexte, sera plus profitable. Au lieu d'imposer un programme dans lequel tout le monde doit se mouler bêtement!
L’éducation n’est pas une transmission, l’enfant n’est pas un verre vide que l’on remplit. Il sait déjà beaucoup de choses, il devra les rattacher à de nouvelles découvertes, et parfois, il faudra orienter la compréhension.
On tiendra compte des pré-acquis de l’enfant, de son bagage. Il les exprimera très facilement, tout simplement en lui posant des questions.
Le temps éducatif n’est pas réservé à l’apprentissage scolaire. Celui-ci s’étend dans le temps, dans tous les domaines de la vie. Cuisiner un gâteau se révèle aussi ludique qu’éducatif, de même qu’une promenade dans la nature. De même, le jeu est très instructif et nécessaire au développement de l’enfant. Le temps éducatif relie tant le développement individuel que collectif. L’enfant, là aussi, peut être totalement actif dans le processus d’apprentissage, il peut même en être l’initiateur.
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La cohérence d’un projet pédagogique doit aussi être à l’œuvre dans le temps, adapté aux besoins de l’enfant – qui encore une fois l’exprimera très clairement. Le pousser sans cesse ne donnera pas forcément de bons résultats. La pédagogie Steiner propose un temps pour chaque apprentissage, notion qui devra aussi être personnalisée.
Ainsi donc, on constate que l’enfant n’est pas passif, mais acteur et initiateur du projet éducatif. Cela peut commencer très tôt : en demandant simplement à l’enfant ce qu’il souhaite.